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Récompense du Pape et avenir de l’Europe

 L’Europe « malade »a-t-elle besoin d’un supplément d’âme pour guérir ?

Vendredi 6 mai 2016, alors que l’Europe est dans une profonde période de remise en cause, les trois principaux membres dirigeants de l’Union Européenne ont organisé la remise du Prix Charlemagne décerné au Pape François, à Rome. 
Le Prix Charlemagne a été créé en 1948 en Allemagne pour distinguer des personnes ayant œuvré pour l’unification européenne.
Martin Schulz (président du Parlement Européen), Jean-Claude Juncker (président de la Commission Européenne) et Donald Tusk (président du Conseil Européen) remercient, avec ce prix, le Pape François, qui s’est particulièrement impliqué sur la question des réfugié-es du Moyen Orient en Europe. 

Quels sont les maux de l’Europe ?

Pour ne citer que les problèmes les plus médiatisés, on observe une hausse du populisme et des partis d’extrême droite comme en France, en Autriche ou en Hongrie, mais aussi, et c’est plus inattendu, en Finlande et au Danemark dont le modèle social était pourtant souvent vanté comme base d’une société apaisée.
On observe aussi un afflux de migrant-es dans des conditions misérables qui constitue une crise humanitaire sans précédent, une gestion de la crise économique par des politiques d’austérité libérales inefficaces ou encore une poussée du terrorisme avec les attentats meurtriers de Paris et Bruxelles.
Les acquis majeurs de l’Europe, ses valeurs fondatrices (rappelées dans le traité de Lisbonne en 2007, à savoir le respect de la dignité humaine, la démocratie, l’égalité, l’état de droit) sont menacées.  

La solution est-elle spirituelle ?

Le Pape Argentin François se démarque de ses prédécesseurs par sa « modernité », certes relative dirons certains.
Mais après son étonnante encyclique Laudato si’ sur l’écologie humaine, ses prises de positions sur la crise migratoire avec notamment la dénonciation du « système d’accueil des réfugié-es qui date de la seconde guerre mondiale » sont remarquables.
Malgré les scandales que connait l’Église, avec l’implication du diocèse de Lyon dans des affaires de pédophilie et le soutien critiquable bien que compréhensible du pape envers Mgr. Barbarin ou avec des mesures de régressions sociales comme la proposition d’interdiction totale de l’IVG en Pologne par les organisations pro-vies, soutenues par l’épiscopat, le Pape apparaît cependant plus ouvert que ses prédécesseurs sur les questions contemporaines, les réalités sociales, économiques et culturelles de notre monde.

Pourtant cette remise de prix suscite des controverses. 

Récompenser une personne, fut elle pape, pour ses prises de positions et ses engagements en faveur de causes humaines, c’est bien. Réagir politiquement et concrètement aux problèmes que connait l’Union aujourd’hui serait mieux.
 Or, la signature en mars 2016 d’un accord pour rapatrier en Turquie les migrants arrivés en Grèce est aussi inquiétante qu’ambiguë, car la Turquie ne respecte pas les clauses de la Convention sur le statut de réfugié de 1951.
L’Union Européenne avait clairement déclaré en 2013 qu’elle ne renverrait des personnes que dans les pays qui appliquent les normes de la convention: les dirigeant-es Européen-nes sont maintenant confronté-es au chantage d’un Erdogan qui, fort des 3 millions de victimes du conflit Syrien qui ont trouvé refuge en Turquie, menace d’expédier vers l’Europe des centaines de milliers de réfugié-es si celle ci maintient ses exigences de modification de la loi antiterroriste de la Turquie comme prévu dans l’accord initial.
 
Remarquons aussi que le Prix Charlemagne est décerné à des personnalités qui ont clairement œuvré pour l’Europe libérale et sont de ce fait  responsables des problèmes que connait l’Union : Juncker, Tusk et Schulz ont reçu ce prix auparavant, ainsi qu’Angela Merkel en 2008 ou l’ancien Président de la Banque Centrale Européenne  Jean-Claude Trichet en 2011. 
Le Pape est une figure qui détonne parmi ces primé-es. Il pourrait représenter la figure d’un changement de cap pour l’Europe.
Mais dans cette logique on peut se demander  quel sort est réservé aux autres candidats qui mériteraient ce prix ? Quel sort pour les acteurs de l’Europe sociale et culturelle ? Quel sort pour les jeunes citoyen-nes européen-nes?

Les initiatives citoyennes sont manifestement moins relayées que les grands discours. 

Un exemple parmi d’autres de ces nombreuses initiatives :
Cinq étudiants londoniens ont créé « CamdenCares », un projet dont le but est d’aider les familles de réfugié-es à s’installer dans le district de Camdenmais aussi d’encourager la diversité et la tolérance.
Ils organisent des matches de football pour les jeunes réfugiés d’Erythrée, d’Afghanistan, du Kurdistan et de Syrie notamment, en collaboration avec le club d’Arsenal.
Ces étudiants ont décidé de monter un projet axé sur les réfugié-es car ils sont eux-mêmes issus de familles d’immigrés. 
Cela permet au district londonien de ne plus être un simple regroupement de quartiers distincts, mais bien un lieu multiculturel. N’est-ce pas une contribution, à petite échelle, d’une Europe multiculturelle et sociale?
Ce n’est pas à la remise du prix au Pape que Casa Nova s’oppose ni à ses prises de positions sur la crise migratoire, mais à l’affligeante hypocrisie des dirigeants européens, qui se déclarent « en manque de solutions politiques» dans cette crise que traverse l’Europe.
En ce début du mois de mai, l’agenda européen doit notamment traiter du refus d’Erdogan de procéder aux modifications de sa loi antiterroriste (comme le prévoit l’accord Union Européenne -Turquie sur les migrants) et de la tenue quasi imminente du référendum au Royaume-Uni sur la sortie du pays de l’Union (« Brexit »). 
Pour la fin de l’année 2016, les dirigeants de l’Union Européenne doivent-ils s’en tenir aux prières en espérant un miracle ou changer aussi de ligne politique pour consolider le recréer un nouveau projet européen dans ses valeurs fondatrices (solidarité, paix et promotion de la culture) ?
Refuser de renverser la table des nombreuses discussions européennes pour en faire enfin un espace de coopération, de progrès humain c’est lui donner l’extrême-onction. 
Casa Nova estime qu’il est temps d’adopter un nouveau traité, remplaçant les anciens, qui contiendra les garanties de la souveraineté des peuples et de la démocratie, la relance économique et la bifurcation écologique, la paix et l’indépendance !
Les dirigeant-es européen-nes regardent ce grand malade dépérir, pensant le soigner en pratiquant les saignées ordonnées par les marchés financiers.
Pensent-ils recevoir le pardon en primant le Pape ?

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A propos des violences policières.

Police : anges ou démons ?

Ce 18 mai 2016 les policiers manifestent pour faire entendre aux citoyens et au pouvoir politique la dégradation de leurs conditions de travail, et plus précisément une certaine « haine anti-flics » qu’ils constatent dans les dernières manifestations contre la loi travail.
Casa nova assume d’emblée que les policiers et gendarmes (qui n’ont pas le droit de manifester) ont raison : leurs conditions de travail sont inacceptables.
Sous les coups des réductions des effectifs, de Sarkozy à Hollande, et des exigences liées à Vigipirate et à l’état d’urgence, les unités de proximité et de maintien de l’ordre ont vu leurs « cadences » s’accélérer considérablement, pour atteindre un niveau de fatigue et d’exaspération rarement constaté dans leurs rangs.
Suite aux attentats, le gouvernement a annoncé le recrutement de policiers et gendarmes, et l’annulation de certaines suppressions dans l’armée, mais cela ne suffira pas à combler notamment les 12 000 postes supprimés par Sarkozy (dans la police et la gendarmerie).
Nous sommes favorables au recrutement  de policiers et de gendarmes, pour bâtir une vraie police de proximité (postes locaux, missions généralistes, affectation durable, ancrage dans le corps social…)
Nous sommes favorables à l’utilisation prioritaire de nos moyens de police pour la lutte contre les réseaux criminels transnationaux : trafics de drogue, d’armes, traite d’êtres humains et entreprises terroristes.
 Les forces de maintien de l’ordre doivent être utilisées à la hauteur de leur savoir-faire et de ce qui fondent leur existence : garantir l’expression démocratique des citoyens, travailleurs et corporations, dans les limites du respect de l’ordre républicain.
C’est-à-dire que les manifestations pacifiques et autres modalités d’action ne mettant pas en danger les personnes et la sécurité du pays (occupations de places, de locaux et de logements, blocages de lieux de production et d’échange, etc) doivent être résolues par la voie démocratique, selon le rapport de force instauré.
Les CRS et gendarmes mobiles ne doivent plus être utilisés comme des empêcheurs de manifester ou des casseurs d’actions politiques.
C’est ici que nous rejoignons l’inquiétude vivement exprimée par la plupart des responsables, commentateurs et témoins sérieux : la brutalité du maintien de l’ordre dans les manifestations de ces derniers jours atteint un niveau très inquiétant. Même s’il convient toujours de prendre avec prudence les images et témoignages, il est flagrant que l’emploi de la force est disproportionné, compte-tenu des troubles réels à l’ordre public.
Il est tout d’abord possible d’expliquer cette brutalité par des facteurs culturels propres aux institutions policières: du côté de l’ordre et sociologiquement plutôt conservatrices, elles sont composées d’individus peu enclins à soutenir des appels au changement de régime ou à la lutte contre le  libéralisme.
Certains éléments utilisent donc leur « liberté de taper » pour passer leurs nerfs sur des manifestants bien éloignés politiquement.
De plus, les conditions de travail difficiles évoquées plus haut (suspension des congés, vacations répétées et longues) peuvent aisément expliquer la nervosité et la brutalité de certains fonctionnaires de police et militaires de gendarmerie qui en perdent souvent leur sang-froid et leur discernement, quand ils ne franchissement pas ouvertement les limites de la légalité (individus frappés alors qu’ils sont menottés, individus frappés à plusieurs alors qu’ils pourraient être maîtrisés par d’autres moyens, etc). Dans ces conditions de travail nous incluons bien évidemment la dangerosité du métier: les jets de pierre, de cocktails Molotov et l’utilisation de barres de fer par des casseurs présentent des dangers évidents.
Qui, parmi nous, risque d’être blessé ou de mourir chaque jour qu’il se rend à son travail ?
Enfin, nous soulignons la responsabilité particulière du pouvoir politique, du Président de la République qui ordonne, jusqu’aux Préfets en passant par le Premier ministre et le ministre de l’Intérieur.Le pourrissement de la situation et la brutalité policière sont le fruit de consignes particulières ou d’absence de consigne pacificatrices et de retenue.
Heureusement, les chefs de dispositifs et les unités obéissent au pouvoir politique : c’est ce que nous attendrions également d’eux si la gauche progressiste était au pouvoir.
Il suffirait d’une note ministérielle interne pour faire redescendre la tension et enfin pouvoir assister à des manifestations pacifiques sans danger pour les manifestants, dans lesquelles seuls les casseurs bas-du-front seraient visés par les charges de CRS et de gendarmes mobiles. Ces derniers joueraient alors le rôle qui est attendu d’eux : garantir la sécurité des personnes qui manifestent et de celles qui vivent aux abords des parcours autorisés.
Des voix s’élèvent dans les rangs de la police pour dénoncer cette utilisation anti-démocratique du maintien de l’ordre.
Nous savons que des éléments progressistes contestent en interne ces méthodes d’emploi de la force.
Est-ce que la manifestation de ce jour porte sur ces revendications ? Il semblerait que non.
Les membres de Casa nova sont opposés à la loi Travail, à l’usage du 49.3 et à la répression du mouvement social par le gouvernement PS, qui espère rendre impopulaire le mouvement, pour faire passer aisément sa loi perverse, inutile et rejetée par les français.
Nous craignons également que, dans ce climat de brutalité policière et de tension dans le corps social, tout cela se finisse tragiquement, et le pouvoir devra alors assumer.

49.3

Le recours au 49.3 sonne le glas de la 5éme République.

Palme d’or pour le 49.3 ?

En 1986 Jean Jacques Beneix, Jean Hugues Anglade et Béatrice Dalle mettaient le feu au tapis rouge avec 37,2 le matin.Trente ans après  François Hollande, Manuel Valls et Myriam El Khomri grimpent à  49-3 le soir et mettent le feu à la rue.
Le shérif Valls avec son 49,3 nous rejoue tristement un scénario écrit à l’avance. 
Certes nous sommes encore loin de l’hyperactivité de Michel Rocard sur ce plan là (tiens tiens déjà un 1er ministre socialiste, mais qui lui, disons le aussi, ne disposait que d’une majorité parlementaire relative) mais cet acte autoritaire de la part du trio ne fait qu’effriter le peu de confiance qu’une grande partie de la population donne au gouvernement et au Parlement.
Car oui cette décision de recourir à l’article 49-3 de la Constitution est lourde de sens.
-Lourde de sens car le gouvernement refuse le débat parlementaire sur une réforme qui touche aux fondamentaux de la gauche : la protection des droits des salarié-es par le Code du Travail .
-Lourde de sens car le gouvernement refuse d’entendre les revendications d’une grande partie de la population qui s’exprime dans la rue, sur les réseaux sociaux, par des pétitions.
-Lourde de sens car le gouvernement valide ici un constat : cette 5ème république est mourante.
Comment en effet penser que la République se porte bien quand un gouvernement refuse aux député-es de sa majorité la possibilité de débattre, de déposer des amendements ?
Comment penser que les institutions de la 5ème République nous représentent (mais qui le pense encore aujourd’hui ?) si le Président de la République et le Premier Ministre se refusent à entendre la parole de la population et à accepter que l’Assemblée Nationale en soit la caisse de résonance.
Un tel choix valide le message du  « cela ne sert à rien d’aller voter, ils-elles font ce qu’ils-elles veulent après et ne reviennent vers nous qu’au moment des élections ».
Oui, François Hollande et Manuel Valls ont décidé de cracher impunément à la figure de notre démocratie et de la population….François Hollande entérine définitivement qu’il n’a mené qu’une campagne de communication pendant l’élection présidentielle et qu’il a menti aux citoyen-nes qui attendaient enfin la mise en œuvre d’un autre modèle économique et social.
Naïfs nous fumes pour un grand nombre mais nous voulions tant y croire.
Ce choix du recours au 49-3 est symptomatique du basculement du Parti  Socialiste.

Le PS hurle depuis des années avec les loups lorsqu’il est au pouvoir. Depuis 1983 et le tournant de la rigueur du gouvernement Mauroy, depuis les nombreuses privatisations sous le gouvernement Jospin, et avec des pans entiers de la récente Loi Macron…. ces  loups ultra libéraux, restent prêts à dévorer ce qu’il reste de protection du droit des salarié-es dans le Code du Travail. Il est bien plus facile de suivre la meute que de s’en extraire pour enfin prendre les bonnes décisions face à la montée de la précarité au travail, à l’explosion du chômage, etc. Car cette meute libérale, organisée bien au delà de l’hexagone, est, reconnaissons-le forte et efficace. Elle parvient avec le soutien de médias peu enclins à la réflexion et de pseudo-intellectuels désinhibés à faire croire que ce pays ne veut pas se réformer, qu’il s’arc-boute sur des acquis sociaux auxquels les gouvernements ne peuvent pas toucher. Pourtant le droit du travail est attaqué de tous côtés, les conditions de travail dans de nombreux secteurs se dégradent. Les emplois précaires explosent…mais pas encore suffisamment semble-t-il pour les défenseurs zélés de la déréglementation, de la concurrence effrénée, de la déstructuration du service public.

Mais sachons remercier le duo des fossoyeurs de nos institutions en fin de vie.

En quelques mois ils viennent de faire la démonstration qu’il est urgent de passer à une République qui représente véritablement sa population.

Une république qui n’attend plus que l’Homme (et oui les Femmes n’avaient pas leur place dans ce club fermé de la 5ème République) providentiel nous délivre de tous nos malheurs et nous guide vers la lumière.Laissons-les entre eux, s’agiter dans le marécage malodorant de la 5ème République  autour du concours obsolète qui intronisera le-la Guide.

Il est temps d’engager une révolution institutionnelle, une révolution de la représentation populaire. 

Le 49-3 utilisé sur la Loi de réforme du Code du Travail a mis fin à la mascarade parlementaire. En avant pour construire la 6ème République.

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Bois & Cie « Vos rebuts bois au service de projets collectifs »

« Penser et agir »:

Dans sa première année d’existence Casa Nova s’est faite connaître par un travail de réflexion politique et d’écriture d’articles relatifs à l’actualité métropolitaine, régionale et nationale : le nombre et la qualité de nos lecteurs nous conforte dans la nécessité de continuer ce travail en lien avec l’actualité.  
Pour autant nous ne souhaitons pas nous limiter à ce rôle de veille et d’analyse. Nous avons une ambition politique claire : préparer ce qui doit succéder à la vie démocratique centrée autour des partis, préparer à gauche ce qui doit succéder à la sociale-démocratie libéralisée.
Casa Nova a donc décidé de chercher à identifier localement des pratiques professionnelles  ou sociales susceptibles d’illustrer ce que pourrait être à ses yeux une économie et une organisation sociale durable et enviable.
Nous nous engageons donc dans une série de rencontres de personnes ou de groupes actifs dans la métropole sur des thèmes divers, ayant peu ou prou réalisés l’amalgame entre l’éthique, la durabilité et l’inventivité que promeut Casa Nova et le pragmatisme nécessaire à une indispensable survie économique.
Chaque rencontre en accord avec les divers protagonistes fera l’objet d’une publication.
Ainsi serons nous en mesure de réaliser un état des lieux, certes non exhaustif mais représentatif, de ce que l’on nomme des communaux collaboratifs, que de nombreux promoteurs du développement durable citent en exemple ou appellent de leurs vœux.
Nous aurons  ainsi identifié sur la métropole toulousaine une série de pratique vertueuses, socle pragmatique d’un programme politique qui pourrait être établi . Nous pourrons également ainsi démontrer que les élites actuelles trouveront bien vite des remplaçants. 

Casa Nova rencontre: « Bois & Cie »

27 avril 2016

Le long du canal latéral, Casa Nova savoure les rayons d’un soleil printanier en allant au rendez vous fixé avec l’association « Bois & Cie » au 64 de la rue Daydé, à l’angle de la rue Kruger qui fait frontière entre les formes urbaines récentes de la ZAC des Ponts Jumeaux et les constructions traditionnelles d’une ville plus ancienne.
Un ancien atelier de mécanique, voué à la démolition, abrite maintenant « Bois & Cie ». Il fait face à une école nouvelle génération conçue en BBC (Bâtiment Basse Consommation)  formant un coin de rue où se côtoient pacifiquement deux visions de la transition, ni antagonistes, ni opposées mais complémentaires.
Là montent jusqu’au toit des empilements de planches et de palettes récupérées. Nous traversons le local dans lequel atelier et bureaux se disputent un espace dans lequel les ordinateurs voisinent avec des machines bien plus bruyantes le tout dans un mélange d’odeurs de sciure et de labeur.
Nous allons à la rencontre de Chloé, une jeune femme brune, qui est chargée de projet à Bois & Cie depuis 3 ans et demi.
chloéElle s’occupe du développement de la collecte bois, de l’animation de la vie associative, d’un peu de finance, de logistique mais aussi de  communication, bref elle touche un peu à tout ! Elle nous raconte qu’après ses études elle est partie au Brésil et au Vénézuela faire un stage dans le microcrédit, qu’elle est revenue à Grenoble (la ville de ses études) pour travailler dans la gestion des déchets par l’économie sociale et solidaire et bien d’autre choses mais que ses pas et son cœur ont finis par la mener à Toulouse où elle met ses compétences à disposition du beau projet de « Bois & Cie ».

« Bois & Cie » c’est qui et pourquoi ?

« L’association a pour but le partage et la transmission des savoirs et savoir-faire autour du travail du bois. Elle accueille des personnes en insertion autour de la collecte et de la valorisation des rebuts bois par réemploi. Elle propose également des formations aux bases du travail du bois ouvertes à tous et met à disposition un atelier et des machines pour les ateliers collectifs. » 
Son dernier projet en date (et pas des moindres puisqu’il a été lauréat des trophées du Développement Durable) est la conception, la réalisation et la commercialisation d’un habitat démontable 100% bois de récupération donc bien écoresponsable et nous sentons de la fierté dans les propos de Chloé pendant qu’elle nous en explique les enjeux et les perspectives .
 L’association qui a fêté ses 10 ans en octobre 2015 partage des savoirs et des savoir-faire autour du travail du bois.
Issue de l’investissement de fondateurs, bien sûr amoureux du bois mais aussi décidés à faire des enjeux écologiques une priorité dans le développement de l’association, la structure est née autour d’un local-atelier, équipé d’outillage et de machines mutualisés : elle s’oriente naturellement vers la promotion de l’éco-construction et du réemploi des « déchets » du bâtiment et de l’industrie.
quelle-anneeL’association qui compte actuellement  prés de 200 adhérents, 7 salariés permanents et 7 salariés en contrat d’insertion, s’investit dans 3 domaines essentiels à partir d’une base commune  « Vos rebuts bois au service de projets collectifs »

 Le chantier d’insertion : 

« Bois & Cie » héberge un Atelier Chantier d’Insertion (ACI) autour de la collecte et de la valorisation des rebuts bois par réemploi.
Les salariés embauchés sur des postes en insertion comme Équipiers de collecte-valorisateurs, sont accompagnés dans une démarche d’insertion socio-professionnelle. Ils collectent différents types de rebuts bois.
Ces rebuts sont valorisés en atelier comme matière première pour la fabrication de diverses réalisations : aménagements de jardin (composteurs, jardinières, placards à outils, abris de jardins, …), cabanons-stands d’exposition, petit artisanat et habitat démontable.
realisationsCes réalisations essentiellement vendues à des collectivités locales ou des structures de l’économie sociale et solidaire sont aussi accessible aux particuliers.

Les formations :

« Bois & Cie » propose aux particuliers de venir se former au travail du bois à travers plusieurs types d’ateliers.
Que ce soit un week-end, plusieurs mercredis ou vendredi, ces formations offrent aux participants l’occasion d’apprendre à utiliser les principales machines et outils d’atelier en sécurité autour d’une réalisation concrète.
Vie_associativeCes formations participent évidemment activement à la vocation de partage et de transmission de « Bois &Cie » et afin de faciliter l’accès à ces connaissances, elles sont proposées à un prix de 6€/h (et peuvent faire l’objet de financements : OPCA, DIF).
 

L’habitat démontable, « Toit & Cie » :

C’est le chapitre le plus innovant de l’activité de « Bois & Cie ».
Le projet, lancé depuis 7 ans est entré dans sa dernière phase de recherche et développement. Mais de quoi s’agit il?
« Bois & Cie » réunit l’insertion par le logement et l’insertion par l’emploi en répondant aux besoins de logement et d’accueil d’urgence à Toulouse par une solution d’habitat démontable et modulable en bois de récupération. Ces habitats sont réalisés dans le cadre d’Atelier Chantier d’Insertion (ACI).hd carré
« Bois & Cie » a déjà construit des prototypes de son habitat: la version 2 qui concerne trois habitations est soutenue par Emmaüs sera inaugurée le 2 juin sur leur site de Labarthe-sur-Lèze.
C’est avec une certaine émotion que Chloé et ses collègues observent les premiers habitants commencer à s’approprier  leurs nouvelles habitations qui pour être durables n’en sont pas moins personnalisables.

Les ressources:

Avec un budget de 260 000 € en 2015, l’association sait pouvoir compter sur une convention avec Toulouse Métropole à minima de 30 000€ pour le montage, démontage et entretien de cahutes construites par l’association.
Les aides pour les postes en insertion représentent environ la moitié du budget.
Les adhésions (35 €) et les formations payantes équilibrent les coûts de ces prestations et de l’entretien des machines.
Le programme d’habitat démontable est soutenu par le Fonds Départemental d’Insertion et par diverses fondations: la Fondation de France, la Fondation Vinci, la Fondation Fédération Française du Bâtiment, la Fondation BTP+, la Fondation Société générale, la Fondation MACIF.

Les perspectives d’avenir :

« Bois & Cie » mise sur un développement de l’habitat démontable qui répond à un besoin immédiat et hélas crucial, comme en témoigne l’intérêt et l’appui manifesté par des collectivités et des institutions . 
Un lien professionnel est tissé avec des Bureaux d’Etudes Technique et de contrôle afin de solidifier le projet: la perspective de production se situe autour de 15 unités par an ce qui pourrait entrainer l’embauche progressive de deux équipes supplémentaires, soit à terme18 emplois.LeProgrammedeRD
Ceci pose aussi la question du local actuel qui deviendra trop exigu, et qui a aussi un caractère provisoire, ce bâtiment mis à disposition par la Mairie en 2009 avait vocation à être détruit … dans les 3 ans !
Casanova soutient, encourage et cite en exemple cette initiative de développement durable dans laquelle on trouve une réponse écologique et environnementale avec la démarche de récupération de matériaux et de production locale et une réponse sociale avec la volonté d’agir concrètement sur les questions d’insertion par l’emploi et par le logement. 
Les 10 ans d’existence de « Bois & Cie » attestent de la viabilité économique d’une démarche pionnière de transition écologique et sociale métropolitaine en plein développement.
13055293_986797184740043_7649286945276179026_n-Pour soutenir ou découvrir cette belle association, Casanova vous invite à l’inauguration de l’habitat démontable de « Bois & Cie », le jeudi 2 juin à 18h, à l’Emmaüs de Labarthe-sur Lèze.  (événement FB : https://www.facebook.com/events/1769761679935912/)
-Visitez leur site http://www.bois-et-cie.asso.fr sur lequel vous trouverez notamment leurs nombreuses productions qui sont à disposition . 
-Retrouvez leur actualité sur leur page facebook.

-Habitat léger démontable  en vidéo, https://youtu.be/gZoBZS6IIqg
 

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Prison St Michel: quand l’ABF dérape!

Des nouvelles de la prison St Michel.

Vendredi 25 mars l’inauguration de la salle St Michel, riveraine de la prison, a pendant quelques instants donné l’illusion aux invités que les choses avançaient favorablement pour l’avenir du site de la prison.
Il restait bien un sentiment de flou après le discours du Maire qui déclarait en début de prise de parole qu’il n’était pas question pour lui de rééditer ce qui avait été fait à Lyon, à savoir des logement enchâssant« l’étoile protégée » de la prison, mettant à mal sa perception et sa place dans le quartier.vue-aérienne-des-2-projets-3
Reconversion des prisons Saint-Paul et Saint-Joseph à Lyon.
Le sentiment de flou restait encore de mise sur la faisabilité d’un auditorium à cet endroit, tant les résultats de l’étude, annoncés pour bientôt, traînent depuis le début du mandat.
En revanche le flou se transformait en brouillage lorsque dans la conclusion de son discours le Maire laissait entendre que l’état pourrait néanmoins valoriser son terrain en y construisant des logements: c’est à dire ce qui a été fait à Lyon, chose qu’il venait de dénoncer en début de propos !
Les auditeurs étaient perplexes !

Par ailleurs, les fuites et les « on dit » laissent entendre que la faisabilité de l’auditorium annoncé depuis l’élection de Jean Luc Moudenc à la Mairie de Toulouse se confirmerait, et si la réalisation d’un équipement totalement enterré ne fait plus illusion à personne, les experts pourraient proposer de creuser un peu (5 ou 6 mètres, à la limite de la nappe phréatique) et de construire une vingtaine de mètres en superstructure dans la partie arrière du terrain en supprimant au passage une des cinq branches de l’étoile … pas vraiment une révélation, plutôt une évidence, si la volonté d’édifier une cité de la musique à cet endroit restait de mise.

Le bon sens voudrait aussi que le prix de vente du terrain par l’État soit en rapport avec sa constructibilité donc moins élevé en cas de construction du seul équipement public: c’était le sens de la proposition des associations de quartier pour la modification du Plan Local d’Urbanisme en cours d’élaboration, proposition rejetée par la Mairie qui souhaite conserver au terrain une constructibilité plus importante .
Et c’est dans cette ambiance de flou lénifiant que les invités à l’inauguration de la salle St Michel se quittent à la veille de la trêve pascale.

Mais dès le lundi de pâques, 28 mars, « La Dépêche » nous pond un œuf surprise:

Une interview d’Eric Radovitch, Architecte des Bâtiments de France (A.B.F.), dans laquelle il évoque au delà de St Sernin, l’avenir de la prison St Michel.
Il énonce d’abord quelques évidences : « Dans le courant de l’été, nous aurons les conclusions de l’étude de faisabilité d’un auditorium enterré commandée à un cabinet spécialisé par l’État et la ville. Si cette étude dit que le projet est réalisable, la prison pourra être transformée en cité de la musique autour de cet auditorium. Si ce n’est pas faisable, il se fera ailleurs. »
Nous attendions alors , de la part de cet expert, des indications  sur l’intérêt architectural et urbain de la prison et sur le niveau de protection qu’il préconiserait: que nenni, celui ci s’exprime sur le montage et le financement de l’opération, qu’il assortit de considérations étonnantes de la part  d’un A.B.F. en exercice.
« Si le projet aboutit, ce pourrait être sur la forme d’une opération mixte privée publique. La création de 500 logements pourrait payer l’opération. Il vaut mieux que ce soient les futurs propriétaires qui payent, plutôt que vous et moi avec nos impôts. »
On s’étonne déjà que ce soit l’ A.B.F. qui dévoile dans la presse le secret de polichinelle relatif à la volonté de l’État de se tourner  vers  la promotion privée pour valoriser son terrain au sens financier du terme, on le pensait spécialiste dans la sauvegarde et la mise en valeur du patrimoine architectural et urbain mais là il nous dévoile une face inattendue de son savoir faire, car 500 logements c’est environ 30 000 m²  (soit, pour des bâtiments de 15m de large en R+4, plus de 400 mètres linéaires ) … comme à Lyon, voire pire, contrairement à ce que déclarait le Maire vendredi dernier.
A ses ambitions d’aménageur se rajoute celles de politicien quand il rajoute, comme s’il s’agissait d’une évidence : « Il vaut mieux que ce soient les futurs propriétaires qui payent, plutôt que vous et moi avec nos impôts. » rado NetBOn reste donc perplexe à la lecture de cette interview : si l’homme Eric Radovitch a toute latitude pour exprimer en privé ses points de vue néo libéraux, le Chef de Service, commis de l’État est incompétent sur le sujet tant au titre de son expertise qu’à celui de ses prérogatives limitées aux enjeux patrimoniaux, sur lesquels il reste d’ailleurs étrangement muet (voir : Rôle et missions des ABF). 
Par ailleurs les commentaires politico/financiers, qu’il  émet en public, outrepassent la retenue et la réserve que son poste requiert.
Aurait il absorbé un œuf de Pâques frelaté ou est il devenu le kamikaze du Préfet ?
Casa Nova n’a pas spécialement pour habitude de mettre en cause des fonctionnaires, mais quand ceux-ci sortent de leur rôle et de leurs prérogatives pour faire l’apologie du néolibéralisme, nous considérons que de tels débordements doivent être dénoncés.
Nous aurions préféré qu’au lieu de s’égarer en considérations d’économie politique étrangères à ses missions, Mr Radovitch concentre son énergie dans le cadre des ses prérogatives, en réagissant par exemple face au dispositif anti SDF illégalement installé au printemps dernier par le Crédit Agricole sur son agence de la rue Ozenne qui est un monument historique classé situé à 150 mètres des bureaux des A.B.F. à l’Hôtel Saint Jean .
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Protection de l’enfance:

Le Conseil Départemental se cache derrière des CRS pour voter à lunanimité une décision unanimement contestée.

Alors que le gouvernement et la majorité parlementaire s’enlisent dans leurs renoncements et ne tentent plus de surnager que par la duplicité ou la provocation, on voit ici et là (et notamment en Haute-Garonne) des responsables locaux du PS annoncer avec un courage mesuré et une molle détermination leur volonté de « peser » sur le virage libéral.
Ils se disent choqués par la forme (le 49.3 de la loi Macron) et sur le fond(la déchéance de nationalité, la loi ElKhomri...). Leurs électeurs aimeraient leur donner crédit pour ce sursaut« de gauche« .
Las, la pratique du pouvoir locapar ces mêmes socialistes vient tristement contredire leur affichage social et démocrateCette semaine, cest au Conseil départemental que ça se passe, avec une démonstration consternante: la rupture avec les vieilles pratiques verticales de linstitution nest pas si nette quannoncée.

Une décision politique bridée par la question des moyens

Les élus du département ont donc planché sur l’évolution, à budget constant, de la politique de protection de l’enfance et des familles.
Et cest dabord là que le bat blesse. Avec un budget extrêmement contraint, un changement dobjectif, de priorité, se fait forcément au détriment des actions en cours, des dispositifs existants. L’objectif, en l’occurrence, est louable. Il s’agit de créer, à destination de populations vulnérables, 430 places fixes d’hébergements en trois ans (dont 40 dès 2016).
La protection de l’enfance n’est pas une lubie des élus haut-garonnais, c’est une compétence majeure du Conseil départemental et cette création de places d’hébergement répond à une demande constante des travailleurs/travailleuses du social d’avoir des réponses pérennes à des besoins criants.
Ces 430 places ont un coût. Et pour les financer les conseillers départementaux ont choisi de couper les crédits alloués jusqualors à lhébergement ehôtel de mères célibataires et de leurs enfants de moins de trois ans, ainsi que de mineurs isolés .Pour offrir un toit à Pierre, on met donc Paul à la rue. Cest la réalité brutale dun changement de priorité politique.
Cest la conséquence douloureuse des orientations budgétaires et fiscales dune majorité parlementaire conduite pales socialistes et leurs alliés radicaux et écolos plus ou moins défroqués.

Un déficit démocratique ?

Nul ne songe ici à contester aux élus du Conseil départemental la légitimité de définir les orientations politiques et les actions financées et menées par l’institution. Les élus sont les élus, ils tranchent à la majorité les choix qui leurs sont offerts. Ils n’ont de comptes à rendre qu’à leur morale et à leurs électeurs.
Mais leurs décisions méritent d’être éclairées. Dans le cas qui nous occupe, ce ne sont certainement pas les enfants bénéficiaires des hébergements financés par le Département, ni leurs familles, qui peuvent sensibiliser et convaincre les élus sur le conséquences de leurs votes, ou qui peuvent construire un rapport de force pour peser sur les décisions.
Pour autant, doit-on vraiment attendre les prochaines élections départementales pour dire si une politique est contraire aux intérêts de la population et de sa part la plus fragile? Certes non.
Mais qui alors en l’occurrence s’est fait le porte-voix des usagers et des citoyens? Ce sont les travailleurs sociaux du Conseil départemental, ce sont les organisations syndicales.
Ces derniers nont pas vocation à co-gérer le département. Leur légitimité nest pas là
Mais les élus, sils nont pas à se soumettre à toutes les demandes des fonctionnaires chargés de mettre en œuvre la politique départementale, peuvent-ils et ont-ils intérêt à ne pas chercher l’éclairage que peuvent apporter les professionnels?

Les vieux réflexes ont la vie dure

Le déroulé du choix de la nouvelle orientation, de la communication de celle-ci aux agents concernés, puis du vote de l’assemblée départementale n’a laissé aucune place à la concertation.
Les chefs de services des Maisons Des Solidarités (MDS) ont été réunis mercredi 6 avril pour s’entendre annoncer l’objectif de création de places d’hébergement et la décision d’en terminer avec la prise en charge d’hébergements hôteliers. Plusieurs chefs de services ont alors alerté sur l’impact concret d’une telle mesure pour ces populations précaires, ainsi que pour leurs équipes (qu’on leur a demandé de ne pas informer de la décision).
Le lendemain, jeudi 7 avril, les syndicats ont été reçus pour la même annonce. Ce rendez vous était reporté à la demande des organisation syndicales qui pensaient quant à elles venir parler d’un audit sur la protection de l’enfance, audit évoqué récemment par les personnels et la structure départementale.Les responsables des syndicats majoritaires (SUD-CT, CGT, FO) ont pris connaissance avec stupéfaction d’une décision imposée sans prise en compte des conséquences (dégradation de la situation de populations très précarisées, tensions prévisibles pour les personnels en charge de ces publics).
Le vote de l’assemblée départementale est programmé au 12 avril.
Pas de concertation, pas d’écoute des préoccupations des agents légitimement inquiets tant pour les usagers que pour l’exercice de leurs missions, un secret imposé sur le projet jusqu’au jour du vote… Elles semblent loin les promesses des nouveaux élus de rompre avec le mode de gouvernance de Pierre Izard.

Syndicats et associations expriment leurs préoccupations sur le fond et leur désaccord sur la méthode

Les organisations syndicales,les chefs de services des structures et les personnels expliquent : « Les conséquences sont très simples : les jeunes mineurs nécessitant un placement seront mis en liste d’attente s’il n y a pas de place agrée par l’Aide Sociale à l’Enfance (ASE). Et en attendant ?…Les femmes avec enfants de moins de trois ans ne pourront plus bénéficier d’une prise en charge hôtelière. Le CD veut s’appuyer sur la possibilité de les orienter vers des partenaires extérieurs hypothétiques et/ou fantômes (associations). Quant à l’État, il a prouvé son inefficacité et son désengagement depuis des années.L’ambiance est garantie dans les salles d’attentes des MDS. En effet, ce sont bien les équipes de terrain qui devront accompagner ces usagers à la porte, mais en les rassurant… »
Plusieurs organisations (Syndicat des Avocats de France, Syndicat de la Magistrature,Ligue des Droits de l’Homme,Syndicat National des Personnels de l’Éducation et du Social de la Protection Judiciaire de la Jeunesse) interpellent : « Ceci ne peut autoriser la mise à la rue de mineurs isolés au mépris des décisions judiciaires dont ils bénéficient. En viendra-t-on à demander à la Justice le placement d’enfants en danger du fait de se retrouver à la rue avec leur mère ?Nous apportons notre soutien aux travailleurs sociaux du département dans leur refus de devoir mettre à la rue dans les mois qui viennent des centaines de personnes en précarité et aggraver ainsi un peu plus la misère sociale dans notre département. »

Manifestation du mardi 12 avril : les forces de l’ordre… et une caricature de réaction de l’instance départementale !

Mardi 12 avril ce sont donc plusieurs centaines de personnes qui se sont rassemblées devant le Conseil départemental qui procédait au vote sur ce sujet.Cette mobilisation s’est trouvée renforcée par une forte implication des travailleurs/travailleuses sociaux mais aussi des soutiens associatifs et des mobilisations encours comme Nuit Debout.
Le dialogue s’est résumé à un Hôtel du Département plus fermé que jamais et la présence de CRS.L’intersyndicale a écrit sur ce sujet « les 600 manifestant-e-s venus dire leur opposition au projet de délibération et leur soutien à ces personnes précaires ont été accueillis par des grilles fermées, des chaînes aux grilles et une compagnie complète de CRS, offrant un décorum jamais vu au Conseil départemental de Haute-Garonne ».
C’est à l’unanimité que l’assemblée départementale a entériné la décision.
Depuis, le Conseil départemental communique largement pour pointer « les dégradations et les violences », mais sans jamais évoquer sa propre responsabilité dans la situation : mesure imposée sans dialogue, absence d’écoute des personnels, provocations devant un mouvement social large. Il aurait décidé de déposer plusieurs plaintes qu’il serait sans doute plus raisonnable de retirer afin de ne pas ajouter à la colère que suscitent sa décision et son mode de discussion.
A Casa Nova, nous avions espéré un moment (juste un moment) qu’en s’inspirant des propositions que nous avions faites lors des élections départementales, le nouveau président du Département et son équipe avaient pris la mesure des dysfonctionnements passés.
Hélas,le naturel est revenu au galop, qui plus est sur les épaules des CRS.
Nous ne pouvons plus que constater amèrement que ce dossier a été engagé de la pire des manières: dans la défiance, la dissimulation et le refus du dialogue.
Nous soutenons l’aspiration à une écoute plus bienveillante,par les élus, de l’expertise des professionnels et des attentes des usagers. Nous invitons les élu-e-s du CD 31 à entendre ce qui s’exprime de la part de tant d’interlocuteurs : personnels, associations, citoyen-e-s.
atelier constituant

Et si on changeait la constitution ?

« Penser et agir » :

Dans sa première année d’existence Casa Nova s’est faite connaître par un travail de réflexion politique et d’écriture d’articles relatifs à l’actualité métropolitaine, régionale et nationale : le nombre et la qualité de nos lecteurs nous conforte dans la nécessité de continuer ce travail en lien avec l’actualité.  
Pour autant nous ne souhaitons pas nous limiter à ce rôle de veille et d’analyse. Nous avons une ambition politique claire : préparer ce qui doit succéder à la vie démocratique centrée autour des partis, préparer à gauche ce qui doit succéder à la sociale-démocratie libéralisée.
Casa Nova a donc décidé de chercher à identifier localement des pratiques professionnelles  ou sociales susceptibles d’illustrer ce que pourrait être à ses yeux une économie et une organisation sociale durable et enviable.
Nous nous engageons donc dans une série de rencontres de personnes ou de groupes actifs dans la métropole sur des thèmes divers, ayant peu ou prou réalisés l’amalgame entre l’éthique, la durabilité et l’inventivité que promeut Casa Nova et le pragmatisme nécessaire à une indispensable survie économique.
Chaque rencontre en accord avec les divers protagonistes fera l’objet d’une publication.
Ainsi serons nous en mesure de réaliser un état des lieux, certes non exhaustif mais représentatif, de ce que l’on nomme des communaux collaboratifs, que de nombreux promoteurs du développement durable citent en exemple ou appellent de leurs vœux.
Nous aurons  ainsi identifié sur la métropole toulousaine une série de pratique vertueuses, socle pragmatique d’un programme politique qui pourrait être établi . Nous pourrons également ainsi démontrer que les élites actuelles trouveront bien vite des remplaçants. 

Et si on changeait la constitution?

Le 6 avril 2016, le festival Les Airs Solidaires organisait un “atelier constituant”.
Le but : faire débattre des citoyens entre eux afin de proposer des lois constitutionnelles et aboutir à une Constitution qu’ils estiment idéale.
Initialement prévu au Quai des Savoirs, l’atelier a finalement lieu juste en face, au Welcome Desk. Si la plupart des participants sont des étudiants, on retrouve tout de même une certaine diversité d’âges et de parcours parmi tous les participants.
L’animateur de l’atelier s’appelle Timothée. Étudiant à Sciences po Toulouse, c’est la seconde fois qu’il anime un atelier constituant. Il nous explique que cette initiative est un bon moyen de nourrir un débat concret, alliant l’échange d’idées et la réflexion à propos de mesures constitutionnelles envisageables.12923219_1696634077284218_1408718771839912498_n
L’atelier se déroule en plusieurs étapes. 
L’intégralité des participants procède à un vote pour choisir le sujet dont ils vont débattre: impossible en effet de créer une constitution de toute pièce en quelques heures; les discussions ne portent donc que sur un seul domaine.
Parmi les thématiques proposées, on retrouve notamment le principe de subsidiarité, les médias, la propriété, le droit au logement ou encore l’économie des déchets. Le thème finalement choisi est la répartition des revenus.
Divisés en petits groupes, les participants disposent d’une heure pour échanger à propos des inégalités de revenus, de leurs origines, des responsables ainsi que des mesures envisageables pour permettre une société moins inégalitaire. Le but est de proposer quelques articles à insérer dans une constitution inventée.
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A l’issue de ces délibérations, les propositions des différents groupes sont mises en commun. 

Les idées qui reviennent le plus souvent sont celles de l’instauration d’un revenu de base, de la sensibilisation des citoyens à la valeur du travail plutôt qu’à celle de l’argent, mais aussi la proposition contestée de la mise en place d’un salaire maximum en France.
Il s’avère finalement difficile de rédiger une constitution parfaite sur un sujet pointilleux et fondamental qui suscite des avis très divers. Toutefois, c’est une large réflexion sur la place centrale qu’occupe l’argent dans notre société et sur les inégalités de revenus, flagrantes et croissantes, qui a été menée.
A l’heure ou l’on s’interroge sur la pérennité des « nuits debout » qui éclosent en France, Casa Nova soutient et participe à ce travail d’atelier qui n’en doutons pas pose des bases solides pour la refondation des pratiques politiques de demain.
Nous sommes partisans d’un changement profond de l’exercice du pouvoir politique: débarrassé des notables candidats et élus à tout, des sondeurs, des lobbys et de tous les autres mécanismes de cette démocratie qui se dit représentative.

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Plan mobilité 2025-2030

Ou quand les déplacements et la santé publique se rejoignent.

Un changement de politique transport depuis 2014

Malgré le grand succès d’usage des lignes A et B du métro, l’utilisation de la voiture n’a fait que croître.
L’agglomération toulousaine n’arrive plus à réduire ses émissions concernant les gaz à effets de serre et la qualité de l’air en général du fait de l’augmentation journalière des déplacements individuels en voiture, surtout en périphérie. Ce qui a conduit à un nouveau Plan de Déplacement Urbain (PDU) adopté en 2012 complétant les deux lignes de métro par une infrastructure de tramway, de bus en site propre et de voies cyclables en surfaces.
En 2014, la nouvelle municipalité a été élue avec la promesse d’une nouvelle ligne de métro enterrée aux dépens des infrastructures de transports en commun de surface. C’est dans ce contexte que se prépare une concertation sur le projet de mobilité 2025- 2030 autour de la troisième ligne de métro dite Toulouse Aérospace Express (TAE). Cette ligne passerait au nord et à l’est du centre ville de la future gare de Labège à la gare de Colomiers en passant par Airbus.  Dix lignes de bus prioritaires dites LINEO s’insérant dans le trafic automobile desservirait le reste de l’agglomération. Ce projet mobilité vaudrait comme Plan de Déplacement Urbain, c’est à dire qu’au delà de la réalisation du métro TAE, il traite de toutes les mobilités sur l’agglomération.

Le métro ou le consensus par la facilité

Pour les experts en mobilité qui étudient l’adéquation entre densité de population et mode de transport. l’agglomération de Toulouse est trop étalée et pas assez peuplée pour un mode de transport aussi onéreux qu’un métro enterré.
Alors pourquoi le consensus médiatique et politique est-il tel autour du métro que tous les partis en redemandent, les uns en prolongeant la ligne B, les autres en doublant la ligne A et enfin l’actuelle majorité a en partie gagné les élections sur la promesse d’une troisième ligne de métro.
C’est que contrairement aux experts qui voient les effets à moyen terme, une grande partie des toulousain-es pense qu’avec un métro enterré, on circule mieux en voiture. Et de nombreux candidat-es aux élections ne veulent pas perdre des voix en s’encombrant de la difficile réalité : l’amélioration des déplacements passe par des transports en commun en surface, et donc forcément en diminuant la place de la voiture.
L’argument contre les tramways, les bus et les voies cyclables est facile : « Si on enlève quelques voies de stationnement ou de circulation par ci ou par là, on ne pourra plus se garer, ni circuler ». Bien sûr, on circulera moins en voiture, mais on circulera tous mieux et moins cher. La plupart des agglomérations européennes de taille comparable ayant diminué les embouteillages ne l’ont fait que par des tramways et des bus prenant une partie de la place de la voiture.
C’est enfin parce que les Toulousain-es n’ont pas intégré qu’ici comme ailleurs, l’enjeu des décès générés par la pollution urbaine est du même ordre que les grands enjeux de santé publique : accidents de la route, alcool, drogue, sida. Cela les promoteurs du tout voiture savent bien le dissimuler et les défenseurs de la circulation apaisée ne savent pas bien l’expliquer.

Une perspective d’amélioration reculée à 20 ans

Au fur et à mesure des promesses de l’équipe Moudenc, la 3ème ligne de métro TAE  s’étire sur plus de 26 km. Elle devrait donc coûter de l’ordre de 2,5 milliards d’euros, prendre plus de dix ans pour être réalisée dans son entier et il faudra attendre le remboursement des emprunts d’ici vingt ans pour pouvoir créer les infrastructures complémentaires nécessaires.
Si finalement, les toulousain-es du cœur d’agglomération pourront améliorer leurs conditions de transport dans les dix années qui suivront sa réalisation, ce projet n’offre pas grand chose d’ici là et surtout très peu pour les habitant-es de la première couronne et vraiment rien pour ceux de la deuxième.
Avec le plan mobilité 2025-2030 que nous propose Tisséo, tous les habitant-es de l’agglomération, du centre ou de la périphérie subiraient une augmentation des gaz à effets de serre, la dégradation de la qualité de l’air, de la santé, de la sécurité, la saturation croissante des périphériques et des pénétrantes…
En se focalisant sur une troisième ligne de métro, ce projet offre peu de perspective sérieuse de modification du  mode de déplacement des usager-es des voitures, utilitaires ou camions de livraison dans les vingt ans à venir.

Établir une circulation apaisée dans l’agglomération Toulousaine

Pour échapper à une telle perspective, c’est à l’ensemble des habitant-es de l’agglomération de s’emparer d’une idée simple :
    Établir une circulation apaisée dans l’agglomération Toulousaine    
Les solutions techniques sont connues. Pour une agglomération comme Toulouse, cela passe par un plan train, tram, vélo et piéton ambitieux et de surface à l’échelle de l’aire urbaine à l’exemple des villes d’Amsterdam, Berne,Bologne, Copenhague, Genève, Londres, Strasbourg, etc.
A titre d’exemple, pour un milliard d’euros, Bordeaux réalisera d’ici 2010  trente trois km. de tramway supplémentaires dont sept km. de tram-train  qui vont s’ajouter aux quarante quatre km. existant avec un objectif de 750 000 voyages par jours à l’horizon 2020 ( à comparer aux 400 000 des lignes A et B actuelles).
Au delà des moyens de transport, cela permettrait de réduire les méfaits de la vitesse, de multiplier des zones 30 dans tous les quartiers, d’instaurer des zones de rencontre, et de supprimer trop de voies qui sont devenues de véritables «routes urbaines » coupant des quartiers en deux.
Avec la baisse de la pollution et du bruit, c’est la perspective d’une agglomération apaisée qui est envisageable, perspective essentielle pour la cohérence sociale des grandes villes du futur.
Financièrement, l’usage des transports en commun est une économie conséquente pour la plupart des ménages.Ce serait un véritable bol d’air financier pour les ménages les plus pauvres.
Cette ambition passe par de grands défis à traiter avec volontarisme:
  • Mobiliser les citoyens afin que ce soit eux qui portent et pèsent sur les pouvoirs publics, pour un projet de déplacements global apaisé qui améliorera le quotidien des quartiers sans contraindre, bien au contraire, la liberté de se déplacer
  • Construire un pacte avec la région et la SNCF pour bâtir un réseau de RER desservant l’agglomération, unique moyen rapide de répondre aux besoins des toulousain-es travaillant ou résident loin du centre.
  • Dépasser les clivages entre les intercommunalités (la Métropole, le Sicoval et le Muretain), obstacles majeurs à tout projet d’agglomération, clivage qui n’est explicable que par des égoïsmes politiciens tous bords confondus, inacceptables et inacceptés comme on peut le constater dans les urnes un peu plus à chaque consultation.

Voir aussi:

Ou en sont les déplacements urbains de la métropole?

PDU: une concertation déconcertante

CASA NOVA propose un « projet Manhattan » toulousain autour de la mobilité

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Kiosques allées Roosevelt: apologie du pastiche ou appel à la création ?

Toulouse est en émoi : la Mairie a laissé entendre que les huit kiosques des allées Roosevelt pourraient être supprimés !

En cette période où l’on ne sait plus trop où est la gauche et où est la droite et à quelles valeurs se référer on s’accroche à une des dernière valeurs fiables (du moins le croit-on) le patrimoine : touche pas à mes briques, enfin là c’est plutôt à mon béton décoré !
Sauf qu’en l’occurrence les kiosques historiques …ils n’ont que dix ans d’âge !
Et on affirme sans savoir, à l’image d’une journaliste de La Dépêche à courte mémoire qui déclare, espérons le avec bonne foi, que « Réalisés en 1925 par l’architecte alors en vogue sur Toulouse, Jean Montariol, ces kiosques de style Art Déco ne sont pas inscrits à l’inventaire des Monuments Historiques mais ils sont situés dans le périmètre sauvegardé. Autrement dit, il serait impossible de les détruire »
Tout faux, Madame, et nous ne pouvons que vous inviter à relire votre propre article de cette même Dépêche du 17 mai 2005 dans lequel vous expliquiez que « trois kiosques, longtemps installés sur les allées Franklin-Roosevelt, sont depuis une semaine implantés boulevard Carnot. Une décision prise par la ville liée aux travaux de semi-piétonnisation de la place Wilson »
Nos mémoires peuvent aussi se rafraîchir en relisant l’article du même journal du 25 novembre 2005 intitulé « le quartier Wilson va retrouver ses kiosques » ou celui fort intéressant du 27 janvier 2005 qui titrait « la guéguerre des kiosques » et précisait que « depuis que cette place centrale a été réaménagée, les huit kiosques traditionnels ont fait leur retour. Mis aux normes et restaurés dans leur apparence d’époque. » 
Le débat sur les kiosques de Roosevelt n’est donc pas nouveau.
En effet pour effectuer les indispensables travaux de réaménagement de l’espace public liés à l’ouverture de ligne B du métro, le sol des allées Roosevelt fut nivelé et recouvert de granit en 2005.
Or pour refaire le sol, il a fallu enlever les kiosques, et comme ceux-ci sont bâtis en béton et donc non transportables sans dommages, il avait fallu se préoccuper de leur avenir et en premier lieu de leur disparition potentielle.
Ces kiosques n’étaient pas protégés au titre de monument historique; en revanche ils étaient et sont encore installés sur des allées qui elles sont bien inscrites à l’inventaire de Monuments Historiques. Et à ce titre tout ce qui est édifié ou supprimé sur leur sol n’échappe pas à l’avis conforme des Architectes des Bâtiments de France, qui furent bien sûr à l’époque consultés sur le sujet. Leur avis conforme, encore vérifiable, fut sans ambiguïté : pas d’opposition à la suppression des kiosques. 
Donc déjà à cette époque et dans leur état d’origine le caractère patrimonial de ces objets n’était pas reconnu par les gardiens du temple !
La question de leur enlèvement pour réaliser les travaux étant réglée, se posait aussi celle de leur reconstruction avec deux questions essentielles à résoudre :
1- Établir une esplanade apte à recevoir le flux prévu des 80 000 piétons par jour attendus au croisement des deux lignes de métro.
2- Édifier des kiosques aptes à répondre aux activités de leurs occupant-es au regard des normes d’hygiène et de sécurité, du règlement d’occupation du domaine public et des besoins des exploitants 
S’il paraissait utile de garder une animation commerciale sur l’esplanade, il était déjà évident que les petits kiosques carrés façon début 20ème, n’étaient plus dimensionnés pour les activités du 21ème siècle et qu’en lieu et place de huit petits objets non fonctionnels, deux ou quatre éléments plus grands auraient été plus appropriés. Les Bâtiments de France n’étaient pas opposés à cette idée sous réserve qu ‘ils soient de bonne qualité architecturale.
Mais alors que nous étions à deux ans d’élections municipales il fut décidé par Jean Luc Moudenc et Jean Jacques Bolzan, de restituer un fac-similé des anciens kiosques : et ceux que nous voyons aujourd’hui ne sont qu’une restitution des anciens kiosques « néo art déco ».201603291898-full
Ainsi fut fait, au grand dam des spécialistes des Affaires Culturelles qui sont toujours opposés aux restitutions à l’identique d’éléments anciens afin notamment d’éviter toute ambiguïté pouvant créer de la confusion dans l’esprit du public. Ce que nous vivons leur donne raison puisque dix  ans après presque tout le monde est convaincu qu’il s’agit bien de kiosques anciens. 
Facétie de l’histoire, Jean Luc Moudenc et son acolyte Jean-Jacques Bolzan, les acteurs de l’époque, d’abord battus aux élections, puis maintenant réélus sont rattrapés par la réalité  ancienne encore aggravée dix ans plus tard:
 1- D’une part  la fréquentation du métro  sera en augmentation du fait de l’allongement prochain des quais de la ligne A, amenant 100 000 personnes par jour sur cette cette esplanade.
 2- D’autre part les kiosques à l’ancienne étant trop petits, ils dysfonctionnent et chacun peut ou a pu constater que l’écailler a entouré son kiosque d’éléments en acier inox aussi massifs que disgracieux, que le marchand de journaux avait apposé un coffre en bois contre le sien pour ranger ses journaux, que le fleuriste étalait ses fleurs bien au delà d’une emprise raisonnable, que les velléités d’installation d’Octave le marchand de glace ont fondu comme neige (glace ?) au soleil face aux exigences réglementaires et aux normes d’hygiène en vigueur, etc …kiosques
Les pouvoirs publics ont de plus en plus de difficulté à accepter la situation illégale générée par les adjonctions diverses autour des kiosques qui perdurent la nuit et fleurissent le jour. Illégales car le règlement municipal d’occupation du domaine public impose de tout ranger chaque soir à l’intérieur des kiosques (et des magasins), chose impossible vu l’exiguïté des kiosques . Par ailleurs la Mairie ne sévit pas car c’est aussi elle qui en tant que propriétaire, et en toute connaissance de cause, établit les contrat de location et en perçoit les dividendes : cette situation schizophrénique n’est supportable que grâce à la segmentation des services, au fractionnement des délégations et à la dilution des responsabilités.
Alors face à une disparition annoncée des vrais faux kiosques, Casa Nova ne hurlera pas avec les loups d’opposition qui font étalage d’ignorance, de clientélisme et d’irresponsabilité (faites votre choix) en demandant leur maintien.
Casa Nova ne fera pas non plus l’apologie de l’équipe en place, qui est seule responsable de cette situation pour avoir fait preuve il y a une décennie d’un conservatisme qui se retourne contre elle aujourd’hui. 

Casa Nova reste critique mais responsable et propose :

D’une part de faire disparaître ces faux kiosques anciens,
qui dysfonctionnent car ils sont trop petits, obsolètes et de moins en moins adaptés aux besoins des usager-es de l’esplanade (1).
D’autre part de reconstruire deux ou quatre beaux kiosques fonctionnels,
de facture contemporaine (2), amovibles pour pouvoir être déplacés sans dommages, et aptes à recevoir en toute légalité et sécurité les activités utiles pour l’animation  d’une esplanade ou se croiseront 100 000 personnes chaque jour. 
Ceci permettrait de reloger tout ou partie des commerces  installés dans les kiosques actuels, et dont le sort préoccupe aussi Casa Nova.
Un des nouveaux kiosque pourrait aussi être utilisé comme « kiosque des initiatives » pour des personnes qui lancent leur activité.
Et en attendant le réaménagement des allées Jean Jaurès, ces constructions pourraient préfigurer l’avenir, en étant confiées après consultation à des créateurs contemporains; elles seraient pour nous symboles d’un engagement dans un avenir créatif, en opposition aux « délices de l’imitation » qui ne sont que perversion de l’esprit, crainte de l’avenir et refus de l’appropriation nouvelle d’un domaine public partagé et non segmenté.
(1) Ce qui n’empêche pas d’en conserver dans un lieu approprié les éléments authentiques au titre de la mémoire.
(2)Des éléments de décor des anciens kiosques peuvent  aussi  être inclus dans une composition architecturale contemporaine, comme ce fut fait aux « Bains -Douche » St Cyprien, transformés  en Mairie annexe.

 

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Palanca : « boîte à outils du développement durable »

 « Penser et agir »:

Dans sa première année d’existence Casa Nova s’est faite connaître par un travail de réflexion politique et d’écriture d’articles relatifs à l’actualité métropolitaine, régionale et nationale : le nombre et la qualité de nos lecteurs nous conforte dans la nécessité de continuer ce travail en lien avec l’actualité.  
Pour autant nous ne souhaitons pas nous limiter à ce rôle de veille et d’analyse. Nous avons une ambition politique claire : préparer ce qui doit succéder à la vie démocratique centrée autour des partis, préparer à gauche ce qui doit succéder à la sociale-démocratie libéralisée.
Casa Nova a donc décidé de chercher à identifier localement des pratiques professionnelles  ou sociales susceptibles d’illustrer ce que pourrait être à ses yeux une économie et une organisation sociale durable et enviable.
Nous nous engageons donc dans une série de rencontres de personnes ou de groupes actifs dans la métropole sur des thèmes divers, ayant peu ou prou réalisés l’amalgame entre l’éthique, la durabilité et l’inventivité que promeut Casa Nova et le pragmatisme nécessaire à une indispensable survie économique.
Chaque rencontre en accord avec les divers protagonistes fera l’objet d’une publication.
Ainsi serons nous en mesure de réaliser un état des lieux, certes non exhaustif mais représentatif, de ce que l’on nomme des communaux collaboratifs, que de nombreux promoteurs du développement durable citent en exemple ou appellent de leurs vœux.
Nous aurons  ainsi identifié sur la métropole toulousaine une série de pratique vertueuses, socle pragmatique d’un programme politique qui pourrait être établi . Nous pourrons également ainsi démontrer que les élites actuelles trouveront bien vite des remplaçants. 

Rencontre avec Palanca :« boîte à outils du développement durable »

Nous avons rencontré l’entreprise Palanca le 12 novembre dernier. Les tueries du lendemain ont naturellement suspendu la publication de cet article, que nous reprenons et publions désormais. L’actualité médiatique de Palanca dans la presse locale nous a rappelé le caractère intéressant de cet exemple de réussite entrepreneuriale.
Nous étions intéressés par les activité de cette structure dont nous avions entendu parler. Cela concernait à la fois  l’objet de son activité, ses modes de production mais aussi  son éthique.
Nous en avons retiré beaucoup d’éléments permettant d’avoir une approche conceptuelle et concrète qui nous ont fait l’effet d’une « bouffée d’oxygène » :
il serait possible de produire de la richesse intellectuelle et des services à la population dans le cadre d’une économie privée, obéissant à des principes éthiques et écologiques et assurant une rentabilité non subventionnée.
Bien sûr que nous en avions l’intuition, bien sûr que nous avions connaissance d’expériences économiques sociales réussies car rentables, mais nous avons là trouvé un exemple particulièrement vivifiant.
Palanca est donc une société coopérative de production (SCOP) qui existe sous cette forme depuis 2012.
Elle est composée de 8 personnes, de profil bac+5, ingénieurs INSA, master en aménagement, docteur en énergie 

Deux activités principales : bureau d’études et conciergerie. 

Bureau d’études :

Ils produisent et assurent des formations, du conseil et des études en développement durable. Palanca propose à ses clients un accompagnement pour la création de cercles vertueux dans des projets de développement durableL’objectif est de faire faire du développement durable aux autres entreprises. Palanca est ainsi prestataire auprès de petites structures en formation, de groupes de constructeurs, de maîtres d’œuvre ou de maîtres d’ouvrage. Ils aident par exemple à positiver les clauses d’insertion souvent vécues seulement comme une contrainte ; ou encore à prendre en compte la RSE(responsabilité sociale des entreprises). Ils proposent également comme prestations des aides à la mutualisation des moyens pour des corps d’état de même activité.

Conciergerie :
Livraison,réparations, visite de courtoisie… il s’agit d’une activité traditionnelle souvent négligée à l’apparence simple, mais qui nécessite des connaissances techniques, beaucoup de bon sens et de « débrouillardise« , ainsi que de grandes qualités humaines.Pouvant aller de l’organisation (dans le même immeuble on peut avoir par jour 5 ou 6 infirmières et autant de kiné qui interviennent séparément) au petit bricolage (un morceau d’adhésif ou le changement d’un joint suffit parfois à solutionner un dysfonctionnement qui ne nécessite pas forcément de déplacer en urgence un professionnel ou le changement d’un appareil). Leurs clients âgés ou isolés leur demandent de sortir leurs conteneurs ou simplement d’assurer une présence rassurante et créatrice de lien. Leurs clients sont essentiellement des particuliers et des entreprises. Les bailleurs sociaux, la Mairie et le CD31, ainsi que Toulouse Métropole jouent un rôle de « facilitateurs bienveillants« .

Organisation, fonctionnement et perspectives :

La structure de SCOP et la nature du travail de Palanca induisent une minimisation du capital et une survalorisation de l’outil de travail.
Le gérant est régulièrement élu sur la base une personne une voix. Concernant la répartition des bénéfices, ils nous indiquent ces proportions: 95% en salaires et 5% en frais de gestion et investissements.
La société, pour les salariés, assure la mutualisation et la mise à disposition de tous les outils de travail, en plus du salaire(sauf les vélos qui sont personnels). Ils tiennent à ce jour au principe d’égalité des salaires (environ 1500€), bien que les niveaux d’études et les compétences ne soient pas les mêmes. Quand on leur demande si cela pourrait évoluer à l’avenir, avec éventuellement une échelle contenant un écart maximum, ils nous répondent que ce n’est pas exclu, mais que ce n’est pas d’actualité. Ils n’y a  pas aujourd’hui de telles revendications parmi eux. Dans le cadre d’une évolution, ils avancent le rapport de 1 à 2 entre le salaire le plus bas et le salaire le plus haut. 
Dans le fonctionnement quotidien comme dans les choix plus stratégiques, ils nous indiquent que le principe de transparence totale: tous les salariés savent tout.
Ils sont aujourd’hui basés dans des locaux que leur loue un bailleur social privé, dans le quartier Arnaud Bernard.
Pour la santé économique de l’entreprise, ils nous indiquent que l’équilibre économique de la structure n’est pas aisé mais se révèle possible. Aujourd’hui, la partie bureau d’étude, qui est bien rémunérée, compense la partie conciergerie dont les marges sont plus réduites, du fait des coûts bas qu’ils proposent.L’objectif est tout de même de développer la conciergerie (ils « flairent » là un réel besoin en puissance et l’aspect éthique est central dans leurs choix). Cette volonté de développer la part des revenus de la conciergerie pose des questions d’équilibre financier réels, et ils envisagent de faire appel à de nouveaux collaborateurs ou entreprises et associations sous-traitées ou associées.AlloBernard-630x0
Nous sommes satisfaits de ce que nous avons appris lors de cet entretien, et nous mettons en avant avec bonheur leurs activités qui répond aux exigences de viabilité économique, de réponse à un besoin humain fondamental et aux exigences éthiques de fonctionnement interne du entreprise sociale et écolo.
Leur site : http://palanca.fr/

Toulouse Métropole à Gauche