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Le gratte ciel de Toulouse

« TOULOUSE CON TOUR » saison 2 : 

La saison 1 était musicale avec  Art Mengo, Magyd Cherfi et Yvan Cujious .

https://www.youtube.com/watch?v=wzsUG8BgnPw

La saison 2 pourrait être urbaine avec Jean Luc Moudenc, Alain Garès, Joan Busquets  et le gratte ciel de Toulouse

Car la dernière modification du Plan Local d’Urbanisme ouvre la porte réglementaire à un immeuble de grande hauteur à Marengo dans le cadre du projet Toulouse Euro Sud Ouest, autrement dit l’aménagement du quartier de la gare Matabiau.
A Toulouse les Immeubles de Grande Hauteur on les appelle pas des IGH mais des gratte ciel !
Ceci dit avec les 150 mètres autorisés par le PLU on ne va pas le gratter beaucoup le ciel, la tour Montparnasse culminant à 210 mètres, la Tour Eiffel à 325 mètres, pour rester dans les références hexagonales, le record un monde étant à Dubaï  avec les 829 mètres de la tour Burj Khalifa: record qui ne relate rien d’autre que la mégalomanie des commanditaires, dans des pays qui à l’heure ou le monde entier s’interroge sur le réchauffement climatique construisent avec l’argent du pétrole des pistes de ski réfrigérées sous les tropiques .

Mais revenons à Toulouse et voyons les raisons qui sont mises en avant pour justifier l’édification de notre tour à nous.

On nous parle d’abord d’un signal ; heu pour signaler quoi ? 

Comme on n’ose pas penser que le premier magistrat de la ville souhaite se signaler ainsi, on se dit que peut être c’est pour indiquer que là, il y aura des bureaux en vente, car avec un excédent de plus de 100 000 m2 de bureaux vides dans la métropole, il va falloir les vendre les 30 à 40 000 m2 hors de prix de la tour de Marengo elle même noyée dans un projet plus vaste qui prévoit alentour 300 000 m2 de bureaux pour 2030 !
Hors de prix oui,  car le principal obstacle à lever pour la construction de notre gratte ciel, c’est le financement, comme l’indique le Directeur d’ Europolia, société chargée  du projet TESO, qui sait bien que dans un marché excédentaire le prix des bureaux n’atteindra pas les sommets que la tour, elle, voudrait bien atteindre. 

Un Immeuble de Grande  Hauteur coûte très cher à construire, donc se vend cher:

Mais l’enthousiasme des investisseurs risque d’être tempéré certes par le prix, mais surtout par l’impact minime de la chose, pardon du signal !

Car à Toulouse, avec ou sans LGV à Matabiau, quelle sera la renommée d’un petit IGH de 50 étages maximum, certes judicieusement placé par Joan Busquets au dessus des voies de chemin de fer et visible des allées Jean Jaurès, mais néanmoins bâti  en contrebas de la colline de Jolimont qui culmine à  quelques 50 mètres au dessus du canal et couronnée de deux immeubles d’une cinquantaine de mètres de haut : l’aura altimétrique de notre gratte ciel sera donc amputée de 100 mètres … ce ne sera donc pas une érection de 150 mètres au dessus de la ville qui se dressera à l’horizon, mais un troisième immeuble même pas deux fois plus haut que ses deux voisins de Jolimont bâtis dans les années 60 au sommet de la colline.
Et seule une vision en venant du Sud permettrait de percevoir le gratte ciel dans toute sa hauteur.

Mais à défaut d’érection spectaculaire, son architecture pourrait alors créer l’événement,

comme l’indique Joan Busquets l’urbaniste en chef de Marengo qui monte au créneau dans la presse locale pour « vendre » le projet avec son savoir faire habituel. 
Il change le vocabulaire en remplaçant « signal » par « symbole », et en faisant un parallèle historique avec tourelles de hôtels du 16éme siècle qui caractérisent l’époque florissante des fortunes Toulousaines issues du commerce du pastel: sauf que là les fortunes qui investiraient auraient pour nom Vinci, Eiffage ou Bouygues …, des fortunes issues du commerce des autoroutes et des parking, peut être pas de quoi ériger un monument à la gloire du béton au dessus des voies de la SNCF, à l’heure ou les bus Macron contribuent à la lente agonie du rail populaire au profit de la route !
Il explique opportunément que le bâtiment se devra d’être beau et durable, bien que par définition une tour est énergivore, la performance énergétique des bâtiments passant par une compacité du bâti pour éviter les déperditions … le contraire d’une tour isolée et en plein vent.
Alors bien sûr faisons confiance aux architectes pour développer des processus d’isolation et de captage de l’énergie solaire ou géothermique afin de « verdir » le gratte ciel, mais comme le dit bien le professeur Busquets , cela passe par un investissement financier conséquent, un surcoût par rapport à une tour qui aussi belle qu’elle soit resterait énergivore. 
Et c’est bien cette capacité financière qui pose question… comme le soulignait le Directeur d’Europolia : on ne pourrait le construire, le gratte ciel, que s’il ne coûtait pas trop cher … !

Ainsi que ce soit en terme de signal ou de geste architectural, le bide nous guette …

avec un budget au rabais, une hauteur finalement étriquée, et une forme banale de tour, expression architecturale obsolète qui comme le craint le professeur Busquets  évoquerait plus les visions des urbanistes d’antan, que celle des contemporains talentueux ou progressistes qui préconisent des solutions durables, performantes d’un point de vue environnemental et cohérentes d’un point de vue urbain comme l’étaient les tourelles des Capitouls. 
En l’occurrence bâtir en grande hauteur à Toulouse n’est que gesticulation, dans l’une des villes de France les moins denses.
Et si Toulouse n’a pas eu de tour comme d’autres capitales c’est simplement parce qu’il n’y en avait pas besoin.

Aujourd’hui est on face à un vrai besoin ou à une envie d’urbanistes fatigués et de politiciens incultes ?

D’autant que le côté utilitaire d’une tour de bureaux laisse dubitatif, et comme le souligne Joan Busquets, cette tour devrait avoir plusieurs fonctions logements, bureaux , hôtel … il y aura peut être du monde pour investir dans les derniers 50 mètres  (une quinzaine d’étages) mais qui voudra payer le prix fort pour occuper les 100 mètres qui seront en dessous ?
Enfin ne laissons pas détourner les propos des Toulousains qui se sont exprimés lors de l’enquête publique organisée sur ce projet qui a fait ressortir le désir d’une architecture « plus ambitieuse ».
Pas sûr que l’ambition dont parlaient ces citoyens soit de voir construire une mini tour, coincée contre la colline Jolimont, avec un budget au rabais donc d’une architecture à l’économie, remplie de bureaux qui ne feront qu’aggraver l’excèdent métropolitain, et qui ne solutionneront en rien le déficit en logement, pire qui n’assureront pas l’indispensable équilibre habitat/activités .

Le surcroît  d’ambition souhaité par les Toulousains pourrait aussi bien se traduire par des formes architecturales et urbaines moins érectiles et plus durables, qui répondraient aux besoins de tous et non aux envies de quelques uns.

Pour l’instant, et c’est heureux, le fait que le PLU permette de bâtir une tour de 150 m n’est en rien une obligation de la réaliser.
Gageons que le bon sens prendra le dessus et qu’en attendant l’arrivée des TGV à Matabiau, Toulouse Métropole réalisera qu’il y a suffisamment de grain à moudre pour achever d’ici 2020 et dans un site contraint, les travaux annoncés de la rue Bayard, des allées Jean Jaurès, du parvis de la gare avec la couverture partielle du canal … pour ne pas s’engager   en urgence dans l’aventure obsolète du gratte ciel !
Lire aussi :

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« La petite enfance dans la cour des grands »

À l’occasion de la sortie de son ouvrage « La petite enfance dans la cour des grands », Casa Nova a rencontré Jérôme Bonnemaison.

Il a été directeur des politiques petite-enfance à la mairie de Toulouse, poste qu’il a quitté lors de la victoire de la droite au Capitole.

Jérôme, vous sortez un livre sur les enjeux des politiques de petite enfance. Est-ce qu’il s’adresse aux élus ou aux professionnels ?

D’abord merci de cet entretien et je tiens à exprimer toute mon amitié à Casa Nova Toulouse Métropole, dont j’ai été un des fondateurs, pour ensuite bifurquer pour des raisons personnelles et me consacrer à d’autres préoccupations comme l’écriture. Mais je partage encore votre intuition d’une mutation sans précédent du politique et de la nécessité de s’y préparer, notamment en quittant le modèle de la verticalité.

Ceci étant dit, j’ai écrit ce livre pour tous ceux qui ont un intérêt pour ce domaine, malheureusement laissé dans l’ombre, car considéré comme lieu de techniciens de puériculture. S’il y a une seule idée à laquelle je tiens, c’est celle-ci : la petite enfance est une aire de choix politique affirmé, qui ne se pense pas comme telle et je voudrais que ce soit le cas. À mon sens, elle peut être le moyen de redonner une perspective générale à des politiques sociales qui semblent comme stupéfaites par leur échec à endiguer les inégalités et à rassembler la société. Le social tel que nous l’avons vécu repose sur le solidarisme financier et la réparation. Je pense qu’il doit évoluer vers la stimulation du « pouvoir d’agir ». Ça commence avec l’enfance et la mise en mouvement de la parentalité. Et c’est possible, ça existe déjà.

En quoi une crèche peut stimuler le « pouvoir d’agir » ?

Par son rôle en matière d’accompagnement à la parentalité, plus ou moins investi. Beaucoup de nos difficultés sociales se cristallisent dans l’enfance, au sein de familles déboussolées par toutes sortes de fragilisations sociales et culturelles. Les crèches sont capables de nouer confiance avec elles. Ça parait abstrait mais voici un exemple : une éducatrice de jeunes enfants peut conduire une famille à lire avec son enfant, voire à partager des livres entre familles. C’est extrêmement important. Mais encore faut-il que l’accompagnement à la parentalité soit inclus dans le projet petite enfance de la commune et doté d’outils. J’ai quitté mon poste précipitamment mais nous avions par exemple un beau projet central de maison de la famille, baptisé « l’île aux parents », ou réunir des fonctions comme l’accueil-information, l’écoute des questionnements parentaux, une résidence d’artistes en lien avec les familles, des moyens pour permettre à des initiatives parentales d’émerger, et un multi-accueil…

Quel est le projet petite-enfance de la majorité Moudenc ?

Je ne sais pas si on peut parler de « projet ». Mais plutôt d’actes. Ils ont rétabli le clientélisme en contournant le système d’admissions. Ils continuent les constructions lancées par la gauche et les inaugurent en grande pompe, mais je n’ai pas entendu parler d’un schéma nouveau de développement, seulement d’affiches disant « création de 1000 places ». Ceci alors qu’ils suppriment de nombreuses places en ne remplaçant pas les personnels à domicile des crèches familiales qui partent en retraite. Ils ont réorienté la politique d’admission vers les plus aisés en supprimant le critère de revenu, à tel point que le dernier rapport montre un taux effarant de refus des places proposées, car les familles avaient déjà été sélectionnées par des associations qui ne sont plus incitées à entrer en guichet unique avec le service public. En outre, je sais que les remplacements d’absences ne sont plus systématiquement opérés par rigueur budgétaire. Les conseils de parents et la politique innovante d’égalité fille garçons ont été éradiqués ainsi que les grandes initiatives culture/petite enfance qui ne coûtaient pas grand chose mais déplaisent au conservatisme de ces gens. C’est triste. Je sais que les personnels sont en souffrance. J’imagine leur frustration quand ils savent que la mairie achète désormais des places au secteur privé, leurs amis, à 8000€ la place par an, alors qu’une place en public coûte 5000€ et en association un peu plus de 4000€. Voila la réalité de la « vertu » financière de cette équipe de faillite.

Si la gauche était majoritaire au Capitole en 2020, dans quelle direction devrait-elle se lancer sur la question de la petite-enfance?

Si une majorité municipale de transformation sociale revient aux manettes, je pense qu’elle devra absolument développer l’offre, car la démographie locale est puissante. C’est cher mais la coproduction avec les associations à but non lucratif, dans le cadre de vrais contrats d’objectifs sur le fond, est une solution tenable. Elle pourrait aussi continuer le travail partiellement entrepris pour bâtir par la négociation un guichet unique, épargnant aux familles l’inéquité et les dédales bureaucratiques. Puis elle devrait rétablir un système d’admission juste et transparent, équilibré, voire approfondir avec la participation de familles aux commissions. Enfin il faut imaginer des lieux de nature nouvelle, décloisonnant la petite enfance et la culture notamment, et faisant évoluer les crèches vers des plate formes de gardes et d’accompagnement à la parentalité.

Les politiques d’austérité budgétaire ont elles un impact sur la qualité du service public de la petite-enfance ?

Les politiques d’austérité, oui, ont des conséquences. Elles ont notamment conduit les CAF à des tarifications de type « consigne ». On paie à l’heure de garde réellement effectuée, avec badgeage. Cela incite les familles à se voir comme consommatrices et va à rebours d’une politique sociale intelligente. De plus on détruit ainsi la mixité sociale en incitant les crèches à des horaires plus resserrés et à prendre des familles de cadres qui leur assurent dix heures par jour, 5 jours sur 5. Les communes voient leurs capacités d’investissement réduites, et une place de crèche réclame la solidarité du contribuable local pour fonctionner. Donc, même si un droit de tirage national a été ouvert pour développer, la création de places est atrophiée par l’austérité.

Outre la question sociale, est-ce que d’autres politiques publiques peuvent trouver dans le secteur de la petite enfance des occasions de se montrer ? La question écologique ? L’égalité hommes / femmes ?

Les crèches peuvent évidemment tenir leur place dans la transition écologique. J’ai suivi par exemple le chantier d’une crèche au nord de Toulouse chauffée par géothermie profonde. Nous avions souhaité implanter deux crèches dans le quartier exemplaire de la Cartoucherie. L’éducation est primordiale dans l’évolution des modes de vie qui sera inéluctable. Il y a les marchés public d’alimentation, et quand j’étais à Toulouse il y avait 20 % de bio, je ne sais pas trop où la droite a mis le curseur aujourd’hui. Attention tout de même de ne pas donner dans le « gadget vert » ou de rendre intenable la vie des personnels pour afficher de l’écologie active.

Oui, il y a ce grand domaine de l’égalité filles garçons. Je rappelle déjà qu’en elles-mêmes les crèches sont un puissant outil d’égalité face au travail des hommes et des femmes, et c’est là l’essentiel qui passe par leur développement. Mais dans le 93 et à Toulouse on travaille sur l’égalité fille garçons. Contrairement à ce que fantasment les frileux, on ne se substitue pas aux familles, et on ne crée pas de « nouveau genre ». On observe les pratiques d’abord, et on les déconstruit avec les personnels puis les parents, sans préjugé. Ainsi on réfléchit sur l’égalité, qui est tout de même notre principe censé être partagé par tous… Quand on se rend compte qu’on incite une petite fille à ne jouer qu’à la poupée, on peut analyser et se dire « tiens et pourquoi pas les jeux de construction ». Les filles peuvent aussi aspirer à devenir ingénieures. Quand on analyse le fait qu’on ne parle de l’enfant qu’à la maman et non au père, alors on peut améliorer sa communication et la congruence nécessaire avec les parents pour que le bébé se sente bien. Ces expériences remobilisent les personnels avec une approche nouvelle, mais il est difficile d’échapper aux caricatures idéologiques qui les combattent. Quand on explique directement aux familles, je l’ai fait, elles comprennent et adhèrent.

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Cet entretien permet à casa Nova de mettre en avant le constat alarmant de la libéralisation du marché de l’offre des structures de la petite enfance.

Un processus qui tend malheureusement à de plus en plus se généraliser dans le champ éducatif et notamment dans celui de l’enseignement.
Nous pouvons par exemple parler du marché des cours privés, en dehors du système d’enseignement public, qui se développe de plus en plus et crée de fait des inégalités sociales dans la réussite scolaire, ou bien de la volonté de supprimer la carte scolaire pour laisser la possibilité aux usagers de choisir l’école pour ses enfants.
Casa Nova dénonce ce processus de libéralisation dans le champ éducatif qui renforce les inégalités de ressources et d’accès à l’éducation.

Plusieurs études scientifiques mettent en évidence les effets pervers d’une libéralisation du système éducatif, qui a été expérimentée notamment dans les pays d’Amérique du Sud (Argentine, Chilie) aux Etats-Unis et en Europe (Angleterre, Belgique).
L’état et les collectivités territoriales doivent jouer leur rôle dans la régulation des modalités d’accès aux structures éducatives afin de maintenir une mixité sociale et une équité (réduire les écarts entre ceux qui ont des ressources et ceux qui en ont le moins).

Casa Nova par cette interview met en évidence la remise en cause du service public Toulousain dans le champ de la petite-enfance par la nouvelle majorité en place.

 

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Après le « village des marques » à Nailloux, Val Tolosa à La Ménude ?

Georges Méric et la malédiction des centres commerciaux:

Il s’était illustré en tant qu’édile de Nailloux (d’abord à la Mairie puis comme Conseiller général du canton) en participant à la conception puis à l’accouchement d’un des centres commerciaux les plus ineptes du département : « Le village des marques » de Nailloux.

Une réalisation qui, comme on peut hélas le constater, est une insulte à l’environnement, à l’urbanisme et à l’architecture.

Avec une implantation commerciale accessible uniquement en voiture, à 30 km de Toulouse, en rase campagne, et qui veut faire couleur locale avec une architecture de hangars déguisés en maisons Lauragaises.village_de_marques_nailloux
Quant à la pertinence environnementale, la Cop 21 en a rappelé, si besoin était, les enjeux : les déplacements en sont une des clés, sans parler de l’idéologie consumériste véhiculée par le concept des marques dont nous constatons les méfaits notamment en cette période de rentrée scolaire. Et que dire en terme d’urbanisme quand tous les maires des villes grandes et surtout petites déplorent la désertification commerciale de leurs centres.
Mais tout cela a pesé bien peu face au clientélisme tactique pour assurer des réélections … et ça a hélas bien marché puisque voila Georges Méric installé à la tête de l’institution départementale.

On pouvait penser que cela faisait partie de son passé et que comme d’autres « il avait changé », le Président … et tiré les leçons.

Mais à peine installé dans son fauteuil, le voila confronté à un projet commercial encore plus gros, encore plus stupide, encore plus inutile et obsolète : le centre commercial de Val Tolosa qui serait situé sur le plateau de La Ménude à Plaisance du Touch.

Alors que l’agglomération toulousaine est déjà fortement dotée en zone commerciale, certains continuent à s’acharner pour faire sortir de terre ce projet en gestation depuis de plus de 15 ans .
Ce projet c’est un espace commercial de 64 000m2 dont 12 000m2 pour un hypermarché. La situation dans l’agglomération selon la Chambre de commerces et d’industries c’est quant à elle au 1er janvier 2014 : 1 144 000 m2 de surface de vente en grandes surfaces (commerce de plus de 300 m2 de surface de vente) et plus de 17 300 «petits» commerces et services de proximité (commerce de moins de 300m2 de surface de vente)…la pénurie est forte comme vous pouvez le constater. En termes de m2 de grandes et moyennes surfaces (GMS) pour 1 000 habitants, en 2014, l’agglomération se situait en tête en France : soit 1 490 m2 pour 1 000 habitants.

Alors pourquoi un énième projet alors que dernièrement vient d’ouvrir un centre commercial de 17 000m2 (dont 3 500m2 d’hypermarché) à La Cépière ?

Nous nous posons toujours la question, sans comprendre la logique d’un tel projet dans une zone qui ne manque pas d’espaces commerciaux à proximité (Roques et Portet sur Garonne notamment).

Nous nous posons la question à plusieurs titres, et d’abord en terme environnemental.

Car comment cautionner la stérilisation des rares terres cultivables dans les secteurs périurbains de la métropole, alors que nous savons que le principal obstacle à l’extension du bio dans les cantines (et donc ailleurs) est le manque d’espaces cultivés à proximité. Comment face au réchauffement et aux mutations climatiques continuer à imperméabiliser des sols, à favoriser la voiture individuelle en créant un centre commercial éloigné des réseaux de transports en commun.

Nous nous posons la question aussi en termes économiques

Les dernières études commerciales montrant que même avec une approche libérale les grands centres commerciaux tombent en désuétude (et pas seulement aux États Unis, spécialistes des grands « Malls »), au profit de petites surfaces de proximité que nous voyons fleurir en ville et dans nos quartiers, et que nous fréquentons tous et toutes avec satisfaction et de plus en plus.

Au vu de ces éléments, il semble évident que l’intérêt public est totalement absent d’un tel projet …

Ainsi, on aurait pu imaginer que, en tant qu’acteur majeur, le Président de l’instance Départementale comprenne et appuie les associations et élu-es luttant depuis plus de 15 ans, multipliant actions et recours contre la concrétisation de cette implantation inutile et nuisible !

Car, ne l’oublions pas, le Conseil Départemental avait un pouvoir de blocage majeur de ce projet en tant que propriétaire des voies de desserte du site !reseau-routier

Or, le 7 juillet dernier, cette assemblée votait à la demande de son président la cession des voies départementales à la commune de Plaisance du Touch favorable au projet afin de créer une bretelle d’accès au futur centre commercial.

Georges Méric nous a encore déçus en capitulant face aux promoteurs de Val Tolosa après un simulacre de médiation, le promoteur Unibail ayant « modifié le projet » en rajoutant quelques panneaux solaires et un peu de végétation et en promettant un « soutien à l’économie locale ».
Le Conseil départemental sortant hypocritement du jeu, la balle est désormais dans le camp du Maire de Plaisance, favorable au projet, contrairement aux communes voisines de Tournefeuille et de Colomiers qui y sont elles opposées.

Le nouveau permis de construire délivré mi-aout 2016 par la Mairie de Plaisance fait maintenant l’objet d’un nouveau recours de la part du collectif « Non à Val Tolosa » car ce permis « n’est pas plus conforme que les précédents aux documents d’urbanisme et en particulier au Schéma de cohérence territoriale ».

En attendant, nous sommes là, devant un projet qui :
- est, de l’avis des spécialistes de l’urbanisme commercial, totalement obsolète.
- est décrié par des riverain-nes, des élu-es et l’association « Non à Val Tolosa ».
- est totalement contre productif en termes environnementaux.
- continue à nous menacer sous la pressions de quelques lobbys ou de quelques intérêts particuliers, intérêts renforcés par le retrait honteux du Conseil Départemental.p1530486

On ne peut s’empêcher d’imaginer que si ce délire continuait, une ZAD pourrait voir le jour à cet endroit, même si aucun des opposants ne l’a réclamé de ses vœux en ayant en mémoire les conséquences tragiques de la faillite des pouvoirs publics à Sivens.

Pour sa part, Casa Nova non seulement affirme son opposition à ce projet mais renvoie les élu-es à leurs responsabilités.

Casa Nova ne peut non plus oublier que Georges Méric a osé déclarer à la presse qu’il avait découvert ce dossier en arrivant à la tête du Département et en ouvrant les dossiers de son prédécesseur. (La dépêche du 1-12-2015) : incompétence, couardise, manque de courage, irresponsabilité, tactique …

A Casa Nova on voit bien que le programme sans candidat que nous avions rédigé pour les Départementales est largement repris dans les annonces du Conseil Département et c’est bien comme ça, il n’y a pas de copyright, mais il faudrait que les actes soient cohérents avec les annonces et que celles ci ne restent pas au stade des incantations.

Nous appelons donc à continuer de résister à ce projet qui privilégie quelques intérêts particuliers au détriment de l’intérêt général – économique, environnemental, et social.
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Sécurité: larmes de crocodile et irresponsabilité

 Ce lundi 12 septembre, Jean-Luc Moudenc tenait conférence de presse de rentrée.

Il y présentait certaines annonces dont on ne connaît pas encore les contours (le Conseil des droits et devoirs des familles et un Conseil des étrangers vivant à Toulouse), et tirait la sonnette d’alarme sur la situation sécuritaire à Toulouse.

Il déclarait à cette occasion : « comme tous les Toulousains, je dois faire le constat que l’insécurité augmente dans notre ville et je tire la sonnette d’alarme ».

Première largesse intellectuelle : personne n’est en mesure de faire le constat que « l’insécurité augmente ».

Tout d’abord car cela ne signifie rien. L’insécurité n’est pas une donnée quantifiable.Jean-Luc Moudenc parle t-il du nombre de faits relevés par les services de police ? Du nombre d’articles « faits divers morbides » dans La Dépêche ? Parmi ses sources d’information, parle t-il du nombre de violences conjugales, du nombre de véhicules incendiés, du nombre d’escroquerie bancaire, du nombre d’infractions à la législation sur les stupéfiants ?

D’ailleurs le lendemain de la sortie de Jean-Luc Moudenc, le préfet Pascal Mailhos publiait opportunément les premiers chiffres de 2016, qui font apparaître « une évolution de la délinquance maîtrisée » à Toulouse.

Encore une fois: prudence sur les chiffres de « l’insécurité », ils ne signifient que très rarement quelquechose (par exemple, les chiffres des cambriolages sont solides car les assurances demandent un dépôt de plainte pour les indemnisations; à l’inverse, le taux de report des violences conjugales est inférieur à 25%).

Mais ce recadrage du Préfet a le mérite de mettre en exergue la légèreté du traitement du sujet par les politiciens.

A Casa Nova, nous sommes assez responsables et attentifs sur ces questions

Et nous ne nous permettrions pas d’avancer des « augmentations » ou « diminutions » sans en préciser les détails, les sources et les sans donner d’explications. Nous rejetons donc, faute d’éléments tangibles, cette affirmation assénée avec légèreté mais à la portée potentiellement lourde (dans le sentiment d’insécurité des habitant-es).
Jean-Luc Moudenc avance ensuite, pour se libérer de son constat anxiogène, les mesures prises depuis le début de son mandat : augmentation du nombre de policiers municipaux et déploiement d’un important dispositif de vidéosurveillance. Il déclare alors avoir assumé ses responsabilités et avoir respecté la partie de son contrat, mettant l’État devant ses responsabilités.

Si nous ne sommes pas opposé-es par principe à l’augmentation du nombre de policiers municipaux (encore auraient-ils dû constituer une véritable police de proximité, et non une force qui comble les manques d’effectifs de la police nationale, dans la poursuite de ce qu’avait commencé la précédente majorité), nous rappelons ici à nos lecteurs et lectrices que les études scientifiques sérieuses ont démontré l’inefficience de la vidéosurveillance sur la voie publique, tant en termes de prévention du passage à l’acte, que de résolution judiciaire ou encore d’effet rassurant sur la population*.

Mais si la droite était favorable aux bonnes méthodes pour améliorer la sûreté sur l’espace public, ce ne serait plus la droite.

Car c’est ici que nous souhaitons porter un coup ferme aux déclarations de Jean-Luc Moudenc, qui fait peser sur l’État toute la responsabilité de cette supposée et vague « augmentation de l’insécurité ».

Entre 2002 et 2012, près de 12.000 postes de policiers nationaux et de gendarmes ont été supprimés en France, sous les coupes budgétaires de la droite, portées pour satisfaire l’idiote politique d’austérité de Bruxelles. Le service public de la sûreté (qui comprend la surveillance de la voie publique, les interventions « police secours », la recherche des auteurs d’infractions et leur remise à l’autorité judiciaire, etc) a donc grandement souffert des suppressions de postes des majorités parlementaires et des gouvernements successifs, que Jean-Luc Moudenc a toujours soutenus.

Mais que l’opposition PS au maire de Toulouse ne lève pas trop la tête, les promesses du candidat Hollande n’ont pas été tenues : il avait promis 500 créations de postes annuelles, un rapport parlementaire de 2016 conclue sur la non réalisation de ces créations.

Il est sûrement vrai que des quartiers toulousains connaissent un regain de tension liée aux trafics de stupéfiants et à leurs infractions connexes, mais il est irresponsable de crier à l’aide quand on a toujours été soutien de ces majorités obsédées par les réductions d’effectifs dans la fonction publique.

Jean-Luc Moudenc a également raison de pointer du doigt les disparités entre les ratios toulousains et bordelais du nombre de policiers par habitants : environ 1400 policiers nationaux à Toulouse contre plus de 1700 à Bordeaux, quand nous avons 200 000 habitants de plus. Mais il en est en partie responsable, solidaire des gouvernements allergiques aux dépenses publiques.

Casa Nova est favorable à un grand plan d’installation d’une police de proximité étatique, aux effectifs suffisants, à la formation renforcée et à la doctrine adéquate.

Casa Nova affirme également que les phénomènes délinquants, s’ils traversent l’histoire humaine et toutes les régions du monde, sont le fruits de désordre dans l’organisation du corps social : trafics transnationaux libérés des contrôles aux frontières, inégalités sociales et anomie sociale, injonctions au consumérisme, discriminations et ségrégation urbaine, etc.

Les questions de sécurité méritent de la tempérance et du sang-froid, des moyens et des idées novatrices. Nous n’avons plus besoin des analyses de comptoirs des bas-du-front de tous bords.

* Sur les effets de la vidéosurveillance, sources anglophones : http://bit.ly/2cHnVnn ; http://bit.ly/1CBXy9M et sources francophones : http://bit.ly/2cqY3cX

Lire aussi notre article du 18 mai 2016 : « A propos des violences policières »

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Y aura-t-il un élu Toulousain invité aux Jeux Olympiques ?

Casa Nova a naguère révélé les comportements douteux d’élus qui acceptaient des invitations à des spectacles ou des manifestations sportives, lançant un débat qui eu des suites avec l’adoption par le conseil municipal d’une charte de déontologie à l’usage des élus municipaux en octobre 2015.

Si Jean-Michel Lattes avait fait amende honorable pour avoir accepté une invitation de Vinci à un match de rugby outre-Manche, Jean-Jacques Bolzanélu au Commerce de la ville de Toulouse, n’avait quant à lui pas réagi,trouvant sans doute normal que la société « Carrefour » l’invite sur le Tour de France 2015.

Aujourd’hui, la presse locale, maintenant attentive au comportement des édiles municipaux, épingle Frédéric Brasilès, invité à la finale du Top 14 de rugby au Camp Nou à Barcelone.

Interrogé, celui-ci ne voit pas de conflit d’intérêt dans cette invitation par le PMU. Dans le cas de l’élu chargé des « Fêtes et manifestations » il n’est pourtant pas difficile de comprendre pourquoi le PMU - qui vit de l’organisation des jeux d’argent autour de manifestations à caractère sportif - a tout intérêt à se mettre Frédéric Brasilès dans la poche.
Indubitablement, cette invitation, comme le stipule la charte municipale, est pourtant par son « intention, de nature à influencer ou paraître d’influencer l’exercice indépendant et impartial des fonctions » de l’élu en question.

Mais, comme nous le dénoncions à la suite de son adoption par le Conseil Municipal dans un article intitulé « les indignations sélectives », cette charte tient davantage du « coup de com‘ »que d’une réelle volonté de moraliser la vie publique, puisqu’elle ne comporte pas de sanctions et permet une fois de plus d’argumenter et de tergiverser autour de l’acceptation de ces cadeaux, comme le fait JL Moudenc pour défendre son adjoint pris la main dans le pot de confiture : « l’invitation avait un caractère personnel et bla bla bla … » comme si même en week-end, on ne demeurait pas un élu !

Il eut pourtant été simple pour M. Brasilès d’accepter l’invitation en payant sa place pour éviter toute polémique, mais non !
Ce n’est pas ici la teneur ou le montant du cadeau qui interpelle et pose problème … Ce qui est grave, c’est que pas un instant ne vienne à l’esprit de certains élus que leur fonction est incompatible avec le moindre cadeau, et ce dans une période ou la fonction d’élu est de plus en plus critiquée au regard des privilèges que s’arrogent certains.
M. Brasilès participe de fait à renforcer la détestation de la classe politique.

Casa Nova invite ses lecteurs à relire ses articles d’octobre, qui gardent hélas toute leur actualité, et à rester vigilants pour que le sentiment du« tous pourris » ne continue pas à gangrener la vie publique.

Même sil est parfois tentant de céder à cette expression, y compris pour nous qui aspirons à participer aux échéances électorales. 

gynéco

Gyn’écologie politique.

Aujourd’hui c’est une action bien plus insidieuse et bien plus sournoise du trio Hollande, Valls, Touraine que nous allons décoder.

Il s’agit de la disparition programmée d’un métier bien particulier : la gynécologie médicale.

Une spécialité qui concerne la santé des femmes tout au long de leur vie dans divers domaines, mais essentiellement dans ce qu’elles ont de plus intime, et ce en complémentarité parfois en concurrence, avec les pratiques des obstétricien(e)s, des sage-femmes  et des médecins généralistes, qui certes peuvent revendiquer une certaine part de compétence en la matière, mais qui ont aussi d’autres chats à fouetter .
Si l’obstétrique s’impose comme spécialité incontestable, la gynécologie  médicale qui ne concerne que les femmes, depuis l’adolescence jusqu’au grand âge, en dehors de l’acte d’accoucher, est dans notre société « machiste » quelque chose de secondaire dans l’arsenal de la santé, parce qu’il ne s’agit que d’une moitié de la société et qui plus est de femmes !
Et donc dans une démarche de recherche d’économies (c’est la crise, hein !) où il faut combler « le trou de la sécu » sans toucher aux bénéfices des laboratoires médicaux et pharmaceutiques (ben non, pour eux on organise des impôts volontaires appelés « téléthons » !), on chasse le gaspi, l’inutile, le non indispensable … et la gynécologie médicale est une cible parfaite.
L’agent double du gouvernement Marisol Touraine avance masquée (quoi de mieux qu’une femme pour tailler dans les acquis de ses congénères !) en fabriquant  des  « packages » qui mélangent quelques rares avancées sociales comme la généralisation du tiers payant, mais dans lesquels on trouve aussi la suppression totale ou partielle de divers remboursements de médicaments, de soins infirmiers, d’examens complémentaires, de soins kiné, etc…
Dans ce cadre, l’action de dissolution progressive de la gynécologie médicale initiée par la droite se poursuit insidieusement mais sûrement.
Il faut dire que les professionnel(le)s concerné(e)s ne font pas grand-chose pour défendre la cause des femmes en se concentrant essentiellement sur des revendications corporatistes,  défendant d’abord leur mode d’exercice et leur pré carré libéral, comme les dépassements d’honoraires que certain(e)s d’entre eux (elles) pratiquent par le biais du « secteur 2″ et en se laissant ainsi entrainer dans tous les pièges qui leurs sont tendus par des gestionnaires et des politiciens rusés.
Le dernier en date étant celui de la possibilité pour les sage- femmes de faire des prescriptions d’arrêts de travail de 4 jours renouvelables lors d’actes d’IVG (Interruption Volontaire de Grossesse) médicamenteuses, qu’elles ont le droit de pratiquer sur des femmes « en bonne santé » …
Un début de dérive dangereux selon les gynécologues mais présenté comme un débat corporatiste et catégoriel, incompréhensible pour le public, opposant  deux professions complémentaires et non concurrentes : les sage-femmes et les gynécologues médicaux(les).
Opposons, divisons pour déplacer le débat et ne pas aborder les éléments importants.
Et pour cela, quoi de mieux qu’une journaliste médicale complice, la trop médiatique Marina Carrère d’Encausse, qui détourne le fond du problème en reprenant -hors contexte- des propos certes aussi malheureux qu’inadmissibles de la secrétaire du Syngof (Syndicat National des Gynécologues Obstétriciens de France) pour les caricaturer : si les sage-femmes prescrivent l’IVG, vous aurez les jours d’arrêt maladie que les gynécologues vous refusent !
En réalité ce qui nous est caché:

C’est qu’une sage-femme est formé/e en 5 ans pour des actes bien spécifiques liés à l’accouchement et ses suites, de suivi gynécologique et de contraception chez la femme en bonne santé n’ayant pas de pathologie, alors qu’un/e gynécologue médical/e est formé/e en 11 années mais sur un socle d’études médicales et d’apprentissages de toutes les pathologies, donc un spectre beaucoup plus large.

Les niveaux de compétence et de formation sont loin d’être les mêmes.

Là, comme souvent, on en a pour son argent …et les économies ainsi réalisées par l’État, et bien ce seront les femmes, et pas les plus riches bien sûr, qui en feront les frais, avec des risques de «pertes de chance» lors de la prise en charge de leurs pathologies gynécologiques (retard au diagnostic, et/ ou multiplication d’examens inutiles et couteux), effet induit de la diminution du nombre de gynécologues puis peu à peu de la disparition de la Gynécologie Médicale en tant que spécialité.
Les sage-femmes élargiront leur périmètre d’intervention sans avoir la formation suffisante, les généralistes déjà surbookés feront ce qu’ils pourront et les obstétriciens se pencheront sur ces questions après leurs urgences et leurs actes chirurgicaux … bof, ce ne sont que les femmes qui essuieront les retards au diagnostic, les quelques erreurs médicales et le manque d’écoute  : négligeables au regard des pseudo-économies réalisées !
Alors Casa Nova s’interroge. Cet abandon progressif de la prise en compte de la santé des femmes dans ce qu’elles ont de plus intime, cette manière de les nier, de les soumettre insidieusement en les sacrifiant sur l’autel de l’économie libérale n’est- il pas le marqueur d’un recul civilisationnel ?

fête musique

« La fête de la musique, c’était mieux avant »

Trouvez l’intrus:Premier jour d’été, promotion d’artiste locaux, appropriation de l’espace public, découvertes musicales dans toutes les rues, bière à 2 euros dans des chariots ambulants, privatisation du Capitole par France Télévision pour une émission en direct de France 2 et TV5 Monde animé par Garou: Gagné!

 L’information ne vous aura pas échappé, le 21 juin 2016, la grande scène du Capitole accueillera Christophe Maé , Pascal Obispo, Soprano, Vianney , Patrick Fiori, Gérald de Palmas, Jain et bien d’autres artistes tous aussi « mainstream » et  populaires.
Pour cette occasion chaque spectateur devra être muni de sa carte d’identité et d’une réservation qu’il aura préalablement rempli sur le site de la mairie de Toulouse afin de pouvoir accéder au concert.
Par conséquent, la place du Capitole sera rigoureusement sécurisée et quadrillée par la police municipale dans le cadre du « plan vigipirate » renforcé par le maintien de l’état d’urgence.
 
  Dès la médiatisation de cet événement, de vives réactions se sont faites sentir sur les réseaux sociaux, jugeant le procédé discriminant et allant à l’encontre de l’identité culturelle de la ville. 
  Une page Facebook nommée « Boycott de la fête de la musique au Capitole de Toulouse » rassemble près de 6 000 personnes.
En réponse Jean-Luc Moudenc  lance sa propre page « OUI à la fête de la musique place du Capitole à Toulouse ! » suivie par 2 000 internautes
  Depuis son arrivée « au Capitole », la fête de la musique continue à perdre peu à peu en saveur. En 2014, des groupes toulousains comme Sidilarsen ou Kid Wise avaient été déprogrammés au dernier moment. La scène de la fête de la musique au Capitole s’aseptise cette année suivant un mouvement général à Toulouse. La musique s’éloigne du public, les petites salles comme le Mandala ou la Dynamo ferment, le Connexion ne peut plus organiser de concerts . Il faut forcément passer par des grandes salles comme le Bikini et par conséquent, la musique devient moins accessible et plus élitiste par principe, vu que les places au Bikini restent élevées en comparaison.
Cela éloigne la musique du cœur de la ville, alors qu’elle devrait y vivre.
  
Le Maire, très critiqué depuis le début de son mandat pour sa politique culturelle restrictive, n’en est pas à son premier coup d’essai. 
L’abandon des projets  culturels ne s’est pas fait attendre et la liste est longue :«  La Maison de l’image » à la Reynerie , la  «  La cité de la Danse » , « Le Minotaure » , le transfert de « La Mix-art » à la Cartoucherie, sans compter  la fermeture des lieux phares  tels que « le café culturel Cherche Ardeur », «Le Mandala » et « La Dynamo » .
A chaque  échéance, des négociations avec les élu-es locaux et les responsables de projet  s’engagent, des communiqués de presse se cumulent et se ressemblent.
On est très loin des envolées lyriques et des promesses  qui ont rythmé la campagne électorale de notre candidat UMP-Les Républicains.
Sa meilleure réponse  face à toutes ses contradictions est « la culture restera le premier poste budgétaire, mais la totalité des projets excède nos capacités financières. » 
On pourrait alors penser que la fête de la musique cette année coûte moins cher qu’un café culturel…ben non: 200 000€ !  
Alors bien entendu, les événements culturels ne manquent pas ( Le woops festival, le Rio Loco, les siestes électroniques….) et il faut faire des choix stratégiques face à une restriction nationale afin de valoriser au mieux l’image de notre ville (et peut-être prétendre à une réélection en 2020). 
Mais Casa Nova se demande si c’est en adoptant une politique culturelle à double vitesse que l’on valorise l’image de Toulouse ?
C’est peut être aussi cela que signifient les intermittents du spectacle au delà de leur combat pour la défense de leur statut.

piscines

La malédiction des piscines toulousaines.

La pensée unique qui préside à la gestion de bien des villes françaises fait trop souvent prévaloir les enjeux économiques sur tous les autres.

Toulouse n’échappe pas à la règle et sous la gestion Moudenc il semble que les piscines soient devenues une cible de choix des « cost killer » municipaux  car, comme bien des équipements publics, une piscine coûte :
-Elle coûte au départ en investissement, mais Toulouse a hérité d’une bonne situation puisqu’elle faisait partie au début du siècle des villes correctement équipées en la matière avec treize ou quatorze bassins, le ratio d’une piscine pour 25000 habitant-es étant à peu près respecté.
-Elle coûte aussi en entretien et mise aux normes d’autant que le parc est relativement ancien à une exception près aux Argoulets.
-Elle coûte surtout en fonctionnement car il faut des maîtres nageurs, des gardien-nes, et des agents d’entretien et de surveillance.
La tentation est donc grande pour les « comptables » de la Mairie de proposer des suppressions pures et simples:

puisqu’on est est dans un ratio habitants/piscines correct, on pourrait le dégrader un peu, hein !

Ainsi non seulement on ne dépense pas pour entretenir, mais aussi on peut diminuer le nombre de maîtres nageurs et les agents d’entretien !
Mais faire cela c’est faire fi du rôle social et culturel des bassins de natation : et ce qu’on économise en supprimant des piscines, coûtera encore plus cher en accompagnement social des jeunes, des moins jeunes, et des scolaires qui fréquentent les installations par l’intermédiaire des écoles bien sûr mais aussi des clubs de natation, plongée, les bébés dauphins, l’aquagym, etc … qui ne peuvent exister sans des installations qui ne peuvent être que publiques.
Il y aura aussi une incidence pour tout le reste de la population car chaque personne qui nage est aussi une personne qui est en meilleure santé et donc coûte moins cher en soins médicaux (donc à la « sécu »).
Une observation des bassins de Toulouse montre que les installations municipales ne sont jamais sous utilisées et il est bien rare de se retrouver seul à nager  (ou à barboter) dans une ligne d’eau.
La prise en compte de cet aspect social et culturel sous entendrait une vision globale de la gestion publique obligeant à lever les yeux du guidon budgétaire municipal pour avoir une vision sociétale, qui commencerait par une métropolisation des piscines, pour en mutualiser la gestion … mais là chaque Maire veut garder ses piscines et ses jardins à lui et pas les partager avec les voisins ! D’ailleurs, depuis que J-L Moudenc est aux affaires, à Toulouse on paie plus cher l’entrée, et ENCORE plus cher si on ne réside pas dans la commune.
On s’achemine donc vers la fermeture de la piscine Ancely au grand dam des usager-es qui ne se laissent pas faire, vers une réduction des créneaux d’ouverture des autres bassins, l’Euro 2016 étant un prétexte pour fermer momentanément mais abusivement certains bassins comme viennent de le dénoncer dans un communiqué les élus EELV de l’opposition municipale.

Casa Nova s’intéresse aujourd’hui à un ancien bassin moins connu, la piscine Roger Pradier.

Proche de Berthelot, il a été fermée au printemps 2011, sa remise aux normes ayant été jugée trop coûteuse car elle nécessitait un désamiantage.
On aurait pu mesurer là aussi la perte que constituait un tel bassin à proximité d’un groupe scolaire important, mais non !
Dont acte, mais que faire de ce bâtiment ?
Facile, dans un quartier péri-central et dans une logique de solde des bijoux de famille : on le vend à la promotion immobilière pour en faire du logement, et hop on économise le désamiantage (le promoteur s’en débrouillera) et on récupère quelques euros !
Le Conseil Municipal a donc voté le déclassement du terrain qui était en domaine public, pour pouvoir le vendre au privé : ça c’est déjà fait !
Il faut aussi modifier le zonage du PLU pour que le terrain soit constructible en logements car il est actuellement situé dans une zone règlementairement dédiée à la construction d’équipements publics : le projet  de modification du PLU en cours d’enquête publique prévoit donc un changement de zonage permettant des constructions privées.
Mais comme le signale le comité de quartier St Michel, le lycée et le collège Berthelot, installés sur des terrains saturés et qui ne peuvent pas s’agrandir, ont des équipements insuffisants au regard du nombre d’élèves : le terrain qui supporte la piscine désaffectée est une nécessité pour installer les équipements qui font défaut, comme un gymnase par exemple.
Et les besoins de ce groupe scolaire vont encore augmenter car le quartier St Michel va gagner en habitant-es en se densifiant en logements: le PLU continue à encourager la mutation entamée il y a quelques décennies, les petits immeubles remplaçant au fil du temps les anciennes maisonnettes avec jardin. De plus le départ imminent de la clinique du Parc vers la nouvelle clinique de Quint, va libérer un terrain important où de très nombreux logements seront construits comme le prévoit la modification du PLU en cours d’enquête. Enfin, Jean Luc Moudenc a indiqué qu’il y aurait aussi des logements construits sur le site de la prison St Michel.
Dans un quartier dont la population va croître de manière importante dans les années à venir il faut se poser la question des équipements qui doivent accompagner les constructions de logements.
Et avant de céder cette ancienne piscine à un promoteur il faut que la Région, le Département, la Métropole et la Mairie qui sont tous partie prenante dans ce domaine entrent en relation pour s’accorder sur les besoins … et prendre les bonnes décisions … car construire des équipements sur le terrain de Berthelot devenu exigu du fait de la cession de la parcelle de la piscine Roger Pradié sera alors soit impossible ou coûtera in fine bien plus cher que le désamiantage d’un bâtiment !
Les clivages politiques ajoutés aux égoïsmes comptables des gestionnaires à la pensée unique permettront-ils ce nécessaire dialogue entre institutions ?
La Région se portera-t-elle acquéreur du terrain si la Mairie persiste à vouloir le vendre ? 
Casa Nova alerte en appui aux associations de quartier sur cet enjeu déterminant pour ce secteur de Toulouse.

pape

Récompense du Pape et avenir de l’Europe

 L’Europe « malade »a-t-elle besoin d’un supplément d’âme pour guérir ?

Vendredi 6 mai 2016, alors que l’Europe est dans une profonde période de remise en cause, les trois principaux membres dirigeants de l’Union Européenne ont organisé la remise du Prix Charlemagne décerné au Pape François, à Rome. 
Le Prix Charlemagne a été créé en 1948 en Allemagne pour distinguer des personnes ayant œuvré pour l’unification européenne.
Martin Schulz (président du Parlement Européen), Jean-Claude Juncker (président de la Commission Européenne) et Donald Tusk (président du Conseil Européen) remercient, avec ce prix, le Pape François, qui s’est particulièrement impliqué sur la question des réfugié-es du Moyen Orient en Europe. 

Quels sont les maux de l’Europe ?

Pour ne citer que les problèmes les plus médiatisés, on observe une hausse du populisme et des partis d’extrême droite comme en France, en Autriche ou en Hongrie, mais aussi, et c’est plus inattendu, en Finlande et au Danemark dont le modèle social était pourtant souvent vanté comme base d’une société apaisée.
On observe aussi un afflux de migrant-es dans des conditions misérables qui constitue une crise humanitaire sans précédent, une gestion de la crise économique par des politiques d’austérité libérales inefficaces ou encore une poussée du terrorisme avec les attentats meurtriers de Paris et Bruxelles.
Les acquis majeurs de l’Europe, ses valeurs fondatrices (rappelées dans le traité de Lisbonne en 2007, à savoir le respect de la dignité humaine, la démocratie, l’égalité, l’état de droit) sont menacées.  

La solution est-elle spirituelle ?

Le Pape Argentin François se démarque de ses prédécesseurs par sa « modernité », certes relative dirons certains.
Mais après son étonnante encyclique Laudato si’ sur l’écologie humaine, ses prises de positions sur la crise migratoire avec notamment la dénonciation du « système d’accueil des réfugié-es qui date de la seconde guerre mondiale » sont remarquables.
Malgré les scandales que connait l’Église, avec l’implication du diocèse de Lyon dans des affaires de pédophilie et le soutien critiquable bien que compréhensible du pape envers Mgr. Barbarin ou avec des mesures de régressions sociales comme la proposition d’interdiction totale de l’IVG en Pologne par les organisations pro-vies, soutenues par l’épiscopat, le Pape apparaît cependant plus ouvert que ses prédécesseurs sur les questions contemporaines, les réalités sociales, économiques et culturelles de notre monde.

Pourtant cette remise de prix suscite des controverses. 

Récompenser une personne, fut elle pape, pour ses prises de positions et ses engagements en faveur de causes humaines, c’est bien. Réagir politiquement et concrètement aux problèmes que connait l’Union aujourd’hui serait mieux.
 Or, la signature en mars 2016 d’un accord pour rapatrier en Turquie les migrants arrivés en Grèce est aussi inquiétante qu’ambiguë, car la Turquie ne respecte pas les clauses de la Convention sur le statut de réfugié de 1951.
L’Union Européenne avait clairement déclaré en 2013 qu’elle ne renverrait des personnes que dans les pays qui appliquent les normes de la convention: les dirigeant-es Européen-nes sont maintenant confronté-es au chantage d’un Erdogan qui, fort des 3 millions de victimes du conflit Syrien qui ont trouvé refuge en Turquie, menace d’expédier vers l’Europe des centaines de milliers de réfugié-es si celle ci maintient ses exigences de modification de la loi antiterroriste de la Turquie comme prévu dans l’accord initial.
 
Remarquons aussi que le Prix Charlemagne est décerné à des personnalités qui ont clairement œuvré pour l’Europe libérale et sont de ce fait  responsables des problèmes que connait l’Union : Juncker, Tusk et Schulz ont reçu ce prix auparavant, ainsi qu’Angela Merkel en 2008 ou l’ancien Président de la Banque Centrale Européenne  Jean-Claude Trichet en 2011. 
Le Pape est une figure qui détonne parmi ces primé-es. Il pourrait représenter la figure d’un changement de cap pour l’Europe.
Mais dans cette logique on peut se demander  quel sort est réservé aux autres candidats qui mériteraient ce prix ? Quel sort pour les acteurs de l’Europe sociale et culturelle ? Quel sort pour les jeunes citoyen-nes européen-nes?

Les initiatives citoyennes sont manifestement moins relayées que les grands discours. 

Un exemple parmi d’autres de ces nombreuses initiatives :
Cinq étudiants londoniens ont créé « CamdenCares », un projet dont le but est d’aider les familles de réfugié-es à s’installer dans le district de Camdenmais aussi d’encourager la diversité et la tolérance.
Ils organisent des matches de football pour les jeunes réfugiés d’Erythrée, d’Afghanistan, du Kurdistan et de Syrie notamment, en collaboration avec le club d’Arsenal.
Ces étudiants ont décidé de monter un projet axé sur les réfugié-es car ils sont eux-mêmes issus de familles d’immigrés. 
Cela permet au district londonien de ne plus être un simple regroupement de quartiers distincts, mais bien un lieu multiculturel. N’est-ce pas une contribution, à petite échelle, d’une Europe multiculturelle et sociale?
Ce n’est pas à la remise du prix au Pape que Casa Nova s’oppose ni à ses prises de positions sur la crise migratoire, mais à l’affligeante hypocrisie des dirigeants européens, qui se déclarent « en manque de solutions politiques» dans cette crise que traverse l’Europe.
En ce début du mois de mai, l’agenda européen doit notamment traiter du refus d’Erdogan de procéder aux modifications de sa loi antiterroriste (comme le prévoit l’accord Union Européenne -Turquie sur les migrants) et de la tenue quasi imminente du référendum au Royaume-Uni sur la sortie du pays de l’Union (« Brexit »). 
Pour la fin de l’année 2016, les dirigeants de l’Union Européenne doivent-ils s’en tenir aux prières en espérant un miracle ou changer aussi de ligne politique pour consolider le recréer un nouveau projet européen dans ses valeurs fondatrices (solidarité, paix et promotion de la culture) ?
Refuser de renverser la table des nombreuses discussions européennes pour en faire enfin un espace de coopération, de progrès humain c’est lui donner l’extrême-onction. 
Casa Nova estime qu’il est temps d’adopter un nouveau traité, remplaçant les anciens, qui contiendra les garanties de la souveraineté des peuples et de la démocratie, la relance économique et la bifurcation écologique, la paix et l’indépendance !
Les dirigeant-es européen-nes regardent ce grand malade dépérir, pensant le soigner en pratiquant les saignées ordonnées par les marchés financiers.
Pensent-ils recevoir le pardon en primant le Pape ?

police

A propos des violences policières.

Police : anges ou démons ?

Ce 18 mai 2016 les policiers manifestent pour faire entendre aux citoyens et au pouvoir politique la dégradation de leurs conditions de travail, et plus précisément une certaine « haine anti-flics » qu’ils constatent dans les dernières manifestations contre la loi travail.
Casa nova assume d’emblée que les policiers et gendarmes (qui n’ont pas le droit de manifester) ont raison : leurs conditions de travail sont inacceptables.
Sous les coups des réductions des effectifs, de Sarkozy à Hollande, et des exigences liées à Vigipirate et à l’état d’urgence, les unités de proximité et de maintien de l’ordre ont vu leurs « cadences » s’accélérer considérablement, pour atteindre un niveau de fatigue et d’exaspération rarement constaté dans leurs rangs.
Suite aux attentats, le gouvernement a annoncé le recrutement de policiers et gendarmes, et l’annulation de certaines suppressions dans l’armée, mais cela ne suffira pas à combler notamment les 12 000 postes supprimés par Sarkozy (dans la police et la gendarmerie).
Nous sommes favorables au recrutement  de policiers et de gendarmes, pour bâtir une vraie police de proximité (postes locaux, missions généralistes, affectation durable, ancrage dans le corps social…)
Nous sommes favorables à l’utilisation prioritaire de nos moyens de police pour la lutte contre les réseaux criminels transnationaux : trafics de drogue, d’armes, traite d’êtres humains et entreprises terroristes.
 Les forces de maintien de l’ordre doivent être utilisées à la hauteur de leur savoir-faire et de ce qui fondent leur existence : garantir l’expression démocratique des citoyens, travailleurs et corporations, dans les limites du respect de l’ordre républicain.
C’est-à-dire que les manifestations pacifiques et autres modalités d’action ne mettant pas en danger les personnes et la sécurité du pays (occupations de places, de locaux et de logements, blocages de lieux de production et d’échange, etc) doivent être résolues par la voie démocratique, selon le rapport de force instauré.
Les CRS et gendarmes mobiles ne doivent plus être utilisés comme des empêcheurs de manifester ou des casseurs d’actions politiques.
C’est ici que nous rejoignons l’inquiétude vivement exprimée par la plupart des responsables, commentateurs et témoins sérieux : la brutalité du maintien de l’ordre dans les manifestations de ces derniers jours atteint un niveau très inquiétant. Même s’il convient toujours de prendre avec prudence les images et témoignages, il est flagrant que l’emploi de la force est disproportionné, compte-tenu des troubles réels à l’ordre public.
Il est tout d’abord possible d’expliquer cette brutalité par des facteurs culturels propres aux institutions policières: du côté de l’ordre et sociologiquement plutôt conservatrices, elles sont composées d’individus peu enclins à soutenir des appels au changement de régime ou à la lutte contre le  libéralisme.
Certains éléments utilisent donc leur « liberté de taper » pour passer leurs nerfs sur des manifestants bien éloignés politiquement.
De plus, les conditions de travail difficiles évoquées plus haut (suspension des congés, vacations répétées et longues) peuvent aisément expliquer la nervosité et la brutalité de certains fonctionnaires de police et militaires de gendarmerie qui en perdent souvent leur sang-froid et leur discernement, quand ils ne franchissement pas ouvertement les limites de la légalité (individus frappés alors qu’ils sont menottés, individus frappés à plusieurs alors qu’ils pourraient être maîtrisés par d’autres moyens, etc). Dans ces conditions de travail nous incluons bien évidemment la dangerosité du métier: les jets de pierre, de cocktails Molotov et l’utilisation de barres de fer par des casseurs présentent des dangers évidents.
Qui, parmi nous, risque d’être blessé ou de mourir chaque jour qu’il se rend à son travail ?
Enfin, nous soulignons la responsabilité particulière du pouvoir politique, du Président de la République qui ordonne, jusqu’aux Préfets en passant par le Premier ministre et le ministre de l’Intérieur.Le pourrissement de la situation et la brutalité policière sont le fruit de consignes particulières ou d’absence de consigne pacificatrices et de retenue.
Heureusement, les chefs de dispositifs et les unités obéissent au pouvoir politique : c’est ce que nous attendrions également d’eux si la gauche progressiste était au pouvoir.
Il suffirait d’une note ministérielle interne pour faire redescendre la tension et enfin pouvoir assister à des manifestations pacifiques sans danger pour les manifestants, dans lesquelles seuls les casseurs bas-du-front seraient visés par les charges de CRS et de gendarmes mobiles. Ces derniers joueraient alors le rôle qui est attendu d’eux : garantir la sécurité des personnes qui manifestent et de celles qui vivent aux abords des parcours autorisés.
Des voix s’élèvent dans les rangs de la police pour dénoncer cette utilisation anti-démocratique du maintien de l’ordre.
Nous savons que des éléments progressistes contestent en interne ces méthodes d’emploi de la force.
Est-ce que la manifestation de ce jour porte sur ces revendications ? Il semblerait que non.
Les membres de Casa nova sont opposés à la loi Travail, à l’usage du 49.3 et à la répression du mouvement social par le gouvernement PS, qui espère rendre impopulaire le mouvement, pour faire passer aisément sa loi perverse, inutile et rejetée par les français.
Nous craignons également que, dans ce climat de brutalité policière et de tension dans le corps social, tout cela se finisse tragiquement, et le pouvoir devra alors assumer.

Toulouse Métropole à Gauche