Aire de Montredon Toulouse Moudenc

Aire de grand passage à Toulouse : nouveau passage à vide pour la droite

Depuis 14 ans, la loi (Louis) Besson oblige les villes de plus de 5 000 habitant-es à assurer un accueil correct des populations nomades ; ce qui leur permet dès lors de lutter contre les campements sauvages.

Cette règle confirmée par droite et gauche, se heurte régulièrement à l’opposition des riverains, ces fameux Nimby (« Not in my backyard ») qui refusent tout ce qui est nouveau et a fortiori pas comme eux… Et quelquefois, les politiques s’engouffrent dans la brèche, jouant allégrement sur les peurs les plus obscures.

Cette obligation légale est nécessaire pour encadrer une réalité de terrain : les gens du voyage viendront de toute manière (pèlerinage religieux, fête …) alors, autant gérer au mieux leur venue. En effet, lorsque la ville ne dispose pas d’outils pour les accueillir dignement, les gens du voyage s’installent où ils peuvent, choisissant un terrain adéquat, public ou privé. Il arrive quelquefois que les conséquences soient financières et que des réparations soient à envisager, toutes payées par le contribuable ; ce fut le cas lors de l’occupation de l’Oncopole pour une somme de 100 000 €.

A Toulouse, l’offre en aire de stationnement est faible et il n’existe aucune aire de grand passage. L’Etat a ainsi obligé la communauté urbaine à répondre à ces enjeux, en implantant 2 aires de grand passage sur son territoire, dont une sur la ville de Toulouse.

En 2011, l’équipe Cohen prend le sujet à bras le corps, dans une optique volontariste pour résoudre une situation collective devenue intenable pour ces populations comme pour les Toulousain-es. A noter le courage politique de l’équipe Cohen qui assume dès le départ cette position républicaine tout en sachant pertinemment que cela ne lui rapportera rien électoralement parlant.

Le choix se porte sur Gabardie-Montredon, un terrain vague et boisé, enclavé, en bord de rocade, avec toute la logistique (eau, électricité) et un accompagnement social organisé, notamment un suivi pour limiter les nuisances. En septembre 2011, la délibération est présentée à la Métropole et adoptée à l’unanimité absolue des votants (dont Jean-Luc Moudenc).

Sauf que les riverains s’en mêlent, un collectif se monte, jugeant ne pas avoir été consulté, des pétitions se signent, des rumeurs de fermeture d’entreprise et de suppression emplois apparaissent…  La situation s’envenime. Les riverains proposent des sites alternatifs, les sachant impossibles ou hors d’atteinte. C’est à ce moment-là que la situation échappe à la mairie : sur la défensive, elle s’arc-boute sur sa position, jugeant « innégociable » le site choisi et multiplie, a posteriori, les réunions avec les riverains, sans convaincre.

La droite s’engouffre dans la brèche, juge alors que le site n’a pas été suffisamment étudié et s’engage auprès des riverains à le faire fermer, quoi qu’il en coûte. Un tract anonyme apparait même dans les boites aux lettres pendant l’élection…

L’échec de la gauche : un problème de méthode évident

Le débat pouvait–il être réalisé en amont pour désamorcer la crise ? Sur des sujets aussi épineux, rares sont les élu-es qui s’y frottent. Pour autant, l’équipe Cohen a tout simplement loupé l’étape la plus importante quand on porte un projet de gauche, celle de la conviction.

Pour avoir assumé le projet avec trop de rigidité, voire du mépris ou en tous cas une pédagogie lacunaire, pour ne pas avoir voulu en faire un vrai débat de société, mais un simple sujet de quartier, pour ne pas avoir clairement exprimé l’importance d’un tel projet pour la ville et la métropole, le sujet s’est enkysté dans une chaussure socialiste devenue bien trop étroite.

La gauche sait pourtant que pour gagner ses combats face aux forces conservatrices, elle doit toujours assurer ce travail de conviction et le porter sans ambages ni fioritures devant l’agora populaire.

Le contexte national, franchement hostile aux gens du voyage n’a pas aidé et a renforcé le sentiment d’insécurité. Les méthodes niçoises, la montée du Front National, accompagné des relents du débat sur l’identité nationale cher à Sarkozy ont fortement accentué les fantasmes, favorisant petit à petit un rejet rampant de l’autre.

Enfin, le simple fait que cette question soit restée ancrée sur un quartier, et n’a jamais été assumé comme un véritable débat de société : le débat est resté complètement bloqué sur la dimension du conflit de voisinage et n’a jamais réussi à le dépasser.

Quant à la droite, elle a eu recours à une solution simpliste, la solution de facilité : « vous ne voulez pas de gitans chez vous, nous non plus » voici l’argumentaire entendu. Tout en se gardant bien de dire où elle souhaiterait implanter cette aire de grand passage.

La Droite face à ses contradictions : démons populistes et chocs du réel

Campagne gagnée, Capitole reconquis, Métropole à terre, la droite de Jean-Luc Moudenc reprend le dossier et demande au conseil communautaire de rejeter le site de Montredon.

Et là, surprise, le vote est négatif, alors qu’elle pèse la majorité des voix…

Que s’est-il passé ?

Jean-Luc Moudenc aurait donc été trahi par les siens, ces élu-es de la métropole qui n’auraient pas voulu voir cette aire sur leur commune, ou juste rappeler le vote unanime précédent, ou alors serait-ce une tactique politicienne à plusieurs bandes ?
Hypothèses en suspens, doute dans l’esprit, certains éléments sont cependant sûrs : Oui, M. Moudenc a flatté les peurs des habitants, s’engageant à fermer ce site, sans pour autant proposer de solution alternative. En faisant cela, il veut clore le débat.

Il ne peut tout simplement pas assumer d’enlever cette aire de Montredon pour la mettre ailleurs, car il s’agissait, comme le disait son vote favorable de 2011, du meilleur site sur la ville. Au sens politique des responsabilités, Jean-Luc Moudenc préfère la stratégie de l’autruche, cachant un débat aux Toulousain-es pour ne pas avoir à le résoudre, reportant la faute sur la Métropole.

Pour autant les conséquences seront importantes car les gens du voyage continueront de s’installer n’ importe où sur la ville et la note sera payée pour les Toulousain-es : qu’ils en soient conscient-es, car année après année, elle va devenir salée.

Sans aire, la ville se met ainsi dans l’illégalité : elle ne respecte pas ses obligations républicaines, bafoue les droits de ces populations nomades et s’expose à des amendes devant les tribunaux.

Mais le véritable coût sera politique : en laissant une telle situation pourrir, en laissant perdurer dans l’illégalité la venue des gens du voyage, la droite va développer les comportements populistes les plus sombres dans la population, jouant sur cette précarité pour solidifier un certain électorat.

La suite ?

Suite au vote communautaire, qui a de nouveau validé l’aire de grand passage de Montredon, la droite municipale est bloquée. Soit elle accepte le vote, et dans ce cas-là, elle trahit sa promesse de campagne, soit elle suit sa promesse, et alors, elle devra indiquer où et comment sera positionnée cette aire de grand passage.

Sauf qu’aujourd’hui, trouver un site alternatif sur la ville de Toulouse sera très difficile, et les habitant-es s’appuieront alors sur la « jurisprudence » Montredon : autant dire qu’il sera très difficile de faire accepter une aire de grand passage durant ce mandat.

 

Prostitution site casanova

La droite et la prostitution à Toulouse : 38 € le tour de passe-passe

Décidément, la droite toulousaine a sa manière bien à elle de traiter les problèmes. Après la chasse au SDF, c’est aux prostituées que la mairie s’en prend. Pour quelle raison ? Parce qu’elles se voient trop…
Réduire la prostitution à un problème de voisinage, l’UMP nous avait déjà fait le coup pendant la campagne municipale. Tout à sa volonté de « nettoyer » la ville, le nouveau maire est passé à l’acte, et de quelle façon !

Un arrêté grossier et dangereux

Photo Fabrice Valéry France3 Midi-Pyrénées
Photo Fabrice Valéry France3 Midi-Pyrénées

Le 7 Juillet dernier, Jean-Luc Moudenc a donc signé un arrêté interdisant la prostitution dans certains quartiers, notamment les Ponts-Jumeaux, Matabiau et les Minimes. Pourquoi certains ? Parce que trop proches du centre-ville, et trop passants. Une insulte à l’image de marque que la droite réactionnaire voudrait donner à la ville peut-être.

Le Maire de Toulouse Jean-Luc Moudenc a donc eu la brillante idée de… verbaliser les prostituées. Sauf que voilà, la prostitution n’est pas un loisir et ne se traite pas comme des automobilistes mal garés. Ce n’est pas un choix délibéré mais un système qui enferme des personnes, notamment des femmes, dans une violence quotidienne. Une grande majorité des prostituées, à Toulouse comme dans le reste du pays, sont issues d’un système de traite esclavagiste.

Cette mesure rend surtout service aux impératifs de discrétion des clients. Car rappelons-le, il y a des clients, que nul ne force à venir. La droite est ainsi dans sa belle tradition du voile d’ignorance sur la réalité des rapports humains en société.

Sur l’exemple de Lyon, le résultat recherché de l’arrêté est « l’effet splash » (c’est mignon n’est-ce pas ?) consistant à « éparpiller » le phénomène. En d’autres termes, isoler les prostituées en périphérie, sans se préoccuper du danger que cela peut représenter pour elles. Les verbalisations ont donc commencé  début Juillet, mais sans l’effet attendu. Hé oui, les prostituées préfèrent payer l’amende pour racolage (38€) plutôt que de changer de lieu. Le génie de M. Moudenc a donc consisté à transformer la ville en grande institution proxénète, prélevant une taxe chaque soir, comme on paye un emplacement dans un marché.

Mais alors, que faire ?

Le fond du problème, c’est que la municipalité ne se soucie pas du sort des prostituées. Ce qui l’intéresse, ce sont les voix de riverains qui se plaignent du phénomène. Une attitude bien connue, contre laquelle luttent de nombreuses institutions comme l’ONU. Dans la convention de 1949, ratifiée par la France, l’ONU suggère avant tout d’analyser les causes du système prostitutionnel, et de combattre le proxénétisme plutôt que de pénaliser le racolage.

Dans la même idée, ne vaudrait-il pas mieux aider les personnes prostituées à s’extraire de ce milieu en leur permettant l’accès à un logement, à des formations, des aides sociales voire des papiers quand c’est nécessaire ?

Plutôt que de cacher un problème, le rôle d’une collectivité est de le résoudre. Une équation que la droite a vraiment du mal à intégrer…

La densité modérée selon jean-Luc Moudenc, une illusion d'urbanisme pour Toulouse

Petite densité modérée entre amis

Les chercheurs en sciences sociales nous ont appris que les « effets sociaux d’une illusion ne sont jamais illusoires… »

Avec ce concept « attrape tout » nommé « densité modérée » et créé par Monsieur Moudenc pendant sa campagne électorale, c’est bien une illusion qui a été vendue aux Toulousain-es… une illusion dont les effets sociaux sur la vie dans les quartiers et les communes de notre métropole ne seront certainement pas illusoires.

Afin de produire ce papier avec l’exigence intellectuelle qui guide l’ensemble de nos travaux au sein de Casa Nova, nous avons tenté de découvrir ce que signifiait « densité modérée » pour les nouveaux maîtres du Capitole. Franck Biasotto affirme dans la « La Dépêche du Midi » datée du 10 avril 2014 que la densité modérée est

« un urbanisme modéré notamment à côté des zones pavillonnaires ; on regardera attentivement les hauteurs d’immeubles projetés sur les quartiers, avec aussi le respect de l’identité toulousaine, un retour à la brique rouge… »

En d’autres termes, Monsieur Moudenc et ses colistiers ont vendu une illusion aux Toulousain-es (et notamment aux propriétaires de pavillons en briques rouges!) selon laquelle notre métropole pourra continuer à accueillir entre 15 000 et 20 000 nouveaux habitants par an en freinant la construction d’immeubles et la production de logements sociaux. Une telle approche s’apparente tout simplement à une escroquerie électorale. C’est bien dans le cadre de cette illusion, fondée sur des promesses électorales empreintes de clientélisme, que la nouvelle équipe municipale souhaite revenir sur de nombreux projets urbains tels que Croix-de-Pierre, Bordeblanche ou encore Montaudran.

Selon nous, cette vision de l’urbanisme portée par Messieurs Moudenc et Biasotto, articulée autour d’engagements démagogiques contractés avec les propriétaires de « pavillons en briques rouges » est loin d’être la hauteur des défis auxquels notre métropole doit faire face.

En effet, un objectif fait désormais consensus pour les urbanistes, celui de la densité qualitative qui permet d’allier la mixité et la mutualisation des espaces. Aujourd’hui, dans les opérations d’aménagement portés par des élu-es sérieux-ses et responsables, il n’est plus question de séparer les secteurs dévolus aux logements sociaux et d’autres secteurs qui accueilleraient des logements en accession à la propriété. Ainsi, comme le met fort bien en avant l’urbaniste toulousaine Marie-Christine Jaillet, l’objectif de mixité change les caractéristiques mêmes de la densité : elle n’est plus seulement quantitative, mais qualitative et doit permettre d’amplifier les relations sociales.

Certes, il n’est pas simple pour des élu-es de mettre en débat des thèmes tels que la densification et le développement de l’offre de logements sociaux avec les riverains des quartiers des grandes villes. Il faut pour cela des élu-es de quartiers identifié-es, légitimé-es par la population et parfaitement formé-es à de tels enjeux… C’est peut-être ce qui a manqué à l’équipe de Pierre Cohen dans certains secteurs de la ville. Toutefois, rien ne justifie aujourd’hui cette régression portée par Monsieur Biasotto et fondée sur des postures défendues par des propriétaires de pavillons en briques rouges.

De plus, cette illusion de la « densité modérée » aura pour effet de déplacer la gestion de l’accueil des nouveaux arrivants vers les communes périphériques de la métropole, dans les « nappes péri-urbaines » et de générer une demande de transports en commun à travers des outils tels que le BHNS. Or nous savons que Monsieur Moudenc a notamment été élu avec le soutien des opposants au BHNS !

Nous pouvons constater que cette analyse de la « vision urbanistique » de Monsieur Moudenc met en lumière les limites de sa démarche politique : les promesses faites aux propriétaires de pavillons en briques rouges viennent contredire celles consenties aux opposants au BHNS.

Une telle approche de l’action publique ne résistera pas, selon nous, à l’épreuve du pouvoir : les effets sociaux de ces illusions vendues aux toulousains ne seront pas illusoires…

Le Marathon des mots en l'air de Toulouse

Le Marathon des mots en l’air

Au pays du stade toulousain, on vient, on lit, et on s’en va…

C’est une réaction salutaire que la tribune publiée par plus de cent artistes toulousains, critiquant le caractère hors sol, artificiel et artificieux, de ce « Marathon des mots » qui revient à Toulouse chaque mois de juin.

Cette manifestation très « VIP », est l’exemple même de la coquille vide culturelle, et disons-le : c’est une erreur de l’équipe de Pierre Cohen de ne pas y avoir remédié, sans doute intimidée devant le cortège de stars débarquant sur la ville quelques heures pour lire quelques pages et toucher des cachets exorbitants. La gauche a sans doute eu peur de recevoir en boomerang les voix outrées des orateurs qui auraient été privées de lectures de vingt minutes devant un public clairsemé.

Pourtant il y aurait eu bien mieux à faire avec ces moyens. C’est une occasion manquée. La droite revenue, qui a inventé ce festival, s’en délestant sur une gestion privée comme d’habitude, et s’en lavant les mains, le remettra t-elle en cause au nom de la rigueur ? On peut en douter. La rigueur ce n’est jamais pour les VIP…

Ce Marathon est une opération bien montée de captation de crédits, masquée derrière des faux airs de culture généreuse et ouverte sur le monde (cette année on fait référence à la lutte démocratique des Stambouliotes, rien que ça). Mais elle n’a aucun sens identifié dans cette ville qui est considérée comme une piste d’atterrissage et un « grand compte ». Elle est une opération qui débarque, repose sur des présences médiatiques en produits d’appel pour le mécénat. Les réseaux y jouent à plein pour partager le bon plan toulousain…

Cette manifestation n’a tissé aucun lien conséquent avec la ville, n’y a suscité aucune dynamique particulière.

Le principe même de la manifestation est contestable. Les stars de cinéma qui viennent n’ont pas eu à travailler. Elles lisent quelques pages dans un beau lieu, et s’en retournent prendre leur avion. Autant organiser des séances de signatures d’autographes. Le résultat est une fréquentation modeste, le Marathon des mots ne parvenant pas à devenir un moment toulousain porteur de sens. Ces moments d’écoute sont purement de consommation. Il ne s’y passe pas grand chose, ni avant, ni pendant, ni après, sauf la présence de la Star. Cette année, le sulfureux Houellebecq, qui semble légitimer toute l’opération mais a posé un beau lapin de diva. La littérature mérite sans doute mieux que la flatterie de pulsions midinettes.

Le budget de cette opération culturelle contestable, d’abord parce qu’on peut se demander si la littérature est faite pour être lue à voix haute devant un public, ce qui se discute (mais où a lieu cette discussion sur la littérature justement ?) est d’un demi million d’euros. Avec une telle somme annuelle on pourrait réaliser des miracles… Créer des dynamiques permettant un travail de fond sur l’année autour d’ateliers d’écritures par exemple, créer une convergence entre ce travail de terrain et la rencontre en effet d’écrivains confirmés et du monde de l’édition. Au lieu de cela nous avons une opération Show room mondaine, devant un public passif, dont on ne bouge aucune ligne.

La tribune des écrivains locaux est positive et encourageante. Il est temps qu’ils s’emparent de la cité, et de sa politique culturelle. Nous avons là un beau signe de disponibilité pour une autre vision de Toulouse.

La droite toulousaine façon Tricatel, c'est pas bio !

La droite façon Tricatel, c’est pas bio…

Faire des économies à tout prix, quitte à réduire de moitié le budget de l’alimentation bio dans les cantines scolaires, voilà la recette indigeste que nous proposent Jean-Luc Moudenc et son équipe, élaborée avec les ingrédients périmés d’une politique rance.

Il nous est très difficile de comprendre l’annonce faite par Madame Susset, conseillère municipale en charge de la restauration scolaire, dans La Dépêche du Midi du 14 juillet dernier.

Pourquoi donc réduire le budget du bio dans les cantines scolaires ? Pourquoi diminuer l’accès des enfants scolarisés à une alimentation saine et de qualité ?

Madame Susset justifie cette annonce par la nécessité de faire des économies. La logique purement comptable est donc assumée, clairement revendiquée…

Toutefois, la nouvelle élue en charge de la restauration scolaire trouve bon d’ajouter que cette baisse de 50% du budget est liée à la nécessité d’acheter du bio local et non du bio provenant d’Europe du Nord par exemple.

Revenons sur cet argumentaire aigre-doux.
Nous sommes d’accord avec Madame Susset : le bio pour le bio est un dévoiement de la démarche globale qui, au-delà d’un soutien à l’agriculture bio, doit s’accompagner d’une défense des circuits courts, de l’agriculture de proximité. Le bio ne doit pas être un simple affichage « développement durable », il s’inscrit dans une démarche plus large.

Si le marché de la ville de Toulouse ne contribuait pas à développer le bio local alors il convenait de le modifier.
Mais en ce cas, pourquoi toucher au budget qui passerait de 3,2 à 1,6 millions d’euros ?

Les collectivités locales doivent privilégier les produits bio locaux. Nous contribuons ainsi, toutes et tous, à réduire notamment l’usage des pesticides dont les effets sur la santé des agriculteurs et agricultrices ne cessent d’être démontrés.

Notre Région est volontariste dans le développement du bio. A ce jour, environ 6% des surfaces agricoles utiles sont des surfaces bio en Midi-Pyrénées, ce qui en fait l’une des premières régions de France, même si c’est encore très insuffisant.

Le taux de conversion en bio est l’un des plus élevés et la filière bio en Midi-Pyrénées fonctionne prioritairement en circuit court. Ce bilan positif ne doit pas pour autant amener les différentes collectivités locales à en rester là. En France, 25% des aliments bio sont importés, il faut donc aider la filière nationale à se développer, se structurer.

L’annonce de Madame Susset nous semble être en totale contradiction avec la volonté de ne pas acheter du bio pour du bio mais d’acheter local.

Alors que l’élue constate que la filière a besoin de soutien pour se développer, elle nous mijote une baisse drastique du budget ; cela ne manque pas de sel !

Mme Susset se trouve là prise au piège. Le piège d’un projet municipal fondé sur la réalisation d’un ou deux « Grand projet visible » pour lesquels il faut dégager des financements à tout prix.

Madame Susset, mettez la toque ou lieu de retoquer le bio, pimentez votre action, ne vous laissez pas cuisiner par des visions comptables dignes du Tricatel de « l’aile ou la cuisse » ! Devenez la cheffe et préservez une alimentation de qualité, bio et locale dans nos cantines scolaires !

Bilan des 100 jours de Jean-Luc Moudenc au Capitole à Toulouse

Cent jours de malthusianisme démolisseur au Capitole

Depuis Napoléon on aime à penser que cent jours suffisent à secouer des continents. Pour le meilleur et pour le pire. Avec la droite toulousaine, on est du côté du pire. Ces cent jours de retour d’exil de Jean-Luc Moudenc (ou était d’ailleurs son Ile d’Elbe pendant ces six ans ?) sont de très mauvais augure pour Toulouse.

Qu’a t-on vu pendant ces premiers mois ? Rien qui permette d’imaginer comment le Maire-Président veut traiter les grandes questions devant nous : déplacements en péril de trombose, transition énergétique, logement, diversification du modèle économique local, devenir des services à la population. C’est le silence, l’apathie, sur tous ces sujets majeurs. Monsieur Moudenc n’a pas dit un seul mot sur le Grand Projet de Ville par exemple, et les habitant-es des quartiers populaires qui ont été si courtisé-es pendant la campagne sont les parfait-es oublié-es de cette gestion.

Nous avons assisté à une œuvre de chicanerie et à de la démolition principalement, au milieu du gel et du quasi chômage technique pour de nombreux domaines. Ceci au nom d’une vision éculée de la ville, la même qui avait conduit la droite à l’échec en 2008, et qui la reconduira, nous nous risquons à le penser, à l’impasse.

La droite au Capitole est revenue avec trois mots d’ordre en tête :

- un esprit revanchard et patrimonial,
-le malthusianisme conservateur, oublieux de l’avenir
- la recherche de boucs émissaires par des gestes sordides envers les populations les plus en difficulté.

Une collectivité butin de guerre

Pour cette droite amalgamant les anciens grognards rompus à la gestion de petites clientèles et un escadron d’amateurs radicalisés par la lutte contre le mariage pour tous, la défaite de 2008 a été une anomalie, un vol. Le pouvoir censitaire est à eux, aux vraies élites économiques, la gauche était l’usurpatrice. La Mairie c’est son patrimoine, son butin. Son trésor de guerre. La principale occupation des premiers mois a donc été de lancer la chasse aux sorcières, d’abord, d’une manière qui en dit long, en s’en prenant à ses anciens serviteurs qui avaient osé au nom du service public, travailler avec des élus « socialo communistes ». Jusqu’à organiser un grand bal des secrétaires et des cartons d’emballage qui a agité la cour du capitole. Quelle élégance…

De surcroît, le clientélisme a repris partout, et il suffit de tendre l’oreille pour entendre les bénéficiaires qui s’en vantent. Les embauches ont été placées sous la férule du politique, et les services gèrent les « signalements » d’élu-es qui pensent que l’addition des client-es assurent une réélection, comme dans un village.

Dépenser moins… pour dépenser moins, la vision zéro après la dette zéro

Puis Harpagon a pointé le bout de son long nez. On a crié au loup dépensolâtre gauchiste, à la catastrophe budgétaire, ce qui est contredit par tous les faits, Toulouse étant en bonne situation financière au regard de toutes les comparaisons, même si la Mairie ne roule plus sur l’or comme aux temps de la Taxe Professionnelle.

On a raconté cyniquement des âneries en parlant de « déficit », alors même que le déficit est impossible car interdit aux collectivités qui sont mêmes tenues de réaliser des excédents importants pour s’autofinancer… Mais un sou est un sou pour ces gens obsédés par les baisses d’impôts. Ainsi, comble de la gestion petit plateau, la Mairie a sabré les postes de vacataires qui permettent depuis toujours à des jeunes toulousains de travailler l’été pour financer leurs études. Un beau symbole dans une des villes les plus étudiantes de France…

Cette politique de grippe sou est l’erreur fondamentale de cette équipe qui engage un plan d’économies drastique, sauf dans le domaine de l’embauche et de l’équipement massif de la police municipale dont on sait qu’elle a certes un rôle important mais ne peut pas résumer les besoins des habitant-es, et encore moins résoudre des problèmes d’insécurité qui requièrent des actions approfondies d’investigation, comme c’est le cas avec le trafic de drogues. Les annonces de recrutement, faisant de l’armement (en précisant la marque de l’arme à feu) un élément d’attractivité, font frissonner… La sécurité a été confiée à un élu nationaliste autoritaire. On est loin du consensus urbain promis par le Maire.

On peut donc s’attendre à la stagnation et l’érosion des actions partout, pour pouvoir financer une seule priorité : l’embauche de policiers municipaux afin qu’on voit « du bleu » dans les rues. Ce choc psychologique fera t-il reculer l’insécurité réelle ? Rien n’est moins sûr. On peut même penser que non. La Police Municipale n’a jamais désorganisé la délinquance, elle est une mesure purement symbolique pour gérer un sentiment d’insécurité et non une solution contre la délinquance beaucoup plus compliquée à traiter. Devait-on tout sacrifier à ce seul objectif ? l’intérêt général s’y épuise t-il ? Certainement pas.

Finalement, la vraie réalisation de ces cent jours aura été l’embauche d’un Haut fonctionnaire venu d’Alsace, chargé uniquement d’effectuer des économies (sans doute une fois décompté sa propre masse salariale qui doublonne celle du Directeur des Services). Voila la « dynamique » qui est en cours : dépenser moins pour dépenser moins. Personne ne conteste le sérieux d’une gestion bien entendu, mais ériger la réduction des dépenses en objectif primordial et presque unique d’une politique municipale, c’est calamiteux dans une métropole en croissance rapide.

La droite vit sur des souvenirs éculés. Toulouse n’est plus la ville de Dominique Baudis qui stagnait en population et voyait ses écoles se vider car elle chassait les habitant-es dans les nappes périurbaines avec les dégâts urbanistiques que l’on sait et les difficultés dantesques de déplacement qui s’ensuivent.  L’investissement dans le service public n’est pas une anomalie mais un besoin de maintien de la qualité de vie dans une ville dont la population est expansionniste. Le malthusianisme municipal, nous en paierons le prix dans quelques années, lorsque nous mesurerons que rien n’a été fait pour accueillir les nouveaux habitant-es malgré la parlote inflationniste des « maires de quartier ».

Car ou sont les projets annoncés par la droite locale pour organiser la métropole face à ce développement ? Quel projet de transport ? Aucun…. Et le Maire a déjà avoué qu’il avait vu trop gros pendant la campagne (bref qu’il avait raconté des sornettes avec un projet de dite seconde rocade jugé impossible, nocif et inutile il y a des années par tous les acteurs des déplacements). Quelle stratégie pour le logement ? Quels équipements structurants ? Pendant cent jours on a entendu que des annonces de renoncement, tout étant trop cher pour cette équipe, pingre par principe.

La dépense collective, voila l’ennemi. Chacun pour soi. Sauf qu’une vie citadine ne peut pas se concevoir par le chacun pour soi, parce qu’on vit ensemble densément, et qu’il est indispensable de financer de concert des équipements pour permettre notre coexistence.

Oui, l’austérité gouvernementale et européenne conduirait une métropole de gauche à des choix difficiles. Mais c’est précisément dans un contexte de tension que l’on doit peser ce qui est ou pas remis en cause, sur la base d’une réflexion approfondie et publique, concertée, permettant une stratégie de dépenses révisée. La droite pour sa part a recours à la serpe arithmétique, unilatérale, et sans aucune transparence pour la population. Et la dépense massive encourue par les démonstrations viriles de Monsieur Arsac, en fonctionnement, qui plus est s’agissant de créations de dizaines de postes de policiers par an, va priver la mairie de toute marge de manœuvre.

Frapper et isoler les plus vulnérables

Et puis, c’est bien triste et peu honorable, l’hallali a sonné contre les faibles. Celles et ceux qui n’ont pas voix au chapitre. Bref, la stratégie habituelle de diversion par le stigmate que la droite a toujours utilisée, bien loin du pseudo « humanisme » centriste dont le Maire se réclame. On a économisé quelques milliers d’euros sur les vaccinations de chiens de sans domicile fixe, au mépris de la sécurité sanitaire des toulousains.

On a essayé, récoltant un cinglant vote négatif à la métropole, sanctionnant l’amateurisme des nouveaux édiles et leur égoïsme toulouso-toulousain d’arrière garde, de se délester sur les communes périphériques de la responsabilité légale de créer une aire de grand passage pour les déplacements des populations nomades. Alors que c’est justement l’absence d’une aire qui est la cause des installations sauvages ! On a flatté les pulsions d’ordre en revenant au jardin à la française dans les espaces verts, d’un coup de menton ridicule, ou en luttant contre l’oisiveté sans doute… en raccourcissant Toulouse Plages, dont le succès populaire était incontestable et permettait à des familles ne partant pas en vacances de passer un bel été toulousain.

Cette équipe politique se trompe de ville, se trompe de victoire. Toulouse n’est pas une ville réactionnaire, et si la gauche a connu des difficultés c’est parce que les attentes de développement étaient fortes et l’impatience réelle. Les Toulousain-es voulaient des transports en commun plus vite, et pas qu’on économise en les ralentissant.

Le moins disant de la droite toulousaine est en porte à faux avec la métropolisation toulousaine. Cette politique du frein à main, occupée à donner des signes visqueux à un électorat de droite radicalisée qui a beaucoup œuvré pour le retour de Monsieur Moudenc, ne peut pas réussir. Tôt ou tard ces contradictions s’exprimeront, les promesses individuelles et collectives de la droite ayant été sans précédent au printemps dernier.

Pour Casa Nova, après ces 100 jours de démolition, l’urgence est de donner à comprendre, de contester, d’éclairer les toulousains, et d’imaginer déjà une autre politique pour Toulouse Métropole.

Projet Maison de l'image à Toulouse

Maison de l’image, miroir social

La nouvelle municipalité a annoncé l’arrêt du projet de la Maison de l’image.

On pourrait limiter l’analyse de retrait à un manque d’ambition culturelle de la droite, à un simple problème budgétaire, ou à toute  autre explication simpliste. Ce n’est pas ici notre propos.

Pour expliquer cet échec, il est en effet nécessaire de mettre les pieds dans le plat, tant les causes sont multiples et soulèvent de nombreuses questions, sur la conception de la ville, des quartiers populaires, de l’égalité républicaine, du communautarisme, de l’intégration

Ce projet s’est heurté aux non-dits, il s’est brisé contre une barrière de verre qui semble encadrer ce quartier.

La barrière de verre

Le dernier rapport sur la rénovation urbaine à Toulouse indiquait que 60% des jeunes qui s’inscrivent à la mission locale de la Reynerie ne souhaitent travailler que dans le grand Mirail, pas ailleurs à Toulouse, juste dans le grand Mirail.

Ce chiffre est effrayant tant il révèle cette muraille de verre. Le Mirail, ce n’est pas la grande banlieue parisienne où l’on comprendrait une mobilité professionnelle limitée à la ville.  Le Mirail, c’est un quartier de Toulouse, bien desservi par les transports en commun. C’est la preuve d’un quartier qui se replie sur lui-même.

La gauche n’a pas suffisamment pris en compte les effets de cette barrière symbolique. Elle a fonctionné à double sens. « Puisque nous avons une barrière devant nous, à l’intérieur de celle-ci faites ce que nous voulons » !

Un bon objectif

La Maison de l’image répondait pourtant à un bon objectif. Contrairement à la vision classique de l’intégration urbaine qui consiste à permettre à tout le monde d’aller au centre ville, l’ancienne municipalité a voulu construire un équipement public incitant l’ensemble des Toulousain-es à se rendre à la Reynerie.  A l’instar de la médiathèque « grand M » cette volonté politique était bonne et méritait d’être encouragée.

Malheureusement, ce projet, comme beaucoup d’autres, a été mal expliqué, mal théorisé ; nombreuses et nombreux sont celles et ceux qui n’ont pas compris l’intérêt de cet équipement.

Force est de constater que malgré les nombreuses heures de concertation avec les habitant-es, ce projet n’a pas suscité l’adhésion dans le quartier. Est-ce que ce projet devait recevoir cette adhésion pour porter ses fruits ? Est-ce que le Grand Projet de Ville était suffisamment visible pour permettre cette adhésion ? Ces questions restent ouvertes.

En tout état de cause, la logique intégrationniste de la gauche (« vous devez avoir les mêmes droits que les autres ») s’est heurtée à une logique d’entre soi (« ici c’est chez nous »).

Maison de quartier contre maison de l’image ou quand la droite s’appuie sur l’entre soi et renforce la barrière de verre

Maison de quartier ? Maison de l’image ? Ces deux propositions ne semblent pas contradictoires, et pourtant une partie du débat a tourné autour de ce choix.

La maison de quartier est une revendication portée par une partie des habitant-es de longue date. Elle a en effet l’avantage d’être un équipement public bénéficiant directement aux habitant-es du Mirail mais à eux seuls, là où la Maison de l’image aurait été un équipement pour tous les Toulousain-es.

La droite a mieux analysé la situation que la gauche. Elle a constaté l’existence de cette barrière, et forte de sa logique conservatrice, elle a cédé sous les hourras des communautaristes. En cédant, elle renforce cette barrière dans les deux sens.

Alors non, il n’y aura pas de Maison de l’image à la Reynerie, pas d’équipement d’envergure. Il y aura peut-être un équipement dans le quartier pour les habitant-es du quartier, chez eux, ce qui, si rien d’autre n’est fait, renforcera cette césure culturelle dans notre ville.

La gauche doit tirer des enseignements de cet échec

Le premier enseignement est symbolique et rhétorique mais il a son importance. La question n’est pas d’intégrer le Mirail à la ville. Le Mirail est dans la ville. On ne lutte pas contre le localisme par l’intégration mais par l’égalité républicaine. Dans les temps qui courent, il faut parfois savoir imposer cette mixité sociale. Sur ce terrain la gauche bien pensante a péché par excès de bons sentiments.

En d’autres termes, la Maison de l’image n’avait pas pour but d’aider le Mirail et ses habitant-es mais simplement d’en faire un quartier comme les autres.

Le deuxième enseignement, c’est qu’il faut se donner les moyens pour que les politiques brisent cette barrière de verre dans les deux sens. On ne peut pas imposer des politiques publiques à des gens qui ont le sentiment de ne pas en bénéficier par ailleurs.

Enfin la gauche doit se mettre au travail pour redéfinir un nouveau contrat social, prenant en compte les différentes populations d’une ville. Contrat social permettant de recréer ce lien qui fait de la ville un tout, partout, pour toutes et tous. 

Dans les semaines et mois qui viennent, Casa Nova aura l’occasion de développer en profondeur des réflexions qui prolongeront cette première analyse, en les chevillant étroitement aux réalisations concrètes à imaginer.

Le grand contournement du réel

Lors de la campagne municipale, Monsieur Moudenc a mis en débat l’enjeu des embouteillages sur le périphérique toulousain… non pas à travers une réflexion mettant en avant le développement des transports en commun, des transports interurbains, du maillage de l’aire urbaine qui permette de réduire le recours à la voiture personnelle sur le périphérique.

Non, bien au contraire, M. Moudenc a proposé une deuxième rocade qui permettrait de capter le trafic de transit (à différencier du trafic local).

Ce projet nous semble inefficace et inadapté aux enjeux en matière de mobilités, de santé publique et d’environnement.

Tout d’abord est-ce une deuxième rocade ou un contournement autoroutier dont nous parle M. le Maire ?

Deuxième rocade ou contournement autoroutier ?

En effet, lorsque M. Moudenc parle d’une 2ème rocade il fait une erreur que nous pensons volontaire pour ne pas utiliser le terme plus adapté de contournement autoroutier.

Une deuxième rocade (ou un 2ème périphérique) est une infrastructure qui doit passer à proximité de l’existant. En d’autres termes à moins de 10-15 kilomètres.

Vous en conviendrez, c’est impossible sur l’agglomération toulousaine sauf à la faire passer sur les toits des immeubles et des pavillons, ou bien à moins d’exproprier des habitant-es.

Donc, M. Moudenc nous parle en réalité d’un contournement autoroutier qui, lui, passera à environ 25-30 kms du périphérique existant. Ce qui est logique (dans la logique de M. le Maire) s’il souhaite écarter le trafic de transit du périphérique actuel. Voilà donc ressorti du placard un dossier qui a été rejeté en 2008 par le Ministre Monsieur Borloo (du même bord politique que M. Moudenc) suite au débat public. L’un des arguments invoqué fut l’opposition entre ce projet et le Grenelle de l’environnement.

Pourquoi un contournement alors ? M. le Maire indique que ce contournement permettrait de capter le trafic de transit qui serait la principale cause de l’engorgement du périphérique aux heures de pointe.

Or, le transit dont il parle ne correspond qu’à 10 % du trafic sur le périphérique et n’est pas en outre le trafic majoritaire aux heures de pointe c’est à dire aux heures pendant lesquelles les embouteillages sont massifs.

Une solution donc inadaptée à la problématique actuelle : les nombreux déplacements au sein de l’agglomération vers Toulouse. Mais au fait où passerait ce contournement ?

Toi aussi, dessine ta deuxième rocade pour Toulouse

Une infrastructure qui passerait où ?

M. le Maire l’a indiqué, ce contournement concerne l’Est de Toulouse. Pour être plus précis, cette infrastructure passerait vers Verfeil et le Lauragais au détriment de terres agricoles et d’espaces de biodiversité.

Le débat public avait déjà fait ressortir les risques d’une telle infrastructure pour l’agriculture locale et avait trouvé parmi ses opposants la Chambre d’agriculture.

Il est assez remarquable d’ailleurs de voir que M. Moudenc réduit le budget alloué au bio dans les cantines toulousaines sous prétexte qu’il n’y a pas assez de bio local et que dans le même temps il envisage de construire une autoroute à la place de champs sur lesquels pourrait être cultivé… du bio.

Mais non, alors qu’aujourd’hui l’heure est au développement de circuits courts, d’une agriculture de proximité, M. Moudenc choisirait de détruire ces espaces pour une infrastructure inutile et que peu de véhicules emprunteraient notamment parce que cette infrastructure serait mise en autoroute concédée payante. Justement qui financera cette infrastructure ?

Quel(s) financement(s) ?

M. Moudenc a demandé l’inscription du contournement dans le cadre du Contrat de Projet Etat Région 2015-2020 afin que d’autres collectivités locales et l’Etat participent au financement de cette promesse de campagne.

La priorité par exemple du Conseil régional doit-il être la poursuite d’un soutien fort au réseau régional ferroviaire et à la rénovation de certaines routes (comme la RN126) ou de soutenir un contournement autoroutier dont le principe rappelons-le a été rejeté en 2008 suite à un débat public ?

La priorité au sein d’un CPER ne devrait-il pas être de financer les transports en commun ? Les collectivités locales ne pourraient-elles pas soutenir en complémentarité avec le train des aires de covoiturage pour réduire l’utilisation individuelle de la voiture ?
Ne faut-il pas utiliser le CPER pour développer le fret ferroviaire ?

Faut-il rappeler qu’un 1km de rocade c’est environ l’équivalent de l’exploitation de 10 lignes de bus/an ?

Lorsque l’infrastructure sera construite, ce contournement deviendrait une autoroute concédée payante et ne coûterait rien selon M. le Maire aux collectivités locales.

Nous avons dû mal à y croire. En effet les exemples d’autoroute concédée dont le flux de véhicules est moindre que celui prévu (pour «vendre» le projet) par le concessionnaire et qui implique donc l‘augmentation de la subvention d’équilibre ne manquent pas.

Les collectivités devront sans doute remettre au pot, au détriment de dépenses plus prioritaires.

De plus qui peut penser que les gens passeront par cette autoroute de contournement alors même qu’ils pourront toujours emprunter gratuitement le périphérique Toulousain ?

Nous pensons que le chemin emprunté risque de nous conduire droit dans le mur. Alors que l’urgence environnementale commande de faire des choix pour réduire l’utilisation de la voiture, voilà que M. Moudenc nous parle d’une deuxième rocade payante.

Si nous ajoutons à cette promesse de campagne les décisions récentes sur les abonnements Tisséo, la Liaison Multimodale Sud-Est nous constatons que le développement des transports en commun n’est pas une priorité pour Jean-Luc Moudenc.

Il est temps de ranger cette promesse dans le placard dans lequel elle a été mise dès 2008 suite au débat public afin de redonner toute sa place au développement des transports en commun et construire un maillage territorial cohérent.

 

 

Suppression mesure de santé publique vaccination gratuite par Moudenc Toulouse

Droite enragée et hordes de SDF

Notre chère droite toulousaine a décidé de mettre fin au dispositif de vaccination gratuite des chiens de SDF, comme annoncé pendant la campagne municipale. Il s’agit de mettre fin à ce qui produirait un « appel d’air » de SDF dans la ville. Un appel d’air. Des hordes de marginaux et leurs chiens envahiraient nos rues et notre parvis de gare, attirés pas l’odeur alléchante du vaccin rabique. De la véritable littérature zombie !

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En réalité, c’est à peine dix vaccinations par mois qui étaient effectuées par l’école vétérinaire de Toulouse, pour un coût de 5 853€ en 2013. Il n’y a pas de petites économies. Cette somme de 5 853€ représente le coût de construction d’environ 1 mètre de rocade.

Un mètre de rocade gagné avec l’abandon d’un dispositif de santé publique. Pas un cadeau social, pas de l’assistanat, pas une posture de gauche, une politique de santé publique. Car la rage se transmet de l’animal à l’homme. Et la rage tue. Dans le monde, selon l’OMS, elle causerait la mort de 35 000 à 50 000 personnes par an.

En France, on ne meurt plus de la rage. Le dernier mort remonte à 1924. Pourquoi ? Parce qu’on vaccine les chiens, notamment. Et les renards. Bon, les SDF n’ont pas de renards, d’accord.

L’abandon de ce dispositif est donc une décision contraire à l’intérêt général, à la santé publique. Elle est motivée par l’argument d’un imaginaire « appel d’air ». Jean-Luc Moudenc et sa clique imaginent que les SDF choisissent leur destination en fonction de l’offre de services la plus développée. Un véritable dumping.

L’intérêt général appelle le rétablissement de ces campagnes de vaccination, qui ne coûtent rien.

L’intérêt général appelle le développement des politiques publiques de « réduction des risques ». C’est la même logique qui opère ainsi pour les campagnes de distribution de seringues propres aux publics toxicomanes. Cela ne veut pas dire « droguez vous, vous avez la bénédiction des pouvoirs publics », cela veut dire : je réduis les risques sanitaires liés à un comportement dangereux.

S’il faut vacciner les chiens contre la rage, nous espérons ici que ces premières semaines de mandature Moudenc nous vaccineront contre la bêtise idéologique de la droite, à l’avenir.

Photographie Cyril Almeras

21 juin, 14 juillet : le retour de l’ a-culture à Toulouse

En seulement deux dates, 21 juin et 14 juillet 2014, la « nouvelle » mairie de la vieille droite toulousaine a démontré l’ancienneté de ses conceptions culturelles et éteint les perspectives d’avenir du rayonnement de celle qui a été toute proche de devenir capitale européenne de la Culture.

Le 21 juin, la mairie a annulé la programmation qui était assurée depuis quelques années par Joël Saurin, le bassiste de Zedba ; programmation que la précédente équipe avait eu le tort de ne pas contractualiser même si dans le milieu musical, les accords tacites avec les tourneurs sont communs.

Deux raisons, entre autres, ont été avancées par l’équipe de Jean-Luc Moudenc : cette affiche était trop lourde financièrement et la « nouvelle » mairie de la vieille Droite toulousaine voulait privilégier des « amateurs ».

Pour ce qui est de privilégier des « amateurs », en effet, nous sommes bien servis avec cette nouvelle équipe. La déprogrammation a été faite de manière brutale, alors que de nombreux artistes toulousains travaillaient et comptaient dessus depuis des mois : El Gato Negro (cumbia), Rémi Panossian (jazz), Sidilarsen (Dancefloor Metal), Undergang (rock-electro), Bernardo Sandoval (flamenco), Anais Constans (chanson lyrique), Kid Wise (pop-rock) groupe qui venait de représenter la région Midi-Pyrénées au Printemps de Bourges…

Toulouse ne serait donc plus fière de ses musiciens ?

En pleine mobilisation des artistes autour du statut précaire des Intermittents, cette annulation du jour au lendemain sur des considérations politiques, témoigne du mépris de la droite toulousaine pour la réalité du milieu artistique en général, et pour la scène talentueuse de notre ville en particulier.

Quant à l’argument « financier », il s’effondre devant la réalité des chiffres : la soirée du 21 juin aura coûté 40 000 € soit 5 000 € d’économies sur la programmation de l’équipe Cohen.

5000 € d’économies le 21 juin… 90 000 € de surcoût le 14 juillet

La programmation du 14 juillet a coûté un bras et deux jambes. 90 000 € rien que pour déplacer l’évènement des Allées Jean Jaurès aux bords de Garonne, une mesure qui ne sert qu’à marquer une différence avec la bonne idée de la municipalité précédente. A 90 000 € la mauvaise idée, le budget de la mairie de la vieille Droite toulousaine va rapidement exploser.

Niveau propositions musicales, nous retrouvons le manque de reconnaissance d’une scène toulousaine accusée de coûter trop cher parce que locale.

Mettre le 21 juin en reflet du 14 juillet est intéressant. Il suffit simplement de regarder la programmation du 14 juillet, purement variété « people ». Où étaient les « amateurs » ?  Maurane, Christophe Mae et Nolwenn Leroy. Pardon, il y avait aussi Amandine Bourgeois, chanteuse révélée dans l’émission culturelle de M6, « la Nouvelle Star » et ayant des liens affectifs avec Tournefeuille (sans doute pour la catégorie « amateurs locaux »)

Aux « gens », la vieille Droite toulousaine a estimé qu’il ne fallait pas proposer des musiques plus riches que celles qui passent sur Chérie FM. Surtout ne pas profiter d’un évènement de masse, qui plus est fédérateur dans sa symbolique, pour permettre l’accès du plus grand nombre à une qualité culturelle plus exigeante que ce que proposent les mass-média. « Du pain et des jeux » comme seul horizon…

Et puis, cette programmation du 14 juillet servira à justifier le budget culture de 2015. Elle est l’exemple type que la musique pour tous n’est pas aujourd’hui la musique de toutes et tous.

Compilation réalisée par Sidilarsen et Undergang
Compilation réalisée par Sidilarsen et Undergang

La musique jouée par les artistes toulousains, ici, maintenant, pourrait être rendue accessible au plus grand nombre, l’aidant à se développer et rayonner, facilitant le rayonnement culturel de notre grande ville.

Mais non, rendormez-vous braves gens. Sur les douces mélopées de Nostalgie.

En affichant une programmation « Variétoche », « people », la mairie annonce clairement ce qui va suivre pour la culture locale. Elle n’est pas désirée, parce que trop coûteuse et trop pro.

Le 21 juin à Toulouse souffre nationalement d’une réputation « apéro géant sans musicien ». La municipalité précédente, en axant son action sur la scène Capitole et en délaissant les quartiers toulousains, a prolongé le souhait des politiques culturelles précédentes et aujourd’hui actuelles, en vendant de la « vitrine » et en délaissant les artistes. Les artistes sont priés de jouer en périphérie dans des villes qui jouent le jeu de l’ouverture aux autres musiques et à l’esprit originel d’une célébration populaire de TOUTES les musiques.

La scène toulousaine n’a jamais été aussi bouillonnante et exportée nationalement et internationalement. La précédente municipalité n’a pas su en prendre la mesure. La vieille Droite toulousaine, elle, a décidé de l’attaquer frontalement.