Brigade SDF à Toulouse : vers une politique de harcèlement des sans domicile fixe

Après la chasse aux prostituées, après le signe réactionnaire et dangereux sur le plan sanitaire constituant à ne plus vacciner les chiens des personnes sans domicile (comme si cela allait les dissuader de venir à Toulouse, ou même, tenez, de vivre dans la rue…), la droite de plus en plus radicale régnant sur Toulouse, à rebours de la raison politique, s’acharne encore sur les plus fragiles dans la ville.
Pourtant, jamais notre ville n’a voté pour une orientation de ce type : au contraire Monsieur Moudenc a pleurniché sur ses origines chrétiennes démocrates et prétendu incarner la modération au cours de la campagne électorale.
Nous aurons donc droit, sous l’égide de Monsieur Arsac, adjoint à l’agitation du chiffon rouge, à une BRIGADE SDF. Nous ne vivons pas à Béziers, mais bien à Toulouse… mais pour combien de temps encore ?
Lier un service de police à une catégorie de la population… C’est du jamais vu dans la République. 
Tout cela fleure bon les années 40, celles qui sont célébrées par Monsieur Zemmour, dont Monsieur Arsac est un grand fan, assistant avec ferveur et enthousiasme à son récent meeting à Toulouse. Pourquoi pas une brigade arabes ? Une brigade jeunes ? Une brigade vieux pervers ?
Créer une brigade SDF c’est signifier directement que ces personnes sont, par essence, des délinquants. 
Le fait d’être SDF, vert, jaune, bleu, violet, charpentier, bûcheron, myope, ne détermine nullement qu’on va commettre des délits. Ce qui détermine un délinquant c’est la commission du délit, et seulement l’acte. La République, c’est l’égalité des droits et des devoirs. Par conséquent, personne ne peut être assigné de fait à un acte qu’il n’a pas commis. Oublier cela, c’est rompre le pacte social, c’est revenir à une société de la pure force, de l’arbitraire, où le droit ne protège pas le citoyen-ne mais peut le viser, en le caractérisant par avance, sans égards pour ce qu’il fait ou pas.
Sur le plan de la pensée, c’est un fait très grave. Et on peut se demander si cette création ne devrait pas être l’objet d’une attaque en justice pour discrimination. Pourquoi pas d’ailleurs ? Nous y réfléchirons.
D’ailleurs on nous explique carrément que cette brigade aura une fonction répressive ciblée sur les sans domicile fixe. Comprenez : être SDF ça se réprime.
Bien évidemment, nos édiles sur la pente plus que glissante savent qu’ils poussent le bouchon, pour faire oublier leur passivité effarante sur à peu près tous les sujets (à part les gels et les suppressions). Donc on met un grain d’humain….. Des infirmier-es accompagneront les tournées « répressives » de ces « spécialistes » de la traque du clochard, accompagnés de chiens. On ne sait jamais, on pourrait se salir. On souhaite à ces cellules « médico-sociales » (on embaucherait des médecins et des travailleurs sociaux ? Évidemment que non) bon courage pour donner sens à leur travail. Personne ne verra le début d’une intervention sociale.
Dans un de ces euphémismes typiques de la violence sociale (« voir les publics empêchés »), la mairie appelle cela une politique de « distanciation ». Pour ne pas dire qu’on les fait dégager du centre. Ou la droite reconnait les siens, c’est à dire la bourgeoisie. Monsieur Arsac et consorts détestent les « bobos » (les gens qui lisent et sont de gauche), mais les bos-cons, bourgeois conservateurs, ils adorent. Et sont prêts à tout pour « purifier » leurs points de vue.
La droite avait insisté pendant la campagne sur les faubourgs censés être oubliés. Les faubourgs apprécieront d’être considérés comme la solution pour apaiser une clientèle « up » en hypercentre.
Comme ces gens cyniques ne manqueront pas de nous traiter de « laxistes », disons de suite que nous n’aimons pas être agressé-es ou violenté-es, nous-même, en tant que citoyen-es. Non, nous n’aimons pas cela : scoop !
Mais nous sommes assez civilisé-es pour ne pas jeter tout principe à la poubelle parce que l’insécurité existe, et que l’explosion de la misère la nourrit. Que croyait on ? Que la décomposition de la société marchande ne produirait pas de violence ? C’est bien naïf. Bien entendu, la crise de civilisation que nous vivons suscite des troubles à l’ordre public. On doit y faire face, mais pas au mépris de nos libertés fondamentales, ni de celles des plus vulnérables, qui n’ont jamais droit à la parole.
Évidemment la police municipale doit travailler. Elle doit le faire en congruence avec les interventions sociales. Mais les personnes en errance doivent être traitées comme les autres, sur la base de la loi. La police municipale a un rôle de prévention et de répression, de droit commun, concernant tous les risques, tous les troubles.
Une grande ville doit se doter d’accueils de jour suffisants pour les sans domicile, insuffisants, même par rapport à Bordeaux, ville de droite. 
Que faire, sinon errer ? La question ne semble pas monter au cerveau « ferme » de Monsieur Arsac.
Une société dérape quand elle commence à désigner une population, d’office, comme la cause mais aussi en ce cas scandaleux comme l’auteur d’avance, de tous les maux. C’est un climat de haine, de méfiance, de ressentiment, que l’on diffuse dans la ville. Le poisson pourrit par la tête. Et la tête de notre ville ne tourne pas rond.
En 2006 déjà….
Rappelez-vous, le 12 septembre 2006, un étudiant nommé Edouard Rihouay meurt sur le Pont-Neuf à toulouse, tué par un groupe de quatre marginaux. Le maire de Toulouse d’alors, Jean-Luc Moudenc, politise alors le drame, rend un hommage appuyé à la victime, et s’émeut du développement de la mendicité agressive dans la ville. Il propose, dans la foulée d’un rendez-vous avec Nicolas Sarkozy, ministre de l’Intérieur, un plan contre les marginaux de tous bords : squats, sdf, toxicos… avec une logique toute droitière : vote le 20 septembre 2006 d’un arrête anti-camping sauvage, création d’une brigade anti-marginalité (mixte Police Nationale/Municipale), et création d’une nouvelle délégation pour lutter contre la marginalité agressive confiée à Jean Diebold.
Aujourd’hui le même Jean-Luc Moudenc récidive avec sa brigade anti SDF.
Pour autant le contexte a changé depuis 2006 : la situation des SDF s’est encore plus précarisée, avec pas moins de 141 500 personnes  sans domicile en France métropolitaine début 2012, soit une progression de près de 50 % depuis 2001 (chiffres Insee)
Sur Toulouse, pas moins de 8 000 personnes sont SDF, et entre 25-30 % sont des salariés, des travailleurs pauvre : le fantasme du SDF oisif et improductif est donc à revoir. La crise économique, renforcée par le coût prohibitif du logement dans les revenus des ménages, poussent de plus en plus de personnes à la rue.
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Au niveau municipal, la logique de développement des arrêtés est à son maximum : il est déjà interdit de consommer de l’alcool sur la voie publique, l’arrêté contre la mendicité agressive existe déjà et un arrêté anti-mendicité n’est pas à l’ordre du jour selon l’adjoint à la sécurité. Forcément car le juge administratif bloque usuellement ces arrêtés car trop liberticides, comme les récents cas de Nice ou de Hénin Beaumont le prouvent.
Depuis quelques mois, la ville de Toulouse fait régulièrement la une des faits divers, avec de nombreux épisodes de délinquances : agressions aux personnes et aux biens, homicides, braquages (Lardenne, St Cyprien, Empalot, Centre-ville). Les riverains et commerçants s’inquiètent de la dégradation du climat général et demandent une réponse des pouvoirs publics. Aucun des meurtres et vols spectaculaires récent n’a été le fait d’un SDF, et pourtant on va créer une police spécialisée… Allez comprendre.
Les habitants et commerçants indiquent véritablement ressentir une insécurité. Sauf que l’insécurité ressentie ne provient pas que des sdf, mais s’apprécie plutôt comme une dégradation globale de l’espace public. Les riverains indiquent clairement que l’espace public n’est pas géré : peu d’éclairage public, pas de référence d’autorité sur le site, zones délaissées…

Alors, de quoi parlons-nous ? De sécurité ou de signaux envoyés pour flatter des pulsions assez peu républicaines ? Liberté, égalité, fraternité disions-nous ?

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Soirée à l’Utopia « Les premiers pas d’une nouvelle ère démocratique ? »

Nous invitons les habitant-es de l’aire toulousaine à venir nous rencontrer le jeudi 11 décembre 2014 à l’occasion de la première manifestation publique que nous organisons depuis l’appel lancé dans la presse il y a quelques jours.

Cette soirée débat débutera à 18h45 à l’Utopia de Toulouse. Elle aura pour sujet la révolution démocratique à venir, celle qui est notamment en filigrane dans les mouvements sociaux secouant la planète depuis le printemps arabe, de New York à Istanbul.

Faut-il y voir un feu de paille ou les premières lueurs d’une nouvelle définition de la politique ? Comment les citoyens soucieux d’agir peuvent-ils tirer des leçons de ces expériences mobilisant d’immenses foules ? Que nous disent-elles ? Est-il permis d’espérer et d’agir ? Comment repenser les rapports à la politique, au politique ? Comment s’organiser pour faire émerger une grande force progressiste en capacité d’opposer une vision enthousiasmante à cet horizon dit « indépassable » du libéralisme ? Comment articuler cela localement ?

Une projection introduira la soirée qui se poursuivra sous forme de présentations / débat avec la salle. A cette occasion CASA NOVA a convié un grand penseur des mouvements sociaux :

Albert OGIEN

Le sociologue Albert Ogien sera l'invité de Casa Nova Toulouse Metropole le 11 décembre 2014 à l'Utopia de ToulouseAlbert Ogien est sociologue. Directeur de recherches au CNRS et directeur de l’Institut Marcel Mauss de l’EHESS. Ses travaux portent aujourd’hui sur trois thèmes : l’extension et les effets du phénomène gestionnaire dans l’organisation de l’activité de gouvernement et dans la définition de l’action publique ; l’analyse des mouvements de protestation politique extra-institutionnelle (rassemblements et occupations de places, contestations des pouvoirs, mobilisations transnationales, insurrections civiles, activisme informatique, désobéissance civile, création de nouveaux partis) qui se développent actuellement ; le développement d’une démarche de sociologie analytique.

Albert Ogien est coauteur avec Sandra Laugier d’un livre marquant de cette rentrée :

« Le principe démocratie, enquête sur les nouvelles formes de la politique »

Nous espérons rencontrer de nombreux-ses citoyen-nes de gauche, au sens où nous le sommes : Nous sommes de gauche, à tel point que nous nous demandons même s’il ne faudrait pas laisser ce nom tellement il incarne le système de Ptolémée alors que nous sommes déjà dans l’univers de Galilée. Mais nous avons en patrimoine toute la gauche, toutes ses réussites et ses échecs. Notre vision progressiste n’est pas atrophiée. Elle est rouge, rose, verte, même un peu noire, même un peu arc en ciel, même un peu kaléidoscopique. Qui prétend avoir raison tout seul à gauche ? Personne. Tout le monde est en crise. Retroussons nos manches, mettons-nous au travail !

Participation libreNombre de places limité
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La laîcité à la sauce Moudenc Toulouse

Au Capitole, la laïcité n’est plus en odeur de sainteté

Suite à l’affaire Merah, le conseil municipal du 24 mai 2013 créait officiellement le Conseil de la Laïcité de Toulouse. Ce conseil, composé des représentant-es de tous les cultes et d’associations de défense du principe de laïcité tel que la Ligue des droits de l’Homme et certaines obédiences maçonniques, s’est réuni régulièrement et a travaillé sur la question de la laïcité et ce, jusqu’à l’élection du nouvel édile de la ville, Jean-Luc Moudenc.
En effet, aucune nouvelle de ce conseil depuis le 30 mars dernier. Pire, sur le site de la mairie de Toulouse, on ne trouve même plus la page dudit conseil qui a été supprimée. Cette page précisait pourtant l’été dernier que ce conseil prendrait une nouvelle forme très bientôt, quel « teasing » ! Depuis, silence radio à propos de cette assemblée qui avait pourtant produit des éléments de réflexion significatifs sur un sujet aussi décisif que celui la laïcité.
Certes, il y a débat, depuis longtemps à gauche, sur le contenu même de la laïcité, et ce débat traverse naturellement Casa Nova. Une partie d’entre nous considère, avec force argument, que la laïcité étant l’affaire de tous et de toutes, elle n’a pas à être abordée dans un conseil de ce type, même s’il comporte des libres penseurs.  Les questions relatives aux cantines par exemple, n’ont pas à être préemptées par des représentants d’églises.
Toutefois, nous parlons d’une collectivité, dont nombre de missions concernent plus ou moins directement les cultes : possession en patrimoine de certains lieux de culte par exemple, mais aussi questions liées à l’abattage, droit de l’urbanisme… Des interactions existent donc de fait, et qu’elles soient encadrées dans un organe portant le beau nom de laïcité n’est pas en soi un problème.
Ce n’est pas au titre d’une conception extensive de la laïcité, en tous les cas, que Monsieur Moudenc ne réunit plus le Conseil. Bien au contraire. Et sur ce point, « casa et nova » sont bien d’accord….
Mais alors, que dissimule ce vide récent à propos des intentions de M. Moudenc ?

Quelle définition de la laïcité pour le nouveau maire de Toulouse ? 

Dans le cadre de la dernière campagne municipale, le candidat Moudenc, tout comme son adversaire d’alors, Pierre Cohen, a répondu aux questions que lui posait le Diocèse de Toulouse. Cette interview, disponible sur le site http://toulouse.catholique.fr nous éclaire sur la vision du nouveau maire de la Ville Rose en ce qui concerne la laïcité.
On y apprend notamment qu’il a « toujours accordé une grande importance à l’ensemble des mouvements associatifs et en particulier catholiques (…) ». On serait tenté de lui demander aujourd’hui si c’est bien le rôle du maire de Toulouse d’accorder une importance « en particulier » à « des mouvements associatifs » catholiques. Au détour d’une autre question, notre actuel maire déclarait notamment ceci : « Je souhaite remettre en place un climat d’apaisement entre l’Eglise de Toulouse et la municipalité. Un certain nombre d’évènements depuis le changement municipal ont conduit à « des petites vexations » qui me paraissent stériles dans une époque comme la nôtre où le bien commun doit être le maître mot dans la conduite de la gestion municipale. ».
Alors, nous nous posons la question de savoir de quelles vexations exactement parle Monsieur Moudenc ? Est-ce la réaction de l’ancien maire Pierre Cohen qui se scandalisait de l’implantation de l’Opus Dei à l’Eglise de la Dalbade ? Notre nouveau maire cautionnerait-il alors l’implantation d’un ordre religieux hyper réactionnaire ayant comme racine le franquisme dans une ville aussi marquée par la résistance républicaine espagnole ?
Ou bien peut-être est-ce les positions de Pierre Cohen dénonçant en 2011« une laïcité en danger » suite à l’attaque du théâtre Garonne par certains extrémistes catholiques traditionalistes – des ecclésiastiques de la Fraternité de Saint-Pie-X ou de l’Institut du Christ-Roi et l’association Civitas en tête – contre la pièce « Golgota Picnic » ?  Est-ce peut-être la loi Taubira ouvrant le mariage à tous, soutenue par l’ancien Maire, et pour laquelle M. Moudenc avait manifesté son désaccord jusque dans la rue ?
Ou alors, est-ce à dire tout simplement que c’est la création du Conseil de la Laïcité qui fût une de « ces petites vexations stériles » ? Tout cela n’est pas très clair – d’ailleurs, notons au passage que sur une multitude de ces sujets, nous n’avons pas vraiment entendu Monsieur Moudenc.
Toujours au cours de cette interview, le candidat Moudenc nous livrait alors sa définition de la laïcité en se déclarant« (…)très attaché au respect des lois de la République et en particulier la loi de séparation de 1905 », et en poursuivant avec la même ferveur que « La laïcité ne doit pas renvoyer l’Eglise contre l’Etat ou l’Etat contre l’Eglise. Un état laïc doit respecter les institutions religieuses en donnant à chacune une place spécifique bien définie dans le respect de la loi républicaine ». Jean-Luc Moudenc concluait que « la laïcité est un espace de neutralité partagé entre tous les citoyens, mais qui ne combat pas ni n’ignore les religions. ».
Mais alors, si l’on suit cette dernière idée,  pourquoi ne plus réunir cette instance d’échange portant sur les questions bien concrètes qui se posent à la ville de Toulouse ?

La réalité ? Un double discours dangereux

Dans un portrait du journal Libération à l’occasion de son élection, Monsieur Moudenc reconnaissait volontiers ses liens personnels avec l’institution catholique toulousaine : «C’est vrai que je vais parfois à la messe le dimanche. Mais, je ne suis pas une grenouille de bénitier.». « Certes, » poursuit le journaliste, « l’église où il se rend a pour nom l’Eglise-du-Christ-Roi. ‘Mais, ce n’est pas moi qui l’ai baptisée ainsi, dit-il en souriant. Et, c’est l’église du quartier où j’habite depuis vingt ans !’».Le journaliste de Libération indiquant par ailleurs que « (…) la République est son credo. Il revendique d’avoir été un élève de l’école publique laïque. Et d’avoir usé de l’ascenseur social. Le fait de lâcher, incidemment, à la presse qu’il irait à l’office le 30 mars, jour du vote, ne pouvait que conforter son électorat le plus conservateur. Il voudrait toutefois persuader que ‘ce n’était pas un calcul électoral‘. Se présenter comme un gentil croyant républicain respectueux des pensées du pape et du président de la République n’est pas, selon lui, un artifice intellectuel. »
        
Si Monsieur Moudenc doit vivre tranquillement sa religion, est-ce bien nécessaire lorsque on est le maire, le premier des Toulousain-es, de multiplier les sorties médiatiques à ce propos (on retrouve le même genre de propos tenus dans Le Point) ? Cela ne crée-t-il pas un décalage vis-à-vis des autres croyants ou des athées ?  Ne doit-on pas, lorsqu’on souhaite représenter tous les citoyens de sa ville, se garder d’annoncer le jour même du deuxième tour de l’élection municipale, sa « programmation œcuménique » matinale ?
Dans la même veine, on peut se poser la question de l’utilité du communiqué que faisait déjà Monsieur Moudenc en juin 2013 se félicitant de « rencontrer le nouveau souverain pontife ». La pertinence, pour un député de la République Française alors candidat à la mairie de Toulouse de rapporter la parole « papale » en terre Toulousaine, tient dans cette assertion : « Dans le monde tourmenté d’aujourd’hui, le Pape François rappelle, avec force et justesse, que la lutte contre la pauvreté et pour la dignité de la Personne Humaine doit constituer la priorité des priorités ».
Il y avait aussi la « mise au point » en réponse à un article du site « Riposte Laïque » du 19 mars 2010 s’intitulant « La mairie de Toulouse finance l’Islam et soutient les prières musulmanes illégales » qui l’attaquait violemment. Dans cet article était visé une décision du 13 mai 2005 de Monsieur Moudenc suite à l’implantation de préfabriqués Algeco « en vue du relogement provisoire de la mosquée de Bellefontaine ».
Pourquoi donc Jean-Luc Moudenc s’est-il senti obligé de fendre d’une mise au point vis-à-vis de ce site islamophobe, xénophobe, catholique traditionaliste, raciste et complotiste qu’est Riposte Laïque ?  Et ce dernier de se justifier: « Contrairement à ce que vous écrivez, je n’ai pas « favorisé la construction de mosquées tous azimuts » à Toulouse. J’ai exprimé mon opposition à l’idée d’ « une grande mosquée de Toulouse », préférant des lieux de culte musulmans plus petits dans les quartiers où est présente une forte communauté musulmane. » 
On trouve aussi en ligne la réponse du candidat député Moudenc daté du 14 juin 2012 à un questionnaire du « collectif pour l’humanité durable », collectif composé notamment de Frigide Barjot, Xavier Bongibault, Béatrice Bourges et Laurence Tchang Reynes, les chefs de file de «la manif pour tous». Ce collectif passait au crible chaque engagement du nouveau Président de la République François Hollande et sondait les futurs élus en leur demandant de se positionner.
Voici la réponse de Jean-Luc Moudenc et Laurence Arribagé : « Vous m’avez adressé un questionnaire destiné à soutenir votre collectif pour l’humanité durable. En réponse, je vous renvoie ce document signé qui exprime clairement les convictions profondes que j’ai toujours défendues et que je défendrai à l’Assemblée Nationale si je suis élu : le respect de la vie, la promotion de la famille fondée sur le mariage entre un homme et une femme, le respect des droits familiaux de l’enfant, le respect de la liberté d’éducation des parents, le respect des libertés de conscience, de pensée, de religion ». On notera bien l’absence du principe de laïcité.
Ainsi, Monsieur Moudenc n’était « pas du tout d’accord » avec l’engagement 21 de la loi sur la fin de vie, « pas du tout d’accord »avec l’engagement 31 relatif à la légalisation du mariage et adoptions d’enfants par les couples de même sexe, « pas du tout d’accord » avec les engagements 37, 39 et 40 « qui changeront la vie des femmes », notamment en matière de contraception et d’IVG et enfin, « pas du tout d’accord » avec les engagements 36 à 39 et 46 relatifs à « l’aide massive à l’enseignement public et la constitutionnalisation de la laïcité ». Lui, le Républicain, le fier produit de « l’école publique laïque » celui du portrait de libération, à peine « croyable »!
Monsieur Moudenc a bien compris qu’il était préférable, pour être élu, de savoir adapter cyniquement son discours en fonction de son auditoire afin de capter les facettes plus ou moins croyantes de son électorat. D’ailleurs, le jour même du vote décidant de la création du conseil de la laïcité, dans un reportage de France 3, ce dernier tentait désespérément de s’approprier cette initiative en déclarant « qu’en réalité c’était un de mes amis et colistier Jean-Luc Forget qui [l’avait] proposé initialement ». Il rajoutait alors que « l’essentiel (…) c’est l’intérêt général, je crois que quand l’intérêt général est en jeu et la laïcité, c’est une question d’intérêt général, on peut converger que l’on soit de droite de gauche ou du centre ».
Le fait est qu’un conseil portant le nom de laïcité n’a pas longtemps survécu à l’élection de Monsieur Moudenc, dont l’allergie au concept nous saute aux yeux. En matière de laïcité, il n’y aura eu pour l’instant qu’un seul « évènement municipal » depuis mars 2014. Il s’agit de l’accueil du Colloque International par Monsieur Lesgourgues s’intitulant « le contrôle des religions par l’Etat: hier et aujourd’hui » organisé par l’Institut Catholique de Toulouse, une ouverture dans la Salle des Illustres où l’archevêque de Toulouse invitait à la réflexion suivante sous l’approbation de l’adjoint à la diversité et à l’égalité: « La France devrait s’inspirer plus largement du modèle Italien en matière de laïcité »tout un programme
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Le Capitole est-il devenu un marigot à crocodiles ?

Le Projet Crocodiles, vous connaissez ? Non ? 

Il s’agit de dénoncer les comportements sexistes et de raconter des histoires de harcèlement vécues au quotidien. Par un dessin sans concession mais dont l’humour est une source de finesse, Thomas Mathieu décrit les harceleurs, le plus souvent des hommes, comme des crocodiles dont les mots, les gestes constituent autant de marques de pouvoir et d’impuissance.  Il permet à tout un chacun de comprendre comment le sexisme ordinaire pèse sur chacun et chacune d’entre nous, comme la banalité du mal, l’anti-chambre de l’enfer.
Le dessinateur ne dit pas toutefois que tous les hommes sont des harceleurs en puissance, mais simplement qu’en tant qu’homme, il est difficile d’imaginer à quel point le sexisme ordinaire impacte la vie des femmes.
Pour vous faire votre propre idée, commencez par aller y faire un tour : http://projetcrocodiles.tumblr.com/ !
Mais aujourd’hui, nous ne voulions pas simplement vous vanter les qualités du trait de crayon de Thomas Mathieu et de cette démarche.
Nous voulons avant tout protester contre le report de l’exposition composée de plusieurs planches du Projet Crocodiles. Cette exposition sur bâche itinérante devait avoir lieu dans des lieux ciblés de la ville à l’occasion de la Journée internationale contre les violences faites aux femmes, le 25 novembre. 

Parce que c’est faire preuve d’aveuglement devant la réalité des violences sexistes aujourd’hui.

Le travail de Thomas Mathieu s’attache à illustrer les problématiques des violences faites aux femmes dans toute leur complexité. Le sexisme ordinaire, ce n’est pas que des manifestations de violences physiques. Il s’incarne dans tous les aspects de notre vie quotidienne : au domicile, au travail, dans la rue, dans les urnes…
Si le dessinateur a un certain succès sur Internet, son œuvre de dénonciation du harcèlement et du sexisme ordinaire reste finalement assez confidentielle, et réservée à une sphère d’internautes initié-e-s, ou tout du moins déjà sensibilisé-e-s aux revendications féministes, même si son projet a été relayé dans un certain nombre de médias nationaux.
Nous ne pouvons que constater que la droite locale a fait le choix de la facilité : celui de détourner le regard, à l’instar des usagers des transports en commun qui ne réagissent pas devant une situation de harcèlement par exemple.
D’autant que, selon l’entretien que l’auteur nous a accordé le 22 novembre, il n’avait jamais été question d’exposer les planches dans le square Charles de Gaulle, ou sur l’espace public, comme cela a été écrit. La Mairie avait libre choix des dessins et ceux qui étaient retenus devaient faire l’objet d’une exposition sur bâche itinérante dans des lieux ciblés, intégrés dans une démarche encadrée de prise de conscience et de prévention.
Annuler l’exposition (l’auteur ayant été informé par d’autres personnes que la Mairie, c’est lui qui a fait l’effort de savoir ce qu’il se passait et personne ne lui a parlé de « reporter » l’exposition), ce n’est pas sérieux.

Parce que c’est irresponsable.

En 2013 en France, 121 femmes sont mortes sous les coups de leur conjoint. La page Facebook dénonçant le harcèlement de rue à Toulouse, créée au début du mois d’octobre 2014, comptabilise déjà plus de 3 000 likes, et multiplie les témoignages de toulousaines et de toulousains victimes de harcèlements et d’agressions sexuelles dans le métro, dans nos rues, à toute heure du jour et de la nuit.
Confronté à ces chiffres accablants, Jean-Luc Moudenc fait le choix en toute bonne conscience de reporter l’exposition consacrée au Projet Crocodiles, parce qu’une élue réactionnaire de sa majorité, Madame Laurence Katzenmayer (Adjointe à la Famille, Petite Enfance et Crèches), s’est insurgée de la vulgarité de certaines planches : celles consacrées à dénoncer la lesbophobie et le viol conjugal.
Non M. le Maire, le travail de Thomas Mathieu n’est pas vulgaire : il nous livre sans œillère une vérité accablante de notre société, à savoir que les mécanismes de domination masculine persistent envers et contre tout, et que ces mécanismes produisent une violence inouïe, tant morale que physique – voilà où se trouve la vulgarité.
Quelle vulgarité d’ignorer la réalité de ces violences. Quelle indifférence face aux traumatismes subis jour après jour par les victimes. 
Mais une telle désinvolture ne nous étonne guère finalement de la part de M. Moudenc : Nous savons très bien que la lutte pour l’égalité femme-homme n’est pas une priorité de votre majorité qui n’hésite pas à associer des soutiens ardents d’Eric Zemmour avec les enfants de chœur du centrisme cassoulet. Nous n’avons pas oublié les propos nauséabonds de M. Arsac, Adjoint au Maire en charge de la Sécurité, lorsqu’il a mis en œuvre son arrêté sur la prostitution – qui renforce l’insécurité autour des femmes contraintes de faire le trottoir, oubliant que les véritables criminels, ce sont les réseaux qui les exploitent et les clients qui les abusent !
Nous n’oublions rien M. Moudenc. Nous tenons un inventaire détaillé de vos attaques à l’encontre des Toulousains et des Toulousaines.
Nous sommes féministes, et nous avons honte de votre comportement. En décrochant les images qui montrent la réalité que vous ne sauriez voir, comme tous les tartuffes, vous cautionnez tous les crocodiles dont les sifflements et autres violences de rue se mèlent aux cris d’orfraies des ouailles du Capitole. M. Moudenc, félicitations ! Vous êtes digne de figurer dans les dessins de Thomas Mathieu : à votre juste place, celle d’un crocodile. 
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Charte Casa Nova Toulouse Metropole

Charte d’adhésion à CASA NOVA

Cette charte a pour objet de préciser à l’attention des possibles nouveaux membres les principes et les implications d’une intégration au groupe d’action et de réflexion CASA NOVA. L’approuver est un préalable pour devenir un membre du groupe, cogérant de ce qui est conçu comme une « SCOP de production politique ».

 Les buts de CASA NOVA

CASA NOVA se fixe les objectifs suivants :

- La convergence, par l’action et le travail sur les contenus, des forces et citoyen-es de gauche antilibérale. Ceci dans le cadre pressenti, et jugé indispensable, d’une très forte recomposition du champ politique, des institutions ; des rapports entre les acteurs politiques, les lieux de décision et la société.

- CASA NOVA s’inscrit dans la conviction de l’obsolescence mortifère de la 5e République, et de tout ce qu’elle induit d’asphyxie pour la vie politique de notre pays. CASA NOVA considère que les exigences du siècle requièrent une profonde remise en cause de la conception du rôle de la politique dans les sociétés contemporaines.

- CASA NOVA agit sur le territoire de l’agglomération toulousaine. A cet égard, déplorant l’exercice du pouvoir par une droite réactionnaire au capitole et au Grand Toulouse, elle a pour priorité de contester les mesures régressives de cette droite, de lui disputer l’hégémonie idéologique, et de contribuer à la renaissance d’une solution progressiste sur ce territoire.

- CASA NOVA inscrit ainsi en tête de ses priorités le retour d’une gauche de transformation sociale, et non de simple gestion conformiste, au Capitole et à Toulouse Métropole.

- Cependant, ne fétichisant pas le territoire, mais le considérant comme un terrain partagé de vie et d’action, CASA NOVA a vocation à se fédérer avec d’autres projets partageant les objectifs ici précisés.

L’identité de CASA NOVA

- CASA NOVA est un groupe absolument indépendant de toute structure du champ politique, syndical, associatif, et de toute institution.

- Chacun ne représente que soi au sein de CASA NOVA. Néanmoins CASA NOVA s’efforce, autant que possible, de rassembler en son sein, la plus grande palette possible des philosophies composant la gauche antilibérale.

- Rejoindre CASA NOVA implique d’approuver les éléments de conviction suivants, fonds commun des adhérent(e)s : le système capitaliste mondialisé, dans sa forme tardive financiarisée, n’est pas un horizon indépassable de l’Histoire. Il s’agit, pour éviter à l’humanité de courir à l’abime, de le critiquer durement, de contester sa domination, de favoriser des formes de vie différentes, fondées sur la solidarité, l’égalité femmes-hommes, la démocratie élargie à tous les aspects de la vie sociale – y compris l’économie dont elle est chassée-, la coopération, le respect des générations futures et la défense du patrimoine naturel nécessaire à leur survie.

- Ce qu’on appelle « la gauche » aujourd’hui a pour rôle de contester ce modèle fondé sur l’accumulation aveugle et privée, sur la réduction de l’humain à un consommateur égoïste et aveugle, sur le primat de la valeur d’échange sur la valeur d’usage. Sa responsabilité est de créer un rapport de forces contre le diktat des marchés, de faire émerger des chemins pour vivre autrement que sous cette férule. Les membres de CASA NOVA ne se satisfont pas d’un monde confisqué par les oligarchies, insupportablement inégalitaire, traversé de dominations et d’offenses, et considèrent que les modalités d’organisation de la société capitaliste sont injustes, dangereuses, et n’ont rien de fatales.

- Ainsi les membres de CASA NOVA ne sauraient approuver les orientations actuelles de l’Union Européenne, et des gauches gouvernementales actuellement au pouvoir dans l’Union, qui s’inscrivent dans le déploiement des politiques néolibérales de marchandisation des sociétés et de déchainement de la concurrence de tous contre tous. Au moment de sa création, à l’été 2014, a été reconnue comme position politique structurante l’opposition à la politique libérale menée par le gouvernement Manuel Valls.

Le fonctionnement de CASA NOVA

CASA NOVA est un projet politique. Il se veut une expérimentation égalitaire, tentant de dépasser autant que possible les impasses frustrantes des fonctionnements classiques des collectifs de gauche. Ainsi, être à CASA NOVA implique :

- de ne pas croire que la fin justifie les moyens, mais d’avoir conscience que les moyens utilisés dessinent les fins. Ainsi le fonctionnement d’un groupe progressiste doit préfigurer la société qui est entrevue.

- CASA NOVA est un projet indépendant. Il n’est pas une arène ou se rencontrent des groupes préconçus, mais des citoyen-es, afin de s’affronter ou de passer des compromis collectifs. Il n’est pas un collectif unitaire, mais un collectif de citoyen-es.

- CASA NOVA n’est un outil au service de personne. Mais CASA NOVA ne s’interdit aucune décision pour son avenir, en matière de positionnement par rapport aux enjeux politiques, à partir du moment où la démocratie interne est seule aux commandes.

- CASA NOVA respecte les affiliations diverses de ses membres, quelles qu’elles soient, à partir du moment où elles ne sont pas contradictoires avec les principes de cette charte.

- Ainsi chaque membre de CASA NOVA, dans le cadre du groupe, respecte les positions et les choix de chacun-e, ne lui demande pas de justifier ou d’auto-critiquer son passé ou ses choix présents. L’invention de l’inédit suppose de ne pas s’en tenir aux positionnements figés.

Faire avant d’être

- Pariant sur une mutation profonde des forces qui contestent la société de marché, CASA NOVA considère que le travail idéologique et l’action sont des préalables à ces évolutions. Apprendre à vivre ensemble, c’est une nécessité pour un jour, peut-être, recréer des identités politiques plus larges et plus mobilisatrices.

- CASA NOVA est ainsi un groupe de travail et d’action. Avant tout. Un lieu de production. Le débat y a sa part, mais dans l’optique de la production d’idées et d’initiatives.

- Intégrer CASA NOVA c’est donc d’emblée s’engager à réaliser, à produire, à participer à des réalisations intellectuelles, formelles, techniques, pratiques.

- CASA NOVA refuse le modèle de la division entre groupe dirigeant isolé dans la conception, et « auditoire » adonné au débat périodique. Il se définit comme une SCOP de production politique.

- Le principe de travail de CASA NOVA est collaboratif. Il refuse autant que possible le formalisme bureaucratique. Il se concentre sur les contenus. Il refuse la division entre « sachants » et « apprenants » dans le domaine des idées politiques où aucune vérité ne saurait être préemptée, mais où tout relève des choix.

Aspects concrets de la contribution à CASA NOVA

Rejoindre CNTM se concrétise par une adhésion assortie d’une cotisation annuelle dont le montant est libre.

Le travail de CASA NOVA s’organise en deux cercles, de manière à permettre des niveaux d’investissement différents, qui peuvent évoluer dans le temps.

- Le point de de départ de CNTM étant la production d’une culture progressiste nouvelle, un cercle de contributeurs fonctionne de manière coopérative. Pour l’intégrer il faut proposer une contribution. Elle entre alors en processus d’amendement via l’outil frapamad. Cinq accords sont nécessaires pour que le texte soit diffusé. Ce cercle est un lieu de travail, et non de commentaire. La règle du jeu est « pas de jugement général, des amendements et des propositions ».

- L’autre cercle est la communauté de tous les adhérents, certains ne souhaitant pas, ou pas encore, intégrer la production idéologique diffusable. Ce cercle débat, échange des informations, des idées, organise des initiatives politiques.

Tout adhérent peut proposer une contribution au cercle de production et ainsi demander à l’intégrer durablement. Il est aussi possible de proposer des contributions ponctuelles sans s’engager durablement dans le cercle de travail.

Une AG mensuelle est ouverte aux adhérents. Elle est un lieu de débat politique de fond. Le bureau de l’association la prépare.

CASA NOVA organise des moments publics, ainsi que des formations qui sont des moments propices à notre élargissement.

Devenir membre de Casa Nova Toulouse Métropole

Notre appel public

Rejoindre Casa Nova Toulouse Metropole

Notre appel pour rebâtir un commun à gauche par-delà les « vieilles maisons »

Léon Blum voulut garder la « vieille maison » en son temps. Il est désormais besoin d’en rebâtir, avec de nouveaux matériaux. Depuis cet été, le collectif CASA NOVA Toulouse Métropole, qui compte à ce jour une trentaine de membres rassemblés de gré à gré, s’y est attaché, par un regroupement inédit, par les idées et leur diffusion sur les réseaux sociaux.

Plus que las devant les courses à l’échalote vaines, qui tiennent lieu pour beaucoup d’ »action politique », nous voulons apporter une pierre à la refondation du programme de transformation sociale et de ses formes, aujourd’hui inaudibles et inopérantes. Nous voulons y contribuer ici et maintenant, en écho avec mille et cent foyers locaux, nationaux, transnationaux. Sans attendre, car à regarder la situation politique, il sera bientôt minuit dans le siècle.

Nous appelons aujourd’hui les bonnes volontés à nous rejoindre, sans autre exclusive que de partager un essentiel en patrimoine. Groggy, la gauche doit tout reconsidérer : ses fondements idéologiques, ses stratégies, ses formes, son rapport au politique (ce mot même étant à redécouvrir), son langage. Mais nous voulons, ensemble, partir de quelques jalons communs.

Ce qui nous rassemble

Ce qui nous rassemble, c’est ce constat d’urgence politique, et quelques postulats majeurs :

  • La nécessité de combattre le libéralisme, y compris dans sa version dite sociale libérale, incarnée par le pseudo « socialisme de l’offre ».
  •  Expérimenter dès à présent un nouveau rapport au politique, fondé sur la délibération, l’exigence de la pensée, la coopération active, l’horizontalité des rapports sociaux, le refus des cristallisations autoritaires ou bureaucratiques.
  • Tirer les conclusions de la bifurcation écologique vitale, pour organiser différemment notre société.
  •  Considérer la gauche comme la convergence des causes de l’égalité et de la liberté non formelle.

Ce qui nous rassemble c’est aussi la volonté d’agir concrètement sur notre territoire, la métropole toulousaine.

Notre objectif tangible, fédérateur, est la reconquête progressiste de la métropole toulousaine. Elle ne sera possible que si la gauche locale se refonde. Nous pensons que le chantier est immense, d’où la nécessité de l’initier tout de suite. Mais parler et agir ici, c’est savoir que la ville est carrefour du monde. Tout ce que nous soulevons touche au vaste bouleversement de la politique en cours.

Agissons ensemble

L’originalité de CASA NOVA c’est d’accepter et de respecter les appartenances de chacun (ou leur désintérêt pour les partis). C’est de faire préfiguration de maisons communes. Faire avant d’être. Et créer les conditions par le travail commun, réel.

Cessons de déplorer, de consommer de l’ »offre politique » éternellement prémâchée. La politique c’est le fluide entre les citoyens. C’est nous qui le produisons. Chacun de nous.

Si vous partagez ces convictions, si vous êtes en accord avec cette vision d’une société coopérative de production politique, dépassant les scissions de la salle et de la tribune, de la conception et de l’exécution, du tribun et de l’applaudissement, du « Big Man » et de sa clientèle, alors rejoignez notre collectif !

Vous y agirez, tout de suite. Nous sommes des coproductrices et des coproducteurs, à égalité, nous voulons vivre la politique que nous prônons. Notre CHARTE d’adhésion, consultable sur notre site, est la définition de ce qui nous lie.

Si vous ne pouvez pas participer directement à nos travaux, vous pouvez également nous contacter pour nous soutenir en adhérant à l’association que nous avons créée. Nos assemblées générales mensuelles et nos sessions de formation transverses et thématiques vous seront ouvertes.

Simples membres sympathisants, ambassadrices et ambassadeurs convaincu-es partout où vous le jugerez utile ou futur-es contributeurs et contributrices, vous déciderez de ce que vous souhaitez y devenir.

Commençons à poser les briques de ce que nous pensons. Il est plus que temps.

Signataires-casa-nova-toulouse-metropole

CASA NOVA organise sa première manifestation publique le

jeudi 11 decembre de 19h à 21h à l’Utopia de Toulouse,

autour de la démocratie nouvelle à venir, en présence

d’Albert Ogien, 

penseur important du politique,

et d’intervenants témoignant d’expériences originales.
Participation libre -

 

L'échec de la politique de la ville de la gauche toulousaine à Toulouse par Casa Nova Toulouse Metropole

Quelques réflexions sur l’échec de la politique de la ville de la gauche municipale

La défaite de la gauche aux municipales, à Toulouse, a été particulièrement cinglante dans les quartiers populaires, à travers une abstention époustouflante.

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A l’écoute de Christophe Suquet, enseignant à Empalot

Mercredi 12 novembre, des enseignant-es et des parents d’élèves d’Empalot ont organisé une marche pour demander le maintien des écoles du quartier en « Réseau Education Prioritaire ».
Nous avons souhaité en savoir plus et avons interrogé Christophe Suquet, enseignant d’Empalot syndiqué SUD Education, en lutte pour le maintien des écoles du quartier en Réseau Education Prioritaire.

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novlangue-casanova-toulouse-metropole

Cours de novlangue : les « publics empêchés »

Si la gauche perd, c’est aussi qu’elle nie. Elle est dans le déni. L’actualité en fournit une avalanche d’exemples, pas besoin de chercher longtemps… Ainsi le chômage n’augmente pas quand il augmente, mais il faut se féliciter car la décrue de la hausse a commencé pendant un mois.
Comment attendre la moindre compréhension de la part des concerné-es, dont les souffrances sont niées par ce langage ?
 
Dans les collectivités locales progressistes, une drôle d’alliance langagière se noue entre les élu-es et la technocratie. Autour de l’euphémisation. Il est ainsi très mal vu d’appeler un chat un chat. Au prétexte des bonnes manières et du respect, la dilution lexicale de la brutalité des rapports sociaux est de règle. Lisez donc un schéma, un plan, ou même votre magazine municipal. Tout va bien. Tout le monde est heureux de travailler. La ville est colorée et la modération l’emporte dans les esprits. La ville se régalerait, disent les communicant-es, d’un beau miroir d’elle-même. Le Toulousain et la Toulousaine, dans les mini clips de campagne , apparaissaient comme détendu-es, jeune vivant en ville, travaillant agréablement au café, jetant un œil sur le dôme de la Grave. 
Bref, tout, sauf ce que ne vit pas la majorité des toulousain-es. Comment s’étonner de leur abstention massive ? Puisque le monde public exprime son indifférence à leur égard.
Les petits fonctionnaires suivent, bien obligé-es, ironiques pour la plupart, et se plient à ce style interne et externe. Ceux-celles qui n’ont pas de distance intime envers ces discours sont inquiétant-es… Ils-Elles adhèrent à une représentation du réel plus ou moins consciemment faussée. Or un conducteur qui conduit la nuit avec une cagoule risque un accident frontal.
Pour la technocratie plus élevée, on euphémise pour justifier le statu quo. Tout va bien, ne nous affolons pas. L’euphémisme renvoyé au politique entre dans un rapport de forces : ne soyez pas inquiet-es, ça tourne, laissez donc faire. Dormez.
Évidemment, ce sont des tendances, et pas une généralité. Mais lisez, écoutez. Assistez aux réunions publiques. Ou regardez les sketches délicieux de Franck Lepage qui se moque de cette novlangue aseptisée.
Récemment, dans la culture et le social, une expression particulièrement caractéristique de cette fonction conservatrice du langage est apparue :

 » Les publics empêchés »

 
Ce sont des publics que des éléments objectifs empêchent d’accéder à certains services, particulièrement à la culture. 
Ce ne sont pas des pauvres donc. Ni des handicapé-es souffrant de l’inaccessibilité. Ni des privé-es de culture. Ni des exclu-es, même (l’exclusion suppose qu’il y ait quelqu’un qui exclut ou quelque part dont on est exclu. Trop franc comme expression….)
Ce sont ainsi des « empêchés ».
L’expression est révélatrice de tout un monde public qui se recroqueville, refusant de prendre la mesure de la violence de l’exclusion et des inégalités.  
Si on ‘est empêché », c’est qu’il y a des obstacles. Mais sous prétexte de respect on pratique un hygiénisme du réel. On enlève le souffre qui pourrait s’échapper d’une analyse lucide, grave, acérée des causes de cet ‘empêchement »… 
Tout comme celui qui refuse une invitation prétexte courtoisement … « Un empêchement »…
Comment alors ne pas comprendre que les concerné-es n’écoutent plus, ne viennent pas « participer », fuient la démocratie, ou adhèrent au faux parler vrai de l’extrême droite. Leur fureur devant les difficultés du monde est niée par les décideurs et leurs experts. Le décalage flagrant entre langage officiel et réalité vécue discrédite la politique, et l’action publique. Ce n’en est pas la seule cause, mais c’en est l’expression permanente. Du « blabla » comprend t-on. 
Il y a donc une reforme du langage à opérer pour changer la société. Elle passe notamment par la reconnaissance. Celle de la dureté du réel. On souffre, on est pauvre, on est exclu, on vit dans des immeubles en mauvais état, à la réputation calamiteuse, où s’entassent les personnes en difficulté. On est pas seulement prompt à s’exprimer certaines attentes ou inquiétudes » mais on est très énervé.
Qui se livrerait à une analyse comparative entre le courrier des citoyen-nes à leurs édiles, et la communication officielle, ainsi que le langage administratif, se pencherait sur un gouffre béant. La censure et surtout l’auto censure traquent irrésistiblement tout ce qui exprime la colère, le ras le bol, l’exaspération. Or elles existent. Les automobilistes bloqué-es sur la rocade le vendredi soir n’ont pas des « interrogations », ils sont furax, tout simplement. Ne pas faire remonter cette fureur, c’est pousser peu à peu les politiques dans l’illusion, ce qui sans doute participe de leur stupeur lorsqu’ils-elles perdent, croyant que tout allait bien. On sait qu’au plus haut niveau de la décision, le réel est masqué par un halo de « cour ». La cour donne au numéro un ce qu’il veut : être rassuré (voir a contrario notre « tentative de portrait de l’élu idéal »). Cela relève aussi de l’auto persuasion, certes, à tous les niveaux. 
Ce phénomène de cour, qui isole et déforme, filtre dangereusement, montre que le modèle de pouvoir personnel qui règne dans les collectivités, transposé de la cinquième république, est profondément nocif. 
Appelons les choses par leur nom. A Toulouse il y a aussi de la pauvreté, de la misère, des injustices et des inégalités, des vieilles personnes abandonnées à elles-mêmes, des toxicomanes, des jeunes en voie de marginalisation, une béance entre une Toulouse ultra moderne, en pointe, mondialisée et dynamique, et une Toulouse qui morfle : précaire, mal logée, fatiguée psychiquement, tentée par la haine, désabusée, ayant déserté l’espace public car n’y trouvant aucune solution. Les discours policés et optimistes de préau ne pourront pas combler ces ravines. Ils ne font que les exaspérer.
Pour que les décideurs, les acteurs-actrices divers-es, adoptent la mesure de la gravité des crises qui agitent notre société, nos villes, encore faut il cesser de la nier par tous les moyens.
Une gauche doit parler de la réalité, la reconnaitre, et elle doit exiger des agents publics un discours de vérité. Non pas s’empêcher, mais se dépêcher.
Un « Toulouse infos » de gauche, ainsi, ne devrait nullement avoir la même tonalité qu’un magazine de droite conservateur. Les discours ne devraient pas tous se ressembler tout en s’opposant sur des chicaneries. La parole de gauche doit recommencer à bousculer. Non pas pour crier des imbécilités ou des poncifs. Mais pour que surgisse dans le débat public la perception du malaise profond et colérique des populations de notre temps.
Ecoquartiers La Cartoucherie version Moudenc par Casa Nova Toulouse Metropole

Eco-quartiers, un objet progressiste encore non identifié

L’écoquartier de la Cartoucherie a récemment fait l’actualité suite à la pose de la 1ère pierre le 26 septembre, une pose qui s’est couplée d’une annonce par Jean-Luc Lagleize (adjoint en charge des Opérations de développement urbanistique et Projets « Cœur de quartier – commerces de proximité) d’une volonté de la part de la majorité municipale de « [réfléchir] aux moyens d’augmenter le nombre de places de stationnement sans retarder la livraison des immeubles ». Cette annonce a suscité des réactions notamment de la part de ceux et celles qui ont œuvré à lancer cette démarche à Toulouse. 
            
Mais de quoi parlons-nous lorsque nous disons « écoquartier » ? Que dit cette démarche du projet urbain ? Quels sont les objectifs d’une telle démarche ? N’est-ce pas un nouvel outil de marketing territorial pour faire « écolo », pour montrer que l’on agit pour le développement durable ?
            
Aujourd’hui plus des 2/3 de la population européenne vit en ville. Sur le continent européen plus de 200 agglomérations urbaines comptent 200.000 habitant-es et regroupent environ 40% de la population. Les villes sont énergivores et produisent 70% des rejets de gaz à effet de serre. L’espace urbain ne peut donc s’exonérer de son rôle sur la dégradation de notre environnement. De plus, l’expansion de nos villes et l’accroissement démographique modifient radicalement les relations entre les territoires, les relations sociales. Une frange importante de la population ne peut plus se loger dans les grands centres urbains et s’excentrent, Toulouse et son agglomération n’échappant pas à ce phénomène.

D’excellentes questions sont posées par les écoquartiers             

             
Face à ces défis, les écoquartiers sont conçus comme de nouvelles constructions urbaines capables de répondre aux enjeux du développement durable à l’échelle territoriale du quartier. Imagination, expérimentation, innovation pour construire un nouveau rapport de la ville à la nature, pour le bien-être citadin, tout en prenant en compte la responsabilité des éléments urbains dans un contexte de dégradation écologique.
L’écologie est placée au cœur d’un projet urbain et cette démarche repense également les cohabitations entre loisirs, divertissement, travail. Un écoquartier favorise un  habitat de bonne qualité environnementale pour les classes moyennes et populaires. L’initiative est souvent citoyenne ou publique et vient donc réduire le poids croissant des promoteurs immobiliers. 
Un écoquartier :
  • Est un habitat dense, 
  • Est bien desservi par les transports en commun et les cheminements doux (piétons, cyclistes), 
  • Intègre la mixité sociale et fonctionnelle, 
  • Est conçu avec une bonne orientation et une bonne isolation des bâtiments, 
  • A le souci de l’accessibilité aux personnes à mobilité réduite, 
  • Recherche la sobriété énergétique et le recours à des énergies renouvelables, 
  • Propose des formes urbaines et des espaces publics de qualité,
  • Permet une valorisation et une gestion durable de l’eau, 
  • Intègre une gestion efficace des déchets, 
  • Promeut la participation de tous les habitant-es à la vie du quartier 
Voilà les grands axes d’un écoquartier. Nous avons là de véritables laboratoires d’écologie urbaine.              

Mais dans les faits, retrouve-t-on ces ambitions ? Le premier écoquartier a été initié par des citoyen-nes en 1993 à Fribourg-en-Brisgau en Allemagne : l’écoquartier Vauban. Cet écoquartier est régulièrement cité comme l’exemple à suivre par les défenseurs des écoquartiers en France. C’est une source d’inspiration même si nous l’avons dit: le copier-coller intégral ne peut exister dans de tels projets. Vauban a été construit sur une base militaire désaffectée. Ce quartier concentre aujourd’hui 5.500 habitant-es sur un espace de 38 hectares. Il est le terrain d’innombrables innovations écologiques. La place de l’automobile a été progressivement réduite pour laisser notamment la rue aux enfants. Ce quartier se veut un « quartier des courtes distances » et constitue un exemple écologique sans aucun doute. Un autre exemple d’écoquartier à l’initiative des habitant-es, celui de Eva-Lanxmeer, à Culembourg aux Pays-Bas.

Le risque du vert en ghetto ?             

            
Toutefois, plusieurs critiques légitimes émergent autour des écoquartiers. Vincent Renauld par exemple souligne que « l’homme [et la femme] durable[s] reproduisent ce que la philosophe Hannah Arendt appelle les «activités nécessaires à la récupération du travail» et à la «reproduction de la vie elle-même». En d’autres termes, il souligne que «  l’homme[et la femme] durables des écoquartiers [sont] pour l’essentiel occupé[-es] à des activités de travail, de divertissement et de loisirs aux accents champêtres et bucoliques. »              
            
La mixité sociale est un étendard fièrement porté par les démarches d’écoquartier…mais reste complexe à mettre en œuvre. Vauban (l’écoquartier allemand évoqué plus haut) échoue à créer cette mixité en regroupant essentiellement des classes moyennes, âgés de 30 à 50 ans. Le prix des logements à Vauban est bien supérieur à celui des autres quartiers de Fribourg. Ils sont de l’ordre de 2200-3500€/m2. Dans la Zac de Bonne à Grenoble, l’initiative n’est pas venue des habitant-es mais de la ville. Dans le cadre de cet écoquartier, la collectivité locale a exigé la présence de 35% de logements sociaux. L’initiative des habitant-es a donc ses limites : Celle de l’entre-soi reproduit consciemment ou inconsciemment. Celle d’un mode de vie univoque imposé aux autres et qui peut donc être excluant, provoquant une ségrégation sociale.             
Autre limite, celle du développement économique de la ville. Si nos voisins européens sont attachés à leurs commerces de proximité, la France montre le mauvais exemple. 70% des achats sont réalisés en périphérie, dans les grands groupes commerciaux. Les commerces implantés au cœur de l’ écoquartier n’ont donc qu’une faible chance de survie sur le long terme si politiquement le choix est fait de construire de nouvelles grandes surfaces.
            
Nous pouvons regretter en outre que de nombreux projets d’écoquartiers se résument à du marketing territorial sans autre ambition que de verdir un projet de ville : Un vernis pour rendre son territoire plus attrayant. Un vernis souvent coûteux au plan des investissements publics. Un vernis pour communiquer sur l’action de la collectivité en faveur de l’environnement mais qui lorsqu’on gratte montre l’absence d’un projet global.             

Penser ces quartiers comme des moteurs d’un changement             


Or un projet d’écoquartier doit s’intégrer dans un projet à l’échelle d’une ville dans une démarche systémique. Un écoquartier est un terrain d’expérimentation multiple, un levier mais non pas une finalité. Des réussites, des échecs d’un écoquartier doivent naître DES projets urbains de ville durable…mais les écoquartiers ne peuvent être LE projet de ville durable.  Ces démarches qui visent à insuffler sur un espace une participation citoyenne pour définir les mixités, les modes de déplacements et de partage de l’espace, le type d’habitat doivent être généralisées. Mais, dans le cadre d’une réflexion globale et transversale intégrant les enjeux sociaux, économiques à l’échelle de toute la ville.comme on peut  le voir à  Copenhague 
                      
Ainsi on peut se demander si un écoquartier, comme à la Cartoucherie, est forcément propice à des quartiers neufs sortant de terre, ou les habitant-es ne sont pas là, et ne participent pas d’une mutation qu’ils-elles découvriront en bloc en arrivant. Si ces projets insistent sur la démocratie, il est paradoxal en effet qu’ils ne soient conçus que par des urbanistes et des élu-e-s. Une piste de réflexion pour sortir de cette impasse : Peut-être l’écoquartier pourrait-il incarner plus raisonnablement l’avenir de quartiers délaissés ? Réhabiliter et donner une nouvelle vie à un quartier existant est encore de qu’on fait de plus durable dans les villes.
            
Enfin, les écoquartiers doivent se concentrer sur les ruptures écologiques, et non sur une série de gadgets communicationnels, qui pourraient être vécus comme des contraintes fastidieuses pour les usager-es et habitant-es. Ces spécificités ne doivent pas fermer le quartier aux autres citoyen-nes, et se présenter comme des ilots verts incompréhensibles et sans portée. Les leçons doivent être reproductibles, de manière à ne pas générer des inégalités nouvelles. Elles doivent faire sens. L’exemplarité ne saurait être confondue avec la réservation du vert.             
            
En bref, le nom d’écoquartier est bien loin d’en épuiser le contenu. Pour le moment, les projets d’écoquartiers en France ne suscitent pas un engouement évident dans la population, et sans doute les ambivalences ici repérées y sont pour quelque chose, mais il n’est pas trop tard de se poser la question d’un mode de construction pour une meilleure qualité de vie.
            
En tout cas… Pour les conservateurs au Capitole, il n’y a pas d’ambiguïté….Voiture, carbone, embouteillages pour tout le monde !