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Quand la finance veut se faire un grec

Il y a six mois, Alexis Tsipras et SYRIZA remportaient les élections législatives grecques sur un programme sans ambiguïté : la fin de l’austérité. Parce que SYRIZA n’avait obtenu qu’une majorité relative – et de très peu – certains en Europe avaient osé affirmer que son projet politique n’était pas légitime. Puis, après qu’une majorité se soit dessinée, les mêmes avaient annoncé que les accords passés par SYRIZA et les compromis qu’elle avait dû faire marquaient déjà la fin de son projet.
Puisque Tsipras et Varoufakis ont démontré ne pas vouloir plier, on a alors nié aux Grecs d’aujourd’hui la légitimité de refuser de faire payer les Grecs de demain pour les fautes des Grecs d’hier : irresponsables fiscaux, banques et gouvernements successifs confondus. Prosaïquement, ce qu’on demande, c’est que l’instituteur grec retraité paye aujourd’hui parce que son pays n’a pas voulu, par le passé, faire payer des impôts à Aristote Onassis.

Ce que les prétendues institutions démocratiques de notre Europe veulent, c’est faire payer à des individus les fautes d’un système. La situation grecque aujourd’hui, c’est avant tout l’affrontement de deux légitimités : celle de ceux qui sont élus face à celle de ceux qui ont le fric.

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le couple Arribagé Platini accouche d’un monstre, les toulousains se coltinent le bébé !

On le sait, la publicité et le sport-spectacle font bon ménage. L’Euro 2016, grand-messe footballistique s’il en est, sera une manifestation criante de ce travestissement d’un noble loisir en machine à fric. S’il était déjà établi que la « mise à niveau » des équipements sportifs utilisés par l’Euro se ferait avec l’argent des contribuables, si nul n’ignorait plus que l’UEFA n’était tenue à aucune contrepartie financière envers les villes qui accueilleront les matches, on pouvait encore jusqu’ici se bercer d’illusions en espérant que Platoche et ses amis confineraient dans le Stadium les plus vulgaires manifestations de cette triste réalité : l’Euro, ce n’est plus du sport, c’est un spot publicitaire géant pour Coca Cola, Adidas et McDonald’s (1).

D’ailleurs, jusqu’ici, seuls les pigeons (qui ne peuvent pas tout garder pour le costume présidentiel) se laissaient aller à déposer leurs fientes sur nos briques classées aux monuments historiques. Certes, la mairie de Toulouse nous avait habitués à transformer la façade du Capitole en panneau d’affichage pour vanter les mérites des célébrités locales (marchand d’avions, économiste libéral, entraîneur retraité du Stade Toulousain…), mais toujours dans ce que l’on voulait être un grand élan spontané de ferveur populaire. Jusqu’ici, la publicité dégoulinait donc exclusivement sur les enseignes des commerces de la place du Capitole.

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TET ou t’es ?

Ou comment le rapport Duron et la loi Macron organisent la mort des trains InterCités. Au profit du TGV, des futurs opérateurs privés du ferroviaire et des autocaristes. Au détriment des usagers et de l’aménagement du territoire.

Le 26 mai dernier, le rapport de la Commission « TET d’avenir » (Trains d’Équilibre du Territoire plus communément nommés par leur désignation commerciale : InterCités) a été rendu public. Les TET sont des trains « grandes lignes » connus historiquement comme les Trains « Corail ».

Les TET regroupent 30 lignes avec :
- Des liaisons entre les grandes villes non reliées par le TGV,
- Des liaisons interrégionales pour désenclaver les territoires,
- Un service pour les déplacements pendulaires dans le bassin parisien.

A partir d’un constat partagé par la plupart des acteurs et actrices du ferroviaire (usager-es, personnels de la SNCF, élu-es locaux et nationaux, etc.), ce document préconise des réponses dont l’objectif  est clair : seules les lignes rentables resteront en TET, en prévision de l’ouverture à la concurrence (qui a si bien réussi aux dépenses d’électricité des consommateurs, avec une hausse de 49% des prix en 7 ans…), pendant que les lignes qui nécessitent de lourds investissements seront transférées aux Régions.

Le 4ème paquet ferroviaire* qui entrera en vigueur en 2019 plane au-dessus de ce rapport, il est même présent très explicitement dans le propos introductif du Président de cette Commission Philippe Duron.

A quoi assiste-t-on ? Aux prémices d’une privatisation des bénéfices, pendant que le public prend en charge les coûts.

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Prison Saint-Michel : double langage, dissimulations et déni de démocratie

… ou comment la Ville et l’État s’acoquinent pour abuser les habitant-es du quartier Saint Michel.

Depuis plus de 15 ans, le futur de la prison Saint-Michel pose question. Si son avenir reste incertain, deux faits sont établis que Casa Nova rappellera ici :
- 4 maires successifs ont reculé devant les dépenses induites par la création d’un équipement public sur le site de la prison.
- L’État, sous différentes incarnations, n’a d’autre projet que d’essayer de tirer un maximum d’argent de la vente de la prison, faisant passer au second plan les besoins des habitants du quartier, et la valeur patrimoniale (entendre culturelle et historique) de la prison Saint-Michel.

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Faut-il en finir avec la République?

Comme l’indique sa charte, « Casa Nova s’inscrit dans la conviction de l’obsolescence mortifère de la Vème République, et de tout ce qu’elle induit d’asphyxie pour la vie politique de notre pays. Casa Nova considère que les exigences du siècle requièrent une profonde remise en cause de la conception du rôle de la politique dans les sociétés contemporaines ».
Si nous avons, pour notre première année, consacré la majeure part de nos réflexions à des sujets de politique locale, nous ouvrons ici un cycle de parutions dédiées à des sujets de portée nationale, en commençant par la question de l’organisation politique de notre pays.
Nous n’aurons pas la prétention de livrer une constitution alternative clé-en-main, nous souhaitons néanmoins participer sans fausses pudeurs à une nécessaire réflexion.

Aujourd’hui, épisode 1 :

Faut-il en finir avec la République?

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