reynié à tout prix

renier pour régner…

Reynié à tout prix  ou se renier pour régner ?

Dominique Reynié, candidat de la droite aux Régionales Midi Pyrénées Languedoc Roussillon, vient de s’exprimer sur sa vision des transports à Toulouse. Un seul mot : consternant !
« Indéniablement, la voiture est le moyen de transport privilégié de nos concitoyens pour leurs trajets quotidiens. Elle représente 60% des déplacements et 74% des déplacements domicile-travail ! Et pourtant, les équipes socialistes sortantes ont décidé pendant des années de tout miser sur le rail, qui concerne à peine 7% des déplacements domicile-travail. La congestion est telle que d’après le rapport du CAS, il faut évaluer à 8,5 € le coût du temps perdu chaque jour dans les bouchons par ces automobilistes. Dans le même temps,des villes importantes de la Région restent enclavées comme Auch ou Castres. La qualité des routes se dégrade. » 
Mr Reynié, enseignant à Sciences Po, a publié en 2011 un livre intitulé « Populismes : la pente fatale ». Avant son engagement en politique il fréquentait assidûment les débats et les plateaux télé, et si on ne partageait pas ses idées, ses analyses et ses explications étaient généralement sensées et respectables.
Mais que lui arrive t-il alors ?
Est-ce son engagement politique qui l’amène à empiler le populisme et la mauvaise foi?
Car c’est une escroquerie intellectuelle de laisser entendre que plus de 75% des déplacements domicile-travail représentent un choix des habitant-es et des travailleurs.Les gens sont dans les voitures, et donc dans les bouchons, car ils n’ont pas le choix et souvent ne peuvent utiliser que ce moyen de déplacement faute d’alternatives viables. Il y a peut-être parmi eux et elles des accros ou des amoureux de la bagnole mais la plupart sont là car ils n’ont pas d’autres possibilité.
Et les équipes socialistes antérieures, qu’elles soient de sensibilité libérale,écologiste, ou de gauche radicale, avaient simplement intégré la réalité : pour que ceux qui veulent ou doivent circuler en voiture puissent le faire, il faut développer des modes de déplacements alternatifs que tous les autres pourront utiliser.
 C’est à partir de ce constat basique qu’un effort avait été engagé pour que Toulouse, qui est une des grandes villes Françaises les plus mal dotée en transports en commun, comble son handicap.

Et si le rail (métro, tram, train) ne concerne hélas que 7% des déplacements c’est parce que bien évidemment il y a peu et pas assez d’équipements de ce type pour que les gens les utilisent.

De plus, laisser croire que c’est en multipliant les routes et les autoroutes que les voitures circuleront mieux est un raccourci mensonger que véhicule le lobby pétrolier et que les majors du BTP  utilisent depuis si longtemps. En effet, rajouter du goudron, des voies ne réduit pas les bouchons. Les rocades et les autoroutes périurbaines,c’est comme les placards dans une maison, on peut en rajouter, ils sont toujours pleins ! 
Et ne parlons pas des coûts et des délais de réalisation.
Enfin, la santé des populations urbaines est largement impactée par la pollution,car comme le souligne le PPA (plan de prévention de l’atmosphère),dont l’enquête publique est en cours, la source principale de pollution dans l’agglomération toulousaine provient du trafic routier: la réduction de la circulation automobile est aussi une nécessité de santé publique.
Plus précisément, pour Toulouse et l’agglomération, la problématique centrale est celle de la réduction de l’oxyde d’azote due au trafic routier, dont la valeur limite annuelle est régulièrement dépassée depuis 2009. La France fait l’objet de demandes d’informations de la part de la commission européenne concernant le non-respect des valeurs limites de concentration en dioxyde d’azote. Toulouse est une des zones du territoire français visée par cette procédure de ‘précontentieux’. Cette état de fait est plusieurs fois mentionné par les collectivités ayant émis un avis sur la PPA de Toulouse Métropole.
Alors qu’est ce qui fait que l’homme Dominique Reynié qui paraissait sensé, voire intelligent avant son engagement en politique, et qui connait tous ces sujets, profère de telles stupidités ?
Nous aurions pu entendre les prises de position pour sécuriser certains axes routiers comme par exemple la RN21 entre Toulouse-Castres:sécurisation plus urgente que la construction d’une autoroute à péage. Mais non, le candidat de la droite a fait le choix de la tactique politicienne : un exemple édifiant de ce que devient « la politique » quand elle supplante « le politique ». Nous pouvons aussi aisément imaginer que Monsieur Reynié se sente redevable du soutien que le Maire de Toulouse lui a apporté lors de la désignation de la tête de liste régionale. 
Casa Nova vous invite à regarder la photo de presse qui met en scène Jean Luc Moudenc et Dominique Reynié, et à imaginer les « vrais-faux » échanges entre l’impétrant politicien et le vieux briscard : il fait beau, un léger vent d’autan agite les quelques feuilles qui s’accrochent encore aux platanes du canal, les deux hommes sont seuls et devisent loin des micros en toute tranquillité, mais une petite feuille de platane s’immisce subrepticement entre eux.DSC_0656-630x0
Imaginons ce qu’elle pourrait entendre :
Reynié :Mais enfin Jean Luc, la deuxième rocade que tu as promise, c’est moi qui vais me la coltiner à la Région ? Tu vas me demander de la co-financer ?
Moudenc:Ne t’inquiète pas Dominique, tu peux la promettre : le temps d’étudier, de trouver un tracé, de produire des études d’impact,de chercher des financements,de consulter les diverses instances et administrations, d’effectuer les concertations des publics et des territoires du temps va passer, d’ici là tu auras le temps d’être réélu, ou rebattu, au moins 3 fois !
R: Ah d’accord,mais la circulation à Toulouse, ça ne peut se résoudre que par une installation prioritaire des transports en commun et des modes doux, et ça tout le monde le sait.
M:Bien sûr, mais si je fais ça, je risque de ne pas être réélu car les travaux sont assez lourds et pénalisants et les bénéfices ne seront pas perçus dans mon mandat.
R:Mais alors on fait quoi ?
M:Ben on laisse croire qu’on peut faire des transports en commun qui n’impactent pas la voiture : par exemple le métro.
R: Oui mais c’est cher et très long à réaliser!
M: Justement, tout est là : le temps qu’on étudie, qu’on trouve le bon tracé,qu’on mette d’accord les diverses assemblées, j’en serai à la fin de mon second mandat. Je promettrai alors la réalisation de mon métro pour mon second mandat et toujours ma seconde rocade. 
R:Oui mais il faut bien que tu fasses quelque chose pour les Transports en Commun dès maintenant.
M:Heu, oui, je leur fait du Linéo. Enfin pas du vrai qui aurait son couloir de circulation tout au long du trajet. Là je fais du « Lattinéo » c’est du bus qui roule au milieu des bagnoles, avec une ligne en site propre là ou il n’y a pas de problèmes et une rupture du site propre avant chaque carrefour ou feu rouge pour stocker les voitures afin que le bouchon paraisse moins long: je suis d’ailleurs en train d’en faire installer une sur le Boulevard du Maréchal Juin qui passe devant le Conseil Régional.C’est pas cher la peinture, comme pour les pistes cyclables.
R:Mais ça marchera pas !
M: Oui mais ça le temps qu’ils le réalisent, je serai réélu… après on verra bien.
R: Je suis pas très convaincu intellectuellement.
M:Ha mais c’est le métier : soit tu fais comme Cohen et tu te lances dans des solutions certes durables mais dans un premier temps assez pénalisantes et tu n’est pas réélu surtout quand tu ne prends pas la peine d’expliquer, de rencontrer les habitant-es en dehors des réunions de secteur ; ou tu promets ce que les gens veulent entendre, tout et son contraire, et tu es élu comme moi.
R:Mais après ?
M:Ben après tu fais rien, ou le moins possible et tu as tiré 2 mandats, c’est déjà pas mal.Et puis, tu as toujours l’État sur qui taper ou les autres collectivités que tu peux accuser de bloquer tes projets.
R: Bon c’est imparable ton truc, mais pas très honnête intellectuellement
M: Dis toi que le premier devoir d’un élu, c’est d’être réélu, et tu verras ça passe beaucoup mieux .
R:D’accord s’il faut en passer par là, mais pour la LGV, on fait quoi, parce que là aussi c’est infinançable, déjà qu’on a du mal à entretenir le réseau existant .
M:Et bien dis toi aussi que derrière nous il y a les majors du BTP, et que Bouygues, Eiffage, Vinci et compagnie, sont beaucoup plus forts que tous les élus Métropolitains ou Régionaux : donc là c’est eux qui vont décider, nous on suit et on porte le bébé qu’ils nous préparent avec un beau partenariat public privé en prévision. Mais moi j’aime bien aider les grands groupes privés.
La petite feuille emportée par le vent n’en entendra pas plus … mais elle aura compris que sous des airs de matamores ou de conquérants, les élu-es libéraux ne sont en fait que les vassaux et les porte valises des puissances financières, et que si les citoyen-nes que nous sommes ne font pas front, alors les politicien-nes sont nu-es face aux financiers.
Sans l’exigence et la volonté citoyenne « le » politique n’existe plus et « la » politique s’étale dans tout ce qu’elle a de plus vil et de détestable faisant le lit des extrêmes.
Non l’engagement en politique ne rend pas idiot et « le politique » que promeut Casa Nova qui permet d’élever l’esprit est le limitateur du cynisme tactique de l’indispensable politique, comme le Jiminy Criquet de Pinocchio.
Nous prendrons donc notre part dans le débat des élections régionales. Mais pas à la manière de Dominique Reynié venu à Toulouse pour soutenir des projets toulousains. Nous reviendrons plus en détail sur le contenu des propositions de chaque liste en présence.