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Prison St Michel: quand l’ABF dérape!

Des nouvelles de la prison St Michel.

Vendredi 25 mars l’inauguration de la salle St Michel, riveraine de la prison, a pendant quelques instants donné l’illusion aux invités que les choses avançaient favorablement pour l’avenir du site de la prison.
Il restait bien un sentiment de flou après le discours du Maire qui déclarait en début de prise de parole qu’il n’était pas question pour lui de rééditer ce qui avait été fait à Lyon, à savoir des logement enchâssant« l’étoile protégée » de la prison, mettant à mal sa perception et sa place dans le quartier.vue-aérienne-des-2-projets-3
Reconversion des prisons Saint-Paul et Saint-Joseph à Lyon.
Le sentiment de flou restait encore de mise sur la faisabilité d’un auditorium à cet endroit, tant les résultats de l’étude, annoncés pour bientôt, traînent depuis le début du mandat.
En revanche le flou se transformait en brouillage lorsque dans la conclusion de son discours le Maire laissait entendre que l’état pourrait néanmoins valoriser son terrain en y construisant des logements: c’est à dire ce qui a été fait à Lyon, chose qu’il venait de dénoncer en début de propos !
Les auditeurs étaient perplexes !

Par ailleurs, les fuites et les « on dit » laissent entendre que la faisabilité de l’auditorium annoncé depuis l’élection de Jean Luc Moudenc à la Mairie de Toulouse se confirmerait, et si la réalisation d’un équipement totalement enterré ne fait plus illusion à personne, les experts pourraient proposer de creuser un peu (5 ou 6 mètres, à la limite de la nappe phréatique) et de construire une vingtaine de mètres en superstructure dans la partie arrière du terrain en supprimant au passage une des cinq branches de l’étoile … pas vraiment une révélation, plutôt une évidence, si la volonté d’édifier une cité de la musique à cet endroit restait de mise.

Le bon sens voudrait aussi que le prix de vente du terrain par l’État soit en rapport avec sa constructibilité donc moins élevé en cas de construction du seul équipement public: c’était le sens de la proposition des associations de quartier pour la modification du Plan Local d’Urbanisme en cours d’élaboration, proposition rejetée par la Mairie qui souhaite conserver au terrain une constructibilité plus importante .
Et c’est dans cette ambiance de flou lénifiant que les invités à l’inauguration de la salle St Michel se quittent à la veille de la trêve pascale.

Mais dès le lundi de pâques, 28 mars, « La Dépêche » nous pond un œuf surprise:

Une interview d’Eric Radovitch, Architecte des Bâtiments de France (A.B.F.), dans laquelle il évoque au delà de St Sernin, l’avenir de la prison St Michel.
Il énonce d’abord quelques évidences : « Dans le courant de l’été, nous aurons les conclusions de l’étude de faisabilité d’un auditorium enterré commandée à un cabinet spécialisé par l’État et la ville. Si cette étude dit que le projet est réalisable, la prison pourra être transformée en cité de la musique autour de cet auditorium. Si ce n’est pas faisable, il se fera ailleurs. »
Nous attendions alors , de la part de cet expert, des indications  sur l’intérêt architectural et urbain de la prison et sur le niveau de protection qu’il préconiserait: que nenni, celui ci s’exprime sur le montage et le financement de l’opération, qu’il assortit de considérations étonnantes de la part  d’un A.B.F. en exercice.
« Si le projet aboutit, ce pourrait être sur la forme d’une opération mixte privée publique. La création de 500 logements pourrait payer l’opération. Il vaut mieux que ce soient les futurs propriétaires qui payent, plutôt que vous et moi avec nos impôts. »
On s’étonne déjà que ce soit l’ A.B.F. qui dévoile dans la presse le secret de polichinelle relatif à la volonté de l’État de se tourner  vers  la promotion privée pour valoriser son terrain au sens financier du terme, on le pensait spécialiste dans la sauvegarde et la mise en valeur du patrimoine architectural et urbain mais là il nous dévoile une face inattendue de son savoir faire, car 500 logements c’est environ 30 000 m²  (soit, pour des bâtiments de 15m de large en R+4, plus de 400 mètres linéaires ) … comme à Lyon, voire pire, contrairement à ce que déclarait le Maire vendredi dernier.
A ses ambitions d’aménageur se rajoute celles de politicien quand il rajoute, comme s’il s’agissait d’une évidence : « Il vaut mieux que ce soient les futurs propriétaires qui payent, plutôt que vous et moi avec nos impôts. » rado NetBOn reste donc perplexe à la lecture de cette interview : si l’homme Eric Radovitch a toute latitude pour exprimer en privé ses points de vue néo libéraux, le Chef de Service, commis de l’État est incompétent sur le sujet tant au titre de son expertise qu’à celui de ses prérogatives limitées aux enjeux patrimoniaux, sur lesquels il reste d’ailleurs étrangement muet (voir : Rôle et missions des ABF). 
Par ailleurs les commentaires politico/financiers, qu’il  émet en public, outrepassent la retenue et la réserve que son poste requiert.
Aurait il absorbé un œuf de Pâques frelaté ou est il devenu le kamikaze du Préfet ?
Casa Nova n’a pas spécialement pour habitude de mettre en cause des fonctionnaires, mais quand ceux-ci sortent de leur rôle et de leurs prérogatives pour faire l’apologie du néolibéralisme, nous considérons que de tels débordements doivent être dénoncés.
Nous aurions préféré qu’au lieu de s’égarer en considérations d’économie politique étrangères à ses missions, Mr Radovitch concentre son énergie dans le cadre des ses prérogatives, en réagissant par exemple face au dispositif anti SDF illégalement installé au printemps dernier par le Crédit Agricole sur son agence de la rue Ozenne qui est un monument historique classé situé à 150 mètres des bureaux des A.B.F. à l’Hôtel Saint Jean .
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Protection de l’enfance:

Le Conseil Départemental se cache derrière des CRS pour voter à lunanimité une décision unanimement contestée.

Alors que le gouvernement et la majorité parlementaire s’enlisent dans leurs renoncements et ne tentent plus de surnager que par la duplicité ou la provocation, on voit ici et là (et notamment en Haute-Garonne) des responsables locaux du PS annoncer avec un courage mesuré et une molle détermination leur volonté de « peser » sur le virage libéral.
Ils se disent choqués par la forme (le 49.3 de la loi Macron) et sur le fond(la déchéance de nationalité, la loi ElKhomri...). Leurs électeurs aimeraient leur donner crédit pour ce sursaut« de gauche« .
Las, la pratique du pouvoir locapar ces mêmes socialistes vient tristement contredire leur affichage social et démocrateCette semaine, cest au Conseil départemental que ça se passe, avec une démonstration consternante: la rupture avec les vieilles pratiques verticales de linstitution nest pas si nette quannoncée.

Une décision politique bridée par la question des moyens

Les élus du département ont donc planché sur l’évolution, à budget constant, de la politique de protection de l’enfance et des familles.
Et cest dabord là que le bat blesse. Avec un budget extrêmement contraint, un changement dobjectif, de priorité, se fait forcément au détriment des actions en cours, des dispositifs existants. L’objectif, en l’occurrence, est louable. Il s’agit de créer, à destination de populations vulnérables, 430 places fixes d’hébergements en trois ans (dont 40 dès 2016).
La protection de l’enfance n’est pas une lubie des élus haut-garonnais, c’est une compétence majeure du Conseil départemental et cette création de places d’hébergement répond à une demande constante des travailleurs/travailleuses du social d’avoir des réponses pérennes à des besoins criants.
Ces 430 places ont un coût. Et pour les financer les conseillers départementaux ont choisi de couper les crédits alloués jusqualors à lhébergement ehôtel de mères célibataires et de leurs enfants de moins de trois ans, ainsi que de mineurs isolés .Pour offrir un toit à Pierre, on met donc Paul à la rue. Cest la réalité brutale dun changement de priorité politique.
Cest la conséquence douloureuse des orientations budgétaires et fiscales dune majorité parlementaire conduite pales socialistes et leurs alliés radicaux et écolos plus ou moins défroqués.

Un déficit démocratique ?

Nul ne songe ici à contester aux élus du Conseil départemental la légitimité de définir les orientations politiques et les actions financées et menées par l’institution. Les élus sont les élus, ils tranchent à la majorité les choix qui leurs sont offerts. Ils n’ont de comptes à rendre qu’à leur morale et à leurs électeurs.
Mais leurs décisions méritent d’être éclairées. Dans le cas qui nous occupe, ce ne sont certainement pas les enfants bénéficiaires des hébergements financés par le Département, ni leurs familles, qui peuvent sensibiliser et convaincre les élus sur le conséquences de leurs votes, ou qui peuvent construire un rapport de force pour peser sur les décisions.
Pour autant, doit-on vraiment attendre les prochaines élections départementales pour dire si une politique est contraire aux intérêts de la population et de sa part la plus fragile? Certes non.
Mais qui alors en l’occurrence s’est fait le porte-voix des usagers et des citoyens? Ce sont les travailleurs sociaux du Conseil départemental, ce sont les organisations syndicales.
Ces derniers nont pas vocation à co-gérer le département. Leur légitimité nest pas là
Mais les élus, sils nont pas à se soumettre à toutes les demandes des fonctionnaires chargés de mettre en œuvre la politique départementale, peuvent-ils et ont-ils intérêt à ne pas chercher l’éclairage que peuvent apporter les professionnels?

Les vieux réflexes ont la vie dure

Le déroulé du choix de la nouvelle orientation, de la communication de celle-ci aux agents concernés, puis du vote de l’assemblée départementale n’a laissé aucune place à la concertation.
Les chefs de services des Maisons Des Solidarités (MDS) ont été réunis mercredi 6 avril pour s’entendre annoncer l’objectif de création de places d’hébergement et la décision d’en terminer avec la prise en charge d’hébergements hôteliers. Plusieurs chefs de services ont alors alerté sur l’impact concret d’une telle mesure pour ces populations précaires, ainsi que pour leurs équipes (qu’on leur a demandé de ne pas informer de la décision).
Le lendemain, jeudi 7 avril, les syndicats ont été reçus pour la même annonce. Ce rendez vous était reporté à la demande des organisation syndicales qui pensaient quant à elles venir parler d’un audit sur la protection de l’enfance, audit évoqué récemment par les personnels et la structure départementale.Les responsables des syndicats majoritaires (SUD-CT, CGT, FO) ont pris connaissance avec stupéfaction d’une décision imposée sans prise en compte des conséquences (dégradation de la situation de populations très précarisées, tensions prévisibles pour les personnels en charge de ces publics).
Le vote de l’assemblée départementale est programmé au 12 avril.
Pas de concertation, pas d’écoute des préoccupations des agents légitimement inquiets tant pour les usagers que pour l’exercice de leurs missions, un secret imposé sur le projet jusqu’au jour du vote… Elles semblent loin les promesses des nouveaux élus de rompre avec le mode de gouvernance de Pierre Izard.

Syndicats et associations expriment leurs préoccupations sur le fond et leur désaccord sur la méthode

Les organisations syndicales,les chefs de services des structures et les personnels expliquent : « Les conséquences sont très simples : les jeunes mineurs nécessitant un placement seront mis en liste d’attente s’il n y a pas de place agrée par l’Aide Sociale à l’Enfance (ASE). Et en attendant ?…Les femmes avec enfants de moins de trois ans ne pourront plus bénéficier d’une prise en charge hôtelière. Le CD veut s’appuyer sur la possibilité de les orienter vers des partenaires extérieurs hypothétiques et/ou fantômes (associations). Quant à l’État, il a prouvé son inefficacité et son désengagement depuis des années.L’ambiance est garantie dans les salles d’attentes des MDS. En effet, ce sont bien les équipes de terrain qui devront accompagner ces usagers à la porte, mais en les rassurant… »
Plusieurs organisations (Syndicat des Avocats de France, Syndicat de la Magistrature,Ligue des Droits de l’Homme,Syndicat National des Personnels de l’Éducation et du Social de la Protection Judiciaire de la Jeunesse) interpellent : « Ceci ne peut autoriser la mise à la rue de mineurs isolés au mépris des décisions judiciaires dont ils bénéficient. En viendra-t-on à demander à la Justice le placement d’enfants en danger du fait de se retrouver à la rue avec leur mère ?Nous apportons notre soutien aux travailleurs sociaux du département dans leur refus de devoir mettre à la rue dans les mois qui viennent des centaines de personnes en précarité et aggraver ainsi un peu plus la misère sociale dans notre département. »

Manifestation du mardi 12 avril : les forces de l’ordre… et une caricature de réaction de l’instance départementale !

Mardi 12 avril ce sont donc plusieurs centaines de personnes qui se sont rassemblées devant le Conseil départemental qui procédait au vote sur ce sujet.Cette mobilisation s’est trouvée renforcée par une forte implication des travailleurs/travailleuses sociaux mais aussi des soutiens associatifs et des mobilisations encours comme Nuit Debout.
Le dialogue s’est résumé à un Hôtel du Département plus fermé que jamais et la présence de CRS.L’intersyndicale a écrit sur ce sujet « les 600 manifestant-e-s venus dire leur opposition au projet de délibération et leur soutien à ces personnes précaires ont été accueillis par des grilles fermées, des chaînes aux grilles et une compagnie complète de CRS, offrant un décorum jamais vu au Conseil départemental de Haute-Garonne ».
C’est à l’unanimité que l’assemblée départementale a entériné la décision.
Depuis, le Conseil départemental communique largement pour pointer « les dégradations et les violences », mais sans jamais évoquer sa propre responsabilité dans la situation : mesure imposée sans dialogue, absence d’écoute des personnels, provocations devant un mouvement social large. Il aurait décidé de déposer plusieurs plaintes qu’il serait sans doute plus raisonnable de retirer afin de ne pas ajouter à la colère que suscitent sa décision et son mode de discussion.
A Casa Nova, nous avions espéré un moment (juste un moment) qu’en s’inspirant des propositions que nous avions faites lors des élections départementales, le nouveau président du Département et son équipe avaient pris la mesure des dysfonctionnements passés.
Hélas,le naturel est revenu au galop, qui plus est sur les épaules des CRS.
Nous ne pouvons plus que constater amèrement que ce dossier a été engagé de la pire des manières: dans la défiance, la dissimulation et le refus du dialogue.
Nous soutenons l’aspiration à une écoute plus bienveillante,par les élus, de l’expertise des professionnels et des attentes des usagers. Nous invitons les élu-e-s du CD 31 à entendre ce qui s’exprime de la part de tant d’interlocuteurs : personnels, associations, citoyen-e-s.
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Et si on changeait la constitution ?

« Penser et agir » :

Dans sa première année d’existence Casa Nova s’est faite connaître par un travail de réflexion politique et d’écriture d’articles relatifs à l’actualité métropolitaine, régionale et nationale : le nombre et la qualité de nos lecteurs nous conforte dans la nécessité de continuer ce travail en lien avec l’actualité.  
Pour autant nous ne souhaitons pas nous limiter à ce rôle de veille et d’analyse. Nous avons une ambition politique claire : préparer ce qui doit succéder à la vie démocratique centrée autour des partis, préparer à gauche ce qui doit succéder à la sociale-démocratie libéralisée.
Casa Nova a donc décidé de chercher à identifier localement des pratiques professionnelles  ou sociales susceptibles d’illustrer ce que pourrait être à ses yeux une économie et une organisation sociale durable et enviable.
Nous nous engageons donc dans une série de rencontres de personnes ou de groupes actifs dans la métropole sur des thèmes divers, ayant peu ou prou réalisés l’amalgame entre l’éthique, la durabilité et l’inventivité que promeut Casa Nova et le pragmatisme nécessaire à une indispensable survie économique.
Chaque rencontre en accord avec les divers protagonistes fera l’objet d’une publication.
Ainsi serons nous en mesure de réaliser un état des lieux, certes non exhaustif mais représentatif, de ce que l’on nomme des communaux collaboratifs, que de nombreux promoteurs du développement durable citent en exemple ou appellent de leurs vœux.
Nous aurons  ainsi identifié sur la métropole toulousaine une série de pratique vertueuses, socle pragmatique d’un programme politique qui pourrait être établi . Nous pourrons également ainsi démontrer que les élites actuelles trouveront bien vite des remplaçants. 

Et si on changeait la constitution?

Le 6 avril 2016, le festival Les Airs Solidaires organisait un “atelier constituant”.
Le but : faire débattre des citoyens entre eux afin de proposer des lois constitutionnelles et aboutir à une Constitution qu’ils estiment idéale.
Initialement prévu au Quai des Savoirs, l’atelier a finalement lieu juste en face, au Welcome Desk. Si la plupart des participants sont des étudiants, on retrouve tout de même une certaine diversité d’âges et de parcours parmi tous les participants.
L’animateur de l’atelier s’appelle Timothée. Étudiant à Sciences po Toulouse, c’est la seconde fois qu’il anime un atelier constituant. Il nous explique que cette initiative est un bon moyen de nourrir un débat concret, alliant l’échange d’idées et la réflexion à propos de mesures constitutionnelles envisageables.12923219_1696634077284218_1408718771839912498_n
L’atelier se déroule en plusieurs étapes. 
L’intégralité des participants procède à un vote pour choisir le sujet dont ils vont débattre: impossible en effet de créer une constitution de toute pièce en quelques heures; les discussions ne portent donc que sur un seul domaine.
Parmi les thématiques proposées, on retrouve notamment le principe de subsidiarité, les médias, la propriété, le droit au logement ou encore l’économie des déchets. Le thème finalement choisi est la répartition des revenus.
Divisés en petits groupes, les participants disposent d’une heure pour échanger à propos des inégalités de revenus, de leurs origines, des responsables ainsi que des mesures envisageables pour permettre une société moins inégalitaire. Le but est de proposer quelques articles à insérer dans une constitution inventée.
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A l’issue de ces délibérations, les propositions des différents groupes sont mises en commun. 

Les idées qui reviennent le plus souvent sont celles de l’instauration d’un revenu de base, de la sensibilisation des citoyens à la valeur du travail plutôt qu’à celle de l’argent, mais aussi la proposition contestée de la mise en place d’un salaire maximum en France.
Il s’avère finalement difficile de rédiger une constitution parfaite sur un sujet pointilleux et fondamental qui suscite des avis très divers. Toutefois, c’est une large réflexion sur la place centrale qu’occupe l’argent dans notre société et sur les inégalités de revenus, flagrantes et croissantes, qui a été menée.
A l’heure ou l’on s’interroge sur la pérennité des « nuits debout » qui éclosent en France, Casa Nova soutient et participe à ce travail d’atelier qui n’en doutons pas pose des bases solides pour la refondation des pratiques politiques de demain.
Nous sommes partisans d’un changement profond de l’exercice du pouvoir politique: débarrassé des notables candidats et élus à tout, des sondeurs, des lobbys et de tous les autres mécanismes de cette démocratie qui se dit représentative.

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Plan mobilité 2025-2030

Ou quand les déplacements et la santé publique se rejoignent.

Un changement de politique transport depuis 2014

Malgré le grand succès d’usage des lignes A et B du métro, l’utilisation de la voiture n’a fait que croître.
L’agglomération toulousaine n’arrive plus à réduire ses émissions concernant les gaz à effets de serre et la qualité de l’air en général du fait de l’augmentation journalière des déplacements individuels en voiture, surtout en périphérie. Ce qui a conduit à un nouveau Plan de Déplacement Urbain (PDU) adopté en 2012 complétant les deux lignes de métro par une infrastructure de tramway, de bus en site propre et de voies cyclables en surfaces.
En 2014, la nouvelle municipalité a été élue avec la promesse d’une nouvelle ligne de métro enterrée aux dépens des infrastructures de transports en commun de surface. C’est dans ce contexte que se prépare une concertation sur le projet de mobilité 2025- 2030 autour de la troisième ligne de métro dite Toulouse Aérospace Express (TAE). Cette ligne passerait au nord et à l’est du centre ville de la future gare de Labège à la gare de Colomiers en passant par Airbus.  Dix lignes de bus prioritaires dites LINEO s’insérant dans le trafic automobile desservirait le reste de l’agglomération. Ce projet mobilité vaudrait comme Plan de Déplacement Urbain, c’est à dire qu’au delà de la réalisation du métro TAE, il traite de toutes les mobilités sur l’agglomération.

Le métro ou le consensus par la facilité

Pour les experts en mobilité qui étudient l’adéquation entre densité de population et mode de transport. l’agglomération de Toulouse est trop étalée et pas assez peuplée pour un mode de transport aussi onéreux qu’un métro enterré.
Alors pourquoi le consensus médiatique et politique est-il tel autour du métro que tous les partis en redemandent, les uns en prolongeant la ligne B, les autres en doublant la ligne A et enfin l’actuelle majorité a en partie gagné les élections sur la promesse d’une troisième ligne de métro.
C’est que contrairement aux experts qui voient les effets à moyen terme, une grande partie des toulousain-es pense qu’avec un métro enterré, on circule mieux en voiture. Et de nombreux candidat-es aux élections ne veulent pas perdre des voix en s’encombrant de la difficile réalité : l’amélioration des déplacements passe par des transports en commun en surface, et donc forcément en diminuant la place de la voiture.
L’argument contre les tramways, les bus et les voies cyclables est facile : « Si on enlève quelques voies de stationnement ou de circulation par ci ou par là, on ne pourra plus se garer, ni circuler ». Bien sûr, on circulera moins en voiture, mais on circulera tous mieux et moins cher. La plupart des agglomérations européennes de taille comparable ayant diminué les embouteillages ne l’ont fait que par des tramways et des bus prenant une partie de la place de la voiture.
C’est enfin parce que les Toulousain-es n’ont pas intégré qu’ici comme ailleurs, l’enjeu des décès générés par la pollution urbaine est du même ordre que les grands enjeux de santé publique : accidents de la route, alcool, drogue, sida. Cela les promoteurs du tout voiture savent bien le dissimuler et les défenseurs de la circulation apaisée ne savent pas bien l’expliquer.

Une perspective d’amélioration reculée à 20 ans

Au fur et à mesure des promesses de l’équipe Moudenc, la 3ème ligne de métro TAE  s’étire sur plus de 26 km. Elle devrait donc coûter de l’ordre de 2,5 milliards d’euros, prendre plus de dix ans pour être réalisée dans son entier et il faudra attendre le remboursement des emprunts d’ici vingt ans pour pouvoir créer les infrastructures complémentaires nécessaires.
Si finalement, les toulousain-es du cœur d’agglomération pourront améliorer leurs conditions de transport dans les dix années qui suivront sa réalisation, ce projet n’offre pas grand chose d’ici là et surtout très peu pour les habitant-es de la première couronne et vraiment rien pour ceux de la deuxième.
Avec le plan mobilité 2025-2030 que nous propose Tisséo, tous les habitant-es de l’agglomération, du centre ou de la périphérie subiraient une augmentation des gaz à effets de serre, la dégradation de la qualité de l’air, de la santé, de la sécurité, la saturation croissante des périphériques et des pénétrantes…
En se focalisant sur une troisième ligne de métro, ce projet offre peu de perspective sérieuse de modification du  mode de déplacement des usager-es des voitures, utilitaires ou camions de livraison dans les vingt ans à venir.

Établir une circulation apaisée dans l’agglomération Toulousaine

Pour échapper à une telle perspective, c’est à l’ensemble des habitant-es de l’agglomération de s’emparer d’une idée simple :
    Établir une circulation apaisée dans l’agglomération Toulousaine    
Les solutions techniques sont connues. Pour une agglomération comme Toulouse, cela passe par un plan train, tram, vélo et piéton ambitieux et de surface à l’échelle de l’aire urbaine à l’exemple des villes d’Amsterdam, Berne,Bologne, Copenhague, Genève, Londres, Strasbourg, etc.
A titre d’exemple, pour un milliard d’euros, Bordeaux réalisera d’ici 2010  trente trois km. de tramway supplémentaires dont sept km. de tram-train  qui vont s’ajouter aux quarante quatre km. existant avec un objectif de 750 000 voyages par jours à l’horizon 2020 ( à comparer aux 400 000 des lignes A et B actuelles).
Au delà des moyens de transport, cela permettrait de réduire les méfaits de la vitesse, de multiplier des zones 30 dans tous les quartiers, d’instaurer des zones de rencontre, et de supprimer trop de voies qui sont devenues de véritables «routes urbaines » coupant des quartiers en deux.
Avec la baisse de la pollution et du bruit, c’est la perspective d’une agglomération apaisée qui est envisageable, perspective essentielle pour la cohérence sociale des grandes villes du futur.
Financièrement, l’usage des transports en commun est une économie conséquente pour la plupart des ménages.Ce serait un véritable bol d’air financier pour les ménages les plus pauvres.
Cette ambition passe par de grands défis à traiter avec volontarisme:
  • Mobiliser les citoyens afin que ce soit eux qui portent et pèsent sur les pouvoirs publics, pour un projet de déplacements global apaisé qui améliorera le quotidien des quartiers sans contraindre, bien au contraire, la liberté de se déplacer
  • Construire un pacte avec la région et la SNCF pour bâtir un réseau de RER desservant l’agglomération, unique moyen rapide de répondre aux besoins des toulousain-es travaillant ou résident loin du centre.
  • Dépasser les clivages entre les intercommunalités (la Métropole, le Sicoval et le Muretain), obstacles majeurs à tout projet d’agglomération, clivage qui n’est explicable que par des égoïsmes politiciens tous bords confondus, inacceptables et inacceptés comme on peut le constater dans les urnes un peu plus à chaque consultation.

Voir aussi:

Ou en sont les déplacements urbains de la métropole?

PDU: une concertation déconcertante

CASA NOVA propose un « projet Manhattan » toulousain autour de la mobilité