pape

Récompense du Pape et avenir de l’Europe

 L’Europe « malade »a-t-elle besoin d’un supplément d’âme pour guérir ?

Vendredi 6 mai 2016, alors que l’Europe est dans une profonde période de remise en cause, les trois principaux membres dirigeants de l’Union Européenne ont organisé la remise du Prix Charlemagne décerné au Pape François, à Rome. 
Le Prix Charlemagne a été créé en 1948 en Allemagne pour distinguer des personnes ayant œuvré pour l’unification européenne.
Martin Schulz (président du Parlement Européen), Jean-Claude Juncker (président de la Commission Européenne) et Donald Tusk (président du Conseil Européen) remercient, avec ce prix, le Pape François, qui s’est particulièrement impliqué sur la question des réfugié-es du Moyen Orient en Europe. 

Quels sont les maux de l’Europe ?

Pour ne citer que les problèmes les plus médiatisés, on observe une hausse du populisme et des partis d’extrême droite comme en France, en Autriche ou en Hongrie, mais aussi, et c’est plus inattendu, en Finlande et au Danemark dont le modèle social était pourtant souvent vanté comme base d’une société apaisée.
On observe aussi un afflux de migrant-es dans des conditions misérables qui constitue une crise humanitaire sans précédent, une gestion de la crise économique par des politiques d’austérité libérales inefficaces ou encore une poussée du terrorisme avec les attentats meurtriers de Paris et Bruxelles.
Les acquis majeurs de l’Europe, ses valeurs fondatrices (rappelées dans le traité de Lisbonne en 2007, à savoir le respect de la dignité humaine, la démocratie, l’égalité, l’état de droit) sont menacées.  

La solution est-elle spirituelle ?

Le Pape Argentin François se démarque de ses prédécesseurs par sa « modernité », certes relative dirons certains.
Mais après son étonnante encyclique Laudato si’ sur l’écologie humaine, ses prises de positions sur la crise migratoire avec notamment la dénonciation du « système d’accueil des réfugié-es qui date de la seconde guerre mondiale » sont remarquables.
Malgré les scandales que connait l’Église, avec l’implication du diocèse de Lyon dans des affaires de pédophilie et le soutien critiquable bien que compréhensible du pape envers Mgr. Barbarin ou avec des mesures de régressions sociales comme la proposition d’interdiction totale de l’IVG en Pologne par les organisations pro-vies, soutenues par l’épiscopat, le Pape apparaît cependant plus ouvert que ses prédécesseurs sur les questions contemporaines, les réalités sociales, économiques et culturelles de notre monde.

Pourtant cette remise de prix suscite des controverses. 

Récompenser une personne, fut elle pape, pour ses prises de positions et ses engagements en faveur de causes humaines, c’est bien. Réagir politiquement et concrètement aux problèmes que connait l’Union aujourd’hui serait mieux.
 Or, la signature en mars 2016 d’un accord pour rapatrier en Turquie les migrants arrivés en Grèce est aussi inquiétante qu’ambiguë, car la Turquie ne respecte pas les clauses de la Convention sur le statut de réfugié de 1951.
L’Union Européenne avait clairement déclaré en 2013 qu’elle ne renverrait des personnes que dans les pays qui appliquent les normes de la convention: les dirigeant-es Européen-nes sont maintenant confronté-es au chantage d’un Erdogan qui, fort des 3 millions de victimes du conflit Syrien qui ont trouvé refuge en Turquie, menace d’expédier vers l’Europe des centaines de milliers de réfugié-es si celle ci maintient ses exigences de modification de la loi antiterroriste de la Turquie comme prévu dans l’accord initial.
 
Remarquons aussi que le Prix Charlemagne est décerné à des personnalités qui ont clairement œuvré pour l’Europe libérale et sont de ce fait  responsables des problèmes que connait l’Union : Juncker, Tusk et Schulz ont reçu ce prix auparavant, ainsi qu’Angela Merkel en 2008 ou l’ancien Président de la Banque Centrale Européenne  Jean-Claude Trichet en 2011. 
Le Pape est une figure qui détonne parmi ces primé-es. Il pourrait représenter la figure d’un changement de cap pour l’Europe.
Mais dans cette logique on peut se demander  quel sort est réservé aux autres candidats qui mériteraient ce prix ? Quel sort pour les acteurs de l’Europe sociale et culturelle ? Quel sort pour les jeunes citoyen-nes européen-nes?

Les initiatives citoyennes sont manifestement moins relayées que les grands discours. 

Un exemple parmi d’autres de ces nombreuses initiatives :
Cinq étudiants londoniens ont créé « CamdenCares », un projet dont le but est d’aider les familles de réfugié-es à s’installer dans le district de Camdenmais aussi d’encourager la diversité et la tolérance.
Ils organisent des matches de football pour les jeunes réfugiés d’Erythrée, d’Afghanistan, du Kurdistan et de Syrie notamment, en collaboration avec le club d’Arsenal.
Ces étudiants ont décidé de monter un projet axé sur les réfugié-es car ils sont eux-mêmes issus de familles d’immigrés. 
Cela permet au district londonien de ne plus être un simple regroupement de quartiers distincts, mais bien un lieu multiculturel. N’est-ce pas une contribution, à petite échelle, d’une Europe multiculturelle et sociale?
Ce n’est pas à la remise du prix au Pape que Casa Nova s’oppose ni à ses prises de positions sur la crise migratoire, mais à l’affligeante hypocrisie des dirigeants européens, qui se déclarent « en manque de solutions politiques» dans cette crise que traverse l’Europe.
En ce début du mois de mai, l’agenda européen doit notamment traiter du refus d’Erdogan de procéder aux modifications de sa loi antiterroriste (comme le prévoit l’accord Union Européenne -Turquie sur les migrants) et de la tenue quasi imminente du référendum au Royaume-Uni sur la sortie du pays de l’Union (« Brexit »). 
Pour la fin de l’année 2016, les dirigeants de l’Union Européenne doivent-ils s’en tenir aux prières en espérant un miracle ou changer aussi de ligne politique pour consolider le recréer un nouveau projet européen dans ses valeurs fondatrices (solidarité, paix et promotion de la culture) ?
Refuser de renverser la table des nombreuses discussions européennes pour en faire enfin un espace de coopération, de progrès humain c’est lui donner l’extrême-onction. 
Casa Nova estime qu’il est temps d’adopter un nouveau traité, remplaçant les anciens, qui contiendra les garanties de la souveraineté des peuples et de la démocratie, la relance économique et la bifurcation écologique, la paix et l’indépendance !
Les dirigeant-es européen-nes regardent ce grand malade dépérir, pensant le soigner en pratiquant les saignées ordonnées par les marchés financiers.
Pensent-ils recevoir le pardon en primant le Pape ?

police

A propos des violences policières.

Police : anges ou démons ?

Ce 18 mai 2016 les policiers manifestent pour faire entendre aux citoyens et au pouvoir politique la dégradation de leurs conditions de travail, et plus précisément une certaine « haine anti-flics » qu’ils constatent dans les dernières manifestations contre la loi travail.
Casa nova assume d’emblée que les policiers et gendarmes (qui n’ont pas le droit de manifester) ont raison : leurs conditions de travail sont inacceptables.
Sous les coups des réductions des effectifs, de Sarkozy à Hollande, et des exigences liées à Vigipirate et à l’état d’urgence, les unités de proximité et de maintien de l’ordre ont vu leurs « cadences » s’accélérer considérablement, pour atteindre un niveau de fatigue et d’exaspération rarement constaté dans leurs rangs.
Suite aux attentats, le gouvernement a annoncé le recrutement de policiers et gendarmes, et l’annulation de certaines suppressions dans l’armée, mais cela ne suffira pas à combler notamment les 12 000 postes supprimés par Sarkozy (dans la police et la gendarmerie).
Nous sommes favorables au recrutement  de policiers et de gendarmes, pour bâtir une vraie police de proximité (postes locaux, missions généralistes, affectation durable, ancrage dans le corps social…)
Nous sommes favorables à l’utilisation prioritaire de nos moyens de police pour la lutte contre les réseaux criminels transnationaux : trafics de drogue, d’armes, traite d’êtres humains et entreprises terroristes.
 Les forces de maintien de l’ordre doivent être utilisées à la hauteur de leur savoir-faire et de ce qui fondent leur existence : garantir l’expression démocratique des citoyens, travailleurs et corporations, dans les limites du respect de l’ordre républicain.
C’est-à-dire que les manifestations pacifiques et autres modalités d’action ne mettant pas en danger les personnes et la sécurité du pays (occupations de places, de locaux et de logements, blocages de lieux de production et d’échange, etc) doivent être résolues par la voie démocratique, selon le rapport de force instauré.
Les CRS et gendarmes mobiles ne doivent plus être utilisés comme des empêcheurs de manifester ou des casseurs d’actions politiques.
C’est ici que nous rejoignons l’inquiétude vivement exprimée par la plupart des responsables, commentateurs et témoins sérieux : la brutalité du maintien de l’ordre dans les manifestations de ces derniers jours atteint un niveau très inquiétant. Même s’il convient toujours de prendre avec prudence les images et témoignages, il est flagrant que l’emploi de la force est disproportionné, compte-tenu des troubles réels à l’ordre public.
Il est tout d’abord possible d’expliquer cette brutalité par des facteurs culturels propres aux institutions policières: du côté de l’ordre et sociologiquement plutôt conservatrices, elles sont composées d’individus peu enclins à soutenir des appels au changement de régime ou à la lutte contre le  libéralisme.
Certains éléments utilisent donc leur « liberté de taper » pour passer leurs nerfs sur des manifestants bien éloignés politiquement.
De plus, les conditions de travail difficiles évoquées plus haut (suspension des congés, vacations répétées et longues) peuvent aisément expliquer la nervosité et la brutalité de certains fonctionnaires de police et militaires de gendarmerie qui en perdent souvent leur sang-froid et leur discernement, quand ils ne franchissement pas ouvertement les limites de la légalité (individus frappés alors qu’ils sont menottés, individus frappés à plusieurs alors qu’ils pourraient être maîtrisés par d’autres moyens, etc). Dans ces conditions de travail nous incluons bien évidemment la dangerosité du métier: les jets de pierre, de cocktails Molotov et l’utilisation de barres de fer par des casseurs présentent des dangers évidents.
Qui, parmi nous, risque d’être blessé ou de mourir chaque jour qu’il se rend à son travail ?
Enfin, nous soulignons la responsabilité particulière du pouvoir politique, du Président de la République qui ordonne, jusqu’aux Préfets en passant par le Premier ministre et le ministre de l’Intérieur.Le pourrissement de la situation et la brutalité policière sont le fruit de consignes particulières ou d’absence de consigne pacificatrices et de retenue.
Heureusement, les chefs de dispositifs et les unités obéissent au pouvoir politique : c’est ce que nous attendrions également d’eux si la gauche progressiste était au pouvoir.
Il suffirait d’une note ministérielle interne pour faire redescendre la tension et enfin pouvoir assister à des manifestations pacifiques sans danger pour les manifestants, dans lesquelles seuls les casseurs bas-du-front seraient visés par les charges de CRS et de gendarmes mobiles. Ces derniers joueraient alors le rôle qui est attendu d’eux : garantir la sécurité des personnes qui manifestent et de celles qui vivent aux abords des parcours autorisés.
Des voix s’élèvent dans les rangs de la police pour dénoncer cette utilisation anti-démocratique du maintien de l’ordre.
Nous savons que des éléments progressistes contestent en interne ces méthodes d’emploi de la force.
Est-ce que la manifestation de ce jour porte sur ces revendications ? Il semblerait que non.
Les membres de Casa nova sont opposés à la loi Travail, à l’usage du 49.3 et à la répression du mouvement social par le gouvernement PS, qui espère rendre impopulaire le mouvement, pour faire passer aisément sa loi perverse, inutile et rejetée par les français.
Nous craignons également que, dans ce climat de brutalité policière et de tension dans le corps social, tout cela se finisse tragiquement, et le pouvoir devra alors assumer.

49.3

Le recours au 49.3 sonne le glas de la 5éme République.

Palme d’or pour le 49.3 ?

En 1986 Jean Jacques Beneix, Jean Hugues Anglade et Béatrice Dalle mettaient le feu au tapis rouge avec 37,2 le matin.Trente ans après  François Hollande, Manuel Valls et Myriam El Khomri grimpent à  49-3 le soir et mettent le feu à la rue.
Le shérif Valls avec son 49,3 nous rejoue tristement un scénario écrit à l’avance. 
Certes nous sommes encore loin de l’hyperactivité de Michel Rocard sur ce plan là (tiens tiens déjà un 1er ministre socialiste, mais qui lui, disons le aussi, ne disposait que d’une majorité parlementaire relative) mais cet acte autoritaire de la part du trio ne fait qu’effriter le peu de confiance qu’une grande partie de la population donne au gouvernement et au Parlement.
Car oui cette décision de recourir à l’article 49-3 de la Constitution est lourde de sens.
-Lourde de sens car le gouvernement refuse le débat parlementaire sur une réforme qui touche aux fondamentaux de la gauche : la protection des droits des salarié-es par le Code du Travail .
-Lourde de sens car le gouvernement refuse d’entendre les revendications d’une grande partie de la population qui s’exprime dans la rue, sur les réseaux sociaux, par des pétitions.
-Lourde de sens car le gouvernement valide ici un constat : cette 5ème république est mourante.
Comment en effet penser que la République se porte bien quand un gouvernement refuse aux député-es de sa majorité la possibilité de débattre, de déposer des amendements ?
Comment penser que les institutions de la 5ème République nous représentent (mais qui le pense encore aujourd’hui ?) si le Président de la République et le Premier Ministre se refusent à entendre la parole de la population et à accepter que l’Assemblée Nationale en soit la caisse de résonance.
Un tel choix valide le message du  « cela ne sert à rien d’aller voter, ils-elles font ce qu’ils-elles veulent après et ne reviennent vers nous qu’au moment des élections ».
Oui, François Hollande et Manuel Valls ont décidé de cracher impunément à la figure de notre démocratie et de la population….François Hollande entérine définitivement qu’il n’a mené qu’une campagne de communication pendant l’élection présidentielle et qu’il a menti aux citoyen-nes qui attendaient enfin la mise en œuvre d’un autre modèle économique et social.
Naïfs nous fumes pour un grand nombre mais nous voulions tant y croire.
Ce choix du recours au 49-3 est symptomatique du basculement du Parti  Socialiste.

Le PS hurle depuis des années avec les loups lorsqu’il est au pouvoir. Depuis 1983 et le tournant de la rigueur du gouvernement Mauroy, depuis les nombreuses privatisations sous le gouvernement Jospin, et avec des pans entiers de la récente Loi Macron…. ces  loups ultra libéraux, restent prêts à dévorer ce qu’il reste de protection du droit des salarié-es dans le Code du Travail. Il est bien plus facile de suivre la meute que de s’en extraire pour enfin prendre les bonnes décisions face à la montée de la précarité au travail, à l’explosion du chômage, etc. Car cette meute libérale, organisée bien au delà de l’hexagone, est, reconnaissons-le forte et efficace. Elle parvient avec le soutien de médias peu enclins à la réflexion et de pseudo-intellectuels désinhibés à faire croire que ce pays ne veut pas se réformer, qu’il s’arc-boute sur des acquis sociaux auxquels les gouvernements ne peuvent pas toucher. Pourtant le droit du travail est attaqué de tous côtés, les conditions de travail dans de nombreux secteurs se dégradent. Les emplois précaires explosent…mais pas encore suffisamment semble-t-il pour les défenseurs zélés de la déréglementation, de la concurrence effrénée, de la déstructuration du service public.

Mais sachons remercier le duo des fossoyeurs de nos institutions en fin de vie.

En quelques mois ils viennent de faire la démonstration qu’il est urgent de passer à une République qui représente véritablement sa population.

Une république qui n’attend plus que l’Homme (et oui les Femmes n’avaient pas leur place dans ce club fermé de la 5ème République) providentiel nous délivre de tous nos malheurs et nous guide vers la lumière.Laissons-les entre eux, s’agiter dans le marécage malodorant de la 5ème République  autour du concours obsolète qui intronisera le-la Guide.

Il est temps d’engager une révolution institutionnelle, une révolution de la représentation populaire. 

Le 49-3 utilisé sur la Loi de réforme du Code du Travail a mis fin à la mascarade parlementaire. En avant pour construire la 6ème République.

13153299_10208729516848790_270221582_n

Bois & Cie « Vos rebuts bois au service de projets collectifs »

« Penser et agir »:

Dans sa première année d’existence Casa Nova s’est faite connaître par un travail de réflexion politique et d’écriture d’articles relatifs à l’actualité métropolitaine, régionale et nationale : le nombre et la qualité de nos lecteurs nous conforte dans la nécessité de continuer ce travail en lien avec l’actualité.  
Pour autant nous ne souhaitons pas nous limiter à ce rôle de veille et d’analyse. Nous avons une ambition politique claire : préparer ce qui doit succéder à la vie démocratique centrée autour des partis, préparer à gauche ce qui doit succéder à la sociale-démocratie libéralisée.
Casa Nova a donc décidé de chercher à identifier localement des pratiques professionnelles  ou sociales susceptibles d’illustrer ce que pourrait être à ses yeux une économie et une organisation sociale durable et enviable.
Nous nous engageons donc dans une série de rencontres de personnes ou de groupes actifs dans la métropole sur des thèmes divers, ayant peu ou prou réalisés l’amalgame entre l’éthique, la durabilité et l’inventivité que promeut Casa Nova et le pragmatisme nécessaire à une indispensable survie économique.
Chaque rencontre en accord avec les divers protagonistes fera l’objet d’une publication.
Ainsi serons nous en mesure de réaliser un état des lieux, certes non exhaustif mais représentatif, de ce que l’on nomme des communaux collaboratifs, que de nombreux promoteurs du développement durable citent en exemple ou appellent de leurs vœux.
Nous aurons  ainsi identifié sur la métropole toulousaine une série de pratique vertueuses, socle pragmatique d’un programme politique qui pourrait être établi . Nous pourrons également ainsi démontrer que les élites actuelles trouveront bien vite des remplaçants. 

Casa Nova rencontre: « Bois & Cie »

27 avril 2016

Le long du canal latéral, Casa Nova savoure les rayons d’un soleil printanier en allant au rendez vous fixé avec l’association « Bois & Cie » au 64 de la rue Daydé, à l’angle de la rue Kruger qui fait frontière entre les formes urbaines récentes de la ZAC des Ponts Jumeaux et les constructions traditionnelles d’une ville plus ancienne.
Un ancien atelier de mécanique, voué à la démolition, abrite maintenant « Bois & Cie ». Il fait face à une école nouvelle génération conçue en BBC (Bâtiment Basse Consommation)  formant un coin de rue où se côtoient pacifiquement deux visions de la transition, ni antagonistes, ni opposées mais complémentaires.
Là montent jusqu’au toit des empilements de planches et de palettes récupérées. Nous traversons le local dans lequel atelier et bureaux se disputent un espace dans lequel les ordinateurs voisinent avec des machines bien plus bruyantes le tout dans un mélange d’odeurs de sciure et de labeur.
Nous allons à la rencontre de Chloé, une jeune femme brune, qui est chargée de projet à Bois & Cie depuis 3 ans et demi.
chloéElle s’occupe du développement de la collecte bois, de l’animation de la vie associative, d’un peu de finance, de logistique mais aussi de  communication, bref elle touche un peu à tout ! Elle nous raconte qu’après ses études elle est partie au Brésil et au Vénézuela faire un stage dans le microcrédit, qu’elle est revenue à Grenoble (la ville de ses études) pour travailler dans la gestion des déchets par l’économie sociale et solidaire et bien d’autre choses mais que ses pas et son cœur ont finis par la mener à Toulouse où elle met ses compétences à disposition du beau projet de « Bois & Cie ».

« Bois & Cie » c’est qui et pourquoi ?

« L’association a pour but le partage et la transmission des savoirs et savoir-faire autour du travail du bois. Elle accueille des personnes en insertion autour de la collecte et de la valorisation des rebuts bois par réemploi. Elle propose également des formations aux bases du travail du bois ouvertes à tous et met à disposition un atelier et des machines pour les ateliers collectifs. » 
Son dernier projet en date (et pas des moindres puisqu’il a été lauréat des trophées du Développement Durable) est la conception, la réalisation et la commercialisation d’un habitat démontable 100% bois de récupération donc bien écoresponsable et nous sentons de la fierté dans les propos de Chloé pendant qu’elle nous en explique les enjeux et les perspectives .
 L’association qui a fêté ses 10 ans en octobre 2015 partage des savoirs et des savoir-faire autour du travail du bois.
Issue de l’investissement de fondateurs, bien sûr amoureux du bois mais aussi décidés à faire des enjeux écologiques une priorité dans le développement de l’association, la structure est née autour d’un local-atelier, équipé d’outillage et de machines mutualisés : elle s’oriente naturellement vers la promotion de l’éco-construction et du réemploi des « déchets » du bâtiment et de l’industrie.
quelle-anneeL’association qui compte actuellement  prés de 200 adhérents, 7 salariés permanents et 7 salariés en contrat d’insertion, s’investit dans 3 domaines essentiels à partir d’une base commune  « Vos rebuts bois au service de projets collectifs »

 Le chantier d’insertion : 

« Bois & Cie » héberge un Atelier Chantier d’Insertion (ACI) autour de la collecte et de la valorisation des rebuts bois par réemploi.
Les salariés embauchés sur des postes en insertion comme Équipiers de collecte-valorisateurs, sont accompagnés dans une démarche d’insertion socio-professionnelle. Ils collectent différents types de rebuts bois.
Ces rebuts sont valorisés en atelier comme matière première pour la fabrication de diverses réalisations : aménagements de jardin (composteurs, jardinières, placards à outils, abris de jardins, …), cabanons-stands d’exposition, petit artisanat et habitat démontable.
realisationsCes réalisations essentiellement vendues à des collectivités locales ou des structures de l’économie sociale et solidaire sont aussi accessible aux particuliers.

Les formations :

« Bois & Cie » propose aux particuliers de venir se former au travail du bois à travers plusieurs types d’ateliers.
Que ce soit un week-end, plusieurs mercredis ou vendredi, ces formations offrent aux participants l’occasion d’apprendre à utiliser les principales machines et outils d’atelier en sécurité autour d’une réalisation concrète.
Vie_associativeCes formations participent évidemment activement à la vocation de partage et de transmission de « Bois &Cie » et afin de faciliter l’accès à ces connaissances, elles sont proposées à un prix de 6€/h (et peuvent faire l’objet de financements : OPCA, DIF).
 

L’habitat démontable, « Toit & Cie » :

C’est le chapitre le plus innovant de l’activité de « Bois & Cie ».
Le projet, lancé depuis 7 ans est entré dans sa dernière phase de recherche et développement. Mais de quoi s’agit il?
« Bois & Cie » réunit l’insertion par le logement et l’insertion par l’emploi en répondant aux besoins de logement et d’accueil d’urgence à Toulouse par une solution d’habitat démontable et modulable en bois de récupération. Ces habitats sont réalisés dans le cadre d’Atelier Chantier d’Insertion (ACI).hd carré
« Bois & Cie » a déjà construit des prototypes de son habitat: la version 2 qui concerne trois habitations est soutenue par Emmaüs sera inaugurée le 2 juin sur leur site de Labarthe-sur-Lèze.
C’est avec une certaine émotion que Chloé et ses collègues observent les premiers habitants commencer à s’approprier  leurs nouvelles habitations qui pour être durables n’en sont pas moins personnalisables.

Les ressources:

Avec un budget de 260 000 € en 2015, l’association sait pouvoir compter sur une convention avec Toulouse Métropole à minima de 30 000€ pour le montage, démontage et entretien de cahutes construites par l’association.
Les aides pour les postes en insertion représentent environ la moitié du budget.
Les adhésions (35 €) et les formations payantes équilibrent les coûts de ces prestations et de l’entretien des machines.
Le programme d’habitat démontable est soutenu par le Fonds Départemental d’Insertion et par diverses fondations: la Fondation de France, la Fondation Vinci, la Fondation Fédération Française du Bâtiment, la Fondation BTP+, la Fondation Société générale, la Fondation MACIF.

Les perspectives d’avenir :

« Bois & Cie » mise sur un développement de l’habitat démontable qui répond à un besoin immédiat et hélas crucial, comme en témoigne l’intérêt et l’appui manifesté par des collectivités et des institutions . 
Un lien professionnel est tissé avec des Bureaux d’Etudes Technique et de contrôle afin de solidifier le projet: la perspective de production se situe autour de 15 unités par an ce qui pourrait entrainer l’embauche progressive de deux équipes supplémentaires, soit à terme18 emplois.LeProgrammedeRD
Ceci pose aussi la question du local actuel qui deviendra trop exigu, et qui a aussi un caractère provisoire, ce bâtiment mis à disposition par la Mairie en 2009 avait vocation à être détruit … dans les 3 ans !
Casanova soutient, encourage et cite en exemple cette initiative de développement durable dans laquelle on trouve une réponse écologique et environnementale avec la démarche de récupération de matériaux et de production locale et une réponse sociale avec la volonté d’agir concrètement sur les questions d’insertion par l’emploi et par le logement. 
Les 10 ans d’existence de « Bois & Cie » attestent de la viabilité économique d’une démarche pionnière de transition écologique et sociale métropolitaine en plein développement.
13055293_986797184740043_7649286945276179026_n-Pour soutenir ou découvrir cette belle association, Casanova vous invite à l’inauguration de l’habitat démontable de « Bois & Cie », le jeudi 2 juin à 18h, à l’Emmaüs de Labarthe-sur Lèze.  (événement FB : https://www.facebook.com/events/1769761679935912/)
-Visitez leur site http://www.bois-et-cie.asso.fr sur lequel vous trouverez notamment leurs nombreuses productions qui sont à disposition . 
-Retrouvez leur actualité sur leur page facebook.

-Habitat léger démontable  en vidéo, https://youtu.be/gZoBZS6IIqg