travail_dimanche

A Toulouse, comme ailleurs, non au travail du dimanche !

Non.
Non, et encore non au travail dominical.

Non pas parce que ce serait le dimanche papal. Le Ministre de l’économie a scandaleusement évoqué des ajustements dans les « régions catholiques », mépris violent de la laïcité : qu’est-ce qu’une région catholique, ou athée, ou néo païenne, ou panthéiste, en République ? Rien. Ou alors nous ne sommes plus constitué-es en Nation laïque mais en conglomérats de communautés croyantes.
Non au travail dominical parce que la gauche que nous appelons de nos voeux ne peut être pour le travail dominical.

Notre adversaire, l’ogre consumériste

La gauche selon Casa Nova c’est l’anti consumérisme. Ce modèle qui nous mène aux désastres, sur consommant la planète jusqu’à l’épuisement rapide. Le consumérisme c’est l’enfermement hypnotique dans l’obsession matérielle, le consommer pour exister, l’égoïsme frustré, la passivité citoyenne. Bref c’est l’adversaire culturel de la gauche et de son projet d’un monde solidaire et démocratique jusqu’au bout.

C’est le consumérisme qui enchaîne le salariat, dominé par l’argent, aux idéologies du repli sur soi et de la mesquinerie.

Souvenons-nous du « travaillez plus pour gagner plus » et de son succès politique doublé de sa perversité économique et sociale. C’est cette pulsion entretenue, publicitaire, qui fut exploitée savamment par Nicolas Sarkozy. Il est triste et déplorable de voir un gouvernement dit de gauche recourir aux mêmes expédients.

Triomphe d’une escroquerie : la «Loi de Say»

Toute la politique de l’offre en échec cinglant est basée sur une vieille idée pourtant ridiculisée il y a longtemps par Keynes (où l’on voit que nos « modernes » sont de fieffés réactionnaires) : la Loi de Say qui dit que l’offre crée sa propre demande. Ainsi, laisser toute latitude au capital, par exemple pour nous faire travailler le dimanche, susciterait naturellement une demande de consommation supplémentaire. Puisque l’investissement réalisé ici se retrouverait toujours quelque part. Keynes a fracassé cette idée en rappelant que tout revenu n’est pas dépensé. Un peu de bon sens suffit à considérer l’absurdité de ces préjugés libéraux. Si vous devez acheter une machine à laver, vous l’achetez. Le fait que Darty soit ouvert le dimanche ne va pas vous conduire à l’acheter en double. La marchandisation dominicale ne va pas non plus élargir votre budget familial. La question de l’ouverture dominicale est en outre ringardisée par l’achat Internet, en forte croissance. Les « modernes » sont décidément des archaïques, et l’on peut se demander s’il leur arrive de réaliser eux-mêmes leurs achats domestiques.

Pourquoi vivons-nous, au fait ?

Le dimanche non travaillé, c’est le droit de vivre ensemble. En famille, en club, en tribus de copains et copines. C’est le temps de l’amour, du partage, du curling, des pique niques. C’est le temps des rassemblements sportifs et culturels. Ce sont des choses simples pour lesquelles nous vivons : aller voir ensemble le fiston jouer au foot par exemple. C’est bien pour vivre que nous travaillons, nous ne vivons pas pour travailler.

Ici se joue toute une conception de la vie sociale. Sommes-nous maîtres de nos vies ? Ou sommes-nous astreint-es par le marché à la production pour la consommation, sans espace libéré de l’obsession économiciste ? Y a-t-il une vie en dehors de la traque aux objets ? L’attente fébrile de la version + 1 du Smart Phone donne-t-elle un sens à la vie ?

Le droit à la ville

D’un point de vue territorial, le prisme de CASA NOVA, l’enjeu est central. Mme Anne Hidalgo à Paris l’a compris en s’opposant viscéralement au travail dominical. Les maires de Portet-sur-Garonne et Roques-sur-Garonne ont protesté aussi. Nous attendrions la même chose du maire de Toulouse. Sont engagés les destins du petit commerce (qui donne vie aux centres urbains, là où l’on se croise encore entre deux flux automobiles), des marchés de plein vent, celui de la culture, du contact avec la nature, de l’appropriation du patrimoine historique des villes, de la parentalité effective, du partage des tâches dans le couple, du sport de masse, etc.

Et nous disons à Mme Fleur Pellerin que ce ne sont pas les algorithmes qui font une politique culturelle. Son premier souci devrait d’être en pointe pour défendre le dimanche comme espace de vie culturelle, comme en témoigne le succès immense des journées du Patrimoine.

Pour défendre le droit à la ville, refusons le travail dominical. Notre dimanche, c’est-à-dire un temps commun où chacun-e est libéré-e de son poste de travail (sauf impondérables), c’est une richesse à préserver pour être humains ensemble, et non seulement ressources humaines et guichets vivants. Une politique civilisée réclame le refus de cet élargissement de la sphère marchande.

Parlementaires, prenez vos responsabilités, faites échec à la Loi Macron.