Jean-Luc Moudenc interdit une réunion du NPA à Toulouse

A Toulouse, la ménardisation de Jean-Luc Moudenc continue

Jean-Luc MOUDENC, de « Je suis Charlie » à « Je suis Robert »

 

Notre Maire n’est pas un génie politique. Il nous l’a souvent prouvé. Comme en se condamnant politiquement lorsqu’il présidait Tisséo et avait uni tout le monde contre lui. Il l’a prouvé encore une fois en 2014 en promettant monts et merveilles intenables, fausseté dont il reçoit au bout d’un an la monnaie de sa pièce en devenant le mauvais élève de la vague bleue nationale.

Mais ça ne suffit pas, semble t-il. La stratégie d’ultra droite poursuivie depuis un an l’a conduit, dans notre ville, au krach électoral. L’âme toulousaine n’est pas maurrassienne. Monsieur Arsac a subi une défaite en rase campagne, humiliante alors que tout a été misé sur l’embauche de policiers municipaux, l’achat de gadgets pseudo virils (caméras et armes), et la stigmatisation des vulnérables sur l’espace public (des SDF et leurs chiens aux personnes prostituées). Résultat de cette stratégie de la tension qui devait consolider la droite : les Toulousain-es sont plus que jamais agacé-es par leur Mairie, dans laquelle ils ne se reconnaissent pas.

Et pourtant, alors que le troisième tour des départementales n’est pas encore fini, le Maire s’enfonce dans le smog brun. En interdisant de fait une banale réunion politique du NPA (nouveau parti anticapitaliste, dont la figure la plus connue est Olivier Besancenot. Quel effroi n’est-ce pas ?), la Mairie donne dans l’inédit ; jamais à ce jour elle n’avait osé aller sur ce terrain.

Quel acte sectaire et ridicule ! Depuis des décennies, la famille politique trotskyste-libertaire est bien représentée à Toulouse. Elle y a eu des élu-es régionaux du temps de la LCR. Ses dirigeant-es sont connu-es. Le NPA n’est pas un parti violent, n’appelle pas à l’usage de la violence, ne produit pas de violence. C’est un parti révolutionnaire qui s’exprime dans le cadre de la démocratie. Chacun pense ce qu’il veut du NPA, mais on a encore le droit d’être révolutionnaire dans ce pays, c’est à dire de vouloir changer le système économique, politique et social dans ses fondements. Comme on a le droit d’être un pitoyable soutien de Monsieur Dupont-Aignant aussi. Ou même de Mme Boutin ou de Monsieur Wauquiez. Comme on peut, même étant élu, aller applaudir un essayiste réactionnaire qui proclame que Vichy a défendu les Juifs. C’est dire.

« La liberté, c’est au minimum celle de celui qui n’est pas d’accord »

disait Rosa Luxembourg aux jeunes révolutionnaires soviétiques déjà tentés par la suspension de certaines libertés. Prophétiquement.

Si pour notre Maire, « Luxembourg » évoque sans doute plus le rêve de la richesse détournée que celle de la démocratie socialiste, il n’en reste pas moins qu’il a une responsabilité d’édile républicain : respecter les droits politiques des citoyen-nes.

C’est l’autoritarisme illégitime du Capitole dont nous devons réclamer la prohibition.