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Après le « village des marques » à Nailloux, Val Tolosa à La Ménude ?

Georges Méric et la malédiction des centres commerciaux:

Il s’était illustré en tant qu’édile de Nailloux (d’abord à la Mairie puis comme Conseiller général du canton) en participant à la conception puis à l’accouchement d’un des centres commerciaux les plus ineptes du département : « Le village des marques » de Nailloux.

Une réalisation qui, comme on peut hélas le constater, est une insulte à l’environnement, à l’urbanisme et à l’architecture.

Avec une implantation commerciale accessible uniquement en voiture, à 30 km de Toulouse, en rase campagne, et qui veut faire couleur locale avec une architecture de hangars déguisés en maisons Lauragaises.village_de_marques_nailloux
Quant à la pertinence environnementale, la Cop 21 en a rappelé, si besoin était, les enjeux : les déplacements en sont une des clés, sans parler de l’idéologie consumériste véhiculée par le concept des marques dont nous constatons les méfaits notamment en cette période de rentrée scolaire. Et que dire en terme d’urbanisme quand tous les maires des villes grandes et surtout petites déplorent la désertification commerciale de leurs centres.
Mais tout cela a pesé bien peu face au clientélisme tactique pour assurer des réélections … et ça a hélas bien marché puisque voila Georges Méric installé à la tête de l’institution départementale.

On pouvait penser que cela faisait partie de son passé et que comme d’autres « il avait changé », le Président … et tiré les leçons.

Mais à peine installé dans son fauteuil, le voila confronté à un projet commercial encore plus gros, encore plus stupide, encore plus inutile et obsolète : le centre commercial de Val Tolosa qui serait situé sur le plateau de La Ménude à Plaisance du Touch.

Alors que l’agglomération toulousaine est déjà fortement dotée en zone commerciale, certains continuent à s’acharner pour faire sortir de terre ce projet en gestation depuis de plus de 15 ans .
Ce projet c’est un espace commercial de 64 000m2 dont 12 000m2 pour un hypermarché. La situation dans l’agglomération selon la Chambre de commerces et d’industries c’est quant à elle au 1er janvier 2014 : 1 144 000 m2 de surface de vente en grandes surfaces (commerce de plus de 300 m2 de surface de vente) et plus de 17 300 «petits» commerces et services de proximité (commerce de moins de 300m2 de surface de vente)…la pénurie est forte comme vous pouvez le constater. En termes de m2 de grandes et moyennes surfaces (GMS) pour 1 000 habitants, en 2014, l’agglomération se situait en tête en France : soit 1 490 m2 pour 1 000 habitants.

Alors pourquoi un énième projet alors que dernièrement vient d’ouvrir un centre commercial de 17 000m2 (dont 3 500m2 d’hypermarché) à La Cépière ?

Nous nous posons toujours la question, sans comprendre la logique d’un tel projet dans une zone qui ne manque pas d’espaces commerciaux à proximité (Roques et Portet sur Garonne notamment).

Nous nous posons la question à plusieurs titres, et d’abord en terme environnemental.

Car comment cautionner la stérilisation des rares terres cultivables dans les secteurs périurbains de la métropole, alors que nous savons que le principal obstacle à l’extension du bio dans les cantines (et donc ailleurs) est le manque d’espaces cultivés à proximité. Comment face au réchauffement et aux mutations climatiques continuer à imperméabiliser des sols, à favoriser la voiture individuelle en créant un centre commercial éloigné des réseaux de transports en commun.

Nous nous posons la question aussi en termes économiques

Les dernières études commerciales montrant que même avec une approche libérale les grands centres commerciaux tombent en désuétude (et pas seulement aux États Unis, spécialistes des grands « Malls »), au profit de petites surfaces de proximité que nous voyons fleurir en ville et dans nos quartiers, et que nous fréquentons tous et toutes avec satisfaction et de plus en plus.

Au vu de ces éléments, il semble évident que l’intérêt public est totalement absent d’un tel projet …

Ainsi, on aurait pu imaginer que, en tant qu’acteur majeur, le Président de l’instance Départementale comprenne et appuie les associations et élu-es luttant depuis plus de 15 ans, multipliant actions et recours contre la concrétisation de cette implantation inutile et nuisible !

Car, ne l’oublions pas, le Conseil Départemental avait un pouvoir de blocage majeur de ce projet en tant que propriétaire des voies de desserte du site !reseau-routier

Or, le 7 juillet dernier, cette assemblée votait à la demande de son président la cession des voies départementales à la commune de Plaisance du Touch favorable au projet afin de créer une bretelle d’accès au futur centre commercial.

Georges Méric nous a encore déçus en capitulant face aux promoteurs de Val Tolosa après un simulacre de médiation, le promoteur Unibail ayant « modifié le projet » en rajoutant quelques panneaux solaires et un peu de végétation et en promettant un « soutien à l’économie locale ».
Le Conseil départemental sortant hypocritement du jeu, la balle est désormais dans le camp du Maire de Plaisance, favorable au projet, contrairement aux communes voisines de Tournefeuille et de Colomiers qui y sont elles opposées.

Le nouveau permis de construire délivré mi-aout 2016 par la Mairie de Plaisance fait maintenant l’objet d’un nouveau recours de la part du collectif « Non à Val Tolosa » car ce permis « n’est pas plus conforme que les précédents aux documents d’urbanisme et en particulier au Schéma de cohérence territoriale ».

En attendant, nous sommes là, devant un projet qui :
- est, de l’avis des spécialistes de l’urbanisme commercial, totalement obsolète.
- est décrié par des riverain-nes, des élu-es et l’association « Non à Val Tolosa ».
- est totalement contre productif en termes environnementaux.
- continue à nous menacer sous la pressions de quelques lobbys ou de quelques intérêts particuliers, intérêts renforcés par le retrait honteux du Conseil Départemental.p1530486

On ne peut s’empêcher d’imaginer que si ce délire continuait, une ZAD pourrait voir le jour à cet endroit, même si aucun des opposants ne l’a réclamé de ses vœux en ayant en mémoire les conséquences tragiques de la faillite des pouvoirs publics à Sivens.

Pour sa part, Casa Nova non seulement affirme son opposition à ce projet mais renvoie les élu-es à leurs responsabilités.

Casa Nova ne peut non plus oublier que Georges Méric a osé déclarer à la presse qu’il avait découvert ce dossier en arrivant à la tête du Département et en ouvrant les dossiers de son prédécesseur. (La dépêche du 1-12-2015) : incompétence, couardise, manque de courage, irresponsabilité, tactique …

A Casa Nova on voit bien que le programme sans candidat que nous avions rédigé pour les Départementales est largement repris dans les annonces du Conseil Département et c’est bien comme ça, il n’y a pas de copyright, mais il faudrait que les actes soient cohérents avec les annonces et que celles ci ne restent pas au stade des incantations.

Nous appelons donc à continuer de résister à ce projet qui privilégie quelques intérêts particuliers au détriment de l’intérêt général – économique, environnemental, et social.