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CASA NOVA propose un « projet Manhattan » toulousain autour de la mobilité

En annonçant une troisième ligne de métro à l’horizon de dix ans, stratégie dans laquelle il s’est enfermé tout seul en flattant l’automobiliste forcené, le maire de Toulouse et Président de la Métropole a stérilisé pour longtemps la moindre avancée dans le domaine du transport en commun, et plus largement du report modal. La seule exception notable est l’aérotram. Pour le reste, c’est l’abandon pur et simple.

Notre agglomération reçoit 15.000 habitant-es de plus par an. Déjà engorgée, elle ne peut pas se permettre le luxe d’attendre dix ans, sans certitude d’atteindre ce cap, et en risquant d’importants soucis de financement, puisque les aides de l’Etat étaient conditionnées à des projets qui seraient abandonnés ou reportés.

Casa nova affirme qu’il est possible et souhaitable d’agir tout de suite pour améliorer notre réseau. Ceci signifie de lever de nouvelles recettes, et d’accepter de réduire la part de l’automobile dans les déplacements, ce qui sera inéluctable et anticipe la fin programmée des énergies fossiles. Mais cela demande du courage politique. On ne gère pas une métropole comme l’on gère un chef-lieu de diocèse .

 

Il est inacceptable que la part du transport en commun et des modes actifs stagne dans la décennie qui vient !

Avec 14 % de part modale en transport en commun et 2 % à vélo, l’agglomération toulousaine est un mauvais élève en France et en Europe. S’en remettre au métro dans dix ans, c’est entériner cet état de fait. Nous refusons cette orientation. Progresser est possible financièrement si on partage l’espace public au profit des tramways, bus, vélo et piéton.

Relancer l’aventure tramway, rapide, moins chère, transformatrice

Compte tenu de l’urgence (ressentie sur la rocade le vendredi par exemple), il est nécessaire d’aller vite et au moins coûteux. Le programme tramway, beaucoup moins cher, beaucoup moins long à édifier, doit être prolongé. Une ligne de tramway coûte jusqu’à cinq fois moins cher qu’un métro. Et c’est un gain de temps considérable, de plusieurs années. C’est aussi l’occasion de remodeler la ville et d’inciter à une pratique possible du vélo dans cette ville.

Comme le tram a permis la reconquête de la Garonne à Bordeaux, il peut nous permettre de reconquérir le canal du midi dans l’hypercentre, ce gâchis lamentable.

Monsieur Moudenc trouve le tramway positif à Montpellier… Il en sait les bienfaits, mais ne l’a repoussé que pour capter un mécontentement local. C’est irresponsable. Nous demandons que l’on revienne au bon sens : continuer le réseau tram qui se dessinait.

Labège

Le Sud Est est impraticable, et  les travaux autoroutiers au Palays n’ont pas suffi, illustrant que construire plus de routes pour résorber les bouchons est une fuite en avant. Le  prolongement de la ligne B vers Labège pourra rendre supportable la mobilité dans le sud est. Pas dans dix ans, mais vite !  D’autant plus que l’Etat a accordé son aide pour ce projet.

Un réseau de bus Linéo sur l’agglomération

La ligne Linéo 16 a montré quand on a le courage de lui donner priorité sur l’espace, le bus a grande fréquence à un grand succès. C’est la solution la moins chère et la plus efficace pour augmenter l’usage des transports en commun, en appui au réseau de métro et tramway. C’est un réseau d’une vingtaine de lignes qui doit être mis en place pour desservir tous les quartiers de l’agglomération.

Des espaces partagés et apaisés

Ces dernières décennies, l’espace public toulousain a été adapté aux besoins de l’automobile, avec dégradation de l’environnement et atteinte au cadre de vie… De nouveaux modèles d’aménagements doivent permettre aux piéton-nes, aux cyclistes et aux transports en commun de reconquérir l’espace public . Le but est d’y rendre confortable, sécurisant et efficace la pratique de ces modes de transport et d’y retrouver les fonctions sociales qui font la rue : le jeu, le repos, l’échange…

Il est très important de favoriser les modes actifs (vélo, marche à pied) et d’investir afin de créer un réseau efficace et sécurisé pour que tous les déplacements puissent s’effectuer agréablement et en sécurité à pied et/ou à vélo. La ville ne doit plus être aménagée comme une voirie devant écouler un maximum de flux automobile, mais comme un espace à vivre (l’intérêt du tramway est cette combinaison imaginable).  La gauche avait consenti un effort budgétaire important avec 11 M€   annuels dédiés à la politique cyclable à la communauté urbaine. Cet effort doit être amplifié et non pas diminué comme cela semble actuellement se profiler.  Le vélo et la marche à pied sont les moyens de transports les moins coûteux pour tous (l’usager-e et la collectivité) et la métropole s’est  engagée à ce que 15% des déplacements soient effectués à vélo en 2020. Avec 2% par an actuellement, on en est loin !

Mettre en place une conférence intercollectivités pour optimiser l’intermodalité

L’intermodalité locale a encore, au-delà des aspects tarifaires, bien des progrès à réaliser. Les collectivités doivent harmoniser leurs projets, les connecter, les rendre hybrides. C’est ce qui a permis à Paris de se doter d’un système en étoile très impressionnant.  Nous exigeons que ces questions, au-delà des querelles politiciennes, soient sérieusement abordées. A quand une carte violette comme petite soeur locale de la carte orange ?

Augmenter les moyens de Tisséo pour mener à bon train le développement

Il est absolument nécessaire de consolider le budget plus que tendu de Tisséo.

A cet égard, nous proposons plusieurs pistes, offensives, mais à la hauteur de l’exigence écologique, humaine, qui est à la clé.

- Renégocier l’entrée du Conseil départemental à Tisséo. En contrepartie de la sanctuarisation de la régie publique (voir notre programme départemental). Ce retour aura un effet levier sur la capacité d’investissement. C’est à notre sens à la gauche départementale, si elle survit, de le proposer publiquement.

- Récupérer des marges très importantes par l’abandon, de toutes les collectivités, du projet LGV (au profit d’une modernisation des lignes, quasi aussi efficace).

- Renégocier le versement transport, le monde économique devant être lucide sur les risques de blocage qu’il encourt si le territoire n’assure pas sa mobilité.

- Redéfinir une politique tarifaire prenant notamment en compte le niveau de ressource des usagers .

- Proposer par référendum local à l’échelle métropolitaine une hausse des impôts affectée politiquement à des projets d’investissement transport particuliers. Ainsi les citoyen-nes choisiront s’ils-elles préfèrent payer le prix collectif d’une amélioration ou pas.  Ces travaux sont aussi un moyen de créer pour plusieurs années du travail non délocalisable et mettant à profit les savoir-faire des différents acteurs de la métropole (géolocalisation, big data).

- Municipaliser les parkings pour que la « manne » ne revienne pas à une multinationale qui s’en sert ailleurs mais permette de nourrir le budget transports. Cette municipalisation peut être gratuite puisque la plupart des concessions arrivent à échéance. Les contrats prévoient le retour gratuit à la collectivité. Cette manne peut constituer un effet de levier financier et un moyen de gestion du temps dans la ville très efficace. Ceci permettra également d’utiliser les parkings comme vecteur de la politique de transport, en réservant une partie ou la totalité au stationnement résident.

Lutter contre la pollution, tout de suite

Ces mesures doivent s’accompagner d’une réflexion sur une action anti pollution, telle qu’elle commence à se mener à Paris par exemple : c’est un problème majeur de santé publique , la pollution est responsable de 20 fois plus de décès directs que les accidents de la route.

Ainsi le droit permet par exemple de créer des bornes publiques de recharge de véhicule électrique: leur création sur plusieurs points de la métropole est nécessaire.
On peut aussi rétablir et améliorer la subvention, supprimée par la droite, des vélos électriques en l’étendant aux modes actifs. Et réfléchir à d’autres solutions plus respectueuses de l’environnement comme les hybrides urbaines.

Les nouveaux usages de la voiture doivent être favorisés : voiture partagée et covoiturage car si la voiture est  un moyen nécessaire de la vie urbaine, son mode d’utilisation actuel n’est pas soutenable

Les collectivités publiques et les chambres de commerce et d’industrie doivent négocier de nouveaux modes de livraisons pour mettre fin au ballet des livraisons qui embouteillent les quartiers et favoriser  les commerces de quartier. Des centres de livraison doivent être mis en place dans les quartiers.

Créer une politique des temps

Enfin  nous l’avons développé dans l’idée d’une « ville à mille temps », c’est le moment d’aller, politiquement, au delà de l’espace, et de s’occuper du temps de la ville. Nous devons mettre en place un système de concertation des temps pour fluidifier les déplacements, les limiter si possible. Des initiatives existent, des plans de déplacement d’entreprise au covoiturage sur le web. Mais il nous manque une grande politique publique. Ainsi un télétravail négocié, encadré, peut éviter des coûts et des déplacements aux salariés. La mairie, premier employeur, peut en donner l’exemple et inciter. Elle doit créer un office des temps pour mener ce grand chantier d’organisation concertée, domaine par domaine, pour humaniser la cité.

Nous avons besoin d’un « boom » des transports. C’est pourquoi nous pouvons baptiser notre plan… Un projet Manhattan toulousain pour la mobilité.