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Le gratte ciel de Toulouse

« TOULOUSE CON TOUR » saison 2 : 

La saison 1 était musicale avec  Art Mengo, Magyd Cherfi et Yvan Cujious .

https://www.youtube.com/watch?v=wzsUG8BgnPw

La saison 2 pourrait être urbaine avec Jean Luc Moudenc, Alain Garès, Joan Busquets  et le gratte ciel de Toulouse

Car la dernière modification du Plan Local d’Urbanisme ouvre la porte réglementaire à un immeuble de grande hauteur à Marengo dans le cadre du projet Toulouse Euro Sud Ouest, autrement dit l’aménagement du quartier de la gare Matabiau.
A Toulouse les Immeubles de Grande Hauteur on les appelle pas des IGH mais des gratte ciel !
Ceci dit avec les 150 mètres autorisés par le PLU on ne va pas le gratter beaucoup le ciel, la tour Montparnasse culminant à 210 mètres, la Tour Eiffel à 325 mètres, pour rester dans les références hexagonales, le record un monde étant à Dubaï  avec les 829 mètres de la tour Burj Khalifa: record qui ne relate rien d’autre que la mégalomanie des commanditaires, dans des pays qui à l’heure ou le monde entier s’interroge sur le réchauffement climatique construisent avec l’argent du pétrole des pistes de ski réfrigérées sous les tropiques .

Mais revenons à Toulouse et voyons les raisons qui sont mises en avant pour justifier l’édification de notre tour à nous.

On nous parle d’abord d’un signal ; heu pour signaler quoi ? 

Comme on n’ose pas penser que le premier magistrat de la ville souhaite se signaler ainsi, on se dit que peut être c’est pour indiquer que là, il y aura des bureaux en vente, car avec un excédent de plus de 100 000 m2 de bureaux vides dans la métropole, il va falloir les vendre les 30 à 40 000 m2 hors de prix de la tour de Marengo elle même noyée dans un projet plus vaste qui prévoit alentour 300 000 m2 de bureaux pour 2030 !
Hors de prix oui,  car le principal obstacle à lever pour la construction de notre gratte ciel, c’est le financement, comme l’indique le Directeur d’ Europolia, société chargée  du projet TESO, qui sait bien que dans un marché excédentaire le prix des bureaux n’atteindra pas les sommets que la tour, elle, voudrait bien atteindre. 

Un Immeuble de Grande  Hauteur coûte très cher à construire, donc se vend cher:

Mais l’enthousiasme des investisseurs risque d’être tempéré certes par le prix, mais surtout par l’impact minime de la chose, pardon du signal !

Car à Toulouse, avec ou sans LGV à Matabiau, quelle sera la renommée d’un petit IGH de 50 étages maximum, certes judicieusement placé par Joan Busquets au dessus des voies de chemin de fer et visible des allées Jean Jaurès, mais néanmoins bâti  en contrebas de la colline de Jolimont qui culmine à  quelques 50 mètres au dessus du canal et couronnée de deux immeubles d’une cinquantaine de mètres de haut : l’aura altimétrique de notre gratte ciel sera donc amputée de 100 mètres … ce ne sera donc pas une érection de 150 mètres au dessus de la ville qui se dressera à l’horizon, mais un troisième immeuble même pas deux fois plus haut que ses deux voisins de Jolimont bâtis dans les années 60 au sommet de la colline.
Et seule une vision en venant du Sud permettrait de percevoir le gratte ciel dans toute sa hauteur.

Mais à défaut d’érection spectaculaire, son architecture pourrait alors créer l’événement,

comme l’indique Joan Busquets l’urbaniste en chef de Marengo qui monte au créneau dans la presse locale pour « vendre » le projet avec son savoir faire habituel. 
Il change le vocabulaire en remplaçant « signal » par « symbole », et en faisant un parallèle historique avec tourelles de hôtels du 16éme siècle qui caractérisent l’époque florissante des fortunes Toulousaines issues du commerce du pastel: sauf que là les fortunes qui investiraient auraient pour nom Vinci, Eiffage ou Bouygues …, des fortunes issues du commerce des autoroutes et des parking, peut être pas de quoi ériger un monument à la gloire du béton au dessus des voies de la SNCF, à l’heure ou les bus Macron contribuent à la lente agonie du rail populaire au profit de la route !
Il explique opportunément que le bâtiment se devra d’être beau et durable, bien que par définition une tour est énergivore, la performance énergétique des bâtiments passant par une compacité du bâti pour éviter les déperditions … le contraire d’une tour isolée et en plein vent.
Alors bien sûr faisons confiance aux architectes pour développer des processus d’isolation et de captage de l’énergie solaire ou géothermique afin de « verdir » le gratte ciel, mais comme le dit bien le professeur Busquets , cela passe par un investissement financier conséquent, un surcoût par rapport à une tour qui aussi belle qu’elle soit resterait énergivore. 
Et c’est bien cette capacité financière qui pose question… comme le soulignait le Directeur d’Europolia : on ne pourrait le construire, le gratte ciel, que s’il ne coûtait pas trop cher … !

Ainsi que ce soit en terme de signal ou de geste architectural, le bide nous guette …

avec un budget au rabais, une hauteur finalement étriquée, et une forme banale de tour, expression architecturale obsolète qui comme le craint le professeur Busquets  évoquerait plus les visions des urbanistes d’antan, que celle des contemporains talentueux ou progressistes qui préconisent des solutions durables, performantes d’un point de vue environnemental et cohérentes d’un point de vue urbain comme l’étaient les tourelles des Capitouls. 
En l’occurrence bâtir en grande hauteur à Toulouse n’est que gesticulation, dans l’une des villes de France les moins denses.
Et si Toulouse n’a pas eu de tour comme d’autres capitales c’est simplement parce qu’il n’y en avait pas besoin.

Aujourd’hui est on face à un vrai besoin ou à une envie d’urbanistes fatigués et de politiciens incultes ?

D’autant que le côté utilitaire d’une tour de bureaux laisse dubitatif, et comme le souligne Joan Busquets, cette tour devrait avoir plusieurs fonctions logements, bureaux , hôtel … il y aura peut être du monde pour investir dans les derniers 50 mètres  (une quinzaine d’étages) mais qui voudra payer le prix fort pour occuper les 100 mètres qui seront en dessous ?
Enfin ne laissons pas détourner les propos des Toulousains qui se sont exprimés lors de l’enquête publique organisée sur ce projet qui a fait ressortir le désir d’une architecture « plus ambitieuse ».
Pas sûr que l’ambition dont parlaient ces citoyens soit de voir construire une mini tour, coincée contre la colline Jolimont, avec un budget au rabais donc d’une architecture à l’économie, remplie de bureaux qui ne feront qu’aggraver l’excèdent métropolitain, et qui ne solutionneront en rien le déficit en logement, pire qui n’assureront pas l’indispensable équilibre habitat/activités .

Le surcroît  d’ambition souhaité par les Toulousains pourrait aussi bien se traduire par des formes architecturales et urbaines moins érectiles et plus durables, qui répondraient aux besoins de tous et non aux envies de quelques uns.

Pour l’instant, et c’est heureux, le fait que le PLU permette de bâtir une tour de 150 m n’est en rien une obligation de la réaliser.
Gageons que le bon sens prendra le dessus et qu’en attendant l’arrivée des TGV à Matabiau, Toulouse Métropole réalisera qu’il y a suffisamment de grain à moudre pour achever d’ici 2020 et dans un site contraint, les travaux annoncés de la rue Bayard, des allées Jean Jaurès, du parvis de la gare avec la couverture partielle du canal … pour ne pas s’engager   en urgence dans l’aventure obsolète du gratte ciel !
Lire aussi :

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Y aura-t-il un élu Toulousain invité aux Jeux Olympiques ?

Casa Nova a naguère révélé les comportements douteux d’élus qui acceptaient des invitations à des spectacles ou des manifestations sportives, lançant un débat qui eu des suites avec l’adoption par le conseil municipal d’une charte de déontologie à l’usage des élus municipaux en octobre 2015.

Si Jean-Michel Lattes avait fait amende honorable pour avoir accepté une invitation de Vinci à un match de rugby outre-Manche, Jean-Jacques Bolzanélu au Commerce de la ville de Toulouse, n’avait quant à lui pas réagi,trouvant sans doute normal que la société « Carrefour » l’invite sur le Tour de France 2015.

Aujourd’hui, la presse locale, maintenant attentive au comportement des édiles municipaux, épingle Frédéric Brasilès, invité à la finale du Top 14 de rugby au Camp Nou à Barcelone.

Interrogé, celui-ci ne voit pas de conflit d’intérêt dans cette invitation par le PMU. Dans le cas de l’élu chargé des « Fêtes et manifestations » il n’est pourtant pas difficile de comprendre pourquoi le PMU - qui vit de l’organisation des jeux d’argent autour de manifestations à caractère sportif - a tout intérêt à se mettre Frédéric Brasilès dans la poche.
Indubitablement, cette invitation, comme le stipule la charte municipale, est pourtant par son « intention, de nature à influencer ou paraître d’influencer l’exercice indépendant et impartial des fonctions » de l’élu en question.

Mais, comme nous le dénoncions à la suite de son adoption par le Conseil Municipal dans un article intitulé « les indignations sélectives », cette charte tient davantage du « coup de com‘ »que d’une réelle volonté de moraliser la vie publique, puisqu’elle ne comporte pas de sanctions et permet une fois de plus d’argumenter et de tergiverser autour de l’acceptation de ces cadeaux, comme le fait JL Moudenc pour défendre son adjoint pris la main dans le pot de confiture : « l’invitation avait un caractère personnel et bla bla bla … » comme si même en week-end, on ne demeurait pas un élu !

Il eut pourtant été simple pour M. Brasilès d’accepter l’invitation en payant sa place pour éviter toute polémique, mais non !
Ce n’est pas ici la teneur ou le montant du cadeau qui interpelle et pose problème … Ce qui est grave, c’est que pas un instant ne vienne à l’esprit de certains élus que leur fonction est incompatible avec le moindre cadeau, et ce dans une période ou la fonction d’élu est de plus en plus critiquée au regard des privilèges que s’arrogent certains.
M. Brasilès participe de fait à renforcer la détestation de la classe politique.

Casa Nova invite ses lecteurs à relire ses articles d’octobre, qui gardent hélas toute leur actualité, et à rester vigilants pour que le sentiment du« tous pourris » ne continue pas à gangrener la vie publique.

Même sil est parfois tentant de céder à cette expression, y compris pour nous qui aspirons à participer aux échéances électorales. 

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Et si on changeait la constitution ?

« Penser et agir » :

Dans sa première année d’existence Casa Nova s’est faite connaître par un travail de réflexion politique et d’écriture d’articles relatifs à l’actualité métropolitaine, régionale et nationale : le nombre et la qualité de nos lecteurs nous conforte dans la nécessité de continuer ce travail en lien avec l’actualité.  
Pour autant nous ne souhaitons pas nous limiter à ce rôle de veille et d’analyse. Nous avons une ambition politique claire : préparer ce qui doit succéder à la vie démocratique centrée autour des partis, préparer à gauche ce qui doit succéder à la sociale-démocratie libéralisée.
Casa Nova a donc décidé de chercher à identifier localement des pratiques professionnelles  ou sociales susceptibles d’illustrer ce que pourrait être à ses yeux une économie et une organisation sociale durable et enviable.
Nous nous engageons donc dans une série de rencontres de personnes ou de groupes actifs dans la métropole sur des thèmes divers, ayant peu ou prou réalisés l’amalgame entre l’éthique, la durabilité et l’inventivité que promeut Casa Nova et le pragmatisme nécessaire à une indispensable survie économique.
Chaque rencontre en accord avec les divers protagonistes fera l’objet d’une publication.
Ainsi serons nous en mesure de réaliser un état des lieux, certes non exhaustif mais représentatif, de ce que l’on nomme des communaux collaboratifs, que de nombreux promoteurs du développement durable citent en exemple ou appellent de leurs vœux.
Nous aurons  ainsi identifié sur la métropole toulousaine une série de pratique vertueuses, socle pragmatique d’un programme politique qui pourrait être établi . Nous pourrons également ainsi démontrer que les élites actuelles trouveront bien vite des remplaçants. 

Et si on changeait la constitution?

Le 6 avril 2016, le festival Les Airs Solidaires organisait un “atelier constituant”.
Le but : faire débattre des citoyens entre eux afin de proposer des lois constitutionnelles et aboutir à une Constitution qu’ils estiment idéale.
Initialement prévu au Quai des Savoirs, l’atelier a finalement lieu juste en face, au Welcome Desk. Si la plupart des participants sont des étudiants, on retrouve tout de même une certaine diversité d’âges et de parcours parmi tous les participants.
L’animateur de l’atelier s’appelle Timothée. Étudiant à Sciences po Toulouse, c’est la seconde fois qu’il anime un atelier constituant. Il nous explique que cette initiative est un bon moyen de nourrir un débat concret, alliant l’échange d’idées et la réflexion à propos de mesures constitutionnelles envisageables.12923219_1696634077284218_1408718771839912498_n
L’atelier se déroule en plusieurs étapes. 
L’intégralité des participants procède à un vote pour choisir le sujet dont ils vont débattre: impossible en effet de créer une constitution de toute pièce en quelques heures; les discussions ne portent donc que sur un seul domaine.
Parmi les thématiques proposées, on retrouve notamment le principe de subsidiarité, les médias, la propriété, le droit au logement ou encore l’économie des déchets. Le thème finalement choisi est la répartition des revenus.
Divisés en petits groupes, les participants disposent d’une heure pour échanger à propos des inégalités de revenus, de leurs origines, des responsables ainsi que des mesures envisageables pour permettre une société moins inégalitaire. Le but est de proposer quelques articles à insérer dans une constitution inventée.
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A l’issue de ces délibérations, les propositions des différents groupes sont mises en commun. 

Les idées qui reviennent le plus souvent sont celles de l’instauration d’un revenu de base, de la sensibilisation des citoyens à la valeur du travail plutôt qu’à celle de l’argent, mais aussi la proposition contestée de la mise en place d’un salaire maximum en France.
Il s’avère finalement difficile de rédiger une constitution parfaite sur un sujet pointilleux et fondamental qui suscite des avis très divers. Toutefois, c’est une large réflexion sur la place centrale qu’occupe l’argent dans notre société et sur les inégalités de revenus, flagrantes et croissantes, qui a été menée.
A l’heure ou l’on s’interroge sur la pérennité des « nuits debout » qui éclosent en France, Casa Nova soutient et participe à ce travail d’atelier qui n’en doutons pas pose des bases solides pour la refondation des pratiques politiques de demain.
Nous sommes partisans d’un changement profond de l’exercice du pouvoir politique: débarrassé des notables candidats et élus à tout, des sondeurs, des lobbys et de tous les autres mécanismes de cette démocratie qui se dit représentative.

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Laisser Guy Novès à sa place.

Guy Novès … pas de Job à Toulouse

Décidément à vouloir éviter les comportements doctrinaires, peut-on le lui reprocher,Jean-Luc Moudenc s’enfonce dans l’excès inverse en perdant tous les repères: seul un clientélisme sans bornes permet de trouver un fil conducteur à ses actions, ses paroles, ses attitudes et ses décisions.
Et l’annonce par « la mairie » de la dénomination de l’esplanade qui jouxte l’Espace Job du nom de Guy Novès, sélectionneur de l’équipe de France de rugby et ancien emblématique et brillant entraîneur du Stade Toulousain,  vient encore une fois illustrer le propos. 
Car, enfin, pourquoi évite t-on généralement de donner le nom d’une personne vivante à un lieu ?
Pour au moins 2 raisons :
-D’abord, et quelle que soit sa vie antérieure, nul n’est à l’abri d’un dérapage, d’une dérive ou d’une déchéance, qui mettrait alors dans l’embarras  à la fois la collectivité et la personne qui aurait été distinguée de son vivant, même si nous souhaitons et espérons que Guy Novès poursuive sur sa lancée une brillante carrière;
-Ensuite, très peu de personnes ne font l’unanimité de leur vivant car du fait même de leur existence elles interfèrent dans l’actualité; alors qu’une fois disparues, passions et jalousies s’apaisent, laissant place à la seule trace qu’une femme ou un homme a pu laisser dans l’Histoire. 
Et quand, par pur clientélisme, on propose de nommer « Guy Novès » l’esplanade de l’espace JOB aux 7 Deniers, chacun sent bien qu’au-delà des valeurs sportives et de l’aura de l’entraîneur, ce sont ses propos et ses engagements à droite qui sont aussi en question. Engagements certes respectables, mais infiniment moins consensuels et pertinents que son œuvre rugbystique. 
Car, si Novés ne pesait pas en politique, verrait-on riverains et habitants du quartier contester ce projet en rappelant l’histoire de l’usine JOB ?
« Job porte déjà un nom emblématique, celui d’un passé industriel, d’une histoire sociale, de personnes et de citoyens mobilisés pour son renouveau. (…) Dans la ville, l’agglomération et plus largement dans le milieu culturel interrégional, la friche industrielle Job reconvertie est un lieu connu et reconnu, témoin de la vitalité de la métropole toulousaine, comme l’usine LU à Nantes ou la Belle de Mai à Marseille… »
Si les fondamentaux des comportements de bonne gestion d’une collectivité avaient été respectés, cette polémique n’aurait pas lieu tout simplement parce qu’il y a matière (et emplacements) à honorer sans problèmes la personne « Guy Novès » d’une part et l’institution JOB d’autre part.
De plus, comme le soulignent les riverains,« ce choix … a été fait sans aucune concertation avec toutes les personnes concernées par l’histoire du bâtiment,mais aussi les usagers et habitants du quartier ».
La polémique interpelle d’autant qu’elle vient juste après celle qui a concerné Just Fontaine, pour la dénomination du Stadium rénové à l’occasion de l’Euro 2016.

Et  M. Moudenc avait alors écarté la proposition arguant non du fait que notre « Fontaine national«  soit encore vivant, mais du projet municipal de nommer le Stadium d’un patronyme qui rapporte financièrement. Fontaine se voyait alors écarté, au profit d’une institution bancaire ou d’une société d’assurances en mal de publicité, oud’une marque de cassoulet, de saucisse ou de bonbon à la violette souffrant d’un déficit d’image !

L’esplanade Job est-elle monnayable? Espérons que non car alors, après le Stadiumet la Salle des Illustres, ce serait tout l’espace public toulousain qui deviendrait support publicitaire (à l’image du brillant legs à la gloire de Platini et de son Euro 2016 dont bénéficie le square de Gaulle).
 Casa Nova exige autre chose que clientélisme, absence de concertation, et vente « des bijoux de famille » de la part des responsables politiques, et soutient le collectif d’associations qui appelle tous les Toulousains à les rejoindre à l’Espace Job dimanche 24 janvier à 10h30 pour discuter des actions à mener sur ce sujet.
 
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Repas végétariens à la cantine: racisme ordinaire ou amélioration de l’ordinaire ?

Le végétarisme détourné en paravent de la xénophobie ?

        
La Mairie de Toulouse annonce l’introduction dans les cantines scolaires, en lieu et place des menus sans cochon (menus dits différenciés), des menus sans viande.
Une habileté politique car ce-faisant Jean-Luc Moudenc contente, une fois n’est pas coutume et faut il le lui reprocher, les musulmans et juifs pratiquants (qui peuvent ainsi éviter la consommation de viande non casher ou de porc à la cantine) ainsi que les végétariens de tous poils.
Au passage, et ce n’est pas anecdotique, il caresse dans le sens du poil la droite dure de son électorat qui, si elle n’a rien à redire au respect des régimes sans viande sans connotation religieuse, réagit violemment lorsqu’on lui parle de régime à caractère confessionnel, sans porc ou casher.
Nous continuerons à le déplorer ici, la laïcité (un des piliers de la République déliquescente) est aujourd’hui instrumentalisée pour humilier le musulman, en l’occurrence, l’enfant musulman.
Faut-il éviter le procès d’intention et y voir comme les élus Verts la victoire d’une proposition qu’ils avaient faite pendant les élections municipales, et se féliciter de la mesure?
Ou convient-il davantage de dénoncer un politiquement correct raciste, en soulignant que l’on ne fait pas du sans-porc mais du sans-viande, et qu’il s’agit une mesure vexatoire, déguisée en concession aux amis des bêtes et du tofu?

Casa Nova ne tranchera pas aujourd’hui cette question mais propose une réflexion sur les débats anciens et les comportements récents qui se développent autour de ces amis des bêtes et du tofu, autrement dit la question de la consommation et de l’exploitation animale.

        
Très répandues dans la mouvance écologiste, les prises de position en faveur des animaux mobilisent aussi ailleurs, de l’icône flétrie Brigitte Bardot au très médiatique et très socialiste journaliste Aymeric Caron qui étale ses convictions à qui veut l’entendre dès que l’entretien de sa chevelure lui en laisse le temps, en passant par le très bouddhiste Mathieu Ricard et les nombreux amis des bêtes, mais sans oublier non plus le précurseur Jean-Jacques Rousseau puis Claude Lévy-Strauss dont les écrits ont sans nul doute bien plus fait avancer l’ethno-anthropologie que l’agro-industrie mondiale et les comportements culinaires de nos contemporains.
        
Il est en effet possible au moins de comprendre car c’est l’affaire de tous (à défaut d’adhérer car c’est l’affaire de chacun) le rejet de la Corrida, de la chasse, de la pêche, et autres atavismes culturels.
Il est rassurant que soient contestés les élevages industriels ou les abattages indignes ou traumatisants d’animaux.
Il est tout aussi aisé de comprendre et de partager le fait que la consommation carnée soit très excessive, tant d’un point de vue environnemental que de santé publique .
        

En revanche, et c’est l’objet de ces lignes, si l’on pousse la logique jusqu’au bout,comme le fait la mouvance Végane, qui est au végétarisme ce que l’intégrisme est à la religion, n’aboutit-on pas à une négation des lois de la nature, qui est fondée sur la vie et la mort, celle-ci naissant de celle-là?

        
Évacuons ici (mais nous retravaillerons cette question dans un article à venir) ce qui peut faire consensus, comme l’éradication des souffrances animales indignes ou inutiles, et la nécessité de réduire la consommation de viande, pour nous intéresser à la question philosophique ou au moins générique :
Peut on sans contradiction intellectuelle prôner le végétalisme, autrement dit peut-on organiser la nature sans que des animaux se mangent d’une espèce à l’autre, puisque c’est bien de cela qu’il s’agit quand on évoque l’antispécisme sans lequel le Véganisme ne serait pas ? (L’antispécisme c’est considérer que l’homme n’est pas une espèce supérieure ou différente, mais une espèce parmi d’autres.)
        
Remarquons d’abord que, contrairement au végétarisme, un végétalisme strict aboutit pour l’espèce humaine en particulier, et pour les mammifères omnivores en général, à des carences que seuls des apports issus de l’industrie chimique et pharmaceutique peuvent compenser : la nature livrée à elle-même ne permet pas un équilibre physiologique avec un régime alimentaire strictement limité aux végétaux.
Mais quitte à écorner l’antispécisme, admettons que nous disposions de compléments alimentaires produits « proprement » et que l’espèce humaine puisse se nourrir uniquement de végétaux et de produits de synthèse. 
        
Remarquons ensuite que nombre d’animaux carnivores ou omnivores doivent tuer pour se nourrir : oui nous direz vous mais c’est sans l’intervention de l’homme qui doit laisser faire la nature sans y interférer .
Mais comme pour le réchauffement climatique, il est trop tard pour laisser faire. Ou plutôt laisser faire c’est faire un choix.
       
Exemple :
Il y a en Espagne une espèce de Lynx (Lynx Ibérique ou Lynx Pardelle) qui est en voie d’extinction.
Ces animaux qui vivent en Andalousie dans la Sierra Morena font l’objet au nom de la biodiversité d’une action de sauvetage de l’espèce qui vise à réintroduire des sujets dans les endroits qu’ils ont déserté.
Ces lieux ont été désertés pour une seule raison : les lapins dont ils se nourrissent exclusivement ont disparu à cause de la myxomatose dans les années 70 et et d’une maladie hémorragique (venue d’Asie) à la fin du siècle dernier.
L’essentiel des financements et des actions consistent donc, au delà et en préalable au déplacement des lynx vers les zones à repeupler, à leur procurer des moyens de subsistance à savoir des lapins qui doivent donc être réintroduits sur la zone.
Nous assistons donc et au nom de la biodiversité, à un élevage (intensif?) de lapins qui sont relâchés soit dans les enclos ou attendent les lynx (ou ils sont dévorés rapidement) soit dans les sites ou les lynx seront réintroduits (ou ils seront dévorés moins rapidement mais tout aussi sûrement, l’objectif étant qu’ils se reproduisent avant de servir de repas).
Pour assurer la survie d’une espèce l’homme élève donc d’autres animaux destinés uniquement à nourrir l’espèce menacée.
        
Cette observation en rejoint d’autres, comme celles du mode de vie des Inuits basé sur la chasse et la pêche combinant, comme souvent, nécessité vitale et atavisme culturel et pour qui un légume frais dans leur assiette est aussi étrange qu’une tranche de phoque dans la nôtre.
Et quid des tiques et autres moustiques dont les piqûres sont potentiellement porteuses de pathologies graves ? 

Il semble donc que l’exploration des limites des positions radicales quant à consommation des êtres vivants entre-eux se heurte inéluctablement aux lois de la nature et à la condition humaine, qui bien qu’aspirant à une élévation de l’âme n’en est pas moins réduite à gérer son esprit au travers des limites de son corps.

        
Le véganisme ne s’apparenterait-il donc pas plus à une fuite qu’à un combat, à une religion ( intégriste?) qu’à une idéologie ?
Et que penser ou plutôt qu’espérer de l’exploitation de l’animal par l’homme, quand le principe qui domine encore le monde est celui l’exploitation de l’homme par l’homme ?
Sur ce, Casa Nova vous souhaite un bon appétit et vous invite à méditer sur le cri de la laitue.
Une nouvelle ère démocratique ? Réflexions de Casa Nova Toulouse Métropole

Dossier « Les premiers pas d’une nouvelle ère démocratique ? »

Collectif citoyen de décloisonnement politique, nous essayons humblement sur notre territoire de participer à la déconstruction de la sphère politique telle que nous l’avons toutes et tous connue jusque là. Fort logiquement, une des réflexions qui parcourt nos ajustements au sein de notre groupe de travail et qui nourrit le fond de nos productions est la question de ce fameux renouveau démocratique sans lequel rien ne sera possible.

Nous ouvrons ici un dossier qui sera amené à être enrichi au fur et à mesure de nos travaux. Vous y trouverez notamment :

- Un retour sur la première soirée publique que Casa Nova Toulouse Métropole a organisée le 11 décembre dernier à l’Utopia de Toulouse en présence du sociologue Albert Ogien.

  • Discours d’introduction : présentation de Casa Nova et du thème de la soirée
  • Film monté par nos soins pour lancer le débat autour des grands mouvements citoyens qui ont agité la planète entre 2011 et 2012
  • Extraits de la soirée en images

- Un développement sur ce que nous inspirent les changements à l’œuvre

Soirée à l’Utopia 11/12/2014

Présentation de Casa Nova et du thème de la soirée

Notre invité Albert Ogien, entouré de nos trois porte-parole : Xavier Bigot, Laure Durand et Rémi Vincent
Notre invité Albert Ogien, entouré de nos trois porte-parole : Xavier Bigot, Laure Durand et Rémi Vincent

 

 » Bonjour à toutes et à tous,

C’est avec émotion que nous vous accueillons en tant que porte-parole de CASA NOVA, pour cette première soirée publique organisée par notre collectif.

Avec Albert Ogien, ce soir notre invité, que nous remercions chaleureusement, un penseur important du politique, nous espérons confirmer nos intuitions, avec votre contribution.

Nous sommes à l’UTOPIA , et j’en profite pour en remercier aussi les responsables qui nous ont beaucoup aidé pour cette soirée ; nous sommes donc à l’Utopia mais nous ne sommes pas une utopie.

En effet une utopie est irréalisable, et procède d’une vision idéalisée de la réalité, dont on contourne le poids pour s’en aller batifoler dans la brume des rêves. Ce n’est pas inutile, comme n’ont pas travaillé pour rien les Proudhon, Fourier, More, Cabet, St Simon. Mais ce n’est pas notre démarche. Nous pensons au contraire que c’est le réalisme qui nous impose un changement d’optique.

C’est bien le monde réel qui en appelle à des formes politiques nouvelles, celles qu’Albert Ogien a disséquées avec Sandra Laugier, dans un livre dont il exposera les idées ce soir. Le titre de cet ouvrage est « Le principe démocratie », et vous pourrez l’acquérir si vous le souhaitez à l’issue de la soirée, dans le hall d’entrée du cinéma.

Permettez-nous, puisqu’il s’agit de notre première sortie en dehors des réseaux sociaux, de dire quelques mots de CASA NOVA.

Quelque chose est en train de se terminer. Nous ne savons rien de ce qui va advenir. Le pire, le meilleur, le chaos, la barbarie ou une Renaissance. Mais chacun voit bien, s’il est sincère, que le monde politique est au bout d’un long chemin. Les symptômes en sont massifs : abstention, instabilité, désaffection pour les anciens outils, impuissance à obtenir la confiance, votes qui disent No Future.

Mais ce n’est pas la politique qui meurt. Nous voyons partout un appétit pour l’inédit politique. Et en particulier pour une démocratie réelle, active, qui met l’autonomie au premier rang. Personne ne dit qu’une démocratie nouvelle, toute modelée, munie d’une armure neuve, va apparaitre parmi nous comme une divinité antique. Mais comment ne pas voir ce qui s’est passé près de nous à Sivens ? Cette irruption inattendue de citoyens sur un chantier qui aurait autrefois laissé indifférent. Comment ne pas se rappeler du printemps arabe, alors qu’on pensait la démocratie absente des sociétés concernées ? Comment ne pas se souvenir des indignés de New York, d’Istanbul, de Madrid ? Nous les entendrons, tout à l’heure.

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Moudenc à Montpellier : mais qu’est-ce qui se Tram ?

Vérité en deça du seuil de Naurouze, erreur au-delà ?

Une fois n’est pas coutume nous allons vous parler de la ville de Montpellier. En effet, Lundi 22 janvier avait lieu l’inauguration d’une ligne de tramway comme l’indique la page facebook du Maire de Montpellier et Président de Montpellier Méditerranée Métropole, Philippe Saurel.

Pourquoi vous parler de cette inauguration ? Casa Nova Toulouse Métropole deviendrait-il/elle Casa Nova Montpellier Méditerranée Métropole ? Pas du tout. Ce qui attire notre attention dans cette inauguration c’est la présence de Jean-Luc Moudenc.

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Lecteurs de CASA NOVA, interpellez comme nous votre parlementaire, secouez-le : non à la Loi Macron !

CASA NOVA stigmatise la loi Macron comme une attaque inouïe contre les droits des salariés.
Cela passe par toutes une série de mesures, toutes à la main des marchés financiers et de l’accumulation privée :
- voie ouverte à la généralisation du travail le dimanche qui transformera nos territoires et nos mentalités un peu plus en marchandises,
-remise en cause de la parité prud’homale pour affaiblir les capacités juridiques de défense des salariés,
-fragilisation des locataires en cas de revente au bénéfice de la rente urbaine,
-facilitation des licenciements collectifs qui viendra accélérer le programme de désindustrialisation du pays dont notre ville devient une cible privilégiée depuis qu’elle touche les activités les plus qualifiées,
-vague de privatisations, qui pourrait toucher EDF, soit un bien public fondamental. Et dont Toulouse est le premier lieu d’expérimentation avec la braderie mondialisée de son aéroport.

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A Toulouse, comme ailleurs, non au travail du dimanche !

Non.
Non, et encore non au travail dominical.

Non pas parce que ce serait le dimanche papal. Le Ministre de l’économie a scandaleusement évoqué des ajustements dans les « régions catholiques », mépris violent de la laïcité : qu’est-ce qu’une région catholique, ou athée, ou néo païenne, ou panthéiste, en République ? Rien. Ou alors nous ne sommes plus constitué-es en Nation laïque mais en conglomérats de communautés croyantes.
Non au travail dominical parce que la gauche que nous appelons de nos voeux ne peut être pour le travail dominical.

Notre adversaire, l’ogre consumériste

La gauche selon Casa Nova c’est l’anti consumérisme. Ce modèle qui nous mène aux désastres, sur consommant la planète jusqu’à l’épuisement rapide. Le consumérisme c’est l’enfermement hypnotique dans l’obsession matérielle, le consommer pour exister, l’égoïsme frustré, la passivité citoyenne. Bref c’est l’adversaire culturel de la gauche et de son projet d’un monde solidaire et démocratique jusqu’au bout.

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Sport et spectacle sportif, confusion entretenue

Récemment un reportage du JT présentait une manifestation d’aïkido organisée à Toulouse autour de l’enseignement du maître Alain Peyrache. Celui-ci présentait sa discipline d’avantage comme une introspection que comme un sport, les gestes et les techniques défensives de l’aïkido étant, selon lui, aussi un moyen d’atteindre une élévation de l’esprit, et non une fin qui viserait seulement à terrasser un adversaire : « C’est un art oriental, quand vous l’occidentalisez, vous le polluez… » professait-il .

Cette approche « zen » contrastait sensiblement avec les paroles d’accueil de Laurence Arribagé qui officiait pour la municipalité en sa qualité d’adjointe aux sports : « on va faire rayonner Toulouse par le sport » déclarait-elle !
Pourquoi pas ?
Et nous nous prenons à imaginer que Toulouse va ouvrir les équipements sportifs de la ville (gymnases, piscines, stades, salles polyvalentes) de 7h à 23h et tous les jours… ou bien multiplier les parcours santé, améliorer les continuités piétonnes et cyclables, créer des aires de jeux dans les quartiers, améliorer les subventions aux clubs et associations bénévoles…
Et bien non, rien de tout ça !

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