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Fin de l’expérience Casa Nova Toulouse-Métropole

La fin de l’expérience Casa Nova Toulouse-Métropole

Après un peu plus de deux années d’existence, le collectif politique Casa Nova Toulouse-Métropole a décidé de mettre un terme à cette aventure qui fut enrichissante autant pour le débat politique local que pour les membres qui s’y sont investi-es avec sincérité.
À la fondation de Casa Nova (2014, année de la victoire de la droite aux élections municipales et la première place du FN aux européennes), nous nous étions fixés plusieurs objectifs qui devaient faire de ce collectif une « coopérative de production politique », c’est-à-dire l’inverse des boutiques qui dominent aujourd’hui la compétition électorale et la sélection du personnel politique.

Ces objectifs étaient, en résumé, les suivants:

(pour ceux qui veulent relire notre acte fondateur, c’est ici: http://bit.ly/20Tz9E1) :

- travailler avec sérieux sur l’analyse des politiques menées par l’équipe de Jean-Luc Moudenc sur la ville et à la métropole;
- travailler avec des méthodes différentes de celles des partis politiques : collaboration,horizontalité et coproduction, égalité des membres et pratiques démocratiques;
- travailler en totale indépendance des organisations politiques dans l’objectif de constituer l’opposition réelle à la politique de la droite métropolitaine;
- constituer un espace de refondation de la gauche non libérale, écologiste et attachée à une démocratie collaborative : une « arche de Noé » des chercheurs de sens en politique;
- contribuer à gagner les élections locales de 2020.

Au vu de ces objectifs premiers, nous affirmons les satisfactions suivantes:

- plus de 130 textes produits et diffusés sur de nombreux thèmes différents;
- un site internet très visité et une visibilité médiatique importante, due à la qualité des contenus et aux méthodes de travail qui ont attiré les regards;
- des rencontres de personnes qui ne se seraient pas connues sans cette idée novatrice et ambitieuse, et nous espérons que des jalons aient été posés pour la suite;
- une résistance totale aux tentatives des organisations politiques et de leurs permanents et bureaucrates (tous : de la gauche dite radicale à la droite « moudenquienne ») de salir ou de dévaloriser Casa Nova et ses membres.Tentatives motivées par la peur de cet objet politique nouveau qui a connu un lancement très prometteur.

Mais nous constatons malheureusement obstacles et échecs réels:

- chez certain-es, les motivations étaient consuméristes et l’attitude passive, couplées à une certaine paresse : profiter d’un espace intellectuellement gratifiant sans travailler;
- chez certain-es, les motivations étaient carriéristes et calculatrices: il a été à la mode d’en être, avec des espoirs d’en tirer un avantage politique (les « dents longues », les professionnel-les des jeux d’appareils et trahisons de couloirs…);
- chez certain-es, la loyauté a manqué : abandon dans le « creux de la vague » de l’aventure et du collectif ;
- chez certain-es, une participation fondée sur un désenchantement lié à des engagements politiques antérieurs dans des partis politiques. Mais  que peut-on construire durablement sur de la déception?
- chez les animateurs et animatrices du collectif, nous incluant, nous les derniers membres du bureau que nous sommes : échec de l’objectif initial d’inclure ceux et celles dépourvu-es de pedigree politique. Nous n’avons pas réussi à permettre l’engagement égalitaire et le renouvellement des énergies.

Casa Nova ne travaillant plus depuis plusieurs semaines, ne suivant plus son chemin originel, et constatant ce que nous venons d’exposer, nous déclarons que:

- l’aventure se termine, l’association est dissoute ;
- pour mettre en valeur les points positifs énoncés plus haut, un travail de compilation des textes produits sera assuré et  le contenu en sera diffusé d’ici la fin de l’année 2017 ;
- les membres aujourd’hui actifs/actives de Casa Nova n’abandonnent pas leur engagement dans la vie de leur cité (la métropole toulousaine) et la question de « l’après Casa Nova » est en suspend.
Nous remercions avec émotion et sincérité ceux et celles qui nous ont lus, partagés, défendus et sommes fier-e-s de ce que nous avons produit : nous pensons avec humilité que nous étions dans la bonne direction.

securite

Sécurité: larmes de crocodile et irresponsabilité

 Ce lundi 12 septembre, Jean-Luc Moudenc tenait conférence de presse de rentrée.

Il y présentait certaines annonces dont on ne connaît pas encore les contours (le Conseil des droits et devoirs des familles et un Conseil des étrangers vivant à Toulouse), et tirait la sonnette d’alarme sur la situation sécuritaire à Toulouse.

Il déclarait à cette occasion : « comme tous les Toulousains, je dois faire le constat que l’insécurité augmente dans notre ville et je tire la sonnette d’alarme ».

Première largesse intellectuelle : personne n’est en mesure de faire le constat que « l’insécurité augmente ».

Tout d’abord car cela ne signifie rien. L’insécurité n’est pas une donnée quantifiable.Jean-Luc Moudenc parle t-il du nombre de faits relevés par les services de police ? Du nombre d’articles « faits divers morbides » dans La Dépêche ? Parmi ses sources d’information, parle t-il du nombre de violences conjugales, du nombre de véhicules incendiés, du nombre d’escroquerie bancaire, du nombre d’infractions à la législation sur les stupéfiants ?

D’ailleurs le lendemain de la sortie de Jean-Luc Moudenc, le préfet Pascal Mailhos publiait opportunément les premiers chiffres de 2016, qui font apparaître « une évolution de la délinquance maîtrisée » à Toulouse.

Encore une fois: prudence sur les chiffres de « l’insécurité », ils ne signifient que très rarement quelquechose (par exemple, les chiffres des cambriolages sont solides car les assurances demandent un dépôt de plainte pour les indemnisations; à l’inverse, le taux de report des violences conjugales est inférieur à 25%).

Mais ce recadrage du Préfet a le mérite de mettre en exergue la légèreté du traitement du sujet par les politiciens.

A Casa Nova, nous sommes assez responsables et attentifs sur ces questions

Et nous ne nous permettrions pas d’avancer des « augmentations » ou « diminutions » sans en préciser les détails, les sources et les sans donner d’explications. Nous rejetons donc, faute d’éléments tangibles, cette affirmation assénée avec légèreté mais à la portée potentiellement lourde (dans le sentiment d’insécurité des habitant-es).
Jean-Luc Moudenc avance ensuite, pour se libérer de son constat anxiogène, les mesures prises depuis le début de son mandat : augmentation du nombre de policiers municipaux et déploiement d’un important dispositif de vidéosurveillance. Il déclare alors avoir assumé ses responsabilités et avoir respecté la partie de son contrat, mettant l’État devant ses responsabilités.

Si nous ne sommes pas opposé-es par principe à l’augmentation du nombre de policiers municipaux (encore auraient-ils dû constituer une véritable police de proximité, et non une force qui comble les manques d’effectifs de la police nationale, dans la poursuite de ce qu’avait commencé la précédente majorité), nous rappelons ici à nos lecteurs et lectrices que les études scientifiques sérieuses ont démontré l’inefficience de la vidéosurveillance sur la voie publique, tant en termes de prévention du passage à l’acte, que de résolution judiciaire ou encore d’effet rassurant sur la population*.

Mais si la droite était favorable aux bonnes méthodes pour améliorer la sûreté sur l’espace public, ce ne serait plus la droite.

Car c’est ici que nous souhaitons porter un coup ferme aux déclarations de Jean-Luc Moudenc, qui fait peser sur l’État toute la responsabilité de cette supposée et vague « augmentation de l’insécurité ».

Entre 2002 et 2012, près de 12.000 postes de policiers nationaux et de gendarmes ont été supprimés en France, sous les coupes budgétaires de la droite, portées pour satisfaire l’idiote politique d’austérité de Bruxelles. Le service public de la sûreté (qui comprend la surveillance de la voie publique, les interventions « police secours », la recherche des auteurs d’infractions et leur remise à l’autorité judiciaire, etc) a donc grandement souffert des suppressions de postes des majorités parlementaires et des gouvernements successifs, que Jean-Luc Moudenc a toujours soutenus.

Mais que l’opposition PS au maire de Toulouse ne lève pas trop la tête, les promesses du candidat Hollande n’ont pas été tenues : il avait promis 500 créations de postes annuelles, un rapport parlementaire de 2016 conclue sur la non réalisation de ces créations.

Il est sûrement vrai que des quartiers toulousains connaissent un regain de tension liée aux trafics de stupéfiants et à leurs infractions connexes, mais il est irresponsable de crier à l’aide quand on a toujours été soutien de ces majorités obsédées par les réductions d’effectifs dans la fonction publique.

Jean-Luc Moudenc a également raison de pointer du doigt les disparités entre les ratios toulousains et bordelais du nombre de policiers par habitants : environ 1400 policiers nationaux à Toulouse contre plus de 1700 à Bordeaux, quand nous avons 200 000 habitants de plus. Mais il en est en partie responsable, solidaire des gouvernements allergiques aux dépenses publiques.

Casa Nova est favorable à un grand plan d’installation d’une police de proximité étatique, aux effectifs suffisants, à la formation renforcée et à la doctrine adéquate.

Casa Nova affirme également que les phénomènes délinquants, s’ils traversent l’histoire humaine et toutes les régions du monde, sont le fruits de désordre dans l’organisation du corps social : trafics transnationaux libérés des contrôles aux frontières, inégalités sociales et anomie sociale, injonctions au consumérisme, discriminations et ségrégation urbaine, etc.

Les questions de sécurité méritent de la tempérance et du sang-froid, des moyens et des idées novatrices. Nous n’avons plus besoin des analyses de comptoirs des bas-du-front de tous bords.

* Sur les effets de la vidéosurveillance, sources anglophones : http://bit.ly/2cHnVnn ; http://bit.ly/1CBXy9M et sources francophones : http://bit.ly/2cqY3cX

Lire aussi notre article du 18 mai 2016 : « A propos des violences policières »

loi travail

La jeunesse sera particulièrement frappée par la « loi travail »

El Khomri dit ne pas comprendre les vives réactions de la jeunesse face à son projet de loi du travail,

et trouver « absurde » qu’elle s’en méfie. Elle dit également ne pas avoir le sentiment de trahir la gauche.

Les jeunes descendus dans la rue le mercredi 9 mars ne sont pourtant pas de cet avis.

La jeunesse de gauche s’insurge face à un gouvernement dans lequel elle ne se reconnait pas.

Le tournant libéral que représente la loi travail suscite l’exaspération : les conditions de licenciement sont par exemple allégées. Cela touche tous les travailleurs, mais particulièrement les jeunes qui sont plus souvent employés en CDD et les premiers touchés par le licenciement en raison de leur moindre ancienneté dans l’entreprise. Les contrats de travail deviennent totalement modulables : par exemple les apprentis de moins de 18 ans peuvent travailler jusqu’à 10h par jour, à raison 40h par semaine, sur simple décision de l’employeur.

Cette « flexibilisation » du marché du travail est censée, selon les rédacteurs de la loi, mettre la France sur le chemin de l’Allemagne ou du Royaume Uni, qui affichent des taux de chômage inférieurs au notre.

La question est de savoir si la course à la performance économique vaut le sacrifice des conditions sociales réelles de la population.

Au Royaume-Uni, les 5,5% de chômage sont atteints au détriment des conditions de travail. Le « contrat zéro heure » est souvent décrié, permettant à l’entreprise d’employer sans pour autant garantir du travail à ses employés. Cette flexibilité du travail poussée à l’extrême a des conséquence réelles : en 2013 l’ONG Oxfam estimait que 2 millions de britanniques sont mal nourris, et qu’un parent sur six se prive régulièrement de nourriture pour subvenir aux besoins de sa famille.

En Allemagne la pauvreté a augmenté de 15% en 2013 pour toucher 12,5 millions de personnes. Les clivages régionaux se sont creusés, et le nouveau salaire minimum entré en vigueur début 2015 (8,50€ brut de l’heure) n’augure aucune amélioration de la situation. Le pays atteint des records de pauvreté depuis la réunification de 90. Voilà le fameux « modèle allemand » !

 Faut-il donc accepter la baisse de la qualité de nos conditions d’existence au nom de la poursuite illusoire d’une meilleure compétitivité par ces politiques de l’offre ?

En plus de nous précariser, ces dispositions ne permettront pas d’améliorer la santé économique du pays.

Les jeunes ont l’ambition d’accéder à davantage qu’à un emploi précaire et c’est tant mieux. Les détails du projet de loi peuvent demeurer flous, c’est pourquoi plusieurs ateliers de sensibilisation sont mis en place notamment à l’université Jean Jaurès. Une nouvelle mobilisation est prévue pour le 17 mars, et la discussion continue face à un projet de loi très loin de faire l’unanimité parmi les jeunes.

Enfin, outre la particulière fragilisation des jeunes par cette loi travail, les conditions de travail (et donc d’existence) de tous les travailleurs et travailleuses vont se voir dégradées.

C’est pourquoi Casa Nova s’oppose totalement à cette loi, dans sa philosophie et dans le détail. Il ne faut pas l’amender, il faut la retirer et soutenir des politiques publiques qui relancent notre économie de manière écologique, par la consommation populaire et les investissements publics !
terr'eau ciel

Terr’eau ciel : cultiver la ville

« Penser et agir »:

Dans sa première année d’existence Casa Nova s’est faite connaître par un travail de réflexion politique et d’écriture d’articles relatifs à l’actualité métropolitaine, régionale et nationale : le nombre et la qualité de nos lecteurs nous conforte dans la nécessité de continuer ce travail en lien avec l’actualité.  
Pour autant nous ne souhaitons pas nous limiter à ce rôle de veille et d’analyse. Nous avons une ambition politique claire : préparer ce qui doit succéder à la vie démocratique centrée autour des partis, préparer à gauche ce qui doit succéder à la sociale-démocratie libéralisée.
Casa Nova a donc décidé de chercher à identifier localement des pratiques professionnelles  ou sociales susceptibles d’illustrer ce que pourrait être à ses yeux une économie et une organisation sociale durable et enviable.
Nous nous engageons donc dans une série de rencontres de personnes ou de groupes actifs dans la métropole sur des thèmes divers, ayant peu ou prou réalisés l’amalgame entre l’éthique, la durabilité et l’inventivité que promeut Casa Nova et le pragmatisme nécessaire à une indispensable survie économique.
Chaque rencontre en accord avec les divers protagonistes fera l’objet d’une publication.
Ainsi serons nous en mesure de réaliser un état des lieux, certes non exhaustif mais représentatif, de ce que l’on nomme des communaux collaboratifs, que de nombreux promoteurs du développement durable citent en exemple ou appellent de leurs vœux.
Nous aurons  ainsi identifié sur la métropole toulousaine une série de pratique vertueuses, socle pragmatique d’un programme politique qui pourrait être établi . Nous pourrons également ainsi démontrer que les élites actuelles trouveront bien vite des remplaçants. 

Le bureau d’études Terr’eau ciel : cultiver la ville

Nous avons rencontré Florian et Laurent, salariés du bureau d’étude Terr’eau ciel, le 10 novembre 2015, afin de nous faire une idée plus précise de ce que peut revêtir la forme de production agricole qu’est « l’agriculture urbaine ». 
Celle-ci, recommandée par l’ONU, serait l’une des solutions pour nourrir les populations urbaines qui représentent près de 55%  de la population mondiale aujourd’hui et en représenteront 80% en 2030. Ce défi économique et écologique est donc important : créer des pôles urbains qui nourrissent leurs habitants.
Voyons donc Terr’eau ciel comme des « éclaireurs », de notre métropole, des pionniers de ce que nous pourrions y faire.
L’objectif principal de leur activité et de leur engagement  réside dans une contribution pour recréer un lien économiquement rationnel entre l’humain et la planète.

Nous employons le terme d’économiquement rationnel comme antagoniste des modes de production agricole actuels dont les externalités négatives (comme les effets de la pollution ou de l’appauvrissement des sols, externalités non prises en compte dans les coûts de production), empêchent ou nuisent à la viabilité de l’écosystème, et donc aux intérêts de l’humanité.Un modèle rationnel de production agricole est un modèle qui intègre la suffisance des produits et la  minimalisation des externalités négatives ( comme le chômage et la pollution). Terr’eau ciel veut donc créer des lieux et des dynamiques permettant d optimiser les espaces cultivables du tissu urbain.

Cette recherche d’optimisation des espaces cultivables se concrétise par des activités regroupées autour de trois pôles. 
  • Le premier est la création de potagers collectifs, au profit d’écoles, d’entreprises, de logements sociaux ou de copropriétés. Ginestière (2)
  • Le second pôle d’activité est celui du paysagisme comestible, activité consistant à introduire dans les espaces verts des plantes aromatiques ainsi que des arbres et arbustes fruitiers amenant une utilité au paysagisme, complémentaire de son  aspect esthétique.
  • Le troisième pôle de production est purement intellectuel,  destiné aux maîtres d’œuvres et d’ouvrage : Terr’eau ciel produit des études sociales, économiques et environnementales sur l’intégration de projets d’agriculture urbaine lors de la conception d’aménagements urbains (constructions de ZAC, rénovation urbaine…)
La concertation est systématique:
Il faut souligner (outre l’aspect écologique)  que ces trois pôles d’activité ont un point commun  fondamental : ils intègrent des phases de concertation avec les usagers des espaces concernés et établissent des mécanismes permanents de coopération. Ainsi, les usagers modèlent dans la phase de conception le projet en fonction de leur vécu et de leurs besoins, puis par la suite participent à une gestion collective et égalitaire de celui ci. Le renforcement du lien social qu’implique cet aspect est, selon Florian et Laurent, un argument socio-économique non négligeable, notamment lors des commandes publiques (mairies et intercommunalités) ou privées (comme les bailleurs et promoteurs immobiliers), ces formes de production agricole, par leur qualité sociale, apparaissant aussi comme vectrices d’apaisement et de cohésion.NDA PC 1
Nous voyons ici se dessiner trois objectifs de l’agriculture urbaine, connexes à sa fonction primaire d’alimentation:
-Le caractère responsable (contre la pollution des sols, pour la biodiversité ),
-L’amélioration du cadre de vie (le béton et le métal se vivent mieux lorsqu’ils sont intégrés à des espaces verts)
-Le renforcement du lien social. Ce troisième aspect se heurte à un obstacle vertigineux : comment recréer ce que l’économie de marché a détruit ? Quelle énergie collective devrons nous mobiliser, pour construire de nouveaux mécanismes de solidarité?
Terr’eau ciel  existe sous forme d’association depuis deux ans.

Ils envisagent dès que le seuil de rentabilité nécessaire sera franchi, de muter en société coopérative de production (SCOP) et de devenir une entreprise privée. Pour changer de modèle économique et se transformer en SCOP, il faut pouvoir dégager une rentabilité suffisante pouvant amortir une masse salariale correspondant à deux équivalents temps plein (ETP). Selon eux, ils seraient en mesure d’assumer ce basculement mais ils perdraient les avantages du statut associatif qui permet l’appel à des « contrats aidés », à une fiscalité moindre, à des financements publics.

Nous identifions ici la difficulté non négligeable de mettre en œuvre un projet scientifique et urbain avec un objectif socio-politique à travers une activité économique puisque celle-ci, à ce jour, n’est pas encore autonome vis-à-vis de l’artificialité des aides publiques. Pour autant, le jeune âge de la structure explique parfaitement ce statut, qu’il faut considérer comme protecteur pour se lancer dans le bain du secteur concurrentiel.
En termes de revenus de leurs activités, la croissance de Terr’eau ciel est importante : la première année a connu un chiffre d’affaire de 10K€, celui de la seconde s’est élevé à 100K€.  
En se projetant dans un futur politique souhaité nous avons évoqué avec nos interlocuteurs la manière de contribuer politiquement et administrativement à cette forme de production agricole.
  • En premier lieu s’impose l’intégration de ces espaces et mécanismes spécifiques aux outils de planification de l’aménagement du territoire: les plans locaux d’urbanisme (PLU) et les schémas de cohérence territoriale (SCOT), idéalement élaborés dans le cadre d’une intercommunalité.
  • Pour aider à l’attribution de projets à des structures telles que Terr’eau ciel, c’est au commanditaire d’inclure dans la rédaction des marchés des clauses permettant de favoriser l’aspect coopératif et écologique de la production attendue. Si le code des marchés publics, soumis aux règles de concurrence de l’UE, interdit les clauses de « préférence » locale, il est très possible d’inclure d’autres clauses (sociales et environnementales) qui aideraient à l’attribution des marchés à des groupes tels que Terr’eau cielSerre Flottante                        Serre flottante
Le site internet de Terr’eau ciel est ici : http://bit.ly/1H7nZq3 ; et pour aller plus loin, deux articles universitaires qui font loi sur l’agriculture urbaine : http://bit.ly/1j6grrQ et http://bit.ly/1kD1HCD
faire front barricade

Front unique contre le Front National.

Casa Nova Toulouse Métropole n’a pas exprimé de soutien à l’une des listes du premier tour des élections régionales, même si la  mosaïque de ses fondements politiques était de nature à faire émerger une position et un appel au vote.
En effet, nous puisons nos réflexions et positions dans les idées de la gauche socialiste non autoritaire, de l’écologie politique altermondialiste, de la tradition égalitariste républicaine ou encore des mouvements libertaires.
Face aux résultats annoncés du premier tour plaçant l’extrême-droite en première position, Casa Nova Toulouse Métropole, prend maintenant position sur deux points.

Le premier point est l’appel à battre le Front National en votant pour la liste issue de la fusion entre celle du PS et celle du rassemblement EELV-Front de gauche-Parti occitan.

Cet appel est clair et sa justification réside en la formule bien connue : « front unique contre le fascisme ».

Le second point est l’affirmation de la grave responsabilité des gouvernements successifs, jusqu’au gouvernement actuel soutenu par le parti socialiste, dans l’ascension et le renforcement du FN.

Cette ascension qui se constate dans les sondages et lors des élections pourrait le mener, nous le craignons, jusqu’aux responsabilités nationales.

En menant une politique qui accentue le chômage et les bas revenus, qui génère des horaires de travail abusifs et du surendettement, l’actuel gouvernement accompagne la mondialisation dans ce qu’elle a de plus détestable.

La politique du gouvernement renforce ainsi les phénomènes de l’abstention et du vote FN, ce dernier exprimant en partie un besoin de protection face à une économie de marché débridée et un rejet total de la « classe politique », même celle qui  se caractérise comme « radicale »ou « citoyenne ».
Où sont également passées les promesses faîtes à la jeunesse « trahie, sacrifiée, abandonnée, reléguée » selon les mots du Président qui proclamait aussi :  « C’est pour la jeunesse de notre pays que je veux présider la France. »
Cette jeunesse ne voit rien venir si ce n’est la précarité, les crises.

Casa Nova Toulouse Métropole s’est créée dans l’objectif de refaire du politique en dehors des partis dont nous constatons encore une fois la faillite, de « repartir à zéro » dans nos manières de nous faire entendre dans la cité.

Nous pensons contribuer à faire émerger un projet alternatif pour la gauche non libérale, loin des manœuvres politiques et des mécanismes de reproduction des organisations partisanes.
Aujourd’hui et pour les mois à venir, nous appelons ceux et celles se retrouvant dans nos éléments fondateurs à nous rejoindre pour faire du politique en dehors de la politique.
reynié à tout prix

renier pour régner…

Reynié à tout prix  ou se renier pour régner ?

Dominique Reynié, candidat de la droite aux Régionales Midi Pyrénées Languedoc Roussillon, vient de s’exprimer sur sa vision des transports à Toulouse. Un seul mot : consternant !
« Indéniablement, la voiture est le moyen de transport privilégié de nos concitoyens pour leurs trajets quotidiens. Elle représente 60% des déplacements et 74% des déplacements domicile-travail ! Et pourtant, les équipes socialistes sortantes ont décidé pendant des années de tout miser sur le rail, qui concerne à peine 7% des déplacements domicile-travail. La congestion est telle que d’après le rapport du CAS, il faut évaluer à 8,5 € le coût du temps perdu chaque jour dans les bouchons par ces automobilistes. Dans le même temps,des villes importantes de la Région restent enclavées comme Auch ou Castres. La qualité des routes se dégrade. » 
Mr Reynié, enseignant à Sciences Po, a publié en 2011 un livre intitulé « Populismes : la pente fatale ». Avant son engagement en politique il fréquentait assidûment les débats et les plateaux télé, et si on ne partageait pas ses idées, ses analyses et ses explications étaient généralement sensées et respectables.
Mais que lui arrive t-il alors ?
Est-ce son engagement politique qui l’amène à empiler le populisme et la mauvaise foi?
Car c’est une escroquerie intellectuelle de laisser entendre que plus de 75% des déplacements domicile-travail représentent un choix des habitant-es et des travailleurs.Les gens sont dans les voitures, et donc dans les bouchons, car ils n’ont pas le choix et souvent ne peuvent utiliser que ce moyen de déplacement faute d’alternatives viables. Il y a peut-être parmi eux et elles des accros ou des amoureux de la bagnole mais la plupart sont là car ils n’ont pas d’autres possibilité.
Et les équipes socialistes antérieures, qu’elles soient de sensibilité libérale,écologiste, ou de gauche radicale, avaient simplement intégré la réalité : pour que ceux qui veulent ou doivent circuler en voiture puissent le faire, il faut développer des modes de déplacements alternatifs que tous les autres pourront utiliser.
 C’est à partir de ce constat basique qu’un effort avait été engagé pour que Toulouse, qui est une des grandes villes Françaises les plus mal dotée en transports en commun, comble son handicap.

Et si le rail (métro, tram, train) ne concerne hélas que 7% des déplacements c’est parce que bien évidemment il y a peu et pas assez d’équipements de ce type pour que les gens les utilisent.

De plus, laisser croire que c’est en multipliant les routes et les autoroutes que les voitures circuleront mieux est un raccourci mensonger que véhicule le lobby pétrolier et que les majors du BTP  utilisent depuis si longtemps. En effet, rajouter du goudron, des voies ne réduit pas les bouchons. Les rocades et les autoroutes périurbaines,c’est comme les placards dans une maison, on peut en rajouter, ils sont toujours pleins ! 
Et ne parlons pas des coûts et des délais de réalisation.
Enfin, la santé des populations urbaines est largement impactée par la pollution,car comme le souligne le PPA (plan de prévention de l’atmosphère),dont l’enquête publique est en cours, la source principale de pollution dans l’agglomération toulousaine provient du trafic routier: la réduction de la circulation automobile est aussi une nécessité de santé publique.
Plus précisément, pour Toulouse et l’agglomération, la problématique centrale est celle de la réduction de l’oxyde d’azote due au trafic routier, dont la valeur limite annuelle est régulièrement dépassée depuis 2009. La France fait l’objet de demandes d’informations de la part de la commission européenne concernant le non-respect des valeurs limites de concentration en dioxyde d’azote. Toulouse est une des zones du territoire français visée par cette procédure de ‘précontentieux’. Cette état de fait est plusieurs fois mentionné par les collectivités ayant émis un avis sur la PPA de Toulouse Métropole.
Alors qu’est ce qui fait que l’homme Dominique Reynié qui paraissait sensé, voire intelligent avant son engagement en politique, et qui connait tous ces sujets, profère de telles stupidités ?
Nous aurions pu entendre les prises de position pour sécuriser certains axes routiers comme par exemple la RN21 entre Toulouse-Castres:sécurisation plus urgente que la construction d’une autoroute à péage. Mais non, le candidat de la droite a fait le choix de la tactique politicienne : un exemple édifiant de ce que devient « la politique » quand elle supplante « le politique ». Nous pouvons aussi aisément imaginer que Monsieur Reynié se sente redevable du soutien que le Maire de Toulouse lui a apporté lors de la désignation de la tête de liste régionale. 
Casa Nova vous invite à regarder la photo de presse qui met en scène Jean Luc Moudenc et Dominique Reynié, et à imaginer les « vrais-faux » échanges entre l’impétrant politicien et le vieux briscard : il fait beau, un léger vent d’autan agite les quelques feuilles qui s’accrochent encore aux platanes du canal, les deux hommes sont seuls et devisent loin des micros en toute tranquillité, mais une petite feuille de platane s’immisce subrepticement entre eux.DSC_0656-630x0
Imaginons ce qu’elle pourrait entendre :
Reynié :Mais enfin Jean Luc, la deuxième rocade que tu as promise, c’est moi qui vais me la coltiner à la Région ? Tu vas me demander de la co-financer ?
Moudenc:Ne t’inquiète pas Dominique, tu peux la promettre : le temps d’étudier, de trouver un tracé, de produire des études d’impact,de chercher des financements,de consulter les diverses instances et administrations, d’effectuer les concertations des publics et des territoires du temps va passer, d’ici là tu auras le temps d’être réélu, ou rebattu, au moins 3 fois !
R: Ah d’accord,mais la circulation à Toulouse, ça ne peut se résoudre que par une installation prioritaire des transports en commun et des modes doux, et ça tout le monde le sait.
M:Bien sûr, mais si je fais ça, je risque de ne pas être réélu car les travaux sont assez lourds et pénalisants et les bénéfices ne seront pas perçus dans mon mandat.
R:Mais alors on fait quoi ?
M:Ben on laisse croire qu’on peut faire des transports en commun qui n’impactent pas la voiture : par exemple le métro.
R: Oui mais c’est cher et très long à réaliser!
M: Justement, tout est là : le temps qu’on étudie, qu’on trouve le bon tracé,qu’on mette d’accord les diverses assemblées, j’en serai à la fin de mon second mandat. Je promettrai alors la réalisation de mon métro pour mon second mandat et toujours ma seconde rocade. 
R:Oui mais il faut bien que tu fasses quelque chose pour les Transports en Commun dès maintenant.
M:Heu, oui, je leur fait du Linéo. Enfin pas du vrai qui aurait son couloir de circulation tout au long du trajet. Là je fais du « Lattinéo » c’est du bus qui roule au milieu des bagnoles, avec une ligne en site propre là ou il n’y a pas de problèmes et une rupture du site propre avant chaque carrefour ou feu rouge pour stocker les voitures afin que le bouchon paraisse moins long: je suis d’ailleurs en train d’en faire installer une sur le Boulevard du Maréchal Juin qui passe devant le Conseil Régional.C’est pas cher la peinture, comme pour les pistes cyclables.
R:Mais ça marchera pas !
M: Oui mais ça le temps qu’ils le réalisent, je serai réélu… après on verra bien.
R: Je suis pas très convaincu intellectuellement.
M:Ha mais c’est le métier : soit tu fais comme Cohen et tu te lances dans des solutions certes durables mais dans un premier temps assez pénalisantes et tu n’est pas réélu surtout quand tu ne prends pas la peine d’expliquer, de rencontrer les habitant-es en dehors des réunions de secteur ; ou tu promets ce que les gens veulent entendre, tout et son contraire, et tu es élu comme moi.
R:Mais après ?
M:Ben après tu fais rien, ou le moins possible et tu as tiré 2 mandats, c’est déjà pas mal.Et puis, tu as toujours l’État sur qui taper ou les autres collectivités que tu peux accuser de bloquer tes projets.
R: Bon c’est imparable ton truc, mais pas très honnête intellectuellement
M: Dis toi que le premier devoir d’un élu, c’est d’être réélu, et tu verras ça passe beaucoup mieux .
R:D’accord s’il faut en passer par là, mais pour la LGV, on fait quoi, parce que là aussi c’est infinançable, déjà qu’on a du mal à entretenir le réseau existant .
M:Et bien dis toi aussi que derrière nous il y a les majors du BTP, et que Bouygues, Eiffage, Vinci et compagnie, sont beaucoup plus forts que tous les élus Métropolitains ou Régionaux : donc là c’est eux qui vont décider, nous on suit et on porte le bébé qu’ils nous préparent avec un beau partenariat public privé en prévision. Mais moi j’aime bien aider les grands groupes privés.
La petite feuille emportée par le vent n’en entendra pas plus … mais elle aura compris que sous des airs de matamores ou de conquérants, les élu-es libéraux ne sont en fait que les vassaux et les porte valises des puissances financières, et que si les citoyen-nes que nous sommes ne font pas front, alors les politicien-nes sont nu-es face aux financiers.
Sans l’exigence et la volonté citoyenne « le » politique n’existe plus et « la » politique s’étale dans tout ce qu’elle a de plus vil et de détestable faisant le lit des extrêmes.
Non l’engagement en politique ne rend pas idiot et « le politique » que promeut Casa Nova qui permet d’élever l’esprit est le limitateur du cynisme tactique de l’indispensable politique, comme le Jiminy Criquet de Pinocchio.
Nous prendrons donc notre part dans le débat des élections régionales. Mais pas à la manière de Dominique Reynié venu à Toulouse pour soutenir des projets toulousains. Nous reviendrons plus en détail sur le contenu des propositions de chaque liste en présence.
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les indignations sélectives

Charte de déontologie: sursaut éthique ou coup de com’ ?

A l’occasion du vote par le conseil municipal d’une charte déontologique et suite au dévoilement par Casa Nova de deux cas d’élus toulousains ayant reçu des cadeaux d’entreprises privées, un débat s’est ré ouvert sur la nécessité de préserver les élu-es de la tentation.
Nous revenons ici sur les réactions suscitées par notre précédent texte et sur les débats autour de la charte souhaitée par Jean-Luc Moudenc.

Un texte qui définit les fautes sans prévoir de sanction n’est qu’un exercice de communication

La Charte déontologique adoptée en conseil municipal liste des obligations ou interdits destinés aux élu-es. Mais elle ne prévoit pas de sanction, fut-elle politique, en cas d’infraction. Elle n’est pas plus contraignante que ça. Son efficience est donc limitée et son utilité, pour Jean-Luc Moudenc, ne peut être que de l’ordre du marketing politique.
De fait, quand la société veut se prémunir contre des comportements qui lui seraient dommageables, elle fixe des règles et se donne les moyens de les faire respecter en prévoyant des punitions pour ceux et celles qui viendraient à les enfreindre. Ainsi, le Code pénal, dans son article 221-1, indique : « Le fait de donner volontairement la mort à autrui constitue un meurtre. Il est puni de trente ans de réclusion criminelle. » Définition de la faute et annonce de la peine encourue, on sait à quoi s’en tenir : tuer son voisin est une chose interdite et la société vous embastillera durablement si vous avez la gâchette trop facile.
Toutes proportions gardées, le maire de Toulouse, avec sa charte, s’est plutôt placé sur le terrain de l’injonction « divine ». Il a délivré en 5 points une sorte de « tu ne tueras point », sans avoir eu à escalader le mont Sinaï. L’adoption de son texte en conseil municipal, c’est sa révélation à lui, mais avec moins d’effets spéciaux. Et avec moins d’effets tout court, du coup, parce que la colère de Dieu pouvait faire l’affaire à une époque, mais la colère de Jean-Luc Moudenc… comment dire ?

C’est donc de la com’, encore de la com’, toujours de la com’.

Ce sentiment d’avoir assisté à une simple séquence de communication est renforcé par le refus du Maire de Toulouse de reporter l’adoption de cette Charte.
Ce report a été demandé par les différents groupes de l’opposition afin qu’un travail plus approfondi soit mené.
Cette charte aurait pourtant pu être moins creuse et aller au-delà des principes généraux si par exemple les amendements portant sur de nombreux articles de la charte (et présentés par le groupe Toulouse Vert Demain) avaient pu être discutés et adoptés. Amendements qui portaient entre autres dans les principes généraux sur le rappel du nécessaire respect  « des valeurs de la République, notamment la laïcité et les égards dus aux minorités, ainsi que dans le respect des grandes déclarations universelles des Droits Humains qui régissent notre droit constitutionnel et les conventions internationales ». Plus loin les élu-es indiquent que « les élus du Conseil municipal de la Ville de Toulouse prenant toute la mesure du temps nécessaire pour remplir correctement leur mandat, instituent les règles de non-cumul de mandat ». En matière de probité, le groupe Toulouse Vert Demain souhaitait intégrer des sanctions : « Au nom de l’exemplarité des élus, le Maire s’engage à suspendre les fonctions exécutives et les délégations d’un élu mis en examen pour un délit d’atteinte à la probité, pour faits de violence caractérisée ou pour des actes racistes, xénophobes, sexistes ou homophobes.  Il s’engage à retirer les fonctions et délégations de l’élu qui a fait l’objet d’une condamnation définitive pour les délits indiqués. » Enfin, les élu-es ont souhaité intégrer une partie sur la Transparence financière.
Gageons également que les élu-es se seraient sans doute senti-es plus engagés-es à respecter une charte définie en commun (et publiquement) par l’ensemble des élu-es de la collectivité, et que ce texte y aurait peut-être gagné en crédibilité auprès des électeurs et électrices.
Mais le Maire de Toulouse a fait un autre choix : vote de la Charte et, pour tout de même répondre aux demandes de l’opposition, création d’un groupe de travail sur cette charte adoptée.
Nous suivrons avec intérêt le travail de ce groupe.

Faute avouée est à moitié pardonnée

Vraiment ? C’est pourtant ce que semblent demander certain-es élu-es et ex-élu-es toulousain-es.
Nous ne souhaitons pas ici accabler une personne, mais la défense de Jean-Michel Lattes a manqué un peu de rigueur. Pour le premier adjoint de la quatrième ville de France, professeur de Droit de surcroît, il aura donc suffit d’admettre avoir fait preuve d’inattention, de nier la faute, tout en la réparant en faisant un chèque à une ONG. Dont acte. Juré craché il ne recommencera plus. La charte du maire fera le reste.
Nous jetterons ici un voile pudique sur le cas de monsieur Bolzan, qui quant à lui n’a même pas eu la délicatesse de concéder que les petits cadeaux pouvaient être mal interprétés par des esprits aussi chafouins que les nôtres.
L’affaire se corse quand les soutiens de monsieur Lattes réagissent à l’offense qui lui est faite.
Pour certain-es, dévoiler la faute d’un-e élu-e, c’est crier « tous pourris » et faire le jeu du FN. C’est vrai, contribuer à creuser le fossé entre peuple et élu-es est de nature à nourrir le vote protestataire, et donc le vote FN. Mais qui creuse, ici ? Ceux et celles qui ont mis la chose en lumière ou l’élu qui accepte un cadeau d’une entreprise vivant de marchés publics (et qui en affiche les preuves sur Facebook) ?
Pour Casa Nova, l’exemplarité des élu-es n’est pas négociable, et nous savons que le FN n’échappe pas, bien au contraire, aux comportements qui bafouent l’éthique, la déontologie et même plus souvent la loi. Interrogeons-nous plutôt sur pourquoi le vote contestataire s’exprime dans un vote FN avant de critiquer ceux et celles qui lèvent le voile sur des comportements qui nuisent à la politique et l’action publique.
La droite défend son élu, c’est humain.
Mais les choses se compliquent encore quand l’adjoint à l’urbanisme de la précédente équipe municipale réagit à son tour, sur Facebook également (voir capture d’écran ci dessous) en demandant l’arrêt des « persécutions ». « Mais qui n’a pas accepté une invitation au restaurant ? Qui n’a pas accepté une bouteille en fin d’année ? » écrit-il. Et de proposer comme solution pour éviter ce qui serait « malvenu » un « manuel destiné aux élus » dont la diffusion pourrait « rester interne ».
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Des élu-es et ex-élu-es, de droite comme de gauche, peuvent donc encore aujourd’hui plaider en faveur des petits cadeaux maladroitement acceptés. Ils et elles peuvent encore croire qu’il suffit de jurer qu’il n’y a pas eu et qu’il n’y aura pas de contrepartie. Ils et elles peuvent encore s’absoudre mutuellement de leurs pêchés véniels. Ils et elles peuvent encore essayer de nous faire croire qu’un petit vade mecum des bons et mauvais cadeaux sera le rempart contre la corruption. 
De fait, la distributions de places gratuites, pour le stade ou pour les salles de spectacles, est une habitude bien ancrée. On offre aux collectivités des invitations au match et au concert. Ce n’est pas forcément le cadeau d’une entreprise à un-e élu-e, d’ailleurs, c’est plus communément une politesse faite par l’organisateur de la manifestation, une question de protocole. C’est parfois un échange de bons procédés dans la transparence : la mairie fournit la salle et se fait payer en partie avec des places gratuites attribuées aux écoles par exemple. Mais c’est toujours un peu embarrassant de voir sur les réseaux sociaux que des ex-élus vont beaucoup moins au stade ou à l’opéra depuis qu’ils ont perdu leurs mandats. Et que dire de la distribution discrétionnaire de places aux ami-es, ce petit clientélisme du quotidien, pas forcément très encadré ? Le diable est, aussi, dans les détails.
Les quotas de places attribués par les organisateurs d’événements culturels et sportifs aux collectivités pourraient pourtant être distribués dans la transparence par les comités d’entreprise ou autres services sociaux, ou encore à des écoles ou des associations caritatives (oui, les pauvres aussi peuvent avoir envie d’aller au concert)… plutôt que d’être répartis dans l’opacité aux copains et affidé-es.*
Tous ces élu-es ont pourtant continuellement à la bouche la défense de la République. Comment peuvent-ils avoir oublié que la « vertu républicaine », le désintéressement dans la pratique de la chose publique, est un des piliers de la République ? Comment peuvent-ils s’éloigner à ce point d’un « Robespierre l’incorruptible » qui a apporté autant à l’invention de la République ? Mais bien heureusement d’autres se fixent d’eux et d’elles-mêmes des règles très claires.

La transparence et la probité plus que jamais nécessaires

Dans une société qui voit jour après jour les puissances publiques réduire leurs dépenses et augmenter leur fiscalité, les citoyen-nes portent un regard de plus en plus suspicieux sur les élu-es.
Comment accepter en effet de faire des sacrifices si l’on soupçonne que ceux et celles qui les demandent (ou les imposent) peuvent se goberger aux frais du contribuable ou manquer de rigueur dans l’attribution de marchés (et donc de fonds) publics à des entreprises privées ?
Quand on est un personnage public, un-e élu-e ou un-e militant-e, admettre un distinguo entre ce qui serait vraiment mal (les hold-up d’un Cahuzac ou d’un Balkany) et les « petits cadeaux » sans malice « à quelques centaines d’euros », admettre cela c’est prêter le flan à l’accusation de « tous pourris », c’est contribuer au délitement de la société.
Mais sans doute le traitement du seul symptôme (la corruption, la possibilité même de la corruption, la plus insaisissable suspicion de corruption) ne suffirait-il pas. La morale personnelle ne suffit pas. Ce qui reste de la République ne suffit plus.
Seul un travail collectif pour refonder une société et des institutions nouvelles, renforçant l’encadrement et le contrôle des responsables de la chose publique, paraît aujourd’hui pouvoir répondre à la peur et aux colères qui montent.
Et ce travail collectif devra se faire en gardant à l’esprit qu’en politique, la forme importe autant que le fond, que la forme est parfois le fond.

 

 

*Casa Nova décode l’organisation libérale du sport professionnel :
En plus d’éventuelles subventions publiques, le sport professionnel est organisé autour d’un système d’investisseurs et de partenaires, avec des entreprises qui participent au financement ou à l’investissement nécessaire au sport spectacle (stades,villes étapes du Tour de France, construction de bateaux, etc …). En contrepartie les investisseurs disposent d’invitations qu’ils utilisent à leur gré, c’est à dire réservées à leurs clients ou acheteurs potentiels, parmi lesquels élu-es et fonctionnaires situé-es à des postes clé sont une cible de choix. La loi si elle est appliquée devrait être de nature à réguler ces pratiques, donc à modifier les système de partenariat et de financement du sport spectacle. Ainsi les places offertes aux collectivités devraient pour ne plus être des cadeaux douteux être gérées par les Comité d’Entreprise ou les Services Sociaux. A défaut les invitations devraient au moins être considérées comme des avantages en nature et déclarées comme telles (à l’instar des logements ou voitures de fonction).
Nous assistons aussi à une pratique récente en France mais qui existe depuis longtemps outre Atlantique : le « naming » qui consiste à nommer les équipements publics du nom d’un sponsor, comme dernièrement le stade de Bordeaux (Matmut Atlantique), ou celui du Mans (MMArena). Si ces nominations commerciales accolées à un lieu ou un évènement restent du domaine de spectacles ou de lieux privés on peut s’en accommoder, mais lorsqu’il s’agit d’équipements publics, une dépendance commerciale de la collectivité est quand même gênante d’un point de vue déontologique. Quant à l’élégance et à la part du rêve chacun pourra apprécier…
Ainsi, comme l’a laissé entendre Jean-Luc Moudenc à ceux qui voulaient honorer Just Fontaine, peut être verrons nous sous peu un nouveau Stadium affublé d’une marque de cassoulet ou de saucisse !
charte éthique

Déontologie : le 1er adjoint au Maire de Toulouse, invité au rugby par Vinci

Le Conseil Municipal de Toulouse présentera le 16 octobre prochain sa charte de déontologie….qu’en pensent Vinci et le 1er adjoint ?

Toutes les démarches qui visent à assainir un certain nombre de pratiques des élu-es locaux sont bonnes et Casa Nova les soutient. Notons qu’il suffirait de simplement respecter la Loi n°2013-907 du 11 octobre 2013 relative à la transparence de la vie publique, qui définit le conflit d’intérêt comme « toute situation d’interférence entre un intérêt public et des intérêts publics ou privés qui est de nature à influencer ou à paraître influencer l’exercice indépendant, impartial et objectif d’une fonction». Au lieu de cela nous constatons l’apparition de charte ici éthique ou là déontologique comme à Toulouse.

Le Maire de Toulouse a donc décidé de mettre à l’ordre du jour du prochain conseil municipal une charte déontologique…un texte bien utile pour rappeler à tous et toutes les principes de la loi et à certain-es de ses adjoint-es en particulier, qui ne semblent pas bien savoir ce qu’est la déontologie.
Notre propos n’est pas ici de dénoncer de gros scandales, mais de montrer que c’est à travers des habitudes apparemment anodines et ancrées dans les us et coutumes de nos édiles et des dirigeant-es, que se révèle l’emprise du monde des affaires sur les élu-es et que la collusion généralisée flirte avec l’inconscience individuelle et collective. Continue la lecture

cour contes

Les contes de la Cour des Comptes : nos chers lycées

L’éducation n’a pas de prix, mais le lycée coûte trop cher selon la Cour .

La cour de comptes fait un constat sévère dans son rapport rendu public mardi 29 septembre 2015, relatif au coût des lycées .
La mission de la cour des comptes est de «  s’assurer du bon emploi de l’argent public et en informer les citoyens »
Elle est donc dans son rôle quand elle pointe un déséquilibre avec les autres pays de l’Organisation de Coopération et de Développement Économique (OCDE), la France dépensant 26 milliards d’Euros par ans pour les lycées, soit 18,6%du total consacré à l’éducation, un lycéen Français coûtant 10102€ contre 7347 en moyenne dans les autres pays de l’OCDE.
Ceci étant dit, là devrait s’arrêter son intervention, les citoyens et le gouvernement étant informés de cet état de fait.
On peut déjà se demander quelle est sa légitimité pour citer à titre informatif l’observation du Programme International de Suivi des Acquis des élèves (PISA) qui met en exergue ce déséquilibre Français en faveur du lycée, alors que nos voisins favorisent le primaire , là ou tout se joue selon certains.
Mais là ou ça dérape vraiment, c’est quand cet aréopage de comptables se met à expliquer qu’il faut moins d’heures de cours, moins d’établissements, moins d’options et simplifier le baccalauréat .
Cela part sûrement d’un bon sentiment, comme le souligne l’analyse l’historien de l’éducation Claude Lelièvre, qui constate que « de fait notre système privilégie les élites, leur renouvellement, voire leur élargissement ».
Mais alors même si cette remarque est vraie, elle devient suspecte du fait qu’elle est formulée non par une instance experte mais par la Cour des Comptes : quelle est la compétence de ces comptables pour donner des conseils en matière d’enseignement et de son organisation ?
laviemoderne( voir sur www.laviemoderne.net, le blog de Loys Bonod, « Le fabuleux rapport de la Cour des comptes ». ) http://www.laviemoderne.net/grandes-autopsies/52-le-fabuleux-rapport-de-la-cour-des-comptes
Certes n’y a pas péril en la demeure,la situation du gouvernement et les échéances électorales nous mettant « à l’abri » d’une restructuration de notre système d’enseignement, qui n’a d’ailleurs pas encore assimilé les dernières réformes.
Mais si nous étions dans une conjoncture différente, les « conseils » de la Cour des Comptes  qui sont presque des injonctions pourraient alors à bon ou mauvais escient être suivis des faits.
Car en effet et élargissons la problématique au delà de l’Éducation Nationale, comment se fait il que cette instance de vérification des comptes publics se soit depuis quelques années transformée en un service aux compétences multiples qui revendique des expertises dans tous les domaines en préconisant des politiques publiques à l’endroit du gouvernement et en lieu et place des instances expertes .
Et bien très insidieusement parce que nous sommes rentrés dans une période de libéralisme sans retenue avec son corollaire : la finance et ses instances comptables dirigent le monde. 
Ainsi jadis cantonnés dans leur rôle, les experts en comptabilité se parent maintenant de toutes les compétences et revendiquent une expertise universelle, la Cour des Comptes en étant un exemple.

Au point que les seuls critères quantitatifs sont pris au sérieux par nos dirigeants à la pensée unique, au détriment de tous les critères appréciatifs : exit ou au second plan, tout ce qui ne peut pas être évalué de manière binaire, les disciplines artistiques, culturelles, la littérature…
Mais soyons comptables à notre tour :il y a donc là pour nos dirigeants qui cherchent à dégraisser le personnel des ministères une opportunité à la Cour des Comptes puisque celle ci au delà de ses missions de vérification comptable consacre une grande partie de ses ressources à expertiser des domaines qui ne sont pas les siens.
En limitant strictement la cour des comptes à  sa mission qui est de « s’assurer du bon emploi de l’argent public et en informer les citoyens » il serait certainement possible de déplacer nombre de personnes zélées affectées à des tâches qui ne regardent pas leur administration (enfin pas plus que vous et moi ) vers de ministères qui eux manquent de moyens pour assurer leurs missions.
Voila une modeste contribution de Casa Nova pour une remise à l’endroit de ce qui fonctionne à l’envers : en l’occurrence la Cour des Comptes.
Le-cri-de-la-carotte

Repas végétariens à la cantine: racisme ordinaire ou amélioration de l’ordinaire ?

Le végétarisme détourné en paravent de la xénophobie ?

        
La Mairie de Toulouse annonce l’introduction dans les cantines scolaires, en lieu et place des menus sans cochon (menus dits différenciés), des menus sans viande.
Une habileté politique car ce-faisant Jean-Luc Moudenc contente, une fois n’est pas coutume et faut il le lui reprocher, les musulmans et juifs pratiquants (qui peuvent ainsi éviter la consommation de viande non casher ou de porc à la cantine) ainsi que les végétariens de tous poils.
Au passage, et ce n’est pas anecdotique, il caresse dans le sens du poil la droite dure de son électorat qui, si elle n’a rien à redire au respect des régimes sans viande sans connotation religieuse, réagit violemment lorsqu’on lui parle de régime à caractère confessionnel, sans porc ou casher.
Nous continuerons à le déplorer ici, la laïcité (un des piliers de la République déliquescente) est aujourd’hui instrumentalisée pour humilier le musulman, en l’occurrence, l’enfant musulman.
Faut-il éviter le procès d’intention et y voir comme les élus Verts la victoire d’une proposition qu’ils avaient faite pendant les élections municipales, et se féliciter de la mesure?
Ou convient-il davantage de dénoncer un politiquement correct raciste, en soulignant que l’on ne fait pas du sans-porc mais du sans-viande, et qu’il s’agit une mesure vexatoire, déguisée en concession aux amis des bêtes et du tofu?

Casa Nova ne tranchera pas aujourd’hui cette question mais propose une réflexion sur les débats anciens et les comportements récents qui se développent autour de ces amis des bêtes et du tofu, autrement dit la question de la consommation et de l’exploitation animale.

        
Très répandues dans la mouvance écologiste, les prises de position en faveur des animaux mobilisent aussi ailleurs, de l’icône flétrie Brigitte Bardot au très médiatique et très socialiste journaliste Aymeric Caron qui étale ses convictions à qui veut l’entendre dès que l’entretien de sa chevelure lui en laisse le temps, en passant par le très bouddhiste Mathieu Ricard et les nombreux amis des bêtes, mais sans oublier non plus le précurseur Jean-Jacques Rousseau puis Claude Lévy-Strauss dont les écrits ont sans nul doute bien plus fait avancer l’ethno-anthropologie que l’agro-industrie mondiale et les comportements culinaires de nos contemporains.
        
Il est en effet possible au moins de comprendre car c’est l’affaire de tous (à défaut d’adhérer car c’est l’affaire de chacun) le rejet de la Corrida, de la chasse, de la pêche, et autres atavismes culturels.
Il est rassurant que soient contestés les élevages industriels ou les abattages indignes ou traumatisants d’animaux.
Il est tout aussi aisé de comprendre et de partager le fait que la consommation carnée soit très excessive, tant d’un point de vue environnemental que de santé publique .
        

En revanche, et c’est l’objet de ces lignes, si l’on pousse la logique jusqu’au bout,comme le fait la mouvance Végane, qui est au végétarisme ce que l’intégrisme est à la religion, n’aboutit-on pas à une négation des lois de la nature, qui est fondée sur la vie et la mort, celle-ci naissant de celle-là?

        
Évacuons ici (mais nous retravaillerons cette question dans un article à venir) ce qui peut faire consensus, comme l’éradication des souffrances animales indignes ou inutiles, et la nécessité de réduire la consommation de viande, pour nous intéresser à la question philosophique ou au moins générique :
Peut on sans contradiction intellectuelle prôner le végétalisme, autrement dit peut-on organiser la nature sans que des animaux se mangent d’une espèce à l’autre, puisque c’est bien de cela qu’il s’agit quand on évoque l’antispécisme sans lequel le Véganisme ne serait pas ? (L’antispécisme c’est considérer que l’homme n’est pas une espèce supérieure ou différente, mais une espèce parmi d’autres.)
        
Remarquons d’abord que, contrairement au végétarisme, un végétalisme strict aboutit pour l’espèce humaine en particulier, et pour les mammifères omnivores en général, à des carences que seuls des apports issus de l’industrie chimique et pharmaceutique peuvent compenser : la nature livrée à elle-même ne permet pas un équilibre physiologique avec un régime alimentaire strictement limité aux végétaux.
Mais quitte à écorner l’antispécisme, admettons que nous disposions de compléments alimentaires produits « proprement » et que l’espèce humaine puisse se nourrir uniquement de végétaux et de produits de synthèse. 
        
Remarquons ensuite que nombre d’animaux carnivores ou omnivores doivent tuer pour se nourrir : oui nous direz vous mais c’est sans l’intervention de l’homme qui doit laisser faire la nature sans y interférer .
Mais comme pour le réchauffement climatique, il est trop tard pour laisser faire. Ou plutôt laisser faire c’est faire un choix.
       
Exemple :
Il y a en Espagne une espèce de Lynx (Lynx Ibérique ou Lynx Pardelle) qui est en voie d’extinction.
Ces animaux qui vivent en Andalousie dans la Sierra Morena font l’objet au nom de la biodiversité d’une action de sauvetage de l’espèce qui vise à réintroduire des sujets dans les endroits qu’ils ont déserté.
Ces lieux ont été désertés pour une seule raison : les lapins dont ils se nourrissent exclusivement ont disparu à cause de la myxomatose dans les années 70 et et d’une maladie hémorragique (venue d’Asie) à la fin du siècle dernier.
L’essentiel des financements et des actions consistent donc, au delà et en préalable au déplacement des lynx vers les zones à repeupler, à leur procurer des moyens de subsistance à savoir des lapins qui doivent donc être réintroduits sur la zone.
Nous assistons donc et au nom de la biodiversité, à un élevage (intensif?) de lapins qui sont relâchés soit dans les enclos ou attendent les lynx (ou ils sont dévorés rapidement) soit dans les sites ou les lynx seront réintroduits (ou ils seront dévorés moins rapidement mais tout aussi sûrement, l’objectif étant qu’ils se reproduisent avant de servir de repas).
Pour assurer la survie d’une espèce l’homme élève donc d’autres animaux destinés uniquement à nourrir l’espèce menacée.
        
Cette observation en rejoint d’autres, comme celles du mode de vie des Inuits basé sur la chasse et la pêche combinant, comme souvent, nécessité vitale et atavisme culturel et pour qui un légume frais dans leur assiette est aussi étrange qu’une tranche de phoque dans la nôtre.
Et quid des tiques et autres moustiques dont les piqûres sont potentiellement porteuses de pathologies graves ? 

Il semble donc que l’exploration des limites des positions radicales quant à consommation des êtres vivants entre-eux se heurte inéluctablement aux lois de la nature et à la condition humaine, qui bien qu’aspirant à une élévation de l’âme n’en est pas moins réduite à gérer son esprit au travers des limites de son corps.

        
Le véganisme ne s’apparenterait-il donc pas plus à une fuite qu’à un combat, à une religion ( intégriste?) qu’à une idéologie ?
Et que penser ou plutôt qu’espérer de l’exploitation de l’animal par l’homme, quand le principe qui domine encore le monde est celui l’exploitation de l’homme par l’homme ?
Sur ce, Casa Nova vous souhaite un bon appétit et vous invite à méditer sur le cri de la laitue.