Archives pour la catégorie Penser le renouveau démocratique

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Y aura-t-il un élu Toulousain invité aux Jeux Olympiques ?

Casa Nova a naguère révélé les comportements douteux d’élus qui acceptaient des invitations à des spectacles ou des manifestations sportives, lançant un débat qui eu des suites avec l’adoption par le conseil municipal d’une charte de déontologie à l’usage des élus municipaux en octobre 2015.

Si Jean-Michel Lattes avait fait amende honorable pour avoir accepté une invitation de Vinci à un match de rugby outre-Manche, Jean-Jacques Bolzanélu au Commerce de la ville de Toulouse, n’avait quant à lui pas réagi,trouvant sans doute normal que la société « Carrefour » l’invite sur le Tour de France 2015.

Aujourd’hui, la presse locale, maintenant attentive au comportement des édiles municipaux, épingle Frédéric Brasilès, invité à la finale du Top 14 de rugby au Camp Nou à Barcelone.

Interrogé, celui-ci ne voit pas de conflit d’intérêt dans cette invitation par le PMU. Dans le cas de l’élu chargé des « Fêtes et manifestations » il n’est pourtant pas difficile de comprendre pourquoi le PMU - qui vit de l’organisation des jeux d’argent autour de manifestations à caractère sportif - a tout intérêt à se mettre Frédéric Brasilès dans la poche.
Indubitablement, cette invitation, comme le stipule la charte municipale, est pourtant par son « intention, de nature à influencer ou paraître d’influencer l’exercice indépendant et impartial des fonctions » de l’élu en question.

Mais, comme nous le dénoncions à la suite de son adoption par le Conseil Municipal dans un article intitulé « les indignations sélectives », cette charte tient davantage du « coup de com‘ »que d’une réelle volonté de moraliser la vie publique, puisqu’elle ne comporte pas de sanctions et permet une fois de plus d’argumenter et de tergiverser autour de l’acceptation de ces cadeaux, comme le fait JL Moudenc pour défendre son adjoint pris la main dans le pot de confiture : « l’invitation avait un caractère personnel et bla bla bla … » comme si même en week-end, on ne demeurait pas un élu !

Il eut pourtant été simple pour M. Brasilès d’accepter l’invitation en payant sa place pour éviter toute polémique, mais non !
Ce n’est pas ici la teneur ou le montant du cadeau qui interpelle et pose problème … Ce qui est grave, c’est que pas un instant ne vienne à l’esprit de certains élus que leur fonction est incompatible avec le moindre cadeau, et ce dans une période ou la fonction d’élu est de plus en plus critiquée au regard des privilèges que s’arrogent certains.
M. Brasilès participe de fait à renforcer la détestation de la classe politique.

Casa Nova invite ses lecteurs à relire ses articles d’octobre, qui gardent hélas toute leur actualité, et à rester vigilants pour que le sentiment du« tous pourris » ne continue pas à gangrener la vie publique.

Même sil est parfois tentant de céder à cette expression, y compris pour nous qui aspirons à participer aux échéances électorales. 

49.3

Le recours au 49.3 sonne le glas de la 5éme République.

Palme d’or pour le 49.3 ?

En 1986 Jean Jacques Beneix, Jean Hugues Anglade et Béatrice Dalle mettaient le feu au tapis rouge avec 37,2 le matin.Trente ans après  François Hollande, Manuel Valls et Myriam El Khomri grimpent à  49-3 le soir et mettent le feu à la rue.
Le shérif Valls avec son 49,3 nous rejoue tristement un scénario écrit à l’avance. 
Certes nous sommes encore loin de l’hyperactivité de Michel Rocard sur ce plan là (tiens tiens déjà un 1er ministre socialiste, mais qui lui, disons le aussi, ne disposait que d’une majorité parlementaire relative) mais cet acte autoritaire de la part du trio ne fait qu’effriter le peu de confiance qu’une grande partie de la population donne au gouvernement et au Parlement.
Car oui cette décision de recourir à l’article 49-3 de la Constitution est lourde de sens.
-Lourde de sens car le gouvernement refuse le débat parlementaire sur une réforme qui touche aux fondamentaux de la gauche : la protection des droits des salarié-es par le Code du Travail .
-Lourde de sens car le gouvernement refuse d’entendre les revendications d’une grande partie de la population qui s’exprime dans la rue, sur les réseaux sociaux, par des pétitions.
-Lourde de sens car le gouvernement valide ici un constat : cette 5ème république est mourante.
Comment en effet penser que la République se porte bien quand un gouvernement refuse aux député-es de sa majorité la possibilité de débattre, de déposer des amendements ?
Comment penser que les institutions de la 5ème République nous représentent (mais qui le pense encore aujourd’hui ?) si le Président de la République et le Premier Ministre se refusent à entendre la parole de la population et à accepter que l’Assemblée Nationale en soit la caisse de résonance.
Un tel choix valide le message du  « cela ne sert à rien d’aller voter, ils-elles font ce qu’ils-elles veulent après et ne reviennent vers nous qu’au moment des élections ».
Oui, François Hollande et Manuel Valls ont décidé de cracher impunément à la figure de notre démocratie et de la population….François Hollande entérine définitivement qu’il n’a mené qu’une campagne de communication pendant l’élection présidentielle et qu’il a menti aux citoyen-nes qui attendaient enfin la mise en œuvre d’un autre modèle économique et social.
Naïfs nous fumes pour un grand nombre mais nous voulions tant y croire.
Ce choix du recours au 49-3 est symptomatique du basculement du Parti  Socialiste.

Le PS hurle depuis des années avec les loups lorsqu’il est au pouvoir. Depuis 1983 et le tournant de la rigueur du gouvernement Mauroy, depuis les nombreuses privatisations sous le gouvernement Jospin, et avec des pans entiers de la récente Loi Macron…. ces  loups ultra libéraux, restent prêts à dévorer ce qu’il reste de protection du droit des salarié-es dans le Code du Travail. Il est bien plus facile de suivre la meute que de s’en extraire pour enfin prendre les bonnes décisions face à la montée de la précarité au travail, à l’explosion du chômage, etc. Car cette meute libérale, organisée bien au delà de l’hexagone, est, reconnaissons-le forte et efficace. Elle parvient avec le soutien de médias peu enclins à la réflexion et de pseudo-intellectuels désinhibés à faire croire que ce pays ne veut pas se réformer, qu’il s’arc-boute sur des acquis sociaux auxquels les gouvernements ne peuvent pas toucher. Pourtant le droit du travail est attaqué de tous côtés, les conditions de travail dans de nombreux secteurs se dégradent. Les emplois précaires explosent…mais pas encore suffisamment semble-t-il pour les défenseurs zélés de la déréglementation, de la concurrence effrénée, de la déstructuration du service public.

Mais sachons remercier le duo des fossoyeurs de nos institutions en fin de vie.

En quelques mois ils viennent de faire la démonstration qu’il est urgent de passer à une République qui représente véritablement sa population.

Une république qui n’attend plus que l’Homme (et oui les Femmes n’avaient pas leur place dans ce club fermé de la 5ème République) providentiel nous délivre de tous nos malheurs et nous guide vers la lumière.Laissons-les entre eux, s’agiter dans le marécage malodorant de la 5ème République  autour du concours obsolète qui intronisera le-la Guide.

Il est temps d’engager une révolution institutionnelle, une révolution de la représentation populaire. 

Le 49-3 utilisé sur la Loi de réforme du Code du Travail a mis fin à la mascarade parlementaire. En avant pour construire la 6ème République.

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Et si on changeait la constitution ?

« Penser et agir » :

Dans sa première année d’existence Casa Nova s’est faite connaître par un travail de réflexion politique et d’écriture d’articles relatifs à l’actualité métropolitaine, régionale et nationale : le nombre et la qualité de nos lecteurs nous conforte dans la nécessité de continuer ce travail en lien avec l’actualité.  
Pour autant nous ne souhaitons pas nous limiter à ce rôle de veille et d’analyse. Nous avons une ambition politique claire : préparer ce qui doit succéder à la vie démocratique centrée autour des partis, préparer à gauche ce qui doit succéder à la sociale-démocratie libéralisée.
Casa Nova a donc décidé de chercher à identifier localement des pratiques professionnelles  ou sociales susceptibles d’illustrer ce que pourrait être à ses yeux une économie et une organisation sociale durable et enviable.
Nous nous engageons donc dans une série de rencontres de personnes ou de groupes actifs dans la métropole sur des thèmes divers, ayant peu ou prou réalisés l’amalgame entre l’éthique, la durabilité et l’inventivité que promeut Casa Nova et le pragmatisme nécessaire à une indispensable survie économique.
Chaque rencontre en accord avec les divers protagonistes fera l’objet d’une publication.
Ainsi serons nous en mesure de réaliser un état des lieux, certes non exhaustif mais représentatif, de ce que l’on nomme des communaux collaboratifs, que de nombreux promoteurs du développement durable citent en exemple ou appellent de leurs vœux.
Nous aurons  ainsi identifié sur la métropole toulousaine une série de pratique vertueuses, socle pragmatique d’un programme politique qui pourrait être établi . Nous pourrons également ainsi démontrer que les élites actuelles trouveront bien vite des remplaçants. 

Et si on changeait la constitution?

Le 6 avril 2016, le festival Les Airs Solidaires organisait un “atelier constituant”.
Le but : faire débattre des citoyens entre eux afin de proposer des lois constitutionnelles et aboutir à une Constitution qu’ils estiment idéale.
Initialement prévu au Quai des Savoirs, l’atelier a finalement lieu juste en face, au Welcome Desk. Si la plupart des participants sont des étudiants, on retrouve tout de même une certaine diversité d’âges et de parcours parmi tous les participants.
L’animateur de l’atelier s’appelle Timothée. Étudiant à Sciences po Toulouse, c’est la seconde fois qu’il anime un atelier constituant. Il nous explique que cette initiative est un bon moyen de nourrir un débat concret, alliant l’échange d’idées et la réflexion à propos de mesures constitutionnelles envisageables.12923219_1696634077284218_1408718771839912498_n
L’atelier se déroule en plusieurs étapes. 
L’intégralité des participants procède à un vote pour choisir le sujet dont ils vont débattre: impossible en effet de créer une constitution de toute pièce en quelques heures; les discussions ne portent donc que sur un seul domaine.
Parmi les thématiques proposées, on retrouve notamment le principe de subsidiarité, les médias, la propriété, le droit au logement ou encore l’économie des déchets. Le thème finalement choisi est la répartition des revenus.
Divisés en petits groupes, les participants disposent d’une heure pour échanger à propos des inégalités de revenus, de leurs origines, des responsables ainsi que des mesures envisageables pour permettre une société moins inégalitaire. Le but est de proposer quelques articles à insérer dans une constitution inventée.
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A l’issue de ces délibérations, les propositions des différents groupes sont mises en commun. 

Les idées qui reviennent le plus souvent sont celles de l’instauration d’un revenu de base, de la sensibilisation des citoyens à la valeur du travail plutôt qu’à celle de l’argent, mais aussi la proposition contestée de la mise en place d’un salaire maximum en France.
Il s’avère finalement difficile de rédiger une constitution parfaite sur un sujet pointilleux et fondamental qui suscite des avis très divers. Toutefois, c’est une large réflexion sur la place centrale qu’occupe l’argent dans notre société et sur les inégalités de revenus, flagrantes et croissantes, qui a été menée.
A l’heure ou l’on s’interroge sur la pérennité des « nuits debout » qui éclosent en France, Casa Nova soutient et participe à ce travail d’atelier qui n’en doutons pas pose des bases solides pour la refondation des pratiques politiques de demain.
Nous sommes partisans d’un changement profond de l’exercice du pouvoir politique: débarrassé des notables candidats et élus à tout, des sondeurs, des lobbys et de tous les autres mécanismes de cette démocratie qui se dit représentative.

LRMP

LRMP : nouvelle région, nouvelles pratiques ?

Implication citoyenne ou technocratie habituelle ?

L’histoire avait bien commencé en juin 2015 avec la création de la plateforme participative le « Projet en commun » qui aboutira au rassemblement « Nouveau Monde en Commun » (NMeC) :
-C’était pour les premières élections de la Région Languedoc Roussillon Midi Pyrénées.
   -C’était pour faire primer les idées sur la tactique, « le » politique sur « la » politique, les contenus sur les personnes.
-C’était aussi pour créer une alliance des forces de gauche, pour dépasser les clivages traditionnels.
-Bref c’était pour faire de la politique autrement, et pas qu’en le disant.
Ils et elles étaient arrivé-es à quelque chose d’intéressant en commençant à établir un programme en commun issu d’une consultation d’idées par forum internet qui avait permis sur des contenus d’aboutir à une alliance qui regroupait  Front de gauche, Europe écologie les Verts, Nouvelle gauche socialiste, Partit occitan, des membres de Nouvelle Donne et plusieurs personnes non-membres d’organisations politiques. 
Pas sûr qu’ils/elles seraient arrivé-es à rallier tous ce monde si ils et elles avaient commencé par discuter des personnes!

Et d’ailleurs la suite l’a prouvé, établir des listes était un peu plus conflictuel que s’accorder sur des idées : mais l’accord sur les idées étant établi,  les égo. ont du plier .

Les résultats du premier tour ont généré une négociation au second tour qui était bien moins naturelle puisque, étant convenu que se maintenir comportait un risque majeur de livrer la région à l’extrême droite, il fallait s’allier avec un PS qui a la fâcheuse habitude de trahir ses alliés dès qu’il est au pouvoir, et de mener des politiques de droite quand il est au gouvernement.
Par ailleurs le temps dont ils et elles disposaient ne permettant pas une consultation démocratique ce fut à l’issue de tractations autocratiques que la liste de fusion s’établit, avec les inévitables sacrifices inexplicables ou inexpliqués.

Et nous voilà avec une coalition PS/NMeC élue :

On peut craindre le pire tant le PS nous a habitués aussi bien nationalement que localement à maltraiter ses alliés.

Toutefois l’arithmétique laisse entrevoir un mandat plus équilibré. Le PS compte 49 élu-es, le PRG en compte 17 et le groupe NMeC regroupe 27 élu-es. La minorité compte quant à elle 65 élu-es (25 pour la droite et 40 pour le FN). La majorité se joue donc à un fil (66 contre 65)…les votes du groupe NMeC vont donc compter et le vote du budget dès le mois de mai sera un bon indicateur.

En matière de refonte des pratiques politiques, Gérard Onesta (tête de liste NMeC) a institué le bureau de l’Assemblée.

Ce bureau a pour objectif de mieux organiser les conditions de pratiques politiques novatrices en internes (rôle des commissions sectorielles, droit d’amendement, etc) et en externe.

 Mais Casa Nova sait que seule une implication permanente des citoyen-nes incite ou contraint les élu-es à mettre en œuvre leurs promesses et leurs convictions.
Casa Nova sait aussi que ce n’est pas parce que l’on donne la parole aux citoyen-nes qu’ils la prennent automatiquement tant le consumérisme a tout gangrené dans nos sociétés.Et  les consultations n’échappent pas non plus aux logiques du « Pas chez moi, chez l’autre » et à l’individualisme primaire.

C’est dans cet état d’esprit que nous nous exprimons à l’annonce d’un référendum que le Bureau de l’Assemblée serait chargé d’organiser pour trouver un nom à la Région.

L’outil référendum peut être un excellent mode de consultation démocratique. Mais les moyens qu’il faut mettre en œuvre pour le mobiliser sont tels que l’on ne peut pas systématiser son utilisation sous peine de le galvauder.
Il est donc permis de se demander au vu des enjeux à venir si un référendum pour choisir le nom de la région est pertinent ?
Notons d’abord que ce type de consultation a déjà eu lieu notamment dans les presses locales et qu’il apparaît à l’évidence que si des tendances majoritaires se dessinent autour du concept occitan, il n’y aura pas unanimité sur une dénomination précise et au final un choix devra être assumé par l’exécutif. Le timing est par contre lui contraint par la loi et les Régions doivent délibérer avant fin juin sur leur nouveau nom. Ensuite, cette délibération est soumise au Conseil d’État.
La pertinence se pose aussi dans le risque de parasiter d’autres consultations citoyennes qui semblent plus importantes dans ce début de mandat.
Il y a des sujets majeurs qui auront et qui ont déjà une incidence sur notre vie quotidienne et qui méritent consultation pour pouvoir mettre en œuvre des mesures fortes promises et indispensables telles qu’un  « plan rail » ou une « transition énergétique ».
Pour illustrer concrètement le propos, l’abandon d’une ligne ferroviaire comme Montrejeau/Luchon affecte quotidiennement les conditions de vie d’une partie de la population du Comminges.
Le choix entre le TGV et la LGV qui pose toujours question, pèsera aussi lourdement et à hauteur de plusieurs milliards d’euros notamment sur les finances de la Région.
A Montpellier, la construction de la Gare de la Mogère en zone inondable, éloignée du centre ville et alors que la Gare Saint Roch a été récemment rénovée pose aussi de nombreuses questions.
Nous avons entendu lors de l’entre deux tours l’annonce d’États Généraux du Rail pour cette année. Espérons que ces États généraux seront pleinement participatifs et que la collectivité en fera un moment fort.
La Région doit aussi élaborer des schémas sur le plan de l’aménagement du territoire, du développement durable, de l’économie.
Là aussi il est fondamental de sortir d’une élaboration technocratique et d’impliquer les citoyens.

Casa Nova n’insistera pas plus mais le constat est clair : nous voulons participer à l’élaboration des grands axes de la politique régionale.

Les moyens nécessaires à  une participation citoyenne doivent être prioritairement mobilisés pour l’élaboration du « Plan rail » et des divers schémas, avant d’être consacrés au choix du nom de la Région. 

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Quand la finance veut se faire un grec

Il y a six mois, Alexis Tsipras et SYRIZA remportaient les élections législatives grecques sur un programme sans ambiguïté : la fin de l’austérité. Parce que SYRIZA n’avait obtenu qu’une majorité relative – et de très peu – certains en Europe avaient osé affirmer que son projet politique n’était pas légitime. Puis, après qu’une majorité se soit dessinée, les mêmes avaient annoncé que les accords passés par SYRIZA et les compromis qu’elle avait dû faire marquaient déjà la fin de son projet.
Puisque Tsipras et Varoufakis ont démontré ne pas vouloir plier, on a alors nié aux Grecs d’aujourd’hui la légitimité de refuser de faire payer les Grecs de demain pour les fautes des Grecs d’hier : irresponsables fiscaux, banques et gouvernements successifs confondus. Prosaïquement, ce qu’on demande, c’est que l’instituteur grec retraité paye aujourd’hui parce que son pays n’a pas voulu, par le passé, faire payer des impôts à Aristote Onassis.

Ce que les prétendues institutions démocratiques de notre Europe veulent, c’est faire payer à des individus les fautes d’un système. La situation grecque aujourd’hui, c’est avant tout l’affrontement de deux légitimités : celle de ceux qui sont élus face à celle de ceux qui ont le fric.

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Faut-il en finir avec la République?

Comme l’indique sa charte, « Casa Nova s’inscrit dans la conviction de l’obsolescence mortifère de la Vème République, et de tout ce qu’elle induit d’asphyxie pour la vie politique de notre pays. Casa Nova considère que les exigences du siècle requièrent une profonde remise en cause de la conception du rôle de la politique dans les sociétés contemporaines ».
Si nous avons, pour notre première année, consacré la majeure part de nos réflexions à des sujets de politique locale, nous ouvrons ici un cycle de parutions dédiées à des sujets de portée nationale, en commençant par la question de l’organisation politique de notre pays.
Nous n’aurons pas la prétention de livrer une constitution alternative clé-en-main, nous souhaitons néanmoins participer sans fausses pudeurs à une nécessaire réflexion.

Aujourd’hui, épisode 1 :

Faut-il en finir avec la République?

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De l’infusion des Régions au café du commerce

Montpellier-Toulouse, Toulouse-Montpellier… A chacun-e sa déclaration pour savoir qui doit avoir le privilège d’accueillir l’Hôtel de Région, ou plutôt son hémicycle, lieu de représentation du théâtre des Assemblées plénières réunissant  les conseillers et conseillères régionales trois ou quatre fois par an. Le landernau médiatico-politique s’agite depuis quelques jours et chacun joue sa partition, ajoutant à la confusion et à l’inquiétude face au changement, mélangeant allègrement, mais pas innocemment, le lieu de représentation du pouvoir (qui concerne quelques élu-es et leurs collaborateur-ices) et le  positionnement des administrations qui, lui, concerne un nombre conséquent de fonctionnaires et d’administré-es et qui ne bougera pas. Il y aura une administration à Toulouse et une autre à Montpellier. Au passage, on se permet même de décider pour l’Etat où il devra déménager ses fonctionnaires de la préfecture de Région.

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Toulouse rive gauche

La reconquête de Toulouse viendra de la rive gauche de la Garonne… Peut-être…
En replongeant dans le temps long, en prenant du recul par rapport au vernis de l’actualité immédiate, on constate que dans notre ville, la rive gauche en général et le quartier Saint-Cyprien en particulier ont toujours été des lieux d’invention de nouvelles formes de solidarités. Pour Casa Nova, un détour par l’histoire de ce quartier est nécessaire pour mieux appréhender l’actualité et permettre à la gauche toute entière de se rassembler pour l’avenir de Toulouse.

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Pas de révolution du politique sans révolution de l’administratif

Dans ses 20 propositions pour les élections départementales Casa Nova évoque une nouvelle organisation de l’administration, la machine administrative du Département ayant été soumise à un régime ultra vertical, disciplinaire, asséchant, déresponsabilisant. La préoccupation centrale devenant de se protéger… au détriment de la créativité nécessaire pour défendre la population.

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Une nouvelle ère démocratique ? Réflexions de Casa Nova Toulouse Métropole

Dossier « Les premiers pas d’une nouvelle ère démocratique ? »

Collectif citoyen de décloisonnement politique, nous essayons humblement sur notre territoire de participer à la déconstruction de la sphère politique telle que nous l’avons toutes et tous connue jusque là. Fort logiquement, une des réflexions qui parcourt nos ajustements au sein de notre groupe de travail et qui nourrit le fond de nos productions est la question de ce fameux renouveau démocratique sans lequel rien ne sera possible.

Nous ouvrons ici un dossier qui sera amené à être enrichi au fur et à mesure de nos travaux. Vous y trouverez notamment :

- Un retour sur la première soirée publique que Casa Nova Toulouse Métropole a organisée le 11 décembre dernier à l’Utopia de Toulouse en présence du sociologue Albert Ogien.

  • Discours d’introduction : présentation de Casa Nova et du thème de la soirée
  • Film monté par nos soins pour lancer le débat autour des grands mouvements citoyens qui ont agité la planète entre 2011 et 2012
  • Extraits de la soirée en images

- Un développement sur ce que nous inspirent les changements à l’œuvre

Soirée à l’Utopia 11/12/2014

Présentation de Casa Nova et du thème de la soirée

Notre invité Albert Ogien, entouré de nos trois porte-parole : Xavier Bigot, Laure Durand et Rémi Vincent
Notre invité Albert Ogien, entouré de nos trois porte-parole : Xavier Bigot, Laure Durand et Rémi Vincent

 

 » Bonjour à toutes et à tous,

C’est avec émotion que nous vous accueillons en tant que porte-parole de CASA NOVA, pour cette première soirée publique organisée par notre collectif.

Avec Albert Ogien, ce soir notre invité, que nous remercions chaleureusement, un penseur important du politique, nous espérons confirmer nos intuitions, avec votre contribution.

Nous sommes à l’UTOPIA , et j’en profite pour en remercier aussi les responsables qui nous ont beaucoup aidé pour cette soirée ; nous sommes donc à l’Utopia mais nous ne sommes pas une utopie.

En effet une utopie est irréalisable, et procède d’une vision idéalisée de la réalité, dont on contourne le poids pour s’en aller batifoler dans la brume des rêves. Ce n’est pas inutile, comme n’ont pas travaillé pour rien les Proudhon, Fourier, More, Cabet, St Simon. Mais ce n’est pas notre démarche. Nous pensons au contraire que c’est le réalisme qui nous impose un changement d’optique.

C’est bien le monde réel qui en appelle à des formes politiques nouvelles, celles qu’Albert Ogien a disséquées avec Sandra Laugier, dans un livre dont il exposera les idées ce soir. Le titre de cet ouvrage est « Le principe démocratie », et vous pourrez l’acquérir si vous le souhaitez à l’issue de la soirée, dans le hall d’entrée du cinéma.

Permettez-nous, puisqu’il s’agit de notre première sortie en dehors des réseaux sociaux, de dire quelques mots de CASA NOVA.

Quelque chose est en train de se terminer. Nous ne savons rien de ce qui va advenir. Le pire, le meilleur, le chaos, la barbarie ou une Renaissance. Mais chacun voit bien, s’il est sincère, que le monde politique est au bout d’un long chemin. Les symptômes en sont massifs : abstention, instabilité, désaffection pour les anciens outils, impuissance à obtenir la confiance, votes qui disent No Future.

Mais ce n’est pas la politique qui meurt. Nous voyons partout un appétit pour l’inédit politique. Et en particulier pour une démocratie réelle, active, qui met l’autonomie au premier rang. Personne ne dit qu’une démocratie nouvelle, toute modelée, munie d’une armure neuve, va apparaitre parmi nous comme une divinité antique. Mais comment ne pas voir ce qui s’est passé près de nous à Sivens ? Cette irruption inattendue de citoyens sur un chantier qui aurait autrefois laissé indifférent. Comment ne pas se rappeler du printemps arabe, alors qu’on pensait la démocratie absente des sociétés concernées ? Comment ne pas se souvenir des indignés de New York, d’Istanbul, de Madrid ? Nous les entendrons, tout à l’heure.

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