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Gyn’écologie politique.

Aujourd’hui c’est une action bien plus insidieuse et bien plus sournoise du trio Hollande, Valls, Touraine que nous allons décoder.

Il s’agit de la disparition programmée d’un métier bien particulier : la gynécologie médicale.

Une spécialité qui concerne la santé des femmes tout au long de leur vie dans divers domaines, mais essentiellement dans ce qu’elles ont de plus intime, et ce en complémentarité parfois en concurrence, avec les pratiques des obstétricien(e)s, des sage-femmes  et des médecins généralistes, qui certes peuvent revendiquer une certaine part de compétence en la matière, mais qui ont aussi d’autres chats à fouetter .
Si l’obstétrique s’impose comme spécialité incontestable, la gynécologie  médicale qui ne concerne que les femmes, depuis l’adolescence jusqu’au grand âge, en dehors de l’acte d’accoucher, est dans notre société « machiste » quelque chose de secondaire dans l’arsenal de la santé, parce qu’il ne s’agit que d’une moitié de la société et qui plus est de femmes !
Et donc dans une démarche de recherche d’économies (c’est la crise, hein !) où il faut combler « le trou de la sécu » sans toucher aux bénéfices des laboratoires médicaux et pharmaceutiques (ben non, pour eux on organise des impôts volontaires appelés « téléthons » !), on chasse le gaspi, l’inutile, le non indispensable … et la gynécologie médicale est une cible parfaite.
L’agent double du gouvernement Marisol Touraine avance masquée (quoi de mieux qu’une femme pour tailler dans les acquis de ses congénères !) en fabriquant  des  « packages » qui mélangent quelques rares avancées sociales comme la généralisation du tiers payant, mais dans lesquels on trouve aussi la suppression totale ou partielle de divers remboursements de médicaments, de soins infirmiers, d’examens complémentaires, de soins kiné, etc…
Dans ce cadre, l’action de dissolution progressive de la gynécologie médicale initiée par la droite se poursuit insidieusement mais sûrement.
Il faut dire que les professionnel(le)s concerné(e)s ne font pas grand-chose pour défendre la cause des femmes en se concentrant essentiellement sur des revendications corporatistes,  défendant d’abord leur mode d’exercice et leur pré carré libéral, comme les dépassements d’honoraires que certain(e)s d’entre eux (elles) pratiquent par le biais du « secteur 2″ et en se laissant ainsi entrainer dans tous les pièges qui leurs sont tendus par des gestionnaires et des politiciens rusés.
Le dernier en date étant celui de la possibilité pour les sage- femmes de faire des prescriptions d’arrêts de travail de 4 jours renouvelables lors d’actes d’IVG (Interruption Volontaire de Grossesse) médicamenteuses, qu’elles ont le droit de pratiquer sur des femmes « en bonne santé » …
Un début de dérive dangereux selon les gynécologues mais présenté comme un débat corporatiste et catégoriel, incompréhensible pour le public, opposant  deux professions complémentaires et non concurrentes : les sage-femmes et les gynécologues médicaux(les).
Opposons, divisons pour déplacer le débat et ne pas aborder les éléments importants.
Et pour cela, quoi de mieux qu’une journaliste médicale complice, la trop médiatique Marina Carrère d’Encausse, qui détourne le fond du problème en reprenant -hors contexte- des propos certes aussi malheureux qu’inadmissibles de la secrétaire du Syngof (Syndicat National des Gynécologues Obstétriciens de France) pour les caricaturer : si les sage-femmes prescrivent l’IVG, vous aurez les jours d’arrêt maladie que les gynécologues vous refusent !
En réalité ce qui nous est caché:

C’est qu’une sage-femme est formé/e en 5 ans pour des actes bien spécifiques liés à l’accouchement et ses suites, de suivi gynécologique et de contraception chez la femme en bonne santé n’ayant pas de pathologie, alors qu’un/e gynécologue médical/e est formé/e en 11 années mais sur un socle d’études médicales et d’apprentissages de toutes les pathologies, donc un spectre beaucoup plus large.

Les niveaux de compétence et de formation sont loin d’être les mêmes.

Là, comme souvent, on en a pour son argent …et les économies ainsi réalisées par l’État, et bien ce seront les femmes, et pas les plus riches bien sûr, qui en feront les frais, avec des risques de «pertes de chance» lors de la prise en charge de leurs pathologies gynécologiques (retard au diagnostic, et/ ou multiplication d’examens inutiles et couteux), effet induit de la diminution du nombre de gynécologues puis peu à peu de la disparition de la Gynécologie Médicale en tant que spécialité.
Les sage-femmes élargiront leur périmètre d’intervention sans avoir la formation suffisante, les généralistes déjà surbookés feront ce qu’ils pourront et les obstétriciens se pencheront sur ces questions après leurs urgences et leurs actes chirurgicaux … bof, ce ne sont que les femmes qui essuieront les retards au diagnostic, les quelques erreurs médicales et le manque d’écoute  : négligeables au regard des pseudo-économies réalisées !
Alors Casa Nova s’interroge. Cet abandon progressif de la prise en compte de la santé des femmes dans ce qu’elles ont de plus intime, cette manière de les nier, de les soumettre insidieusement en les sacrifiant sur l’autel de l’économie libérale n’est- il pas le marqueur d’un recul civilisationnel ?