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Sécurité: larmes de crocodile et irresponsabilité

 Ce lundi 12 septembre, Jean-Luc Moudenc tenait conférence de presse de rentrée.

Il y présentait certaines annonces dont on ne connaît pas encore les contours (le Conseil des droits et devoirs des familles et un Conseil des étrangers vivant à Toulouse), et tirait la sonnette d’alarme sur la situation sécuritaire à Toulouse.

Il déclarait à cette occasion : « comme tous les Toulousains, je dois faire le constat que l’insécurité augmente dans notre ville et je tire la sonnette d’alarme ».

Première largesse intellectuelle : personne n’est en mesure de faire le constat que « l’insécurité augmente ».

Tout d’abord car cela ne signifie rien. L’insécurité n’est pas une donnée quantifiable.Jean-Luc Moudenc parle t-il du nombre de faits relevés par les services de police ? Du nombre d’articles « faits divers morbides » dans La Dépêche ? Parmi ses sources d’information, parle t-il du nombre de violences conjugales, du nombre de véhicules incendiés, du nombre d’escroquerie bancaire, du nombre d’infractions à la législation sur les stupéfiants ?

D’ailleurs le lendemain de la sortie de Jean-Luc Moudenc, le préfet Pascal Mailhos publiait opportunément les premiers chiffres de 2016, qui font apparaître « une évolution de la délinquance maîtrisée » à Toulouse.

Encore une fois: prudence sur les chiffres de « l’insécurité », ils ne signifient que très rarement quelquechose (par exemple, les chiffres des cambriolages sont solides car les assurances demandent un dépôt de plainte pour les indemnisations; à l’inverse, le taux de report des violences conjugales est inférieur à 25%).

Mais ce recadrage du Préfet a le mérite de mettre en exergue la légèreté du traitement du sujet par les politiciens.

A Casa Nova, nous sommes assez responsables et attentifs sur ces questions

Et nous ne nous permettrions pas d’avancer des « augmentations » ou « diminutions » sans en préciser les détails, les sources et les sans donner d’explications. Nous rejetons donc, faute d’éléments tangibles, cette affirmation assénée avec légèreté mais à la portée potentiellement lourde (dans le sentiment d’insécurité des habitant-es).
Jean-Luc Moudenc avance ensuite, pour se libérer de son constat anxiogène, les mesures prises depuis le début de son mandat : augmentation du nombre de policiers municipaux et déploiement d’un important dispositif de vidéosurveillance. Il déclare alors avoir assumé ses responsabilités et avoir respecté la partie de son contrat, mettant l’État devant ses responsabilités.

Si nous ne sommes pas opposé-es par principe à l’augmentation du nombre de policiers municipaux (encore auraient-ils dû constituer une véritable police de proximité, et non une force qui comble les manques d’effectifs de la police nationale, dans la poursuite de ce qu’avait commencé la précédente majorité), nous rappelons ici à nos lecteurs et lectrices que les études scientifiques sérieuses ont démontré l’inefficience de la vidéosurveillance sur la voie publique, tant en termes de prévention du passage à l’acte, que de résolution judiciaire ou encore d’effet rassurant sur la population*.

Mais si la droite était favorable aux bonnes méthodes pour améliorer la sûreté sur l’espace public, ce ne serait plus la droite.

Car c’est ici que nous souhaitons porter un coup ferme aux déclarations de Jean-Luc Moudenc, qui fait peser sur l’État toute la responsabilité de cette supposée et vague « augmentation de l’insécurité ».

Entre 2002 et 2012, près de 12.000 postes de policiers nationaux et de gendarmes ont été supprimés en France, sous les coupes budgétaires de la droite, portées pour satisfaire l’idiote politique d’austérité de Bruxelles. Le service public de la sûreté (qui comprend la surveillance de la voie publique, les interventions « police secours », la recherche des auteurs d’infractions et leur remise à l’autorité judiciaire, etc) a donc grandement souffert des suppressions de postes des majorités parlementaires et des gouvernements successifs, que Jean-Luc Moudenc a toujours soutenus.

Mais que l’opposition PS au maire de Toulouse ne lève pas trop la tête, les promesses du candidat Hollande n’ont pas été tenues : il avait promis 500 créations de postes annuelles, un rapport parlementaire de 2016 conclue sur la non réalisation de ces créations.

Il est sûrement vrai que des quartiers toulousains connaissent un regain de tension liée aux trafics de stupéfiants et à leurs infractions connexes, mais il est irresponsable de crier à l’aide quand on a toujours été soutien de ces majorités obsédées par les réductions d’effectifs dans la fonction publique.

Jean-Luc Moudenc a également raison de pointer du doigt les disparités entre les ratios toulousains et bordelais du nombre de policiers par habitants : environ 1400 policiers nationaux à Toulouse contre plus de 1700 à Bordeaux, quand nous avons 200 000 habitants de plus. Mais il en est en partie responsable, solidaire des gouvernements allergiques aux dépenses publiques.

Casa Nova est favorable à un grand plan d’installation d’une police de proximité étatique, aux effectifs suffisants, à la formation renforcée et à la doctrine adéquate.

Casa Nova affirme également que les phénomènes délinquants, s’ils traversent l’histoire humaine et toutes les régions du monde, sont le fruits de désordre dans l’organisation du corps social : trafics transnationaux libérés des contrôles aux frontières, inégalités sociales et anomie sociale, injonctions au consumérisme, discriminations et ségrégation urbaine, etc.

Les questions de sécurité méritent de la tempérance et du sang-froid, des moyens et des idées novatrices. Nous n’avons plus besoin des analyses de comptoirs des bas-du-front de tous bords.

* Sur les effets de la vidéosurveillance, sources anglophones : http://bit.ly/2cHnVnn ; http://bit.ly/1CBXy9M et sources francophones : http://bit.ly/2cqY3cX

Lire aussi notre article du 18 mai 2016 : « A propos des violences policières »

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A propos des violences policières.

Police : anges ou démons ?

Ce 18 mai 2016 les policiers manifestent pour faire entendre aux citoyens et au pouvoir politique la dégradation de leurs conditions de travail, et plus précisément une certaine « haine anti-flics » qu’ils constatent dans les dernières manifestations contre la loi travail.
Casa nova assume d’emblée que les policiers et gendarmes (qui n’ont pas le droit de manifester) ont raison : leurs conditions de travail sont inacceptables.
Sous les coups des réductions des effectifs, de Sarkozy à Hollande, et des exigences liées à Vigipirate et à l’état d’urgence, les unités de proximité et de maintien de l’ordre ont vu leurs « cadences » s’accélérer considérablement, pour atteindre un niveau de fatigue et d’exaspération rarement constaté dans leurs rangs.
Suite aux attentats, le gouvernement a annoncé le recrutement de policiers et gendarmes, et l’annulation de certaines suppressions dans l’armée, mais cela ne suffira pas à combler notamment les 12 000 postes supprimés par Sarkozy (dans la police et la gendarmerie).
Nous sommes favorables au recrutement  de policiers et de gendarmes, pour bâtir une vraie police de proximité (postes locaux, missions généralistes, affectation durable, ancrage dans le corps social…)
Nous sommes favorables à l’utilisation prioritaire de nos moyens de police pour la lutte contre les réseaux criminels transnationaux : trafics de drogue, d’armes, traite d’êtres humains et entreprises terroristes.
 Les forces de maintien de l’ordre doivent être utilisées à la hauteur de leur savoir-faire et de ce qui fondent leur existence : garantir l’expression démocratique des citoyens, travailleurs et corporations, dans les limites du respect de l’ordre républicain.
C’est-à-dire que les manifestations pacifiques et autres modalités d’action ne mettant pas en danger les personnes et la sécurité du pays (occupations de places, de locaux et de logements, blocages de lieux de production et d’échange, etc) doivent être résolues par la voie démocratique, selon le rapport de force instauré.
Les CRS et gendarmes mobiles ne doivent plus être utilisés comme des empêcheurs de manifester ou des casseurs d’actions politiques.
C’est ici que nous rejoignons l’inquiétude vivement exprimée par la plupart des responsables, commentateurs et témoins sérieux : la brutalité du maintien de l’ordre dans les manifestations de ces derniers jours atteint un niveau très inquiétant. Même s’il convient toujours de prendre avec prudence les images et témoignages, il est flagrant que l’emploi de la force est disproportionné, compte-tenu des troubles réels à l’ordre public.
Il est tout d’abord possible d’expliquer cette brutalité par des facteurs culturels propres aux institutions policières: du côté de l’ordre et sociologiquement plutôt conservatrices, elles sont composées d’individus peu enclins à soutenir des appels au changement de régime ou à la lutte contre le  libéralisme.
Certains éléments utilisent donc leur « liberté de taper » pour passer leurs nerfs sur des manifestants bien éloignés politiquement.
De plus, les conditions de travail difficiles évoquées plus haut (suspension des congés, vacations répétées et longues) peuvent aisément expliquer la nervosité et la brutalité de certains fonctionnaires de police et militaires de gendarmerie qui en perdent souvent leur sang-froid et leur discernement, quand ils ne franchissement pas ouvertement les limites de la légalité (individus frappés alors qu’ils sont menottés, individus frappés à plusieurs alors qu’ils pourraient être maîtrisés par d’autres moyens, etc). Dans ces conditions de travail nous incluons bien évidemment la dangerosité du métier: les jets de pierre, de cocktails Molotov et l’utilisation de barres de fer par des casseurs présentent des dangers évidents.
Qui, parmi nous, risque d’être blessé ou de mourir chaque jour qu’il se rend à son travail ?
Enfin, nous soulignons la responsabilité particulière du pouvoir politique, du Président de la République qui ordonne, jusqu’aux Préfets en passant par le Premier ministre et le ministre de l’Intérieur.Le pourrissement de la situation et la brutalité policière sont le fruit de consignes particulières ou d’absence de consigne pacificatrices et de retenue.
Heureusement, les chefs de dispositifs et les unités obéissent au pouvoir politique : c’est ce que nous attendrions également d’eux si la gauche progressiste était au pouvoir.
Il suffirait d’une note ministérielle interne pour faire redescendre la tension et enfin pouvoir assister à des manifestations pacifiques sans danger pour les manifestants, dans lesquelles seuls les casseurs bas-du-front seraient visés par les charges de CRS et de gendarmes mobiles. Ces derniers joueraient alors le rôle qui est attendu d’eux : garantir la sécurité des personnes qui manifestent et de celles qui vivent aux abords des parcours autorisés.
Des voix s’élèvent dans les rangs de la police pour dénoncer cette utilisation anti-démocratique du maintien de l’ordre.
Nous savons que des éléments progressistes contestent en interne ces méthodes d’emploi de la force.
Est-ce que la manifestation de ce jour porte sur ces revendications ? Il semblerait que non.
Les membres de Casa nova sont opposés à la loi Travail, à l’usage du 49.3 et à la répression du mouvement social par le gouvernement PS, qui espère rendre impopulaire le mouvement, pour faire passer aisément sa loi perverse, inutile et rejetée par les français.
Nous craignons également que, dans ce climat de brutalité policière et de tension dans le corps social, tout cela se finisse tragiquement, et le pouvoir devra alors assumer.

Arnaud Bernard 2

Arnaud Bernard: le charme et la pagaille

Au début du mois de janvier, le comité de quartier d’Arnaud Bernard diffusait une lettre ouverte adressée aux autorités et élus pour attirer une énième fois leur attention sur les problèmes que connaît ce beau quartier de Toulouse.

Nous disons dès le début de cet article que nous sommes en accord avec l’objet de leur pétition et l’esprit de leurs propositions. Nous nous proposons en outre de contribuer au débat à notre tour.

C’est un beau quartier, Arnaud Bernard.

On y croise du monde aux terrasses, on est à quelques pas de la somptueuse St-Sernin, de la charmante rue du Taur et de la superbe place du Capitole. En dix minutes nous voilà à l’Université, en vingt minutes les pieds sur les berges de la Garonne. Les façades y sont colorées, les gens aussi, les bars sont bruyants et animés, les gens aussi. Sa place manque assurément de verdure, de quelques jeux pour enfants et de bancs, mais elle n’est malgré tout jamais désertée.

C’est un quartier que l’on dit « populaire »,

Car les grandes enseignes de marque n’y sont pas implantées, car vous croisez tous les 10 mètres des vendeurs de produits « fortement taxés » et de produits illicites, car les prix des consommations n’y sont pas élevés, car il y a une véritable vie associative et culturelle. Populaire car il y a de la vie et de la castagne, car il y a le marché, car les prix de l’immobilier y sont encore moins chers que 300 m plus loin en partant vers les Chalets ou vers St-Sernin. Car les tags recouvrent les murs de la minuscule rue Gramat, car le jardin d’Embarthe est charmant, car la place des Tiercerettes fait du bruit.

On le dit populaire car c’est le quartier historique de Toulouse où se sont implantées les différentes vagues d’immigration:
les maraîchers de la campagne qui venaient vendre en ville, les italiens des années 20, la Retirada de ceux et celles fuyant le franquisme, et nos contemporains immigrés d’Afrique du Nord. On le dit populaire car c’est ici que s’est crée l’un des premiers comités de quartier de Toulouse, dans les années 70, lui donnant ce trait démocratique et participatif. On le dit populaire car les marchands de sommeil y firent leur beurre, ce qui poussa à en faire l’une des opérations programmées d’amélioration de l’habitat (OPAH) dans les années 80.
Voilà ce que contient certainement le terme de « populaire » et chacun retiendra dans ces qualificatifs, ce qu’il trouve péjoratif ou mélioratif. On ne peut pas faire le tri dans cette histoire du quartier, même si l’on peut regretter ou ne pas apprécier certains de ses traits.

Il est clair que les auteurs de cette pétition aiment leur quartier.

Cela se ressent dans leur énergie à demander aux pouvoirs publics de « faire quelque chose », plutôt que de vouloir quitter le quartier. Et c’est parce que nous aussi nous aimons le quartier Arnaud Bernard que nous pensons qu’il est temps de « faire quelque chose ».
Il faut regarder en face la réalité quand ils rapportent les propos machistes et in-sécurisant que subissent les femmes qui traversent le quartier. Elles sont beaucoup à en témoigner et font la différence avec le niveau habituel, dans le reste de la ville, de ces vexations. Il faut regarder en face la réalité de la place du trafic de stupéfiants dans l’économie du quartier, et il n’est pas possible de l’accepter car cette économie souterraine vit de l’absence d’imposition, de l’absence de règles, de la violence de ses acteurs.
Si, à Casa Nova, nous pourrions aborder tranquillement le débat de la légalisation et l’encadrement du commerce du cannabis (comme ceux du tabac et de l’alcool le sont), nous ne pourrions regarder béatement le « deal » avec des yeux complaisants, dans un esprit faussement libertaire ou festif. Ajoutons à ces éléments fiscaux et économiques la question de l’ordre public, qui est troublé par les trafics de stupéfiant et leurs infractions connexes (violences, intimidations, dégradations…)
Nous ne voyons donc pas avec fatalité le lien qui est fait entre le quartier Arnaud Bernard et ses trafics illicites. Nous affirmons la nécessité d’investir de l’énergie dans ce quartier, pour le remettre entre les mains des habitants, des acteurs culturels, des commerçants de proximité et le rendre vraiment agréable aux piétons et piétonnes de passage.
Nous soutenons bien sûr les propositions avancées par le comité de quartier: une intégration du quartier dans les mutations urbaines que connaît la ville de Toulouse, une implication directe des habitants (via leurs instances représentatives) dans la vie et l’aménagement du quartier et une politique de prévention spécialisée et de médiation de rue pour aborder les questions des troubles à la tranquillité avec un esprit d’apaisement et une ambition éducative.

Nous proposons également, et nous en faisons l’annonce ici, qu’un poste de police municipale de proximité soit installé sur la place Arnaud Bernard.

Profitant de son droit de préemption, la mairie pourrait aménager un ou plusieurs actuels locaux commerciaux de rez-de-chaussée pour en faire un poste de proximité aux missions généralistes de police de quartier: guichet pour certaines formalités, accès aux droits, à l’aide aux victimes et à la médiation judiciaire, lieu de stationnement des patrouilles cyclistes et pédestres, bureaux de prise des mains-courantes, salles de réunion pour stages de sensibilisation, etc.
Nous pensons que cette installation d’un poste de police pourrait avoir un effet dissuasif sur ceux qui nuisent à la tranquillité du quartier, et un effet rassurant pour les habitants et les commerçants.
De plus, un projet qui prévoirait également un volet accès aux droits et guichet administratif pourrait contribuer à donner une image généraliste et « service public » à la police municipale.
Enfin, l’intérêt opérationnel est évident: rapidité d’intervention accrue dans les zones piétonnes de l’hypercentre, pour les patrouilles pédestres et cyclistes. La municipalité actuelle aura, à la fin du mandat, doublé les effectifs de la police municipale (objectif de 300 agents, contre 150 auparavant). Nous ne sommes pas favorables à supprimer ces emplois, nous organiserons cependant leur mutation (nous nous interrogeons par exemple sur la nécessité de l’existence d’une brigade motorisée) vers des métiers de « police de proximité » (secteurs d’affectation sur la durée, missions généralistes, patrouilles pédestres et cyclistes…)
Les caméras de vidéosurveillance sont inefficientes (rapport effets/coûts), même si elles peuvent se révéler efficaces ponctuellement (plusieurs affaires ont été résolues et des drames sûrement évités). De plus, elles ont eu un effet « plumeau » sur les lieux de ventes des produits stupéfiants (qui se seraient déplacés sur les boulevards et les rues périphériques du quartier). Nous sommes favorables à leur démantèlement et à l’utilisation des sommes économisées dans le financement du poste de police municipale dont nous proposons la création.12828446_487014861490898_3011313778900659772_o
Casa Nova aime Arnaud Bernard, ses façades, sa proximité du centre-ville, sa chaleur méditerranéenne, son bruit, les terrasses de ses bars et les fresques urbaines de ses murs. Mais le quartier d’aujourd’hui, reconnaissons-le, voit sa convivialité (toujours réelle) ternie par certains commerces et troubles au sentiment de sécurité des passants et des passantes.

Pour une approche anthropologique du quartier:http://framespa.univ-tlse2.fr/actualites/slimane-touhami-arnaud-bernard-ou-quand-l-autre-fait-la-ville-29248.kjsp

Les risques pour Toulouse, les profits pour les actionnaires de l'industrie.

AZF, un drame pour Toulouse mais une bonne affaire pour « Le Monde de la Finance »

Lundi 21 septembre, il y a 14 ans, encore sous l’émotion de la destruction du World Trade Center de New York 10 jours avant, Toulouse est touchée au plus profond d’elle même par l’improbable mais bien réelle explosion de l’usine AZF

Une explosion que chaque toulousaine et toulousain garde en mémoire à jamais.

Alors que des restes de ce traumatisme subsistent encore dans la ville, Casa Nova se demande quelles leçons ont été tirées de cette catastrophe ?

Et quelles solutions ont été mises en œuvre alors que 2 sites SEVESO* seuil haut (ou sites industriels à haut risque) sont encore présents à Toulouse (celui d’Esso-STCM dans la zone d’activité de Fondeyre et celui d’Herakles-Safran en face de l’ancien site d’AZF) et d’autres sur le reste du territoire métropolitain. A ces sites fixes il convient d’ajouter les risques industriels et technologiques mobiles, comme le transport de matières dangereuses qui traversent la Gare Matabiau et qui a fait l’objet récemment d’un rapport de la part du CODEV (Conseil de Développement de Toulouse Métropole) et la présence des Ballastières à proximité de l’Oncopôle.

Les risques industriels, un dossier lourd pris à la légère : l’exemple du PPRT Héraklès-Safran

La question est donc prégnante sur notre territoire, mais semble prise à la légère, ou plutôt sur l’angle unique du risque financier, le risque humain passant au second plan. Le Plan de Protection des Risques Technologiques Héraklès-Safran en est une illustration parfaite.
Ce Plan de Protection des Risques Technologiques (PPRT qui n’a de protection que le titre) a été approuvé le 3 avril 2014 par arrêté préfectoral, le Préfet ayant fait fi de l’avis défavorable du Conseil général de Haute-Garonne et des nombreuses remarques négatives faîtes par les Comités de quartier concernés au cours de l’enquête publique clôturée en novembre 2013 ( Une action de contestation en justice émanant du Comité de Quartier St Michel est toujours en cours).
Mais pourquoi affirmer que ce document ne protège pas ?
Un PPRT ne sert qu’à délimiter un périmètre dans lequel il est interdit de construire et de circuler ou de façon extrêmement limitée. Ce périmètre est fixé en utilisant un calcul de probabilité qui porte non pas sur la gravité d’un incident mais sur sa probabilité…..probabilité fortement manipulable comme dans le cas du PPRT Héraklès-Safran.
En effet, une probabilité forte impliquait de définir un périmètre de 1500 mètres, qui englobait alors l’Oncopôle, la Cité Universitaire Chapou, le Chemin des Étroits, etc…
Il a donc été demandé à l’exploitant de l’usine de réduire la probabilité d’une explosion, non pas de manière effective en supprimant le danger objectif, mais par l’installation d’hypothétiques dispositifs de sécurité sensés réduire la probabilité de l’accident (on a déjà oublié que la probabilité pour qu’un accident de type AZF se produise était très faible !). 
Ceci étant fait (enfin écrit) le périmètre n’est plus que de 300 mètres. Tout va bien, dormez tranquilles (ou pas !) riverain-es, les intérêts économiques du Groupe Safran sont préservés et pèsent à l’évidence bien plus que votre sécurité !
Car au delà de cette méthode ubuesque de définition du périmètre, comment un tel document a-t-il pu être validé alors qu’il ne fait en rien état d’une étude sur les conséquences d’un accident sur des adultes malades (ce qui semble incongru avec la proximité de l’Oncopole) ou sur d’autres populations et se concentre donc uniquement sur les effets toxiques d’un accident pour des adultes sain-es ? Enfin, comment accepter la présence de ce site industriel dans une zone inondable ?

Les Ballastières : une pollution sournoise de la nappe phréatique

Un autre risque est présent, là encore à proximité de l’Oncopole : le site des Ballastières où sont enfouis 5000 tonnes de nitrocellulose, matière hautement explosive à l’air libre et qui trempe dans la nappe phréatique de Toulouse depuis la fin de la guerre de 14.
Depuis 2009, ce dossier fait l’objet de nombreuses déclarations rassurantes de la part des Ministres de la Défense successifs sans pour autant qu’aucune décision ne soit prise pour permettre la dépollution complète du site et l’élimination de ces matières dangereuses enfouies dans 4 lacs creusés durant la première guerre mondiale.
Des solutions devaient être avancées en début d’année 2014 suite aux engagements pris par la Direction Générale de l’Armement au cours d’une réunion de juillet 2013 du Secrétariat Permanent pour la Prévention des Problèmes Industriels… Las, les riverain-es, les usager-es, les entreprises et le Maire de Toulouse attendent toujours les réponses du Ministère et ce n’est pas le premier ministre pourtant venu inaugurer l’Institut Universitaire du Cancer de Toulouse Oncopôle en septembre 2014 qui en apporta.
Davantage que l’absence de réponses, il faut comprendre que l’inaction en la matière signifie que ces explosifs s’étant considérablement dilués et écoulés dans les eaux du secteur, il suffira de temporiser et de poursuivre études et investigations pendant encore quelques décennies pour que la masse continue à se diluer et à diminuer : l’argument financier l’a encore emporté sur les conséquences environnementales.
Car où vont les substances qui se diluent? Cela pourrait faire l’objet d’une étude qui ferait aussi gagner une décennie.
Au-delà du raisonnement temporel, et à la lumière des enquêtes de Marie-Monique ROBIN, nous ne pouvons que nous alarmer des risques pour la santé que ces matériaux induisent sur l’ensemble de la pollution. Le cancer, le mal du siècle, est favorisé par la pollution environnementale, et derrière le cancer se presse un cortège de handicaps et de maux en tous genres, qui affecteront les générations à venir. 

Aucune leçon tirée du drame d’AZF

Casa Nova constate à regret que sur un plan humain aucune leçon n’ait été retenue de l’explosion d’AZF : cette explosion qui était statistiquement très peu probable a pourtant eu lieu. 
Les réponses apportées ne sont à la hauteur des dangers encourus qu’au regard de leur aspect financier : car enfin, soyons cyniques mais réalistes, au delà du drame toulousain, Total a fait une bonne affaire financière (pour preuve le titre a gagné en bourse à la suite de l’explosion).
Oui une bonne affaire car Total aurait eu à affronter le démantèlement programmé d’une usine qui produisait essentiellement des engrais chimiques dont l’usage intensif est aujourd’hui largement remis en question et à terme voué à une réduction drastique. L’explosion a tout réglé en un instant, et le coût des dédommagements assumés par Total n’atteindra jamais celui qui aurait été induit par la fermeture de l’usine AZF qui se serait étalée sur de nombreuses années.

On voit donc que la leçon tirée de ce drame ne concerne que l’aspect financier (finalement positif !) et que la protection physique des Toulousain-es n’est toujours pas (ou pas mieux) assurée qu’avant : Casa Nova ne peut pas approuver un social libéralisme qui, nous le voyons encore ici, fait passer le profit de quelques uns avant la sécurité et le bien être de tous . 

*SEVESO : La catastrophe de Seveso s’est produite le 10 juillet 1976. Un nuage contenant de la dioxine s’est échappé d’un réacteur de l’usine chimique Icmesa, située dans la commune de Meda, et s’est répandu sur la plaine lombarde en Italie. Quatre communes, dont Seveso, ont été touchées. Cette catastrophe a donné son nom aux Directives SEVESO  qui imposent aux États membres de l’Union européenne d’identifier les sites industriels présentant des risques d’accidents majeurs et d’y maintenir un haut niveau de prévention.
rentree2015

Rentrée municipale de Jean Luc Moudenc «un seul mot d’ordre : réaliser»

Un aveu de rentrée dans le journal local, le Maire de Toulouse ne « réalisait » pas : il était encore sur le petit nuage de satisfaction consécutif à sa victoire sur Pierre Cohen alors que ses colistiers naviguaient sans vergogne ni retenue dans les eaux troubles du sécuritaire, de la stigmatisation et du copinage post électoral.
Mais là il va falloir retourner sur terre, car les toulousains, eux, y sont et  « réalisent » (ou ne vont pas tarder à le faire pour les plus distraits d’entre eux). Continue la lecture

Jean-Luc Moudenc interdit une réunion du NPA à Toulouse

A Toulouse, la ménardisation de Jean-Luc Moudenc continue

Jean-Luc MOUDENC, de « Je suis Charlie » à « Je suis Robert »

 

Notre Maire n’est pas un génie politique. Il nous l’a souvent prouvé. Comme en se condamnant politiquement lorsqu’il présidait Tisséo et avait uni tout le monde contre lui. Il l’a prouvé encore une fois en 2014 en promettant monts et merveilles intenables, fausseté dont il reçoit au bout d’un an la monnaie de sa pièce en devenant le mauvais élève de la vague bleue nationale.

Mais ça ne suffit pas, semble t-il. La stratégie d’ultra droite poursuivie depuis un an l’a conduit, dans notre ville, au krach électoral. L’âme toulousaine n’est pas maurrassienne. Monsieur Arsac a subi une défaite en rase campagne, humiliante alors que tout a été misé sur l’embauche de policiers municipaux, l’achat de gadgets pseudo virils (caméras et armes), et la stigmatisation des vulnérables sur l’espace public (des SDF et leurs chiens aux personnes prostituées). Résultat de cette stratégie de la tension qui devait consolider la droite : les Toulousain-es sont plus que jamais agacé-es par leur Mairie, dans laquelle ils ne se reconnaissent pas.

Et pourtant, alors que le troisième tour des départementales n’est pas encore fini, le Maire s’enfonce dans le smog brun. En interdisant de fait une banale réunion politique du NPA (nouveau parti anticapitaliste, dont la figure la plus connue est Olivier Besancenot. Quel effroi n’est-ce pas ?), la Mairie donne dans l’inédit ; jamais à ce jour elle n’avait osé aller sur ce terrain.

Quel acte sectaire et ridicule ! Depuis des décennies, la famille politique trotskyste-libertaire est bien représentée à Toulouse. Elle y a eu des élu-es régionaux du temps de la LCR. Ses dirigeant-es sont connu-es. Le NPA n’est pas un parti violent, n’appelle pas à l’usage de la violence, ne produit pas de violence. C’est un parti révolutionnaire qui s’exprime dans le cadre de la démocratie. Chacun pense ce qu’il veut du NPA, mais on a encore le droit d’être révolutionnaire dans ce pays, c’est à dire de vouloir changer le système économique, politique et social dans ses fondements. Comme on a le droit d’être un pitoyable soutien de Monsieur Dupont-Aignant aussi. Ou même de Mme Boutin ou de Monsieur Wauquiez. Comme on peut, même étant élu, aller applaudir un essayiste réactionnaire qui proclame que Vichy a défendu les Juifs. C’est dire.

« La liberté, c’est au minimum celle de celui qui n’est pas d’accord »

disait Rosa Luxembourg aux jeunes révolutionnaires soviétiques déjà tentés par la suspension de certaines libertés. Prophétiquement.

Si pour notre Maire, « Luxembourg » évoque sans doute plus le rêve de la richesse détournée que celle de la démocratie socialiste, il n’en reste pas moins qu’il a une responsabilité d’édile républicain : respecter les droits politiques des citoyen-nes.

C’est l’autoritarisme illégitime du Capitole dont nous devons réclamer la prohibition.

lesgourgues

Cachez ce saint que je ne saurais voir… la laïcité Toulousaine sur le divan

Il y a une semaine, Casa Nova s’interrogeait sur la conception de la laïcité de Monsieur Moudenc et de sa nouvelle équipe municipale dans un article s’intitulant Le conseil de la laïcité n’est plus en odeur de sainteté.
A croire que notre article aura créé des remous au sein de cette nouvelle majorité.
En effet, deux évènements successifs nous interrogent et nous inquiètent par leur manque de cohérence entre eux notamment. Continue la lecture

Brigade SDF à Toulouse : vers une politique de harcèlement des sans domicile fixe

Après la chasse aux prostituées, après le signe réactionnaire et dangereux sur le plan sanitaire constituant à ne plus vacciner les chiens des personnes sans domicile (comme si cela allait les dissuader de venir à Toulouse, ou même, tenez, de vivre dans la rue…), la droite de plus en plus radicale régnant sur Toulouse, à rebours de la raison politique, s’acharne encore sur les plus fragiles dans la ville.
Pourtant, jamais notre ville n’a voté pour une orientation de ce type : au contraire Monsieur Moudenc a pleurniché sur ses origines chrétiennes démocrates et prétendu incarner la modération au cours de la campagne électorale.
Nous aurons donc droit, sous l’égide de Monsieur Arsac, adjoint à l’agitation du chiffon rouge, à une BRIGADE SDF. Nous ne vivons pas à Béziers, mais bien à Toulouse… mais pour combien de temps encore ?
Lier un service de police à une catégorie de la population… C’est du jamais vu dans la République. 
Tout cela fleure bon les années 40, celles qui sont célébrées par Monsieur Zemmour, dont Monsieur Arsac est un grand fan, assistant avec ferveur et enthousiasme à son récent meeting à Toulouse. Pourquoi pas une brigade arabes ? Une brigade jeunes ? Une brigade vieux pervers ?
Créer une brigade SDF c’est signifier directement que ces personnes sont, par essence, des délinquants. 
Le fait d’être SDF, vert, jaune, bleu, violet, charpentier, bûcheron, myope, ne détermine nullement qu’on va commettre des délits. Ce qui détermine un délinquant c’est la commission du délit, et seulement l’acte. La République, c’est l’égalité des droits et des devoirs. Par conséquent, personne ne peut être assigné de fait à un acte qu’il n’a pas commis. Oublier cela, c’est rompre le pacte social, c’est revenir à une société de la pure force, de l’arbitraire, où le droit ne protège pas le citoyen-ne mais peut le viser, en le caractérisant par avance, sans égards pour ce qu’il fait ou pas.
Sur le plan de la pensée, c’est un fait très grave. Et on peut se demander si cette création ne devrait pas être l’objet d’une attaque en justice pour discrimination. Pourquoi pas d’ailleurs ? Nous y réfléchirons.
D’ailleurs on nous explique carrément que cette brigade aura une fonction répressive ciblée sur les sans domicile fixe. Comprenez : être SDF ça se réprime.
Bien évidemment, nos édiles sur la pente plus que glissante savent qu’ils poussent le bouchon, pour faire oublier leur passivité effarante sur à peu près tous les sujets (à part les gels et les suppressions). Donc on met un grain d’humain….. Des infirmier-es accompagneront les tournées « répressives » de ces « spécialistes » de la traque du clochard, accompagnés de chiens. On ne sait jamais, on pourrait se salir. On souhaite à ces cellules « médico-sociales » (on embaucherait des médecins et des travailleurs sociaux ? Évidemment que non) bon courage pour donner sens à leur travail. Personne ne verra le début d’une intervention sociale.
Dans un de ces euphémismes typiques de la violence sociale (« voir les publics empêchés »), la mairie appelle cela une politique de « distanciation ». Pour ne pas dire qu’on les fait dégager du centre. Ou la droite reconnait les siens, c’est à dire la bourgeoisie. Monsieur Arsac et consorts détestent les « bobos » (les gens qui lisent et sont de gauche), mais les bos-cons, bourgeois conservateurs, ils adorent. Et sont prêts à tout pour « purifier » leurs points de vue.
La droite avait insisté pendant la campagne sur les faubourgs censés être oubliés. Les faubourgs apprécieront d’être considérés comme la solution pour apaiser une clientèle « up » en hypercentre.
Comme ces gens cyniques ne manqueront pas de nous traiter de « laxistes », disons de suite que nous n’aimons pas être agressé-es ou violenté-es, nous-même, en tant que citoyen-es. Non, nous n’aimons pas cela : scoop !
Mais nous sommes assez civilisé-es pour ne pas jeter tout principe à la poubelle parce que l’insécurité existe, et que l’explosion de la misère la nourrit. Que croyait on ? Que la décomposition de la société marchande ne produirait pas de violence ? C’est bien naïf. Bien entendu, la crise de civilisation que nous vivons suscite des troubles à l’ordre public. On doit y faire face, mais pas au mépris de nos libertés fondamentales, ni de celles des plus vulnérables, qui n’ont jamais droit à la parole.
Évidemment la police municipale doit travailler. Elle doit le faire en congruence avec les interventions sociales. Mais les personnes en errance doivent être traitées comme les autres, sur la base de la loi. La police municipale a un rôle de prévention et de répression, de droit commun, concernant tous les risques, tous les troubles.
Une grande ville doit se doter d’accueils de jour suffisants pour les sans domicile, insuffisants, même par rapport à Bordeaux, ville de droite. 
Que faire, sinon errer ? La question ne semble pas monter au cerveau « ferme » de Monsieur Arsac.
Une société dérape quand elle commence à désigner une population, d’office, comme la cause mais aussi en ce cas scandaleux comme l’auteur d’avance, de tous les maux. C’est un climat de haine, de méfiance, de ressentiment, que l’on diffuse dans la ville. Le poisson pourrit par la tête. Et la tête de notre ville ne tourne pas rond.
En 2006 déjà….
Rappelez-vous, le 12 septembre 2006, un étudiant nommé Edouard Rihouay meurt sur le Pont-Neuf à toulouse, tué par un groupe de quatre marginaux. Le maire de Toulouse d’alors, Jean-Luc Moudenc, politise alors le drame, rend un hommage appuyé à la victime, et s’émeut du développement de la mendicité agressive dans la ville. Il propose, dans la foulée d’un rendez-vous avec Nicolas Sarkozy, ministre de l’Intérieur, un plan contre les marginaux de tous bords : squats, sdf, toxicos… avec une logique toute droitière : vote le 20 septembre 2006 d’un arrête anti-camping sauvage, création d’une brigade anti-marginalité (mixte Police Nationale/Municipale), et création d’une nouvelle délégation pour lutter contre la marginalité agressive confiée à Jean Diebold.
Aujourd’hui le même Jean-Luc Moudenc récidive avec sa brigade anti SDF.
Pour autant le contexte a changé depuis 2006 : la situation des SDF s’est encore plus précarisée, avec pas moins de 141 500 personnes  sans domicile en France métropolitaine début 2012, soit une progression de près de 50 % depuis 2001 (chiffres Insee)
Sur Toulouse, pas moins de 8 000 personnes sont SDF, et entre 25-30 % sont des salariés, des travailleurs pauvre : le fantasme du SDF oisif et improductif est donc à revoir. La crise économique, renforcée par le coût prohibitif du logement dans les revenus des ménages, poussent de plus en plus de personnes à la rue.
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Au niveau municipal, la logique de développement des arrêtés est à son maximum : il est déjà interdit de consommer de l’alcool sur la voie publique, l’arrêté contre la mendicité agressive existe déjà et un arrêté anti-mendicité n’est pas à l’ordre du jour selon l’adjoint à la sécurité. Forcément car le juge administratif bloque usuellement ces arrêtés car trop liberticides, comme les récents cas de Nice ou de Hénin Beaumont le prouvent.
Depuis quelques mois, la ville de Toulouse fait régulièrement la une des faits divers, avec de nombreux épisodes de délinquances : agressions aux personnes et aux biens, homicides, braquages (Lardenne, St Cyprien, Empalot, Centre-ville). Les riverains et commerçants s’inquiètent de la dégradation du climat général et demandent une réponse des pouvoirs publics. Aucun des meurtres et vols spectaculaires récent n’a été le fait d’un SDF, et pourtant on va créer une police spécialisée… Allez comprendre.
Les habitants et commerçants indiquent véritablement ressentir une insécurité. Sauf que l’insécurité ressentie ne provient pas que des sdf, mais s’apprécie plutôt comme une dégradation globale de l’espace public. Les riverains indiquent clairement que l’espace public n’est pas géré : peu d’éclairage public, pas de référence d’autorité sur le site, zones délaissées…

Alors, de quoi parlons-nous ? De sécurité ou de signaux envoyés pour flatter des pulsions assez peu républicaines ? Liberté, égalité, fraternité disions-nous ?

La laîcité à la sauce Moudenc Toulouse

Au Capitole, la laïcité n’est plus en odeur de sainteté

Suite à l’affaire Merah, le conseil municipal du 24 mai 2013 créait officiellement le Conseil de la Laïcité de Toulouse. Ce conseil, composé des représentant-es de tous les cultes et d’associations de défense du principe de laïcité tel que la Ligue des droits de l’Homme et certaines obédiences maçonniques, s’est réuni régulièrement et a travaillé sur la question de la laïcité et ce, jusqu’à l’élection du nouvel édile de la ville, Jean-Luc Moudenc.
En effet, aucune nouvelle de ce conseil depuis le 30 mars dernier. Pire, sur le site de la mairie de Toulouse, on ne trouve même plus la page dudit conseil qui a été supprimée. Cette page précisait pourtant l’été dernier que ce conseil prendrait une nouvelle forme très bientôt, quel « teasing » ! Depuis, silence radio à propos de cette assemblée qui avait pourtant produit des éléments de réflexion significatifs sur un sujet aussi décisif que celui la laïcité.
Certes, il y a débat, depuis longtemps à gauche, sur le contenu même de la laïcité, et ce débat traverse naturellement Casa Nova. Une partie d’entre nous considère, avec force argument, que la laïcité étant l’affaire de tous et de toutes, elle n’a pas à être abordée dans un conseil de ce type, même s’il comporte des libres penseurs.  Les questions relatives aux cantines par exemple, n’ont pas à être préemptées par des représentants d’églises.
Toutefois, nous parlons d’une collectivité, dont nombre de missions concernent plus ou moins directement les cultes : possession en patrimoine de certains lieux de culte par exemple, mais aussi questions liées à l’abattage, droit de l’urbanisme… Des interactions existent donc de fait, et qu’elles soient encadrées dans un organe portant le beau nom de laïcité n’est pas en soi un problème.
Ce n’est pas au titre d’une conception extensive de la laïcité, en tous les cas, que Monsieur Moudenc ne réunit plus le Conseil. Bien au contraire. Et sur ce point, « casa et nova » sont bien d’accord….
Mais alors, que dissimule ce vide récent à propos des intentions de M. Moudenc ?

Quelle définition de la laïcité pour le nouveau maire de Toulouse ? 

Dans le cadre de la dernière campagne municipale, le candidat Moudenc, tout comme son adversaire d’alors, Pierre Cohen, a répondu aux questions que lui posait le Diocèse de Toulouse. Cette interview, disponible sur le site http://toulouse.catholique.fr nous éclaire sur la vision du nouveau maire de la Ville Rose en ce qui concerne la laïcité.
On y apprend notamment qu’il a « toujours accordé une grande importance à l’ensemble des mouvements associatifs et en particulier catholiques (…) ». On serait tenté de lui demander aujourd’hui si c’est bien le rôle du maire de Toulouse d’accorder une importance « en particulier » à « des mouvements associatifs » catholiques. Au détour d’une autre question, notre actuel maire déclarait notamment ceci : « Je souhaite remettre en place un climat d’apaisement entre l’Eglise de Toulouse et la municipalité. Un certain nombre d’évènements depuis le changement municipal ont conduit à « des petites vexations » qui me paraissent stériles dans une époque comme la nôtre où le bien commun doit être le maître mot dans la conduite de la gestion municipale. ».
Alors, nous nous posons la question de savoir de quelles vexations exactement parle Monsieur Moudenc ? Est-ce la réaction de l’ancien maire Pierre Cohen qui se scandalisait de l’implantation de l’Opus Dei à l’Eglise de la Dalbade ? Notre nouveau maire cautionnerait-il alors l’implantation d’un ordre religieux hyper réactionnaire ayant comme racine le franquisme dans une ville aussi marquée par la résistance républicaine espagnole ?
Ou bien peut-être est-ce les positions de Pierre Cohen dénonçant en 2011« une laïcité en danger » suite à l’attaque du théâtre Garonne par certains extrémistes catholiques traditionalistes – des ecclésiastiques de la Fraternité de Saint-Pie-X ou de l’Institut du Christ-Roi et l’association Civitas en tête – contre la pièce « Golgota Picnic » ?  Est-ce peut-être la loi Taubira ouvrant le mariage à tous, soutenue par l’ancien Maire, et pour laquelle M. Moudenc avait manifesté son désaccord jusque dans la rue ?
Ou alors, est-ce à dire tout simplement que c’est la création du Conseil de la Laïcité qui fût une de « ces petites vexations stériles » ? Tout cela n’est pas très clair – d’ailleurs, notons au passage que sur une multitude de ces sujets, nous n’avons pas vraiment entendu Monsieur Moudenc.
Toujours au cours de cette interview, le candidat Moudenc nous livrait alors sa définition de la laïcité en se déclarant« (…)très attaché au respect des lois de la République et en particulier la loi de séparation de 1905 », et en poursuivant avec la même ferveur que « La laïcité ne doit pas renvoyer l’Eglise contre l’Etat ou l’Etat contre l’Eglise. Un état laïc doit respecter les institutions religieuses en donnant à chacune une place spécifique bien définie dans le respect de la loi républicaine ». Jean-Luc Moudenc concluait que « la laïcité est un espace de neutralité partagé entre tous les citoyens, mais qui ne combat pas ni n’ignore les religions. ».
Mais alors, si l’on suit cette dernière idée,  pourquoi ne plus réunir cette instance d’échange portant sur les questions bien concrètes qui se posent à la ville de Toulouse ?

La réalité ? Un double discours dangereux

Dans un portrait du journal Libération à l’occasion de son élection, Monsieur Moudenc reconnaissait volontiers ses liens personnels avec l’institution catholique toulousaine : «C’est vrai que je vais parfois à la messe le dimanche. Mais, je ne suis pas une grenouille de bénitier.». « Certes, » poursuit le journaliste, « l’église où il se rend a pour nom l’Eglise-du-Christ-Roi. ‘Mais, ce n’est pas moi qui l’ai baptisée ainsi, dit-il en souriant. Et, c’est l’église du quartier où j’habite depuis vingt ans !’».Le journaliste de Libération indiquant par ailleurs que « (…) la République est son credo. Il revendique d’avoir été un élève de l’école publique laïque. Et d’avoir usé de l’ascenseur social. Le fait de lâcher, incidemment, à la presse qu’il irait à l’office le 30 mars, jour du vote, ne pouvait que conforter son électorat le plus conservateur. Il voudrait toutefois persuader que ‘ce n’était pas un calcul électoral‘. Se présenter comme un gentil croyant républicain respectueux des pensées du pape et du président de la République n’est pas, selon lui, un artifice intellectuel. »
        
Si Monsieur Moudenc doit vivre tranquillement sa religion, est-ce bien nécessaire lorsque on est le maire, le premier des Toulousain-es, de multiplier les sorties médiatiques à ce propos (on retrouve le même genre de propos tenus dans Le Point) ? Cela ne crée-t-il pas un décalage vis-à-vis des autres croyants ou des athées ?  Ne doit-on pas, lorsqu’on souhaite représenter tous les citoyens de sa ville, se garder d’annoncer le jour même du deuxième tour de l’élection municipale, sa « programmation œcuménique » matinale ?
Dans la même veine, on peut se poser la question de l’utilité du communiqué que faisait déjà Monsieur Moudenc en juin 2013 se félicitant de « rencontrer le nouveau souverain pontife ». La pertinence, pour un député de la République Française alors candidat à la mairie de Toulouse de rapporter la parole « papale » en terre Toulousaine, tient dans cette assertion : « Dans le monde tourmenté d’aujourd’hui, le Pape François rappelle, avec force et justesse, que la lutte contre la pauvreté et pour la dignité de la Personne Humaine doit constituer la priorité des priorités ».
Il y avait aussi la « mise au point » en réponse à un article du site « Riposte Laïque » du 19 mars 2010 s’intitulant « La mairie de Toulouse finance l’Islam et soutient les prières musulmanes illégales » qui l’attaquait violemment. Dans cet article était visé une décision du 13 mai 2005 de Monsieur Moudenc suite à l’implantation de préfabriqués Algeco « en vue du relogement provisoire de la mosquée de Bellefontaine ».
Pourquoi donc Jean-Luc Moudenc s’est-il senti obligé de fendre d’une mise au point vis-à-vis de ce site islamophobe, xénophobe, catholique traditionaliste, raciste et complotiste qu’est Riposte Laïque ?  Et ce dernier de se justifier: « Contrairement à ce que vous écrivez, je n’ai pas « favorisé la construction de mosquées tous azimuts » à Toulouse. J’ai exprimé mon opposition à l’idée d’ « une grande mosquée de Toulouse », préférant des lieux de culte musulmans plus petits dans les quartiers où est présente une forte communauté musulmane. » 
On trouve aussi en ligne la réponse du candidat député Moudenc daté du 14 juin 2012 à un questionnaire du « collectif pour l’humanité durable », collectif composé notamment de Frigide Barjot, Xavier Bongibault, Béatrice Bourges et Laurence Tchang Reynes, les chefs de file de «la manif pour tous». Ce collectif passait au crible chaque engagement du nouveau Président de la République François Hollande et sondait les futurs élus en leur demandant de se positionner.
Voici la réponse de Jean-Luc Moudenc et Laurence Arribagé : « Vous m’avez adressé un questionnaire destiné à soutenir votre collectif pour l’humanité durable. En réponse, je vous renvoie ce document signé qui exprime clairement les convictions profondes que j’ai toujours défendues et que je défendrai à l’Assemblée Nationale si je suis élu : le respect de la vie, la promotion de la famille fondée sur le mariage entre un homme et une femme, le respect des droits familiaux de l’enfant, le respect de la liberté d’éducation des parents, le respect des libertés de conscience, de pensée, de religion ». On notera bien l’absence du principe de laïcité.
Ainsi, Monsieur Moudenc n’était « pas du tout d’accord » avec l’engagement 21 de la loi sur la fin de vie, « pas du tout d’accord »avec l’engagement 31 relatif à la légalisation du mariage et adoptions d’enfants par les couples de même sexe, « pas du tout d’accord » avec les engagements 37, 39 et 40 « qui changeront la vie des femmes », notamment en matière de contraception et d’IVG et enfin, « pas du tout d’accord » avec les engagements 36 à 39 et 46 relatifs à « l’aide massive à l’enseignement public et la constitutionnalisation de la laïcité ». Lui, le Républicain, le fier produit de « l’école publique laïque » celui du portrait de libération, à peine « croyable »!
Monsieur Moudenc a bien compris qu’il était préférable, pour être élu, de savoir adapter cyniquement son discours en fonction de son auditoire afin de capter les facettes plus ou moins croyantes de son électorat. D’ailleurs, le jour même du vote décidant de la création du conseil de la laïcité, dans un reportage de France 3, ce dernier tentait désespérément de s’approprier cette initiative en déclarant « qu’en réalité c’était un de mes amis et colistier Jean-Luc Forget qui [l’avait] proposé initialement ». Il rajoutait alors que « l’essentiel (…) c’est l’intérêt général, je crois que quand l’intérêt général est en jeu et la laïcité, c’est une question d’intérêt général, on peut converger que l’on soit de droite de gauche ou du centre ».
Le fait est qu’un conseil portant le nom de laïcité n’a pas longtemps survécu à l’élection de Monsieur Moudenc, dont l’allergie au concept nous saute aux yeux. En matière de laïcité, il n’y aura eu pour l’instant qu’un seul « évènement municipal » depuis mars 2014. Il s’agit de l’accueil du Colloque International par Monsieur Lesgourgues s’intitulant « le contrôle des religions par l’Etat: hier et aujourd’hui » organisé par l’Institut Catholique de Toulouse, une ouverture dans la Salle des Illustres où l’archevêque de Toulouse invitait à la réflexion suivante sous l’approbation de l’adjoint à la diversité et à l’égalité: « La France devrait s’inspirer plus largement du modèle Italien en matière de laïcité »tout un programme
Aire de Montredon Toulouse Moudenc

Aire de grand passage à Toulouse : nouveau passage à vide pour la droite

Depuis 14 ans, la loi (Louis) Besson oblige les villes de plus de 5 000 habitant-es à assurer un accueil correct des populations nomades ; ce qui leur permet dès lors de lutter contre les campements sauvages.

Cette règle confirmée par droite et gauche, se heurte régulièrement à l’opposition des riverains, ces fameux Nimby (« Not in my backyard ») qui refusent tout ce qui est nouveau et a fortiori pas comme eux… Et quelquefois, les politiques s’engouffrent dans la brèche, jouant allégrement sur les peurs les plus obscures.

Cette obligation légale est nécessaire pour encadrer une réalité de terrain : les gens du voyage viendront de toute manière (pèlerinage religieux, fête …) alors, autant gérer au mieux leur venue. En effet, lorsque la ville ne dispose pas d’outils pour les accueillir dignement, les gens du voyage s’installent où ils peuvent, choisissant un terrain adéquat, public ou privé. Il arrive quelquefois que les conséquences soient financières et que des réparations soient à envisager, toutes payées par le contribuable ; ce fut le cas lors de l’occupation de l’Oncopole pour une somme de 100 000 €.

A Toulouse, l’offre en aire de stationnement est faible et il n’existe aucune aire de grand passage. L’Etat a ainsi obligé la communauté urbaine à répondre à ces enjeux, en implantant 2 aires de grand passage sur son territoire, dont une sur la ville de Toulouse.

En 2011, l’équipe Cohen prend le sujet à bras le corps, dans une optique volontariste pour résoudre une situation collective devenue intenable pour ces populations comme pour les Toulousain-es. A noter le courage politique de l’équipe Cohen qui assume dès le départ cette position républicaine tout en sachant pertinemment que cela ne lui rapportera rien électoralement parlant.

Le choix se porte sur Gabardie-Montredon, un terrain vague et boisé, enclavé, en bord de rocade, avec toute la logistique (eau, électricité) et un accompagnement social organisé, notamment un suivi pour limiter les nuisances. En septembre 2011, la délibération est présentée à la Métropole et adoptée à l’unanimité absolue des votants (dont Jean-Luc Moudenc).

Sauf que les riverains s’en mêlent, un collectif se monte, jugeant ne pas avoir été consulté, des pétitions se signent, des rumeurs de fermeture d’entreprise et de suppression emplois apparaissent…  La situation s’envenime. Les riverains proposent des sites alternatifs, les sachant impossibles ou hors d’atteinte. C’est à ce moment-là que la situation échappe à la mairie : sur la défensive, elle s’arc-boute sur sa position, jugeant « innégociable » le site choisi et multiplie, a posteriori, les réunions avec les riverains, sans convaincre.

La droite s’engouffre dans la brèche, juge alors que le site n’a pas été suffisamment étudié et s’engage auprès des riverains à le faire fermer, quoi qu’il en coûte. Un tract anonyme apparait même dans les boites aux lettres pendant l’élection…

L’échec de la gauche : un problème de méthode évident

Le débat pouvait–il être réalisé en amont pour désamorcer la crise ? Sur des sujets aussi épineux, rares sont les élu-es qui s’y frottent. Pour autant, l’équipe Cohen a tout simplement loupé l’étape la plus importante quand on porte un projet de gauche, celle de la conviction.

Pour avoir assumé le projet avec trop de rigidité, voire du mépris ou en tous cas une pédagogie lacunaire, pour ne pas avoir voulu en faire un vrai débat de société, mais un simple sujet de quartier, pour ne pas avoir clairement exprimé l’importance d’un tel projet pour la ville et la métropole, le sujet s’est enkysté dans une chaussure socialiste devenue bien trop étroite.

La gauche sait pourtant que pour gagner ses combats face aux forces conservatrices, elle doit toujours assurer ce travail de conviction et le porter sans ambages ni fioritures devant l’agora populaire.

Le contexte national, franchement hostile aux gens du voyage n’a pas aidé et a renforcé le sentiment d’insécurité. Les méthodes niçoises, la montée du Front National, accompagné des relents du débat sur l’identité nationale cher à Sarkozy ont fortement accentué les fantasmes, favorisant petit à petit un rejet rampant de l’autre.

Enfin, le simple fait que cette question soit restée ancrée sur un quartier, et n’a jamais été assumé comme un véritable débat de société : le débat est resté complètement bloqué sur la dimension du conflit de voisinage et n’a jamais réussi à le dépasser.

Quant à la droite, elle a eu recours à une solution simpliste, la solution de facilité : « vous ne voulez pas de gitans chez vous, nous non plus » voici l’argumentaire entendu. Tout en se gardant bien de dire où elle souhaiterait implanter cette aire de grand passage.

La Droite face à ses contradictions : démons populistes et chocs du réel

Campagne gagnée, Capitole reconquis, Métropole à terre, la droite de Jean-Luc Moudenc reprend le dossier et demande au conseil communautaire de rejeter le site de Montredon.

Et là, surprise, le vote est négatif, alors qu’elle pèse la majorité des voix…

Que s’est-il passé ?

Jean-Luc Moudenc aurait donc été trahi par les siens, ces élu-es de la métropole qui n’auraient pas voulu voir cette aire sur leur commune, ou juste rappeler le vote unanime précédent, ou alors serait-ce une tactique politicienne à plusieurs bandes ?
Hypothèses en suspens, doute dans l’esprit, certains éléments sont cependant sûrs : Oui, M. Moudenc a flatté les peurs des habitants, s’engageant à fermer ce site, sans pour autant proposer de solution alternative. En faisant cela, il veut clore le débat.

Il ne peut tout simplement pas assumer d’enlever cette aire de Montredon pour la mettre ailleurs, car il s’agissait, comme le disait son vote favorable de 2011, du meilleur site sur la ville. Au sens politique des responsabilités, Jean-Luc Moudenc préfère la stratégie de l’autruche, cachant un débat aux Toulousain-es pour ne pas avoir à le résoudre, reportant la faute sur la Métropole.

Pour autant les conséquences seront importantes car les gens du voyage continueront de s’installer n’ importe où sur la ville et la note sera payée pour les Toulousain-es : qu’ils en soient conscient-es, car année après année, elle va devenir salée.

Sans aire, la ville se met ainsi dans l’illégalité : elle ne respecte pas ses obligations républicaines, bafoue les droits de ces populations nomades et s’expose à des amendes devant les tribunaux.

Mais le véritable coût sera politique : en laissant une telle situation pourrir, en laissant perdurer dans l’illégalité la venue des gens du voyage, la droite va développer les comportements populistes les plus sombres dans la population, jouant sur cette précarité pour solidifier un certain électorat.

La suite ?

Suite au vote communautaire, qui a de nouveau validé l’aire de grand passage de Montredon, la droite municipale est bloquée. Soit elle accepte le vote, et dans ce cas-là, elle trahit sa promesse de campagne, soit elle suit sa promesse, et alors, elle devra indiquer où et comment sera positionnée cette aire de grand passage.

Sauf qu’aujourd’hui, trouver un site alternatif sur la ville de Toulouse sera très difficile, et les habitant-es s’appuieront alors sur la « jurisprudence » Montredon : autant dire qu’il sera très difficile de faire accepter une aire de grand passage durant ce mandat.