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La droite toulousaine façon Tricatel, c'est pas bio !

La droite façon Tricatel, c’est pas bio…

Faire des économies à tout prix, quitte à réduire de moitié le budget de l’alimentation bio dans les cantines scolaires, voilà la recette indigeste que nous proposent Jean-Luc Moudenc et son équipe, élaborée avec les ingrédients périmés d’une politique rance.

Il nous est très difficile de comprendre l’annonce faite par Madame Susset, conseillère municipale en charge de la restauration scolaire, dans La Dépêche du Midi du 14 juillet dernier.

Pourquoi donc réduire le budget du bio dans les cantines scolaires ? Pourquoi diminuer l’accès des enfants scolarisés à une alimentation saine et de qualité ?

Madame Susset justifie cette annonce par la nécessité de faire des économies. La logique purement comptable est donc assumée, clairement revendiquée…

Toutefois, la nouvelle élue en charge de la restauration scolaire trouve bon d’ajouter que cette baisse de 50% du budget est liée à la nécessité d’acheter du bio local et non du bio provenant d’Europe du Nord par exemple.

Revenons sur cet argumentaire aigre-doux.
Nous sommes d’accord avec Madame Susset : le bio pour le bio est un dévoiement de la démarche globale qui, au-delà d’un soutien à l’agriculture bio, doit s’accompagner d’une défense des circuits courts, de l’agriculture de proximité. Le bio ne doit pas être un simple affichage « développement durable », il s’inscrit dans une démarche plus large.

Si le marché de la ville de Toulouse ne contribuait pas à développer le bio local alors il convenait de le modifier.
Mais en ce cas, pourquoi toucher au budget qui passerait de 3,2 à 1,6 millions d’euros ?

Les collectivités locales doivent privilégier les produits bio locaux. Nous contribuons ainsi, toutes et tous, à réduire notamment l’usage des pesticides dont les effets sur la santé des agriculteurs et agricultrices ne cessent d’être démontrés.

Notre Région est volontariste dans le développement du bio. A ce jour, environ 6% des surfaces agricoles utiles sont des surfaces bio en Midi-Pyrénées, ce qui en fait l’une des premières régions de France, même si c’est encore très insuffisant.

Le taux de conversion en bio est l’un des plus élevés et la filière bio en Midi-Pyrénées fonctionne prioritairement en circuit court. Ce bilan positif ne doit pas pour autant amener les différentes collectivités locales à en rester là. En France, 25% des aliments bio sont importés, il faut donc aider la filière nationale à se développer, se structurer.

L’annonce de Madame Susset nous semble être en totale contradiction avec la volonté de ne pas acheter du bio pour du bio mais d’acheter local.

Alors que l’élue constate que la filière a besoin de soutien pour se développer, elle nous mijote une baisse drastique du budget ; cela ne manque pas de sel !

Mme Susset se trouve là prise au piège. Le piège d’un projet municipal fondé sur la réalisation d’un ou deux « Grand projet visible » pour lesquels il faut dégager des financements à tout prix.

Madame Susset, mettez la toque ou lieu de retoquer le bio, pimentez votre action, ne vous laissez pas cuisiner par des visions comptables dignes du Tricatel de « l’aile ou la cuisse » ! Devenez la cheffe et préservez une alimentation de qualité, bio et locale dans nos cantines scolaires !

Le grand contournement du réel

Lors de la campagne municipale, Monsieur Moudenc a mis en débat l’enjeu des embouteillages sur le périphérique toulousain… non pas à travers une réflexion mettant en avant le développement des transports en commun, des transports interurbains, du maillage de l’aire urbaine qui permette de réduire le recours à la voiture personnelle sur le périphérique.

Non, bien au contraire, M. Moudenc a proposé une deuxième rocade qui permettrait de capter le trafic de transit (à différencier du trafic local).

Ce projet nous semble inefficace et inadapté aux enjeux en matière de mobilités, de santé publique et d’environnement.

Tout d’abord est-ce une deuxième rocade ou un contournement autoroutier dont nous parle M. le Maire ?

Deuxième rocade ou contournement autoroutier ?

En effet, lorsque M. Moudenc parle d’une 2ème rocade il fait une erreur que nous pensons volontaire pour ne pas utiliser le terme plus adapté de contournement autoroutier.

Une deuxième rocade (ou un 2ème périphérique) est une infrastructure qui doit passer à proximité de l’existant. En d’autres termes à moins de 10-15 kilomètres.

Vous en conviendrez, c’est impossible sur l’agglomération toulousaine sauf à la faire passer sur les toits des immeubles et des pavillons, ou bien à moins d’exproprier des habitant-es.

Donc, M. Moudenc nous parle en réalité d’un contournement autoroutier qui, lui, passera à environ 25-30 kms du périphérique existant. Ce qui est logique (dans la logique de M. le Maire) s’il souhaite écarter le trafic de transit du périphérique actuel. Voilà donc ressorti du placard un dossier qui a été rejeté en 2008 par le Ministre Monsieur Borloo (du même bord politique que M. Moudenc) suite au débat public. L’un des arguments invoqué fut l’opposition entre ce projet et le Grenelle de l’environnement.

Pourquoi un contournement alors ? M. le Maire indique que ce contournement permettrait de capter le trafic de transit qui serait la principale cause de l’engorgement du périphérique aux heures de pointe.

Or, le transit dont il parle ne correspond qu’à 10 % du trafic sur le périphérique et n’est pas en outre le trafic majoritaire aux heures de pointe c’est à dire aux heures pendant lesquelles les embouteillages sont massifs.

Une solution donc inadaptée à la problématique actuelle : les nombreux déplacements au sein de l’agglomération vers Toulouse. Mais au fait où passerait ce contournement ?

Toi aussi, dessine ta deuxième rocade pour Toulouse

Une infrastructure qui passerait où ?

M. le Maire l’a indiqué, ce contournement concerne l’Est de Toulouse. Pour être plus précis, cette infrastructure passerait vers Verfeil et le Lauragais au détriment de terres agricoles et d’espaces de biodiversité.

Le débat public avait déjà fait ressortir les risques d’une telle infrastructure pour l’agriculture locale et avait trouvé parmi ses opposants la Chambre d’agriculture.

Il est assez remarquable d’ailleurs de voir que M. Moudenc réduit le budget alloué au bio dans les cantines toulousaines sous prétexte qu’il n’y a pas assez de bio local et que dans le même temps il envisage de construire une autoroute à la place de champs sur lesquels pourrait être cultivé… du bio.

Mais non, alors qu’aujourd’hui l’heure est au développement de circuits courts, d’une agriculture de proximité, M. Moudenc choisirait de détruire ces espaces pour une infrastructure inutile et que peu de véhicules emprunteraient notamment parce que cette infrastructure serait mise en autoroute concédée payante. Justement qui financera cette infrastructure ?

Quel(s) financement(s) ?

M. Moudenc a demandé l’inscription du contournement dans le cadre du Contrat de Projet Etat Région 2015-2020 afin que d’autres collectivités locales et l’Etat participent au financement de cette promesse de campagne.

La priorité par exemple du Conseil régional doit-il être la poursuite d’un soutien fort au réseau régional ferroviaire et à la rénovation de certaines routes (comme la RN126) ou de soutenir un contournement autoroutier dont le principe rappelons-le a été rejeté en 2008 suite à un débat public ?

La priorité au sein d’un CPER ne devrait-il pas être de financer les transports en commun ? Les collectivités locales ne pourraient-elles pas soutenir en complémentarité avec le train des aires de covoiturage pour réduire l’utilisation individuelle de la voiture ?
Ne faut-il pas utiliser le CPER pour développer le fret ferroviaire ?

Faut-il rappeler qu’un 1km de rocade c’est environ l’équivalent de l’exploitation de 10 lignes de bus/an ?

Lorsque l’infrastructure sera construite, ce contournement deviendrait une autoroute concédée payante et ne coûterait rien selon M. le Maire aux collectivités locales.

Nous avons dû mal à y croire. En effet les exemples d’autoroute concédée dont le flux de véhicules est moindre que celui prévu (pour «vendre» le projet) par le concessionnaire et qui implique donc l‘augmentation de la subvention d’équilibre ne manquent pas.

Les collectivités devront sans doute remettre au pot, au détriment de dépenses plus prioritaires.

De plus qui peut penser que les gens passeront par cette autoroute de contournement alors même qu’ils pourront toujours emprunter gratuitement le périphérique Toulousain ?

Nous pensons que le chemin emprunté risque de nous conduire droit dans le mur. Alors que l’urgence environnementale commande de faire des choix pour réduire l’utilisation de la voiture, voilà que M. Moudenc nous parle d’une deuxième rocade payante.

Si nous ajoutons à cette promesse de campagne les décisions récentes sur les abonnements Tisséo, la Liaison Multimodale Sud-Est nous constatons que le développement des transports en commun n’est pas une priorité pour Jean-Luc Moudenc.

Il est temps de ranger cette promesse dans le placard dans lequel elle a été mise dès 2008 suite au débat public afin de redonner toute sa place au développement des transports en commun et construire un maillage territorial cohérent.

 

 

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La droite toulousaine invente la prime à la pollution

- « Messieurs Moudenc et Lattes, dessinez-moi une ville et une métropole. »
- « Hé bien nous allons commencer par rajouter des voitures ici et là. »

Voilà en quelques mots le dialogue que le Petit Prince aurait pu avoir avec le Président de Toulouse Métropole-Maire de Toulouse et le président du SMTC Tisséo.
Un dialogue qui n’est pas si éloigné de la réalité tant les premières annonces ou décisions en matière de mobilités se font en faveur de la voiture individuelle et au détriment d’une politique ambitieuse de transports en commun pour notre ville et notre métropole.

Jean-Luc Moudenc semble donc limiter son ambition transport à une 3ème ligne de métro (pour 2024 !!!) et sa «fausse» 2ème rocade (nous y reviendrons dans un prochain texte, tant ce dossier mérite un développement particulier).

L’arrêt de la subvention pour l’achat d’un VAE.

Cette aide fut mise en place en 2012. Environ 1500 habitant-es de la métropole y ont eu recours pour un montant moyen de 230 € par personne et un budget global de 350 000 €.

L’arrêt de cette aide est un coup dur porté à la réduction de l’utilisation de la voiture individuelle sur des courts trajets (moins de 5kms) qui représente tout de même 40% des déplacements sur notre métropole.
Là ou la plus part des grandes villes (dont certaines de droites comme Bordeaux et Nice) font le choix de maintenir, voire de renforcer cette aide, la métropole fait un choix inverse. Cette décision dogmatique du Maire-président place Toulouse au ban des villes modernes qui ont compris l’intérêt de ce genre de déplacements. Quand le prix moyen de vélos à assistante électrique se situe entre 700 et 1000 euros qui à votre avis aura encore les moyens de se payer un tel vélo ?

La LMSE

Depuis son ouverture, ce sont plus de 400 bus qui circulent via cette LMSE dont 1 bus toutes les 4 minutes en moyenne en période de pointe.

C’est donc une liaison nécessaire qui ne doit pas être dégradée par l’ouverture aux voitures. En effet si cette annonce se concrétise, la voie n’étant plus spécifiquement réservée aux bus, ceux-ci circuleront en moindre nombre, avec une moindre régularité et moins rapidement.

En outre, l’ouverture d’une voie à des voitures ne fluidifie pas le trafic mais provoque un effet «aspirateur» à voiture en incitant les gens à prendre leur véhicule personnel et non un transport collectif… un bel engorgement en prévision sur le sud-est de l’agglomération avec les effets que nous connaissons sur la pollution de l’air.
La priorité n’est-elle pas plutôt sur cette partie du territoire de compléter cette LMSE réservée au bus et modes doux par une prolongation de la ligne B du métro jusqu’à Labège ?

Là encore se dessine doucement la ligne politique de la mairie en matière de déplacements, faire entrer Toulouse de plain-pied…dans les années 1980.

Augmentation des tarifs Tisséo

Commençons par préciser que Messieurs Moudenc et Lattes ne sont pas les seuls à prendre des décisions totalement iniques. En effet, le gouvernement proposa en 2013 une hausse de TVA sur certains secteurs notamment les transports collectifs.
Pour Tisséo, cela représente une perte de 2,1 millions d’euros pour un budget global de prés de 600 millions d’euros.
Cette hausse a pris effet au 1er janvier 2014 et certaines collectivités l’ont répercutée sur les prix des transports. Pour notre territoire, le comité syndical de Tisséo a voté le 9 juillet une délibération qui va donc provoquer la hausse de l’abonnement, la hausse du prix du ticket navette pour l’aéroport, la hausse du ticket aller-retour dans la journée ainsi qu’une hausse du prix du Ticket 10 déplacements à partir du 1er septembre.

De son côté le prix du ticket unique ne change pas, tout comme la gratuité pour les + de 65 ans et les tarifs jeunes.

Les personnes sanctionnées seront donc celles qui font un usage régulier des transports collectifs notamment dans leur liaison domicile-travail.

Pour nous, cette hausse de TVA aurait pu être l’occasion de mettre en place une tarification solidaire comme à Strasbourg, Grenoble qui prenne en compte les revenus des usagers en transport en commun.

Ne peut-on pas également étudier progressivement la possibilité de la gratuité des transports en communs comme à Aubagne, Châteauroux ? Cette gratuité pouvant être à terme un objectif une fois que le réseau sera accessible à la grande majorité des habitant-es de la métropole.

Comment trouver normal qu’à revenus égaux on ne paie pas le même prix dans les transports en commun ?

Il ne s’agit pas ici de stigmatiser le 3ème âge mais cette gratuité induit une profonde inégalité. Est-il normal qu’une personne ayant une confortable retraite ne paie pas les transports en commun ? Est-il normal qu’à revenu égal les personnes à la retraite ne paient pas alors qu’un salarié paie les transports ? Est-il normal qu’une personne à la retraite ne paie pas les transports alors qu’un étudiant (à la situation économique souvent précaire) débourse 10 € tous les mois ?
Les tarifs de Tisséo sont à revoir, cela semble être une évidence, mais pas dans le sens prôné par M. Moudenc ; mais dans celui d’une plus grande équité entre les usagers.

L’augmentation de la TVA fut contre-productive pour les transports en commun, le comité syndical Tisséo a décidé d’amplifier cette décision.

Tarifs de nuit dans les parkings

Et pour achever cette logique de prépondérance donnée à la voiture dans la ville, M. le Maire a annoncé la négociation avec Vinci afin de remettre en place le tarif de nuit dans les parkings avec cet argument : «le centre ville de Toulouse se vide de plus en plus le soir».

Passons sur cet argument irrecevable pour toute personne fréquentant le centre ville après 21 heures, passons sur le fait que même s’il y avait une baisse de la fréquentation (ce dont nous doutons) elle pourrait être aussi la cause des difficultés financières de nos compatriotes, et attardons-nous sur la mesure en elle même.

M. Moudenc couple deux décisions : il augmente les tarifs des transports en commun et il baisse le prix des parkings !!

Vous aussi, demandez votre carte Gold !
Vous aussi, demandez votre carte Gold !

Vous l’avez compris, M. Moudenc fait tout pour faire en sorte que les gens viennent en voiture en centre ville alors que l’offre de transports en commun de nuit s’est fortement développée : Linéo 16, Noctambus, Métro jusqu’à 3 heures du matin à partir de novembre (une bonne décision récente du Maire se cache dans cette liste).
Enfin, un petit point pour nos lecteurs et lectrices qui penseraient que ce prix du tarif de nuit est un cadeau de Vinci aux Toulousain-es : cette décision va impliquer le versement d’une subvention de 600 000 €/an par la collectivité à la petite entreprise locale Vinci

Et oui, avec cette mesure ce sont vos impôts qui partent dans les poches de la start up Vinci. A l’heure où la gestion des deniers publics doit être exemplaire, voilà un cadeau bien inopportun de M. le Maire à ses amis.
Cher cycliste, cher utilisateur et utilisatrice des transports en commun, tu l’as compris, M. le Maire ne veut pas de toi.

Il rêve d’une ville où la voiture est reine, où on peut se garer n’importe où en centre ville.

Alors CASA NOVA a décidé d’aider M. le Maire dans cette logique.

M le Maire pourquoi ne pas autoriser les voitures à se garer de nouveau sur la place du Capitole comme cela était le cas il y a quelques dizaines d’années ? M. le Maire pourquoi ne pas détourner le Canal du Midi (comme envisagé dans les années 70) afin de pouvoir faire de nouvelles voies de circulation à la place ? M. le Maire pourquoi ne pas rendre la rue Alsace Lorraine aux voitures ?

Avec ces mesures, vous assumerez enfin vos ambitions pour notre ville, Toulouse la rose deviendra ainsi Toulouse la grise, comme la pollution qui la recouvrira, comme la carte de la même couleur que vous semblez tant apprécier !