Archives pour la catégorie Urbanisme – Politique de la Ville

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Le gratte ciel de Toulouse

« TOULOUSE CON TOUR » saison 2 : 

La saison 1 était musicale avec  Art Mengo, Magyd Cherfi et Yvan Cujious .

https://www.youtube.com/watch?v=wzsUG8BgnPw

La saison 2 pourrait être urbaine avec Jean Luc Moudenc, Alain Garès, Joan Busquets  et le gratte ciel de Toulouse

Car la dernière modification du Plan Local d’Urbanisme ouvre la porte réglementaire à un immeuble de grande hauteur à Marengo dans le cadre du projet Toulouse Euro Sud Ouest, autrement dit l’aménagement du quartier de la gare Matabiau.
A Toulouse les Immeubles de Grande Hauteur on les appelle pas des IGH mais des gratte ciel !
Ceci dit avec les 150 mètres autorisés par le PLU on ne va pas le gratter beaucoup le ciel, la tour Montparnasse culminant à 210 mètres, la Tour Eiffel à 325 mètres, pour rester dans les références hexagonales, le record un monde étant à Dubaï  avec les 829 mètres de la tour Burj Khalifa: record qui ne relate rien d’autre que la mégalomanie des commanditaires, dans des pays qui à l’heure ou le monde entier s’interroge sur le réchauffement climatique construisent avec l’argent du pétrole des pistes de ski réfrigérées sous les tropiques .

Mais revenons à Toulouse et voyons les raisons qui sont mises en avant pour justifier l’édification de notre tour à nous.

On nous parle d’abord d’un signal ; heu pour signaler quoi ? 

Comme on n’ose pas penser que le premier magistrat de la ville souhaite se signaler ainsi, on se dit que peut être c’est pour indiquer que là, il y aura des bureaux en vente, car avec un excédent de plus de 100 000 m2 de bureaux vides dans la métropole, il va falloir les vendre les 30 à 40 000 m2 hors de prix de la tour de Marengo elle même noyée dans un projet plus vaste qui prévoit alentour 300 000 m2 de bureaux pour 2030 !
Hors de prix oui,  car le principal obstacle à lever pour la construction de notre gratte ciel, c’est le financement, comme l’indique le Directeur d’ Europolia, société chargée  du projet TESO, qui sait bien que dans un marché excédentaire le prix des bureaux n’atteindra pas les sommets que la tour, elle, voudrait bien atteindre. 

Un Immeuble de Grande  Hauteur coûte très cher à construire, donc se vend cher:

Mais l’enthousiasme des investisseurs risque d’être tempéré certes par le prix, mais surtout par l’impact minime de la chose, pardon du signal !

Car à Toulouse, avec ou sans LGV à Matabiau, quelle sera la renommée d’un petit IGH de 50 étages maximum, certes judicieusement placé par Joan Busquets au dessus des voies de chemin de fer et visible des allées Jean Jaurès, mais néanmoins bâti  en contrebas de la colline de Jolimont qui culmine à  quelques 50 mètres au dessus du canal et couronnée de deux immeubles d’une cinquantaine de mètres de haut : l’aura altimétrique de notre gratte ciel sera donc amputée de 100 mètres … ce ne sera donc pas une érection de 150 mètres au dessus de la ville qui se dressera à l’horizon, mais un troisième immeuble même pas deux fois plus haut que ses deux voisins de Jolimont bâtis dans les années 60 au sommet de la colline.
Et seule une vision en venant du Sud permettrait de percevoir le gratte ciel dans toute sa hauteur.

Mais à défaut d’érection spectaculaire, son architecture pourrait alors créer l’événement,

comme l’indique Joan Busquets l’urbaniste en chef de Marengo qui monte au créneau dans la presse locale pour « vendre » le projet avec son savoir faire habituel. 
Il change le vocabulaire en remplaçant « signal » par « symbole », et en faisant un parallèle historique avec tourelles de hôtels du 16éme siècle qui caractérisent l’époque florissante des fortunes Toulousaines issues du commerce du pastel: sauf que là les fortunes qui investiraient auraient pour nom Vinci, Eiffage ou Bouygues …, des fortunes issues du commerce des autoroutes et des parking, peut être pas de quoi ériger un monument à la gloire du béton au dessus des voies de la SNCF, à l’heure ou les bus Macron contribuent à la lente agonie du rail populaire au profit de la route !
Il explique opportunément que le bâtiment se devra d’être beau et durable, bien que par définition une tour est énergivore, la performance énergétique des bâtiments passant par une compacité du bâti pour éviter les déperditions … le contraire d’une tour isolée et en plein vent.
Alors bien sûr faisons confiance aux architectes pour développer des processus d’isolation et de captage de l’énergie solaire ou géothermique afin de « verdir » le gratte ciel, mais comme le dit bien le professeur Busquets , cela passe par un investissement financier conséquent, un surcoût par rapport à une tour qui aussi belle qu’elle soit resterait énergivore. 
Et c’est bien cette capacité financière qui pose question… comme le soulignait le Directeur d’Europolia : on ne pourrait le construire, le gratte ciel, que s’il ne coûtait pas trop cher … !

Ainsi que ce soit en terme de signal ou de geste architectural, le bide nous guette …

avec un budget au rabais, une hauteur finalement étriquée, et une forme banale de tour, expression architecturale obsolète qui comme le craint le professeur Busquets  évoquerait plus les visions des urbanistes d’antan, que celle des contemporains talentueux ou progressistes qui préconisent des solutions durables, performantes d’un point de vue environnemental et cohérentes d’un point de vue urbain comme l’étaient les tourelles des Capitouls. 
En l’occurrence bâtir en grande hauteur à Toulouse n’est que gesticulation, dans l’une des villes de France les moins denses.
Et si Toulouse n’a pas eu de tour comme d’autres capitales c’est simplement parce qu’il n’y en avait pas besoin.

Aujourd’hui est on face à un vrai besoin ou à une envie d’urbanistes fatigués et de politiciens incultes ?

D’autant que le côté utilitaire d’une tour de bureaux laisse dubitatif, et comme le souligne Joan Busquets, cette tour devrait avoir plusieurs fonctions logements, bureaux , hôtel … il y aura peut être du monde pour investir dans les derniers 50 mètres  (une quinzaine d’étages) mais qui voudra payer le prix fort pour occuper les 100 mètres qui seront en dessous ?
Enfin ne laissons pas détourner les propos des Toulousains qui se sont exprimés lors de l’enquête publique organisée sur ce projet qui a fait ressortir le désir d’une architecture « plus ambitieuse ».
Pas sûr que l’ambition dont parlaient ces citoyens soit de voir construire une mini tour, coincée contre la colline Jolimont, avec un budget au rabais donc d’une architecture à l’économie, remplie de bureaux qui ne feront qu’aggraver l’excèdent métropolitain, et qui ne solutionneront en rien le déficit en logement, pire qui n’assureront pas l’indispensable équilibre habitat/activités .

Le surcroît  d’ambition souhaité par les Toulousains pourrait aussi bien se traduire par des formes architecturales et urbaines moins érectiles et plus durables, qui répondraient aux besoins de tous et non aux envies de quelques uns.

Pour l’instant, et c’est heureux, le fait que le PLU permette de bâtir une tour de 150 m n’est en rien une obligation de la réaliser.
Gageons que le bon sens prendra le dessus et qu’en attendant l’arrivée des TGV à Matabiau, Toulouse Métropole réalisera qu’il y a suffisamment de grain à moudre pour achever d’ici 2020 et dans un site contraint, les travaux annoncés de la rue Bayard, des allées Jean Jaurès, du parvis de la gare avec la couverture partielle du canal … pour ne pas s’engager   en urgence dans l’aventure obsolète du gratte ciel !
Lire aussi :

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Après le « village des marques » à Nailloux, Val Tolosa à La Ménude ?

Georges Méric et la malédiction des centres commerciaux:

Il s’était illustré en tant qu’édile de Nailloux (d’abord à la Mairie puis comme Conseiller général du canton) en participant à la conception puis à l’accouchement d’un des centres commerciaux les plus ineptes du département : « Le village des marques » de Nailloux.

Une réalisation qui, comme on peut hélas le constater, est une insulte à l’environnement, à l’urbanisme et à l’architecture.

Avec une implantation commerciale accessible uniquement en voiture, à 30 km de Toulouse, en rase campagne, et qui veut faire couleur locale avec une architecture de hangars déguisés en maisons Lauragaises.village_de_marques_nailloux
Quant à la pertinence environnementale, la Cop 21 en a rappelé, si besoin était, les enjeux : les déplacements en sont une des clés, sans parler de l’idéologie consumériste véhiculée par le concept des marques dont nous constatons les méfaits notamment en cette période de rentrée scolaire. Et que dire en terme d’urbanisme quand tous les maires des villes grandes et surtout petites déplorent la désertification commerciale de leurs centres.
Mais tout cela a pesé bien peu face au clientélisme tactique pour assurer des réélections … et ça a hélas bien marché puisque voila Georges Méric installé à la tête de l’institution départementale.

On pouvait penser que cela faisait partie de son passé et que comme d’autres « il avait changé », le Président … et tiré les leçons.

Mais à peine installé dans son fauteuil, le voila confronté à un projet commercial encore plus gros, encore plus stupide, encore plus inutile et obsolète : le centre commercial de Val Tolosa qui serait situé sur le plateau de La Ménude à Plaisance du Touch.

Alors que l’agglomération toulousaine est déjà fortement dotée en zone commerciale, certains continuent à s’acharner pour faire sortir de terre ce projet en gestation depuis de plus de 15 ans .
Ce projet c’est un espace commercial de 64 000m2 dont 12 000m2 pour un hypermarché. La situation dans l’agglomération selon la Chambre de commerces et d’industries c’est quant à elle au 1er janvier 2014 : 1 144 000 m2 de surface de vente en grandes surfaces (commerce de plus de 300 m2 de surface de vente) et plus de 17 300 «petits» commerces et services de proximité (commerce de moins de 300m2 de surface de vente)…la pénurie est forte comme vous pouvez le constater. En termes de m2 de grandes et moyennes surfaces (GMS) pour 1 000 habitants, en 2014, l’agglomération se situait en tête en France : soit 1 490 m2 pour 1 000 habitants.

Alors pourquoi un énième projet alors que dernièrement vient d’ouvrir un centre commercial de 17 000m2 (dont 3 500m2 d’hypermarché) à La Cépière ?

Nous nous posons toujours la question, sans comprendre la logique d’un tel projet dans une zone qui ne manque pas d’espaces commerciaux à proximité (Roques et Portet sur Garonne notamment).

Nous nous posons la question à plusieurs titres, et d’abord en terme environnemental.

Car comment cautionner la stérilisation des rares terres cultivables dans les secteurs périurbains de la métropole, alors que nous savons que le principal obstacle à l’extension du bio dans les cantines (et donc ailleurs) est le manque d’espaces cultivés à proximité. Comment face au réchauffement et aux mutations climatiques continuer à imperméabiliser des sols, à favoriser la voiture individuelle en créant un centre commercial éloigné des réseaux de transports en commun.

Nous nous posons la question aussi en termes économiques

Les dernières études commerciales montrant que même avec une approche libérale les grands centres commerciaux tombent en désuétude (et pas seulement aux États Unis, spécialistes des grands « Malls »), au profit de petites surfaces de proximité que nous voyons fleurir en ville et dans nos quartiers, et que nous fréquentons tous et toutes avec satisfaction et de plus en plus.

Au vu de ces éléments, il semble évident que l’intérêt public est totalement absent d’un tel projet …

Ainsi, on aurait pu imaginer que, en tant qu’acteur majeur, le Président de l’instance Départementale comprenne et appuie les associations et élu-es luttant depuis plus de 15 ans, multipliant actions et recours contre la concrétisation de cette implantation inutile et nuisible !

Car, ne l’oublions pas, le Conseil Départemental avait un pouvoir de blocage majeur de ce projet en tant que propriétaire des voies de desserte du site !reseau-routier

Or, le 7 juillet dernier, cette assemblée votait à la demande de son président la cession des voies départementales à la commune de Plaisance du Touch favorable au projet afin de créer une bretelle d’accès au futur centre commercial.

Georges Méric nous a encore déçus en capitulant face aux promoteurs de Val Tolosa après un simulacre de médiation, le promoteur Unibail ayant « modifié le projet » en rajoutant quelques panneaux solaires et un peu de végétation et en promettant un « soutien à l’économie locale ».
Le Conseil départemental sortant hypocritement du jeu, la balle est désormais dans le camp du Maire de Plaisance, favorable au projet, contrairement aux communes voisines de Tournefeuille et de Colomiers qui y sont elles opposées.

Le nouveau permis de construire délivré mi-aout 2016 par la Mairie de Plaisance fait maintenant l’objet d’un nouveau recours de la part du collectif « Non à Val Tolosa » car ce permis « n’est pas plus conforme que les précédents aux documents d’urbanisme et en particulier au Schéma de cohérence territoriale ».

En attendant, nous sommes là, devant un projet qui :
- est, de l’avis des spécialistes de l’urbanisme commercial, totalement obsolète.
- est décrié par des riverain-nes, des élu-es et l’association « Non à Val Tolosa ».
- est totalement contre productif en termes environnementaux.
- continue à nous menacer sous la pressions de quelques lobbys ou de quelques intérêts particuliers, intérêts renforcés par le retrait honteux du Conseil Départemental.p1530486

On ne peut s’empêcher d’imaginer que si ce délire continuait, une ZAD pourrait voir le jour à cet endroit, même si aucun des opposants ne l’a réclamé de ses vœux en ayant en mémoire les conséquences tragiques de la faillite des pouvoirs publics à Sivens.

Pour sa part, Casa Nova non seulement affirme son opposition à ce projet mais renvoie les élu-es à leurs responsabilités.

Casa Nova ne peut non plus oublier que Georges Méric a osé déclarer à la presse qu’il avait découvert ce dossier en arrivant à la tête du Département et en ouvrant les dossiers de son prédécesseur. (La dépêche du 1-12-2015) : incompétence, couardise, manque de courage, irresponsabilité, tactique …

A Casa Nova on voit bien que le programme sans candidat que nous avions rédigé pour les Départementales est largement repris dans les annonces du Conseil Département et c’est bien comme ça, il n’y a pas de copyright, mais il faudrait que les actes soient cohérents avec les annonces et que celles ci ne restent pas au stade des incantations.

Nous appelons donc à continuer de résister à ce projet qui privilégie quelques intérêts particuliers au détriment de l’intérêt général – économique, environnemental, et social.
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La malédiction des piscines toulousaines.

La pensée unique qui préside à la gestion de bien des villes françaises fait trop souvent prévaloir les enjeux économiques sur tous les autres.

Toulouse n’échappe pas à la règle et sous la gestion Moudenc il semble que les piscines soient devenues une cible de choix des « cost killer » municipaux  car, comme bien des équipements publics, une piscine coûte :
-Elle coûte au départ en investissement, mais Toulouse a hérité d’une bonne situation puisqu’elle faisait partie au début du siècle des villes correctement équipées en la matière avec treize ou quatorze bassins, le ratio d’une piscine pour 25000 habitant-es étant à peu près respecté.
-Elle coûte aussi en entretien et mise aux normes d’autant que le parc est relativement ancien à une exception près aux Argoulets.
-Elle coûte surtout en fonctionnement car il faut des maîtres nageurs, des gardien-nes, et des agents d’entretien et de surveillance.
La tentation est donc grande pour les « comptables » de la Mairie de proposer des suppressions pures et simples:

puisqu’on est est dans un ratio habitants/piscines correct, on pourrait le dégrader un peu, hein !

Ainsi non seulement on ne dépense pas pour entretenir, mais aussi on peut diminuer le nombre de maîtres nageurs et les agents d’entretien !
Mais faire cela c’est faire fi du rôle social et culturel des bassins de natation : et ce qu’on économise en supprimant des piscines, coûtera encore plus cher en accompagnement social des jeunes, des moins jeunes, et des scolaires qui fréquentent les installations par l’intermédiaire des écoles bien sûr mais aussi des clubs de natation, plongée, les bébés dauphins, l’aquagym, etc … qui ne peuvent exister sans des installations qui ne peuvent être que publiques.
Il y aura aussi une incidence pour tout le reste de la population car chaque personne qui nage est aussi une personne qui est en meilleure santé et donc coûte moins cher en soins médicaux (donc à la « sécu »).
Une observation des bassins de Toulouse montre que les installations municipales ne sont jamais sous utilisées et il est bien rare de se retrouver seul à nager  (ou à barboter) dans une ligne d’eau.
La prise en compte de cet aspect social et culturel sous entendrait une vision globale de la gestion publique obligeant à lever les yeux du guidon budgétaire municipal pour avoir une vision sociétale, qui commencerait par une métropolisation des piscines, pour en mutualiser la gestion … mais là chaque Maire veut garder ses piscines et ses jardins à lui et pas les partager avec les voisins ! D’ailleurs, depuis que J-L Moudenc est aux affaires, à Toulouse on paie plus cher l’entrée, et ENCORE plus cher si on ne réside pas dans la commune.
On s’achemine donc vers la fermeture de la piscine Ancely au grand dam des usager-es qui ne se laissent pas faire, vers une réduction des créneaux d’ouverture des autres bassins, l’Euro 2016 étant un prétexte pour fermer momentanément mais abusivement certains bassins comme viennent de le dénoncer dans un communiqué les élus EELV de l’opposition municipale.

Casa Nova s’intéresse aujourd’hui à un ancien bassin moins connu, la piscine Roger Pradier.

Proche de Berthelot, il a été fermée au printemps 2011, sa remise aux normes ayant été jugée trop coûteuse car elle nécessitait un désamiantage.
On aurait pu mesurer là aussi la perte que constituait un tel bassin à proximité d’un groupe scolaire important, mais non !
Dont acte, mais que faire de ce bâtiment ?
Facile, dans un quartier péri-central et dans une logique de solde des bijoux de famille : on le vend à la promotion immobilière pour en faire du logement, et hop on économise le désamiantage (le promoteur s’en débrouillera) et on récupère quelques euros !
Le Conseil Municipal a donc voté le déclassement du terrain qui était en domaine public, pour pouvoir le vendre au privé : ça c’est déjà fait !
Il faut aussi modifier le zonage du PLU pour que le terrain soit constructible en logements car il est actuellement situé dans une zone règlementairement dédiée à la construction d’équipements publics : le projet  de modification du PLU en cours d’enquête publique prévoit donc un changement de zonage permettant des constructions privées.
Mais comme le signale le comité de quartier St Michel, le lycée et le collège Berthelot, installés sur des terrains saturés et qui ne peuvent pas s’agrandir, ont des équipements insuffisants au regard du nombre d’élèves : le terrain qui supporte la piscine désaffectée est une nécessité pour installer les équipements qui font défaut, comme un gymnase par exemple.
Et les besoins de ce groupe scolaire vont encore augmenter car le quartier St Michel va gagner en habitant-es en se densifiant en logements: le PLU continue à encourager la mutation entamée il y a quelques décennies, les petits immeubles remplaçant au fil du temps les anciennes maisonnettes avec jardin. De plus le départ imminent de la clinique du Parc vers la nouvelle clinique de Quint, va libérer un terrain important où de très nombreux logements seront construits comme le prévoit la modification du PLU en cours d’enquête. Enfin, Jean Luc Moudenc a indiqué qu’il y aurait aussi des logements construits sur le site de la prison St Michel.
Dans un quartier dont la population va croître de manière importante dans les années à venir il faut se poser la question des équipements qui doivent accompagner les constructions de logements.
Et avant de céder cette ancienne piscine à un promoteur il faut que la Région, le Département, la Métropole et la Mairie qui sont tous partie prenante dans ce domaine entrent en relation pour s’accorder sur les besoins … et prendre les bonnes décisions … car construire des équipements sur le terrain de Berthelot devenu exigu du fait de la cession de la parcelle de la piscine Roger Pradié sera alors soit impossible ou coûtera in fine bien plus cher que le désamiantage d’un bâtiment !
Les clivages politiques ajoutés aux égoïsmes comptables des gestionnaires à la pensée unique permettront-ils ce nécessaire dialogue entre institutions ?
La Région se portera-t-elle acquéreur du terrain si la Mairie persiste à vouloir le vendre ? 
Casa Nova alerte en appui aux associations de quartier sur cet enjeu déterminant pour ce secteur de Toulouse.

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Prison St Michel: quand l’ABF dérape!

Des nouvelles de la prison St Michel.

Vendredi 25 mars l’inauguration de la salle St Michel, riveraine de la prison, a pendant quelques instants donné l’illusion aux invités que les choses avançaient favorablement pour l’avenir du site de la prison.
Il restait bien un sentiment de flou après le discours du Maire qui déclarait en début de prise de parole qu’il n’était pas question pour lui de rééditer ce qui avait été fait à Lyon, à savoir des logement enchâssant« l’étoile protégée » de la prison, mettant à mal sa perception et sa place dans le quartier.vue-aérienne-des-2-projets-3
Reconversion des prisons Saint-Paul et Saint-Joseph à Lyon.
Le sentiment de flou restait encore de mise sur la faisabilité d’un auditorium à cet endroit, tant les résultats de l’étude, annoncés pour bientôt, traînent depuis le début du mandat.
En revanche le flou se transformait en brouillage lorsque dans la conclusion de son discours le Maire laissait entendre que l’état pourrait néanmoins valoriser son terrain en y construisant des logements: c’est à dire ce qui a été fait à Lyon, chose qu’il venait de dénoncer en début de propos !
Les auditeurs étaient perplexes !

Par ailleurs, les fuites et les « on dit » laissent entendre que la faisabilité de l’auditorium annoncé depuis l’élection de Jean Luc Moudenc à la Mairie de Toulouse se confirmerait, et si la réalisation d’un équipement totalement enterré ne fait plus illusion à personne, les experts pourraient proposer de creuser un peu (5 ou 6 mètres, à la limite de la nappe phréatique) et de construire une vingtaine de mètres en superstructure dans la partie arrière du terrain en supprimant au passage une des cinq branches de l’étoile … pas vraiment une révélation, plutôt une évidence, si la volonté d’édifier une cité de la musique à cet endroit restait de mise.

Le bon sens voudrait aussi que le prix de vente du terrain par l’État soit en rapport avec sa constructibilité donc moins élevé en cas de construction du seul équipement public: c’était le sens de la proposition des associations de quartier pour la modification du Plan Local d’Urbanisme en cours d’élaboration, proposition rejetée par la Mairie qui souhaite conserver au terrain une constructibilité plus importante .
Et c’est dans cette ambiance de flou lénifiant que les invités à l’inauguration de la salle St Michel se quittent à la veille de la trêve pascale.

Mais dès le lundi de pâques, 28 mars, « La Dépêche » nous pond un œuf surprise:

Une interview d’Eric Radovitch, Architecte des Bâtiments de France (A.B.F.), dans laquelle il évoque au delà de St Sernin, l’avenir de la prison St Michel.
Il énonce d’abord quelques évidences : « Dans le courant de l’été, nous aurons les conclusions de l’étude de faisabilité d’un auditorium enterré commandée à un cabinet spécialisé par l’État et la ville. Si cette étude dit que le projet est réalisable, la prison pourra être transformée en cité de la musique autour de cet auditorium. Si ce n’est pas faisable, il se fera ailleurs. »
Nous attendions alors , de la part de cet expert, des indications  sur l’intérêt architectural et urbain de la prison et sur le niveau de protection qu’il préconiserait: que nenni, celui ci s’exprime sur le montage et le financement de l’opération, qu’il assortit de considérations étonnantes de la part  d’un A.B.F. en exercice.
« Si le projet aboutit, ce pourrait être sur la forme d’une opération mixte privée publique. La création de 500 logements pourrait payer l’opération. Il vaut mieux que ce soient les futurs propriétaires qui payent, plutôt que vous et moi avec nos impôts. »
On s’étonne déjà que ce soit l’ A.B.F. qui dévoile dans la presse le secret de polichinelle relatif à la volonté de l’État de se tourner  vers  la promotion privée pour valoriser son terrain au sens financier du terme, on le pensait spécialiste dans la sauvegarde et la mise en valeur du patrimoine architectural et urbain mais là il nous dévoile une face inattendue de son savoir faire, car 500 logements c’est environ 30 000 m²  (soit, pour des bâtiments de 15m de large en R+4, plus de 400 mètres linéaires ) … comme à Lyon, voire pire, contrairement à ce que déclarait le Maire vendredi dernier.
A ses ambitions d’aménageur se rajoute celles de politicien quand il rajoute, comme s’il s’agissait d’une évidence : « Il vaut mieux que ce soient les futurs propriétaires qui payent, plutôt que vous et moi avec nos impôts. » rado NetBOn reste donc perplexe à la lecture de cette interview : si l’homme Eric Radovitch a toute latitude pour exprimer en privé ses points de vue néo libéraux, le Chef de Service, commis de l’État est incompétent sur le sujet tant au titre de son expertise qu’à celui de ses prérogatives limitées aux enjeux patrimoniaux, sur lesquels il reste d’ailleurs étrangement muet (voir : Rôle et missions des ABF). 
Par ailleurs les commentaires politico/financiers, qu’il  émet en public, outrepassent la retenue et la réserve que son poste requiert.
Aurait il absorbé un œuf de Pâques frelaté ou est il devenu le kamikaze du Préfet ?
Casa Nova n’a pas spécialement pour habitude de mettre en cause des fonctionnaires, mais quand ceux-ci sortent de leur rôle et de leurs prérogatives pour faire l’apologie du néolibéralisme, nous considérons que de tels débordements doivent être dénoncés.
Nous aurions préféré qu’au lieu de s’égarer en considérations d’économie politique étrangères à ses missions, Mr Radovitch concentre son énergie dans le cadre des ses prérogatives, en réagissant par exemple face au dispositif anti SDF illégalement installé au printemps dernier par le Crédit Agricole sur son agence de la rue Ozenne qui est un monument historique classé situé à 150 mètres des bureaux des A.B.F. à l’Hôtel Saint Jean .
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Arnaud Bernard: le charme et la pagaille

Au début du mois de janvier, le comité de quartier d’Arnaud Bernard diffusait une lettre ouverte adressée aux autorités et élus pour attirer une énième fois leur attention sur les problèmes que connaît ce beau quartier de Toulouse.

Nous disons dès le début de cet article que nous sommes en accord avec l’objet de leur pétition et l’esprit de leurs propositions. Nous nous proposons en outre de contribuer au débat à notre tour.

C’est un beau quartier, Arnaud Bernard.

On y croise du monde aux terrasses, on est à quelques pas de la somptueuse St-Sernin, de la charmante rue du Taur et de la superbe place du Capitole. En dix minutes nous voilà à l’Université, en vingt minutes les pieds sur les berges de la Garonne. Les façades y sont colorées, les gens aussi, les bars sont bruyants et animés, les gens aussi. Sa place manque assurément de verdure, de quelques jeux pour enfants et de bancs, mais elle n’est malgré tout jamais désertée.

C’est un quartier que l’on dit « populaire »,

Car les grandes enseignes de marque n’y sont pas implantées, car vous croisez tous les 10 mètres des vendeurs de produits « fortement taxés » et de produits illicites, car les prix des consommations n’y sont pas élevés, car il y a une véritable vie associative et culturelle. Populaire car il y a de la vie et de la castagne, car il y a le marché, car les prix de l’immobilier y sont encore moins chers que 300 m plus loin en partant vers les Chalets ou vers St-Sernin. Car les tags recouvrent les murs de la minuscule rue Gramat, car le jardin d’Embarthe est charmant, car la place des Tiercerettes fait du bruit.

On le dit populaire car c’est le quartier historique de Toulouse où se sont implantées les différentes vagues d’immigration:
les maraîchers de la campagne qui venaient vendre en ville, les italiens des années 20, la Retirada de ceux et celles fuyant le franquisme, et nos contemporains immigrés d’Afrique du Nord. On le dit populaire car c’est ici que s’est crée l’un des premiers comités de quartier de Toulouse, dans les années 70, lui donnant ce trait démocratique et participatif. On le dit populaire car les marchands de sommeil y firent leur beurre, ce qui poussa à en faire l’une des opérations programmées d’amélioration de l’habitat (OPAH) dans les années 80.
Voilà ce que contient certainement le terme de « populaire » et chacun retiendra dans ces qualificatifs, ce qu’il trouve péjoratif ou mélioratif. On ne peut pas faire le tri dans cette histoire du quartier, même si l’on peut regretter ou ne pas apprécier certains de ses traits.

Il est clair que les auteurs de cette pétition aiment leur quartier.

Cela se ressent dans leur énergie à demander aux pouvoirs publics de « faire quelque chose », plutôt que de vouloir quitter le quartier. Et c’est parce que nous aussi nous aimons le quartier Arnaud Bernard que nous pensons qu’il est temps de « faire quelque chose ».
Il faut regarder en face la réalité quand ils rapportent les propos machistes et in-sécurisant que subissent les femmes qui traversent le quartier. Elles sont beaucoup à en témoigner et font la différence avec le niveau habituel, dans le reste de la ville, de ces vexations. Il faut regarder en face la réalité de la place du trafic de stupéfiants dans l’économie du quartier, et il n’est pas possible de l’accepter car cette économie souterraine vit de l’absence d’imposition, de l’absence de règles, de la violence de ses acteurs.
Si, à Casa Nova, nous pourrions aborder tranquillement le débat de la légalisation et l’encadrement du commerce du cannabis (comme ceux du tabac et de l’alcool le sont), nous ne pourrions regarder béatement le « deal » avec des yeux complaisants, dans un esprit faussement libertaire ou festif. Ajoutons à ces éléments fiscaux et économiques la question de l’ordre public, qui est troublé par les trafics de stupéfiant et leurs infractions connexes (violences, intimidations, dégradations…)
Nous ne voyons donc pas avec fatalité le lien qui est fait entre le quartier Arnaud Bernard et ses trafics illicites. Nous affirmons la nécessité d’investir de l’énergie dans ce quartier, pour le remettre entre les mains des habitants, des acteurs culturels, des commerçants de proximité et le rendre vraiment agréable aux piétons et piétonnes de passage.
Nous soutenons bien sûr les propositions avancées par le comité de quartier: une intégration du quartier dans les mutations urbaines que connaît la ville de Toulouse, une implication directe des habitants (via leurs instances représentatives) dans la vie et l’aménagement du quartier et une politique de prévention spécialisée et de médiation de rue pour aborder les questions des troubles à la tranquillité avec un esprit d’apaisement et une ambition éducative.

Nous proposons également, et nous en faisons l’annonce ici, qu’un poste de police municipale de proximité soit installé sur la place Arnaud Bernard.

Profitant de son droit de préemption, la mairie pourrait aménager un ou plusieurs actuels locaux commerciaux de rez-de-chaussée pour en faire un poste de proximité aux missions généralistes de police de quartier: guichet pour certaines formalités, accès aux droits, à l’aide aux victimes et à la médiation judiciaire, lieu de stationnement des patrouilles cyclistes et pédestres, bureaux de prise des mains-courantes, salles de réunion pour stages de sensibilisation, etc.
Nous pensons que cette installation d’un poste de police pourrait avoir un effet dissuasif sur ceux qui nuisent à la tranquillité du quartier, et un effet rassurant pour les habitants et les commerçants.
De plus, un projet qui prévoirait également un volet accès aux droits et guichet administratif pourrait contribuer à donner une image généraliste et « service public » à la police municipale.
Enfin, l’intérêt opérationnel est évident: rapidité d’intervention accrue dans les zones piétonnes de l’hypercentre, pour les patrouilles pédestres et cyclistes. La municipalité actuelle aura, à la fin du mandat, doublé les effectifs de la police municipale (objectif de 300 agents, contre 150 auparavant). Nous ne sommes pas favorables à supprimer ces emplois, nous organiserons cependant leur mutation (nous nous interrogeons par exemple sur la nécessité de l’existence d’une brigade motorisée) vers des métiers de « police de proximité » (secteurs d’affectation sur la durée, missions généralistes, patrouilles pédestres et cyclistes…)
Les caméras de vidéosurveillance sont inefficientes (rapport effets/coûts), même si elles peuvent se révéler efficaces ponctuellement (plusieurs affaires ont été résolues et des drames sûrement évités). De plus, elles ont eu un effet « plumeau » sur les lieux de ventes des produits stupéfiants (qui se seraient déplacés sur les boulevards et les rues périphériques du quartier). Nous sommes favorables à leur démantèlement et à l’utilisation des sommes économisées dans le financement du poste de police municipale dont nous proposons la création.12828446_487014861490898_3011313778900659772_o
Casa Nova aime Arnaud Bernard, ses façades, sa proximité du centre-ville, sa chaleur méditerranéenne, son bruit, les terrasses de ses bars et les fresques urbaines de ses murs. Mais le quartier d’aujourd’hui, reconnaissons-le, voit sa convivialité (toujours réelle) ternie par certains commerces et troubles au sentiment de sécurité des passants et des passantes.

Pour une approche anthropologique du quartier:http://framespa.univ-tlse2.fr/actualites/slimane-touhami-arnaud-bernard-ou-quand-l-autre-fait-la-ville-29248.kjsp

deco digue

Les idées « déco» de Casa Nova.

Décorer  les digues de Garonne

Il y a un an en janvier 2015 en conclusion d’un article sur la ligne Garonne du tramway, Casa Nova déplorait que les travaux de renforcement des digues de Garonne aient servi de prétexte pour fermer la piste cyclable pendant plus d’un an, aggravant ainsi les cohabitations tram, vélos, voitures de la portion partagée de l’avenue de Muret.
Ces travaux sont maintenant terminés et la promenade cyclable et piétonne de haut de digue est restituée aux usagers.P1000396
Chacun-e découvre le nouvel aspect bien propret de la digue, avec une immense surface de béton clair de 800 m de long et 13 m de haut d’un seul tenant en parallèle à l’avenue de Muret.
digue Des linéaires plus réduits mais encore conséquents s’affichent de l’autre côté sous les immeubles qui ont supplanté l’ancienne rue de l’Eau, en parallèle à la rue de la Chaussée et au  Boulevard Maréchal Juin, de part et d’autre du pont St Michel.P1000393
Des surfaces encore vierges de graffitis du fait d’un accès boueux par les cheminements en pied de digue … mais qui ne durera pas avec les beaux jours qui sécheront les sols .
Et si aucune initiative n’est prise, c’est à dire si la puissance publique ne manifeste pas ou n’annonce pas une prise en compte (ou une mise à disposition organisée) de ces surfaces, fleuriront peu à peu des« décorations » qui si elles restent des initiatives personnelles et quelque soit le talent du graffeur n’auront pas l’ampleur nécessaire pour à la fois être à l’échelle du site et permettre de dégager les financements nécessaires à la création d’une œuvre monumentale.
Un premier graffiti, qui n’a d’autre intérêt que de montrer à tous les graffeurs ce qu’il ne faudrait pas faire, illustre notre propos:il a été commis ( puis nettoyé … ) en bord de Garonne sous le rond point qui fait la jonction de la rue de la Chaussée et le Bd. Maréchal Juin.P1000391 (2)
Alors Casa Nova pense que les pouvoirs publics devraient lancer consultations ou appels d’offre pour concevoir et réaliser un projet de traitement visuel et d’appropriation de ces digues qui ait l’ampleur et la qualité que mérite le lieu.
Cette consultation pourrait déboucher sur la sélection d’un-e artiste, ou d’un groupe qui propose et assure la réalisation d’un projet artistique de qualité qu’ils-elles auraient imaginé et qui aurait passé les obstacles des divers jury ou commissions d’appel d’offre imposés par les règles d’attribution des marchés publics.
Même traditionnelle dans sa forme et laborieuse dans sa réalisation, nous aurions déjà là une prise en compte du site et une réponse.
Mais Casa Nova a plus d’ambition pour ce site et pense à des actions artistiques moins figées, plus dynamiques, laissant de la spontanéité aux artistes.
Par exemple en observant la digue dont le béton est structuré de joints en creux et de grands à plat rectangulaires, on pourrait imaginer une expression artistique moins écrit à l’avance : une sorte de bande dessinée qui se déroulerait le long de la digue, avec une direction artistique qui assurerait la cohérence d’ensemble, mais laisserait une liberté d’expression et même de scénario à des artistes à qui seraient affectées une ou plusieurs vignettes qui se garniraient au fil des jours des semaines et des mois en racontant une histoire improvisée autour d’un thème ou totalement libre …et on pourrait même organiser une interactivité avec le public .
Cette histoire serait lisible depuis le pont St Michel et celui de Croix de Pierre,mais aussi et surtout depuis la berge d’en face, et ce serait l’occasion de restaurer le cheminement un peu confidentiel de bord de Garonne qui serpente entre la berge d’un côté et l’actuel Parc des expositions, le Rowing et l’Émulation Nautique de l’autre.
Dans le cadre du projet Garonne et de l’aménagement du site de l’île du Ramier dont nous entendons parler de temps en temps depuis une dizaine d’années, mais dont nous attendons toujours une concrétisation, cette prise en compte des digues de Garonne doit pouvoir trouver sa place, et sans nul doute bien d’autres idées germeront dans l’esprit des artistes …pour peu qu’ils-elles soient sollicité-es.
Un défi que Casa Nova lance aux pouvoirs publics : il n’est pas trop tard.
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Un grand projet à Saint Sernin ?

Place St-Sernin : un projet  étriqué pour un site majeur.

A Toulouse comme ailleurs, 2016 s’ouvre dans la presse par la revue des aménagements métropolitains qui nous attendent.
Comme annoncé: pas de bouleversements, Jean-Luc Moudenc ne voulant toujours  pas « emmerder » les automobilistes, en misant sur des travaux à minima pour son mandat, comme Casa Nova l’évoquait en septembre dernier : Rentrée municipale de Jean Luc Moudenc «un seul mot d’ordre : réaliser» 
Nous sont donc décris pêle-mêle  (entre la rénovation de quelques collèges, l’extension de la Clinique Pasteur, le Centre Commercial de la Cépière, les matches de foot au Stadium, ou le nouveau siège d’Airbus) :
    - les aménagements du centre ville que Casa Nova avait décortiqués dès mars 2015 :« la Débusquetisation de Toulouse est commencée »
    - les transports en commun à minima, avec beaucoup d’études et peu de travaux. (voir notamment  « PDU,une concertation déconcertante… »)
    - des grands projets hypothétiques (comme la LGV, dossier dont les défenseurs butent sur les financements donnant raison à notre article « Ligne à Grande Vitesse : une année zéro s’impose »)
Seul le nouveau Parc des Expositions à Aussonne et Beauzelle semble prendre corps en dépit des critiques sur sa pertinence et de son coût.
Dans cet empilage sans autre ligne directrice  que le clientélisme, l’aménagement de la place St-Sernin aurait pu devenir « le »grand projet … mais las, c’est encore une solution à minima qui semble être retenue.

Casa Nova explique :

Pour l’anecdote,  la reine d’Angleterre en visite à Toulouse aurait déclaré en 2004, avec un humour so british : «Comment peut-on construire un si bel édifice au milieu d’un parking ?»
Le traitement de cette place achoppait sur le coût potentiel des fouilles archéologiques, le sous sol étant effectivement constellé de vestiges, comme l’a confirmé la campagne de sondages réalisés par le service métropolitain d’archéologie. 
Ce service, créé par la municipalité Cohen, donne aujourd’hui à la Métropole une compétence scientifique qu’elle n’avait pas antérieurement (elle se trouvait de ce fait dépendante des expertises d’organismes extérieurs financièrement aventureuses). 
Cet aléa étant levé, les travaux sont devenus envisageables, le coût des fouilles pouvant ainsi être mieux maîtrisé.
Début 2016 et dans l’attente des décisions de la Direction régionale des affaires culturelles (DRAC) quant à l’ampleur des fouilles préventives à réaliser au vu des sondages et du projet d’aménagement esquissé par Joan Busquets, on s’oriente clairement  (comme l’indique Annette Laigneau, adjointe à l’Urbanisme, dans La Dépêche du 1er janvier), vers un aménagement de surface dans lequel on creuserait le moins possible afin d’éviter d’avoir à fouiller le sous sol: les trésors archéologiques seraient alors préservés pour les générations futures, mais resteraient sous terre.
D’aucun s’en sont émus, et une pétition a circulé, demandant un aménagement qui intègre une campagne de fouilles sur l’entier de la surface de la place
Mais les financiers et les stratèges de la Mairie ont promptement fait entendre raison, brandissant d’une part le coût à charge de la collectivité et d’autre part les délais nécessaires pour réaliser les travaux de fouilles: un aménagement significatif de la place ne pouvant alors pas être réalisé dans un seul mandat.

Casa Nova propose :

Pour l’aménagement de la place Saint-Sernin, Casa Nova esquisse ce que pourrait être une vraie alternative au projet étriqué que préparent M. Moudenc, ses stratèges et ses conseillers.
La question est: 
Comment pourrait on réaliser à St-Sernin un aménagement qui permette de révéler(et non seulement de préserver) les trésors archéologiques qui dorment sous cette place, avec un financement acceptable pour la Métropole, et une mise en œuvre qui ne transforme pas la place en champ de bataille inhospitalier pendant une décennie ?
Un tel projet se doit d’être partagé avec les Toulousains, mais nul ne doute de leur adhésion vu l’engouement que l’on constate à chaque opération de fouille archéologique. La Métropole aurait à coup sûr l’accord des habitants si un projet crédible leur était présenté : mais quel projet ? 
 
Convenons d’abord qu’il y a là motif à réaliser un « Grand Projet », de l’ampleur de ceux qui sont en débat, tels la Ligne à Grande Vitesse, le Parc des Expositions ou la 3ème ligne de métro: car si d’un point de vue financier ces projets coûteux et contestables sont envisagés, celui du réaménagement de la place St-Sernin ne serait pas plus onéreux et bien moins contestable … mais il intéresse moins les majors des Travaux Publics que sont Bouygues, Eiffage, ou autres Vinci, l’archéologie n’étant pas dans leurs cordes … et clairement ils préfèrent voir couler leur béton et remuer des cailloux et de la terre avec leurs bulldozer pour la Ligne à Grande Vitesse, le métro ou le Parc des Expositions que de regarder les autres explorer le sous sol de St Sernin  à la balayette et au râteau.
Mais admettons, puisqu’il faut sortir des logiques mortifères connues, que la puissance publique soit capable de résister à ces grands groupes : ce serait certes un scoop, mais imaginons que la force culturelle d’un projet soutenu par la population fasse vaciller la logique comptable d’une économie de marché vieillissante.  
Resterait à organiser et à présenter un projet de travaux et d’aménagement qui s’étalerait sur une décennie, et qui soit non seulement accepté mais porté parles usagers et les riverains.
Impossible avec les critères actuels,qui définissent un site en travaux comme un endroit hostile et dangereux qu’il convient d’éviter et donc d’écourter … mais si nous imaginions là aussi autre chose, en ne passant pas la commande suivante :« faire un projet le moins cher possible qui soit livrable pour la fin du mandat, avec le moins possible de travaux en sous sol pour éviter d’avoir à fouiller »
Si au lieu d’une telle commande, nous demandions à Joan Busquets de penser un projet qui prenne en compte la mise en valeur archéologique du site, qui s’étale dans le temps afin que la dépense soit acceptable et que les fouilles soient faites correctement, qui organise les travaux par petites zones afin de ne pas rendre impossible la vie quotidienne à défaut de la rendre aimable.
Enfin, pour compenser les désagréments, le projet pourrait inclure une mise en scène des travaux et des découvertes des archéologues tout le long des fouilles, en y impliquant des compétences diverses comme celle d’un metteur en scène (on en a de très bons à Toulouse) mais aussi les établissements scolaires voire universitaires, qui tour à tour et au fil des travaux pourraient articuler des actions pédagogiques portant sur l’histoire de la ville, qui serait alors vécue par les élèves (et leurs parents) d’une manière dynamique et attrayante.
Ce projet vivrait au fils des ans,rentrerait dans les us et coutumes des Toulousains, serait porté par eux, et se modifierait même au besoin en fonction des découvertes archéologiques successives.
Nous sommes certains que le Professeur Busquets (qui a déclaré « Nous ne voulons pas refaire l’histoire, mais le futur doit être fait avec le passé») saurait y répondre et nous proposerait de petits chantiers de fouilles successifs, un aménagement progressif des espaces libérés ou magnifiés par des découvertes,organisant peu à peu les nouvelles fonctionnalités d’un site mondialement connu.
Car s’il est une chose certaine, c’est que le fonctionnement attendu de cette place aura évolué en 10 ans, et définir aujourd’hui comme intemporels les besoins de l’instant n’a pas plus de sens que de prétendre connaître maintenant les souhaits de la génération qui suivra.
Nous aurions alors un aménagement défini autour des fonctionnalités identifiées en 2016 ou 2017, qui s’articulerait peu à peu autour de traces et des vestiges d’un passé partagé, et qui prendrait le temps de s’adapter à d’éventuels besoins différents ou nouveaux au fur et à mesure de l’avancement des travaux.
Ah ! bien sûr, les conseillers financiers, les stratèges politiques, et les majors du BTP n’auraient peut être pas le même enthousiasme que Casa Nova,l’imagination et les idées nouvelles n’ayant pas une place de choix dans la pensée unique que l’on inculque à nos élites.
Mais faire de la politique autrement c’est d’abord faire preuve d’imagination, de créativité, et pour la place St Sernin se prépare un programme éculé qui génère un projet étriqué … 
Les vestiges sont préservés et les automobilistes pas « emmerdés », mais est-on à la hauteur du lieu, de son histoire, et de son aura mondiale ?
Raté, encore une fois ?  En tout cas, Casa Nova vous offre cette idée en guise de vœux … et si on essayait ?
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Ou de l’inculture à « l’escroquerie intellectuelle »

Des « ramblas » à Jean Jaurès: de l’inculture à « l’escroquerie intellectuelle » 

Une fois de plus à Toulouse on parle de transformer les allées Jean Jaurès en ramblas « selon le célèbre modèle barcelonais », et cette fois c’est le Maire-Président de Toulouse Métropole lui-même qui l’annonce lors de la cérémonie des vœux à la presse.
 
Cette annonce d’aménagement des allées faisait partie des propositions récurrentes des candidats aux élections municipales, révélant chaque fois l’inculture, l’ignorance ou les velléités de manipulation de ceux qui reprenaient les analogies d’urbanistes en mal d’imagination.
 
Jean-Luc Moudenc n’avait pas repris cette idée dans ses propositions pour le mandat 2014-2020, d’aucuns lui ayant sûrement soufflé que c’était une idée de « gôche », comme le tramway !
Mais faisant primer l’opportunisme sur les convictions le Maire-Président vient de se laisser aller à cette annonce qui le fait entre autres rejoindre le club des ignorants ou des manipulateurs.
 

Les ramblas qu’est ce que c’est ?

Le débat sur des Ramblas à Jean Jaurès est, à tort, réduit au fait de placer une promenade piétonne au centre de l’avenue ou sur les côtés, comme si « faire le paseo », (caractéristique Ibère transposée à Toulouse au même titre que les tapas) ne se faisait pas aussi bien au milieu que sur les côtés.
Et laisser croire que se balader au milieu des allées Jean Jaurès serait plus favorable à l’animation recherchée que de se promener le long des façades est une escroquerie architecturale et urbanistique.
 
L’identité  des « ramblas » va bien au-delà du passage latéral des véhicules à moteur et elles se différencient des allées Jean Jaurès par bien d’autres caractéristiques  :
Les ramblas font 35 m de large et près de 2 km de long /Les allées Jean Jaurès font 60m de large et 600 m de long.
Les ramblas ne sont pas composées selon une perspective et sont divisées en secteurs non rectilignes ayant chacun des caractéristiques singulières/Les allées Jean Jaurès sont parfaitement rectilignes et composent une des perspectives majeures de Toulouse depuis la place Wilson jusqu’à Jolimont, en dépit du « M » de la médiathèque posé à Marengo.
La circulation automobile latérale le long des « ramblas » est anecdotique et limitée à une desserte essentiellement riveraine, submergée par le flux piéton, laissant l’impression d’une grande largeur d’avenue et donnant envie de flâner le long des 2 km d’une succession d’esplanades animées.
Sur les allées Jean Jaurès, c’est le moteur à explosion qui domine avec 6 voies de circulation auxquelles il faut ajouter les 4 linéaires bitumés des contre allées et des stationnement  à tel point que les 60 mètres de la plus large percée du centre-ville Toulousain paraissent étriqués faisant du piéton un être incongru et minoritaire qui préfère flâner ailleurs en ville, comme rue d’Alsace qui reste encore, en dépit de l’absence de terrasses de café, l’endroit où l’on « fait le paseo » c’est-à-dire où l’on flâne, ou l’on se rencontre et aussi où l’on se montre. 
 
On voit donc que l’enjeu de l’animation des allées Jean Jaurès ne se situe aucunement dans la position de la promenade piétonne mais bien d’une part dans la réduction drastique du trafic routier, et d’autre part dans l’introduction d’animations culturelles,commerciales et conviviales qui ne pourront certainement pas ressembler à ce qui se passe sur les « ramblas » du fait des différences morphologiques et historiques et culturelles que nous venons d’évoquer. 

Qu’en pense Joan Busquets?

Voyons comment le maître catalan Joan Busquets, prestataire de la Mairie, contorsionne son vocabulaire pour à la fois ne pas désobliger ses clients toulousains mais aussi ne pas faire fi de la spécificité Barcelonaise :
« La rambla est une rue aux lignes naturelles, parfois tournée vers la montagne. Ce n’est pas exactement le cas des allées Jean-Jaurès, même s’il y a, en haut, la colline de Jolimont. Chez nous, à Barcelone, la rambla de la vieille ville est un espace large, dans le centre-ville, où il se passe beaucoup de choses. C’est un endroit pittoresque, sur plus de 2 kilomètres avec des kiosques de fleurs et des oiseaux, des artistes de rue, des fêtes. La rambla est très fréquentée par les touristes. Les Catalans vont plutôt à la rambla de Catalogne, dans la partie haute, moderne, bordée de boutiques. 
En principe les ramblas existent parce qu’il y a eu des raisons historiquement. Mais un tel dispositif peut être recréé. Les allées Jean-Jaurès ont eu autrefois une allure de promenade, si l’on en juge par les anciennes cartes postales. Aujourd’hui, on y mettra d’autres espèces d’arbres, les éclairages aussi seront différents, on y fera peut-être du jogging. C’est une version des ramblas actualisée. 60 mètres de large c’est énorme, cela offre beaucoup de possibilités. »
Autrement dit moins diplomatiquement, on ne peut pas transposer les « ramblas »de Barcelone aux allées Jean Jaurès, il faut inventer autre chose !

Que cache le rideau de fumée des ramblas?

Mais alors pourquoi agiter cette image des ramblas et ce faux débat de la circulation piétonne centrale ou latérale, à laquelle Joan Busquets ne fait même pas allusion ?
Peut-être pour créer un rideau de fumée qui masquerait autre chose, pour que le débat public se déporte sur un non sujet afin de garder les vrais débats entre initiés.
Car derrière l’enfumage du pseudo débat sur les ramblas se dessine le creusement d’un parking sous la pression et pour l’intérêt des majors des Travaux Publics qui construisent et gèrent les parcs de stationnement en l’occurrence pour Toulouse Vinci (devenue INDIGO comme pour faire oublier qu’elle détient déjà une position dominante dans la gestion des Parkings normalement « municipaux » du centre ville).
Car comme l’explique Régis Godec élu d’opposition point n’est besoin de parking à Jean Jaurès :
 « Le 17 décembre dernier, en Conseil Métropolitain, Pierre Trautmann était interrogé… au sujet de ce nouveau parking…il a admis que la fréquentation actuelle du Parking Jean Jaurès (en baisse de près de 2 % en 2014) ne réclamait pas de création de places supplémentaires,et qu’en l’état ce projet n’était pas nécessaire. Pierre Trautmann a lié la création de cette infrastructure au projet de développement de la gare et aannoncé que ce parking serait sollicité par les voyageurs. Une annonce qui peut surprendre quand on sait qu’il y a près d’un kilomètre de distance et qu’un parking public est situé à Marengo (à 200 m de la gare), sous la médiathèque José Cabanis, et qu’il est loin d’être saturé. »
 
L’aménagement de surface (en ramblas ou en autre chose …) n’est donc qu’un prétexte à justifier le creusement d’un parking  et on comprend qu’il est préférable de porter le débat sur la promenade centrale ou latérale que sur d’autres sujets comme la possibilité de nouvelles plantations.

Ou planter des arbres sur les allées Jean Jaurès ?

Chacun s’accorde sur la nécessité d’arborer ces allées, les uns par nostalgie des anciennes cartes postales, d’autres par la prise en compte de la largeur du futur espace car un glacis minéral de 60m de large serait dur à avaler même avec quelques kiosques d’animation.
L’observation de l’aspect étriqué des petits acacias qui vivotent en partie basse des allées coincés entre parking sous terrain, métro, réseaux et sous sol des immeubles, et dont la confrontation avec les majestueux platanes des boulevards et du canal ne fait qu’accentuer la disproportion laisse penser que la partie haute des allées Jean Jaurès devrait être abondamment plantée de sujets à haute tige pour compenser la mièvrerie des arbustes du bas… 
Las le creusement d’un parking supplémentaire sonnera le glas de cette option,même si on nous dira que l’on peut planter des arbres de haute tige dans des grands pots ce qui est faux(1)
Les arbres éventuels seront comme en partie basse rejetés latéralement laissant la partie centrale, celle que l’on veut nous vendre comme le futur lieu de convivialité glabre de toute plantation à haute tige.
Et comme latéralement on aura le bitume nécessaire aux bagnoles et aux bus, Casa Nova s’interroge sur l’aspect et la réussite des « ramblas »de Jean Jaurès vues par Monsieur Moudenc ou plutôt par Indigo Vinci qui vient d’être désigné pour gérer le parc de stationnement de Toulouse et construire le futur parking Jean Jaurès. 
Mais si les allées Jean Jaurès, aujourd’hui désertées des flâneurs méritent d’être transformées en lieu agréable et vivant, cela ne se décrète pas: l‘appropriation d’un lieu par les gens ne se vote pas en Conseil Métropolitain.
Les ramblas ne sont pas un fait urbain mais un fait social et culturel: on y vend et on y achète, on s’y montre, on s’y perd, on se marche sur les pieds, on s’y promène car les autres le font aussi, car une offre y invite et y incite (artistes de rue, commerces, restauration…)
Casa Nova est favorable à l’augmentation de la surface des voies piétonnes et cyclables, à la végétalisation des allées et à l’implantation de petits commerces d’animation et d’échange ainsi que d’artistes de rue, comme sur les ramblas de Barcelone (qui participe de cette attractivité, en plus de la marginalisation des voitures). Cela peut se faire avec une esplanade centrale, comme sur les ramblas et dans le projet de la majorité, avec deux voies de circulation routière en sens inverses de chaque côté. Familles, les aînés et plus jeunes devront y trouver des endroits pour s’asseoir, se rencontrer, se montrer,s’abriter, divaguer et jouer. 
 (1) Un arbre en pot peut vivre longtemps à condition de tailler périodiquement les racines qui envahissent le pot et étouffent l’arbre: ce qui est possible pour un bonsaï de quelques kilos est impossible pour des arbres de plusieurs tonnes.  
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Laisser Guy Novès à sa place.

Guy Novès … pas de Job à Toulouse

Décidément à vouloir éviter les comportements doctrinaires, peut-on le lui reprocher,Jean-Luc Moudenc s’enfonce dans l’excès inverse en perdant tous les repères: seul un clientélisme sans bornes permet de trouver un fil conducteur à ses actions, ses paroles, ses attitudes et ses décisions.
Et l’annonce par « la mairie » de la dénomination de l’esplanade qui jouxte l’Espace Job du nom de Guy Novès, sélectionneur de l’équipe de France de rugby et ancien emblématique et brillant entraîneur du Stade Toulousain,  vient encore une fois illustrer le propos. 
Car, enfin, pourquoi évite t-on généralement de donner le nom d’une personne vivante à un lieu ?
Pour au moins 2 raisons :
-D’abord, et quelle que soit sa vie antérieure, nul n’est à l’abri d’un dérapage, d’une dérive ou d’une déchéance, qui mettrait alors dans l’embarras  à la fois la collectivité et la personne qui aurait été distinguée de son vivant, même si nous souhaitons et espérons que Guy Novès poursuive sur sa lancée une brillante carrière;
-Ensuite, très peu de personnes ne font l’unanimité de leur vivant car du fait même de leur existence elles interfèrent dans l’actualité; alors qu’une fois disparues, passions et jalousies s’apaisent, laissant place à la seule trace qu’une femme ou un homme a pu laisser dans l’Histoire. 
Et quand, par pur clientélisme, on propose de nommer « Guy Novès » l’esplanade de l’espace JOB aux 7 Deniers, chacun sent bien qu’au-delà des valeurs sportives et de l’aura de l’entraîneur, ce sont ses propos et ses engagements à droite qui sont aussi en question. Engagements certes respectables, mais infiniment moins consensuels et pertinents que son œuvre rugbystique. 
Car, si Novés ne pesait pas en politique, verrait-on riverains et habitants du quartier contester ce projet en rappelant l’histoire de l’usine JOB ?
« Job porte déjà un nom emblématique, celui d’un passé industriel, d’une histoire sociale, de personnes et de citoyens mobilisés pour son renouveau. (…) Dans la ville, l’agglomération et plus largement dans le milieu culturel interrégional, la friche industrielle Job reconvertie est un lieu connu et reconnu, témoin de la vitalité de la métropole toulousaine, comme l’usine LU à Nantes ou la Belle de Mai à Marseille… »
Si les fondamentaux des comportements de bonne gestion d’une collectivité avaient été respectés, cette polémique n’aurait pas lieu tout simplement parce qu’il y a matière (et emplacements) à honorer sans problèmes la personne « Guy Novès » d’une part et l’institution JOB d’autre part.
De plus, comme le soulignent les riverains,« ce choix … a été fait sans aucune concertation avec toutes les personnes concernées par l’histoire du bâtiment,mais aussi les usagers et habitants du quartier ».
La polémique interpelle d’autant qu’elle vient juste après celle qui a concerné Just Fontaine, pour la dénomination du Stadium rénové à l’occasion de l’Euro 2016.

Et  M. Moudenc avait alors écarté la proposition arguant non du fait que notre « Fontaine national«  soit encore vivant, mais du projet municipal de nommer le Stadium d’un patronyme qui rapporte financièrement. Fontaine se voyait alors écarté, au profit d’une institution bancaire ou d’une société d’assurances en mal de publicité, oud’une marque de cassoulet, de saucisse ou de bonbon à la violette souffrant d’un déficit d’image !

L’esplanade Job est-elle monnayable? Espérons que non car alors, après le Stadiumet la Salle des Illustres, ce serait tout l’espace public toulousain qui deviendrait support publicitaire (à l’image du brillant legs à la gloire de Platini et de son Euro 2016 dont bénéficie le square de Gaulle).
 Casa Nova exige autre chose que clientélisme, absence de concertation, et vente « des bijoux de famille » de la part des responsables politiques, et soutient le collectif d’associations qui appelle tous les Toulousains à les rejoindre à l’Espace Job dimanche 24 janvier à 10h30 pour discuter des actions à mener sur ce sujet.
 
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« Toulouse fraternelle », selon Jean Luc Moudenc

Ou comment bafouer l’art du Zen …

Pour la nouvelle année, Monsieur le Maire nous souhaite une « Toulouse fraternelle ».
Au détour d’une promenade le long de notre beau canal du Midi, nous avons pourtant constaté un aménagement, manifestement destiné à empêcher ceux qui n’ont pas de toit à choisir un pont comme maigre substitut.62537_466545630204488_5446713460678798305_n
La météo de décembre ayant décidé de donner une preuve du réchauffement climatique, Casa Nova se promenait à pied à travers le Jardin Compans, puis le long du canal du midi dans une de ses parties les plus urbaines : le boulevard Matabiau.
Le boulevard étant bardé de deux à trois voies de circulation, il fallait se réfugier dès que possible sur les étroits cheminements « doux » qui s’immiscent tant bien que mal entre berges abruptes et voies de circulation automobile.
Parfois, le cheminement « doux » s’interrompt au passage d’un pont, d’une passerelle ou lors d’un croisement, et le marcheur réalise son incongruité dans un univers motorisé : il fait l’expérience de la nudité du piéton ou du cycliste dans un espace « pétrolisé ».
Sous ces passerelles (celle-ci permet de passer du boulevard de l’Embouchure au boulevard de la Matabiau au niveau du quartier des Chalets), des aménagements sont réalisés afin d’éviter au promeneur de côtoyer de trop près les voitures : le cheminement passe sous le pont.
Hélas ce qui partait là d’une bonne intention s’entachait d’un lapsus constructif, aussi révélateur qu’un lapsus locutif dans un aimable discours.
Avec ses tas de cailloux soigneusement disposés et bétonnés de part et d’autre d’un cheminement goudronné, la Mairie de Toulouse ne se contente malheureusement pas d’insulter l’art du jardin Zen ; elle démontre aussi, à nouveau, sa volonté de « stériliser » l’espace public.P3
Car ce lapsus dévoile certes une volonté d’exclusion, mais aussi une inculture, un goût  lamentable, et une incapacité à mobiliser les compétences des agents de la métropole.
Volonté d’exclusion, car chacun sent bien qu’ici, à proximité des quartiers centraux de la Ville (en l’occurrence le huppé quartier des Chalets) le promeneur, bien que minoritaire, ne doit pas pour autant être inquiété par la présence de marginaux ou de sans abris. Le problème est ainsi résolu par un aménagement répulsif qui chasse ces derniers vers d’autres lieux « moins bien habités ».
Inculture et goût douteux, car au delà de l’aspect répulsif de l’aménagement (parfaitement réussi de ce point de vue) la réalisation n’en reste pas moins indigente avec un fond de toupie de béton grossier étalé sommairement et dans lequel ont été plantés  n’importe comment des gros cailloux pointus disgracieux, le tout en bordure du Canal du Midi, patrimoine mondial de l’UNESCO et site classé (pas sûr que l’on ait pensé à demander son avis à l’Architecte des Bâtiments de France). 
Certes, l’endroit n’est pas le plus bucolique de l’œuvre de Riquet, mais dans un site classé, les efforts d’aménagement devraient porter plus sur sa requalification que sur sa dégradation. Et à vouloir créer un endroit inhospitalier, une plantation de pyracanthas (de jolis arbustes buissonnants, mais qui piquent) eut aussi bien fait l’affaire, car pour aussi critiquable que soit un aménagement exclusif, on aurait au moins évité la provocation.
Tout cela a échappé au chef d’équipe des cantonniers du secteur à qui on a du passer la commande en urgence, mais peut on lui reprocher de ne pas savoir qu’un espace urbain, aussi ténu qu’il soit, se doit d’être composé ? Et qu’à défaut de l’être, cela saute aux yeux? Et bien là, paf, ça se voit !
 Casa Nova n’est pas exigeante au point de demander le lancement d’un marché de concepteurs ou d’un concours d’architecture pour aménager le dessous d’une passerelle, pas plus que qu’elle ne demande de consulter l’architecte-conseil de la ville sur tous les petits travaux qui se font chaque semaine.
Mais  la qualité d’un paysage urbain n’est pas faite que de la juxtapositions de grands, beaux et rares projets, elle est aussi autant et même bien plus dans la petite architecture ordinaire et les micro aménagements du quotidien : une clôture, une porte de garage, une reprise d’espace public, la requalification d’un bout d’espace vert, un ravalement de façade, etc…autant de petits lieux qui, aimablement composés, participent de la qualité de notre vie quotidienne. A contrario, ces « petits aménagements » peuvent renforcer ou créer un mal-être ambiant lorsqu’ils se limitent à un empilage rustique de fonctionnalités (Voir article sur la place Olivier).
Or, ce suivi du petit quotidien ne peut s’effectuer qu’en interne et visiblement Toulouse Métropole ne mobilise pas ses architectes ou ses paysagistes et les gaspille dans des tâches administratives, étalant ainsi l’inculture des édiles ou de leurs fonctionnaires qui font l’impasse sur la phase de conception en passant directement les commandes aux services chargés de la réalisation et de l’entretien.
On ne peut pas fustiger la fonction publique et en même temps en valoriser les vertus : on la ridiculise donc en l’utilisant à contre emploi pour justifier les privatisations à venir !
Mais les hasards de l’actualité sont sans pitié et un parallèle étonnant peut être fait avec la mise à la location de la salle des Illustres décidée au Conseil Municipal de décembre. Les plus riches pourront se payer les plafonds couverts de fresques de l’Hôtel de ville, pendant que les plus pauvres, ceux qui vivent dehors, ne pourront même plus jouir de l’abri relatif des dessous de ponts.
Car enfin, Messieurs et Mesdames les Maires qui arborent leur catholicisme et leur sens de la charité fraternelle dans le cadre de leur mandat politique et veulent cultiver le folklore de la crèche sur l’espace public, ce n’est pas dans les Mairies qu’il faut installer celle-ci pour être fidèle aux textes religieux, mais bien sous les ponts.C’est aussi sur ce point que se situe notre exigence.