Une nouvelle ère démocratique ? Réflexions de Casa Nova Toulouse Métropole

Dossier « Les premiers pas d’une nouvelle ère démocratique ? »

Collectif citoyen de décloisonnement politique, nous essayons humblement sur notre territoire de participer à la déconstruction de la sphère politique telle que nous l’avons toutes et tous connue jusque là. Fort logiquement, une des réflexions qui parcourt nos ajustements au sein de notre groupe de travail et qui nourrit le fond de nos productions est la question de ce fameux renouveau démocratique sans lequel rien ne sera possible.

Nous ouvrons ici un dossier qui sera amené à être enrichi au fur et à mesure de nos travaux. Vous y trouverez notamment :

- Un retour sur la première soirée publique que Casa Nova Toulouse Métropole a organisée le 11 décembre dernier à l’Utopia de Toulouse en présence du sociologue Albert Ogien.

  • Discours d’introduction : présentation de Casa Nova et du thème de la soirée
  • Film monté par nos soins pour lancer le débat autour des grands mouvements citoyens qui ont agité la planète entre 2011 et 2012
  • Extraits de la soirée en images

- Un développement sur ce que nous inspirent les changements à l’œuvre

Soirée à l’Utopia 11/12/2014

Présentation de Casa Nova et du thème de la soirée

Notre invité Albert Ogien, entouré de nos trois porte-parole : Xavier Bigot, Laure Durand et Rémi Vincent
Notre invité Albert Ogien, entouré de nos trois porte-parole : Xavier Bigot, Laure Durand et Rémi Vincent

 

 » Bonjour à toutes et à tous,

C’est avec émotion que nous vous accueillons en tant que porte-parole de CASA NOVA, pour cette première soirée publique organisée par notre collectif.

Avec Albert Ogien, ce soir notre invité, que nous remercions chaleureusement, un penseur important du politique, nous espérons confirmer nos intuitions, avec votre contribution.

Nous sommes à l’UTOPIA , et j’en profite pour en remercier aussi les responsables qui nous ont beaucoup aidé pour cette soirée ; nous sommes donc à l’Utopia mais nous ne sommes pas une utopie.

En effet une utopie est irréalisable, et procède d’une vision idéalisée de la réalité, dont on contourne le poids pour s’en aller batifoler dans la brume des rêves. Ce n’est pas inutile, comme n’ont pas travaillé pour rien les Proudhon, Fourier, More, Cabet, St Simon. Mais ce n’est pas notre démarche. Nous pensons au contraire que c’est le réalisme qui nous impose un changement d’optique.

C’est bien le monde réel qui en appelle à des formes politiques nouvelles, celles qu’Albert Ogien a disséquées avec Sandra Laugier, dans un livre dont il exposera les idées ce soir. Le titre de cet ouvrage est « Le principe démocratie », et vous pourrez l’acquérir si vous le souhaitez à l’issue de la soirée, dans le hall d’entrée du cinéma.

Permettez-nous, puisqu’il s’agit de notre première sortie en dehors des réseaux sociaux, de dire quelques mots de CASA NOVA.

Quelque chose est en train de se terminer. Nous ne savons rien de ce qui va advenir. Le pire, le meilleur, le chaos, la barbarie ou une Renaissance. Mais chacun voit bien, s’il est sincère, que le monde politique est au bout d’un long chemin. Les symptômes en sont massifs : abstention, instabilité, désaffection pour les anciens outils, impuissance à obtenir la confiance, votes qui disent No Future.

Mais ce n’est pas la politique qui meurt. Nous voyons partout un appétit pour l’inédit politique. Et en particulier pour une démocratie réelle, active, qui met l’autonomie au premier rang. Personne ne dit qu’une démocratie nouvelle, toute modelée, munie d’une armure neuve, va apparaitre parmi nous comme une divinité antique. Mais comment ne pas voir ce qui s’est passé près de nous à Sivens ? Cette irruption inattendue de citoyens sur un chantier qui aurait autrefois laissé indifférent. Comment ne pas se rappeler du printemps arabe, alors qu’on pensait la démocratie absente des sociétés concernées ? Comment ne pas se souvenir des indignés de New York, d’Istanbul, de Madrid ? Nous les entendrons, tout à l’heure.

La gauche, qui a porté historiquement, depuis 1848 en particulier, la revendication d’une démocratie réelle, est bousculée. Si en Amérique latine elle avance, elle recule partout ailleurs, et disparait parfois.
Quoi de plus paradoxal, alors que la crise de 2008 a montré aux yeux de toutes et tous les mensonges du libéralisme ?

C’est bien que le mouvement progressiste, de contestation des inégalités et du modèle d’exploitation et d’exclusion, doit se remettre en cause. Et pas à la marge. A chaque défaite, nous entendons que plus rien ne sera comme avant. Et pourtant tout continue. Les mêmes polarités, les mêmes réflexes, les mêmes causes qui produisent les mêmes effets. Chacun se renvoie la responsabilité, mais personne n’en tire les conséquences ultimes.

C’est pourquoi, en toute humilité mais non sans ambition, CASA NOVA s’est créé. Par l’envie de commencer dès à présent à dessiner de l’inédit. Alors, pourquoi ajouter encore un concurrent à un dispositif qui n’est plus écouté par les citoyens ? Telle est la question.
Notre réponse a été de décloisonner. Puisque personne ne parvient, tout seul, à trouver les solutions, alors brisons les murs. Commençons à travailler sans exiger de rupture familiale. Voyons ce que ça donne. Essayons de procéder autrement tout de suite, sans attendre de circulaire. Concentrons-nous sur les idées et leur propagation, puisque la droite, décomplexée, a marqué les esprits, indéniablement.

Ainsi à CASA NOVA il y a toutes les familles de pensée de la gauche antilibérale. Il y a des gens engagés dans des partis et d’autres non. Ils partagent des convictions communes, repérées et assumées : l’opposition à la politique des marchés qui règne en Europe et en France. La conscience de l’épuisement des joutes politiques anciennes.

Ce qui nous rassemble aussi, c’est l’idée que ce projet creuset, que nous pensons utile, doit être arrimé à une réalité vivante. Pour nous, c’est un territoire de vie, d’action, de travail, d’habitat. L’agglomération toulousaine. Ce qui ne veut pas dire que nous allons rester isolés. Nous n’attendons que l’occasion de nous fédérer à d’autres.

Les mouvements politiques vivent lorsqu’ils ont un objectif. Le nôtre est de nous occuper de là où nous vivons. Or, un évènement est survenu. La métropole est désormais dirigée, à rebours de l’identité politique des habitants, et pour des raisons que nous avons voulu analyser, par une droite caricaturale. Capable, comme ces dernières semaines, de créer l’impensable depuis Vichy : une brigade de Police attachée à réprimer une population spécifique, à savoir les sans domicile fixe.

Toutefois, CASA NOVA est toulousain, mais certainement pas provincialiste.
Dans notre esprit, défendre la vision des transports comme un bien commun, c’est se heurter au capitalisme mondialisé. Réclamer l’encadrement des loyers, c’est porter le refus d’une Europe écrasée par les rentiers. C’est dans notre vie quotidienne que les conceptions du monde se confrontent, et se révèle la nécessité de changer de modèle de société.

Une autre idée au cœur de CASA NOVA, elle reviendra dans les propos d’Albert Ogien sans nul doute, c’est la volonté de procéder autrement. De nous mettre au diapason d’un monde social qui s’est métamorphosé. Ou chacun désormais, revendique d’être concepteur. C’est pourquoi CASA NOVA est d’abord un mode de coproduction d’idées, ce que permet la révolution numérique.

Cette veine égalitaire ne veut pas dire que l’on ne prend plus le temps d’écouter, de lire, d’entendre ceux qui ont cherché. Bien au contraire. C’est pourquoi ce soir c’est autour d’une vaste enquête réalisée par Albert Ogien et Sandra Laugier, que nous vous avons conviés.

Julian Assange a récemment affirmé, avec l’aplomb qui est le sien, qu’une « nouvelle ère démocratique était en train de commencer ».

C’est à la rencontre de celle-ci que nous partons ce soir. »

 Montage Casa Nova

retraçant en images et vidéos les grands mouvements ayant secoué la planète, du Printemps arabe aux Occupy Wall Street ou Los Angeles en passant par Los Indignados de Madrid, Yo soy 132 de México, Buenos Aires, l’Islande…

Accessible directement sur notre chaîne Youtube

 

Extraits en images de la soirée

(A venir)

Horizontalité ou Barbarie

Il est plus que temps pour les citoyen-nes qui veulent agir pour éviter la fuite de notre société vers l’abime, de comprendre les impasses dans lesquelles nous évoluons à travers notre représentation du politique.

Ranger à la cave les frères jumeaux de l’avant garde et de la vie de bureau

Deux modèles de pensée infectent les progressistes, deux frères jumeaux qui se sont combattus durement mais avaient de grands points communs : le léninisme et la bureaucratie.

La bureaucratie finissait en chefferie autoritaire, le léninisme en bureaucratie. Ils doivent désormais être mis à la retraite . Tout de suite, il y a urgence ! Cela commence aujourd’hui,  partout en même temps.

Ces deux modèles ont certes connu leurs heures glorieuses, et même transformé le monde, nous leur devons beaucoup, mais ils sont totalement obsolètes dans notre siècle. Nous n’arriverons à rien sans les déconstruire entièrement, pas seulement en disant « démocratie » ou « peuple » sans cesse, mais en transformant immédiatement les manières d’agir ensemble. Continuer la lecture…