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En recherche du feu

Pendant que la droite toulousaine cherche nos noms, nous cherchons le feu.

Que signifie la création de CASA NOVA ? Elle consiste, comme l’a dit un de ses fondateurs en réunion, à se considérer comme en recherche du feu.

Partout, sur la planète, des individus et des groupes cherchent le feu, la lueur d’une politique nouvelle. Ils ne l’ont pas volé et caché dans une grotte. Ils le cherchent pour que la communauté humaine l’utilise.

Le feu, en tant que moyen d’agir et de changer le monde, n’a pas été inventé par un homme en particulier. Il était une potentialité du monde naturel, qui devait prendre son sens avec l’action humaine. Personne n’a eu le premier l’idée de l’utiliser et de le domestiquer, et de ses usages. Partout on l’a apprivoisé un peu. Et un jour l’humanité s’est servi du feu, de mieux en mieux.

En politique, pour nous à gauche, nous en sommes là.

La gauche dans la nuit, torche éteinte, feu perdu

Chacun sait que la gauche est en grande difficulté idéologique, organisationnelle, pratique. Au moment même où la grande crise financière, la première grande crise du capitalisme mondialisé, démontre la fragilité et la capacité de dévastation du capitalisme, qu’on pensait incarner la fin de l’Histoire, la gauche recule paradoxalement presque partout, du moins dans le vieux monde. Elle est dans le doute et souvent la démoralisation, dans le bégaiement de ses idées. Elle n’est parfois plus audible. Et surtout toutes ses familles sont concernées. Aucune ne peut escompter trouver d’issue à elle seule. Et certainement pas sans des remises en question profondes.

Alors que la droite épouse, comme un planchiste habile, la vague du marché déferlant, le reformatage de l’homme en machine à consommer, la gauche peine à rester debout dans le tumulte de l’époque et marche à contre courant. Elle ne parvient pas à sortir du commentaire du monde pour incarner à nouveau le visage d’une solution d’espoir. Elle laisse indifférente.

Mais personne en particulier n’a la réponse, sinon cela se saurait. Personne ne pourra trouver à lui seul les solutions. Il n’y aura pas de sauveur bien entendu. Le passé n’offre aucun modèle à reproduire tel quel, même s’il nous fournit d’immenses perspectives de réflexion. Le communisme réel a échoué et il en est de même pour la social démocratie gradualiste.

Partout la gauche sincère sait qu’elle est en panne et cherche, dans le doute, en ayant renoncé à tout messiannisme et toute certitude historique. Elle sait que le meilleur des mondes est une idée morte, mais elle veut encore croire à un monde meilleur.

Elle cherche le feu. Elle sait qu’elle devra changer d’époque. Elle se demande même si elle ne doit pas renoncer à son langage, à en inventer un autre.

Les chercheurs de feu sont avant tout des gens d’action, de réconciliation de l’action et de la pensée. Bref de Praxis, d’expérimentation en pensant, de pensée en agissant. On ne peut pas pointer la crise de la démocratie et ne rien en faire, craindre le retour de la peste brune et ne rien en faire.

C’est pourquoi CASA NOVA ici dans notre coin du monde se veut une petite lueur dans une myriade d’initiatives d’expériences politiques, sociales, qui ne se résignent pas à voir disparaitre l’espoir d’un avenir d’égalité et de justice. Il y en a partout, à Lyon comme en Espagne, à New York comme en banlieue parisienne et à Istanbul. Partout.

Pour trouver le feu, tous cassent leurs habitudes. Ils essaient de pratiquer autrement. Ils s’y risquent. C’est ce que nous essayons sans aucune assurance.

La métropole toulousaine : une contrée idéale pour chercher le feu

Nous pouvons penser et agir là où nous vivons. Il se trouve que c’est à Toulouse. C’est un lieu propice pour y chercher le feu :

- C’est une métropole, de par son socle économique, placée au coeur des contradictions du mode de production qui est le nôtre, à travers la présence d’Airbus, principal fleuron industriel européen, en train de se dissoudre dans la mondialisation financière.

- C’est une ville qui est tombée dans les ornières du marché planificateur, imposant une organisation du territoire inadaptée aux aspirations humaines, développant la périurbanisation jusqu’à la caricature, les embouteillages polluants et l’imperium de la grande surface.

- C’est une ville ou se joue la grande et difficile contradiction entre solidarité et individualisme comme repli, comme l’ont montré les débats sur la densification urbaine ou le BHNS, le tramway ou la voiture individuelle, la dette zéro ou la dépense publique pour organiser la vie en commun.

-C’est une ville où la confiscation des enjeux communs par des monopoles privés a été portée de manière systématique, et va revenir de plein fouet avec la nouvelle droite au capitole, bientôt dans les transports.

-C’est une ville du savoir, où la question de l’irruption de citoyens hautement formés et éduqués dans l’arène démocratique, peut se poser crûment.

- C’est une ville qui doit sa réussite à l’action publique, depuis le début du XXème siècle, influençant fortement nos cultures sociales, et qui est donc fortement menacée par l’affaiblissement des services publics et de l’action politique.

Sa ville centre est contradictoire, libertaire et rebelle, épicentre des grands mouvements sociaux, et pourtant désormais dirigée par une droite caricaturalement rétrograde. C’est une ville douce et parfois violente, qui crée des joyaux culturels et des desperados jihadistes.

Au cœur de ces contradictions, les chercheurs de feu ont du travail.

Apporter une étincelle ici et maintenant

Nous savons que partout il y a des chercheurs de feu, et nous voulons en être. Nous avons donc décidé d’essayer de mettre de côté le passé, de ne rien exiger les uns des autres, si ce n’est de respecter notre projet. Nous avons décidé de passer outre les questions de pouvoir qui rongent les pratiques classiques, d’où l’anonymat comme solution radicale, pour construire ce projet.

Nous appelons tous les citoyens de gauche de transformation sociale à prendre au pied de la lettre ce qu’ils disent à l’occasion de chaque soirée électorale : « rien ne sera plus comme avant, nous le promettons ». Il ne s’agit plus de le promettre mais de passer aux actes. C’est ce que nous voulons favoriser et aider.

Sous toutes les formes que vous trouverez, dans une coopérative une association ou un vieux Parti à révolutionner, dans un quartier ou une copropriété, devenez tous des chercheurs de feu !