atelier constituant

Et si on changeait la constitution ?

« Penser et agir » :

Dans sa première année d’existence Casa Nova s’est faite connaître par un travail de réflexion politique et d’écriture d’articles relatifs à l’actualité métropolitaine, régionale et nationale : le nombre et la qualité de nos lecteurs nous conforte dans la nécessité de continuer ce travail en lien avec l’actualité.  
Pour autant nous ne souhaitons pas nous limiter à ce rôle de veille et d’analyse. Nous avons une ambition politique claire : préparer ce qui doit succéder à la vie démocratique centrée autour des partis, préparer à gauche ce qui doit succéder à la sociale-démocratie libéralisée.
Casa Nova a donc décidé de chercher à identifier localement des pratiques professionnelles  ou sociales susceptibles d’illustrer ce que pourrait être à ses yeux une économie et une organisation sociale durable et enviable.
Nous nous engageons donc dans une série de rencontres de personnes ou de groupes actifs dans la métropole sur des thèmes divers, ayant peu ou prou réalisés l’amalgame entre l’éthique, la durabilité et l’inventivité que promeut Casa Nova et le pragmatisme nécessaire à une indispensable survie économique.
Chaque rencontre en accord avec les divers protagonistes fera l’objet d’une publication.
Ainsi serons nous en mesure de réaliser un état des lieux, certes non exhaustif mais représentatif, de ce que l’on nomme des communaux collaboratifs, que de nombreux promoteurs du développement durable citent en exemple ou appellent de leurs vœux.
Nous aurons  ainsi identifié sur la métropole toulousaine une série de pratique vertueuses, socle pragmatique d’un programme politique qui pourrait être établi . Nous pourrons également ainsi démontrer que les élites actuelles trouveront bien vite des remplaçants. 

Et si on changeait la constitution?

Le 6 avril 2016, le festival Les Airs Solidaires organisait un “atelier constituant”.
Le but : faire débattre des citoyens entre eux afin de proposer des lois constitutionnelles et aboutir à une Constitution qu’ils estiment idéale.
Initialement prévu au Quai des Savoirs, l’atelier a finalement lieu juste en face, au Welcome Desk. Si la plupart des participants sont des étudiants, on retrouve tout de même une certaine diversité d’âges et de parcours parmi tous les participants.
L’animateur de l’atelier s’appelle Timothée. Étudiant à Sciences po Toulouse, c’est la seconde fois qu’il anime un atelier constituant. Il nous explique que cette initiative est un bon moyen de nourrir un débat concret, alliant l’échange d’idées et la réflexion à propos de mesures constitutionnelles envisageables.12923219_1696634077284218_1408718771839912498_n
L’atelier se déroule en plusieurs étapes. 
L’intégralité des participants procède à un vote pour choisir le sujet dont ils vont débattre: impossible en effet de créer une constitution de toute pièce en quelques heures; les discussions ne portent donc que sur un seul domaine.
Parmi les thématiques proposées, on retrouve notamment le principe de subsidiarité, les médias, la propriété, le droit au logement ou encore l’économie des déchets. Le thème finalement choisi est la répartition des revenus.
Divisés en petits groupes, les participants disposent d’une heure pour échanger à propos des inégalités de revenus, de leurs origines, des responsables ainsi que des mesures envisageables pour permettre une société moins inégalitaire. Le but est de proposer quelques articles à insérer dans une constitution inventée.
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A l’issue de ces délibérations, les propositions des différents groupes sont mises en commun. 

Les idées qui reviennent le plus souvent sont celles de l’instauration d’un revenu de base, de la sensibilisation des citoyens à la valeur du travail plutôt qu’à celle de l’argent, mais aussi la proposition contestée de la mise en place d’un salaire maximum en France.
Il s’avère finalement difficile de rédiger une constitution parfaite sur un sujet pointilleux et fondamental qui suscite des avis très divers. Toutefois, c’est une large réflexion sur la place centrale qu’occupe l’argent dans notre société et sur les inégalités de revenus, flagrantes et croissantes, qui a été menée.
A l’heure ou l’on s’interroge sur la pérennité des « nuits debout » qui éclosent en France, Casa Nova soutient et participe à ce travail d’atelier qui n’en doutons pas pose des bases solides pour la refondation des pratiques politiques de demain.
Nous sommes partisans d’un changement profond de l’exercice du pouvoir politique: débarrassé des notables candidats et élus à tout, des sondeurs, des lobbys et de tous les autres mécanismes de cette démocratie qui se dit représentative.