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Fermeture des piscines cet été, Laurence Arribagé présente «Les dents de la maire-adjointe».

Madame Laurence Arribagé, adjointe aux Sports, devait « prendre une décision ». Habitant-es des quartiers d’Ancely, des Sept Deniers, de Pech-David, cet été si vous ne partez pas en vacances, vous pouvez ranger vos maillots, la calculette a tranché, les piscines municipales que vous aviez l’habitude de fréquenter seront fermées ou ouvertes de façon très sporadique.

L’équipe municipale continue son mauvais film : « les caisses sont vides, nous devons faire des choix ». Et les choix sont clairs : une attaque contre les familles les plus modestes, contre le service-public, contre les associations, contre les activités de loisirs…
Citons notamment l’augmentation des abonnements Tisséo, la fin de la gratuité dans les cantines scolaires, les baisses de subventions à de nombreux clubs et maintenant la fermeture de certaines piscines municipales dont la gestion couterait trop cher à la ville.

Pendant ce temps-là, alors que Monsieur Moudenc ne cesse de nous expliquer qu’il est nécessaire de faire des économies, la ville achète en masse des caméras de vidéo-surveillance dont nous avons déjà dénoncé l’inefficacité, finance la rénovation du Stadium pour quelques semaines de compétitions (l’Euro 2016), etc.

Cette politique est le nouvel épisode d’une stratégie pernicieuse mais annoncée de privatisation tous azimuts : en matière de piscine Mme Arribagé a annoncé la couleur, elle veut réaliser une grande piscine pour y produire du spectacle sportif.
Pourquoi pas? Mais pas au détriment des pratiques sportives et récréatives des Toulousain-es : car doter le TOEC d’une piscine avec gradins ça coûte cher, et ce n’est pas le club qui pourra payer, lui qui est suspendu aux subventions des pouvoirs publics et aux dons des sponsors.

Le scénario municipal mélange donc allègrement deux pratiques aux finalités différentes :
- D’une part le service public avec les piscines municipales et la logistique qui va avec (surveillance, animations, maintenance),
- D’autre part une installation destinée aux professionnel-les du spectacle sportif, à l’instar du foot ou du rugby, avec les retombées économiques qui en découlent.

La confusion étant créée, on va pouvoir puiser dans les caisses du service public pour financer au moins en partie l’entreprise privée. On commence donc à préparer les Toulousain-es avec des bandes-annonces racoleuses : « les piscines ne sont pas rentables », « elles sont coûteuses », « elles ne sont pas assez fréquentées », etc.

Le public a heureusement assez de sens critique pour ne pas gober cette fiction. Il sait qu’un service public, par définition, n’a pas pour objectif d’être rentable.
L’ouverture des piscines ce sont aussi des emplois utiles (maitres nageurs-euses, animateurs-ices) au service des toulousain-es.
Quant aux fréquentations elles sont en augmentation constante dès qu’un minimum d’organisation des bassins est assuré.
Toulouse a la chance d’avoir un nombre conséquent de piscines. Mais au lieu d’entretenir ce patrimoine et de le compléter, la Mairie continue à brader les bijoux de famille (piscine Pradié à Berthelot en cours de vente), faisant coup double : économies sur l’entretien et le fonctionnement d’une part, vente du foncier de l’autre.

Ainsi les utilisateurs-ices les plus démuni-es se verront éloigné-es des piscines et rejoindront les oublié-es des transports en commun, des services d’animation ou de pratiques socio-culturelles ou simplement culturelles… bref, tous ceux et celles qui n’auront plus les ressources nécessaires pour accéder aux offres du privé, puisqu’à l’instar des autoroutes ou des parkings c’est l’espace public qui continuera à être bradé tandis que le privé proposera équipements et services à ceux qui pourront payer.

Mais la mise en scène ne prend pas. Non, Monsieur Moudenc et son casting bancal ne cherchent pas à réaliser des économies car la situation de la commune serait critique. C’est un nanar de plus qu’on nous projette au Capitole. Monsieur Moudenc applique une stratégie du choc que de nombreux néo-libéraux ne renieraient pas. Au diable l’avarice pour des dépenses sécuritaires, des dépenses de marketing… Les pauvres, les bas revenus, les utilisateur-ices des transports en commun paieront la note.

Vivement le générique de fin.