L'égalité femme-homme selon Jean-Luc Moudenc Mairie de Toulouse

Inventer un fonctionnement municipal anti-sexiste

Les poncifs d’un fonctionnement municipal classique

Casa Nova, organisation de réflexion féministe, s’est penché d’un peu plus près sur une dimension peu connue du fonctionnement de nos institutions politiques : la manière dont elles reproduisent les discriminations genrées.

Dressons d’abord un rapide état des lieux.

La caractéristique la plus évidente de ce fonctionnement genré réside dans le fait que les postes clés sont occupés par des hommes : le Maire, le Directeur Général des Services, le Directeur de Cabinet, la majorité des Directions Générales Adjointes… à Toulouse, Jean-Luc Moudenc a même poussé la domination masculine jusqu’à nommer premier adjoint un homme, Jean-Michel Lattes, contrairement à ce que promettait la liste soumise aux votes des toulousain-es.

Mais cela va beaucoup plus loin. La surreprésentation des hommes dans les postes de direction s’infiltre dans toutes les strates de l’administration municipale. Afin de conserver une apparence de parité relative, on observe toutefois que quelques directions sont confiées à des femmes : les ressources humaines, l’éducation, la petite enfance en font partie. Ce sont des thématiques qui renvoient aux qualités conférées à la féminité par les défenseurs d’une organisation genrée de la société : la capacité d’écoute, et la fibre maternelle.

Autant de stéréotypes archaïques qui rencontrent du succès dans les administrations, ne serait-ce que parce que résister à la féminisation des directions est un bon moyen pour ces messieurs de s’assurer la continuité de leur poste à travers les changements de majorité. Autant de stéréotypes insensés qui légitiment la paroi de verre, celle qui interdit aux femmes d’occuper des postes à responsabilité dans tous les secteurs de l’action publique. Autant de stéréotypes avant tout politiques qui se répercutent également dans la répartition des délégations.

Et si la paroi de verre est une caractéristique déterminante du fonctionnement municipal, le plafond de verre l’est également – vous savez, ce plafond invisible, dont on nie avec véhémence l’existence, et qui pourtant ralentit jusqu’à l’inertie l’avancement hiérarchique des femmes. Comme l’essentiel des catégories A et B sont des hommes, les femmes restent de manière générale cantonnées aux catégories C, à savoir les activités d’exécution, d’assistance et de secrétariats : faiblement rémunérées, toujours précaires.

Alors comment mettre fin au sexisme de nos municipalités ?

Il s’agit avant tout pour nos élu-es de faire preuve de volontarisme politique, et de réussir à dépasser leurs prénotions. Non, le travail de secrétariat ne se conjugue pas au féminin. Non, les thématiques de l’éducation et de l’enfance ne sont pas réservées à des élu-es et des personnels féminins.

En clair : il n’y a pas de sexe plus adapté à une activité ou à un domaine d’intervention publique que l’autre.

Un fonctionnement municipal égalitaire :

  • Est paritaire et intègre à égalité femmes et hommes au sein de sa direction.
  • Met en œuvre la répartition des directions et des délégations en fonction des compétences des agents et des élu-es.
  • Est capable de réflexivité en interrogeant en permanence ses pratiques via un observatoire de l’égalité femme – homme : sur les choix de mises en responsabilités ponctuelles, sur les interventions en réunions, sur les fonds alloués aux politiques publiques, etc.
  • Intègre la problématique de l’égalité femme – homme aux formations organisées en interne afin de sensibiliser l’ensemble des agents (tant pour le travail de bureau que pour le travail de terrain).
  • Est conscient de la violence symbolique que vivent les femmes au quotidien, et lutte contre les inhibitions qui en découlent.
  • Est exigeant vis-à-vis de ses partenaires en requérant de leur part de favoriser les actions d’égalité réelle.
  • Promeut l’émancipation des contraintes genrées qui pèsent sur les agents de la fonction publique par un mode de management adéquat.

Alors, Monsieur Moudenc, à quoi ressemble votre alphabet de l’égalité femme-homme ?