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« Je te dirai les mots creux », le projet de droite pour transformer le Département en vulgaire mécène

Ça y est ! Nous avons droit à un « projet » de la droite pour le Département !  C’est qu’il fallait tout de même disposer de deux ou trois slogans pour aller au delà des promesses de « proximité » des candidat-es, dont le principal attribut, en plus d’aspirer à un scandaleux cumul des mandats pour beaucoup, est de se placer, avec une servilité détonnante, sous la figure charismatique, sage, inspirante, du Maire de Toulouse…. (chacun son Nelson Mandela. Elles et Eux c’est Jean-Luc Moudenc qu’ils prennent pour modèle. Dominique Baudis a dit un jour : « Jean Lecanuet m’a donné envie de faire de la politique »… Yes they can).

A en croire le compte-rendu qu’en émet le Journal Toulousain, la droite et le centre (c’est à dire la droite) place son projet pour le département sous les auspices de  l’union, du pragmatisme et de la responsabilité. Rien que ça ! Le communicant qui a gratté la fiche a oublié la gentillesse, la sobriété, la courtoisie, la probité, l’hygiène dentaire parfaite et la démarche altière…

Nous croulerons donc encore sous les clichés politiciens les plus éculés…
Comme le chantait Alain Souchon, dans « foule sentimentale »… « il faut voir comme on nous parle »… Voyons donc.


« L’union » de l’UMP et l’UDI, en quoi cela pourrait-il nous intéresser (mystère) ?

Il suffit d’être deux pour la proclamer, cette fameuse « union » qui nous est servie comme un argument censé nous séduire. Deux, c’est bien pour un couple, mais ça ne veut pas dire grand chose quand il s’agit de politique. Elle n’est qu’une affirmation en creux de la division (réelle ou supposée) de ceux d’en face.

En quoi cela est-il gage d’une Haute-Garonne plus vivable ? L’Union, ici, c’est l’affichage d’accords techniques entre des appareils, elle ne dit rien de leur projet, elle ne promet rien sur le gouvernement du département.
L’union, ici, c’est des logos sur des affiches, ça n’a pas d’autre sens. Ce n’est pas l’union des hauts-garonnais que propose la droite, c’est son union à elle.

L’union, à droite, c’est l’union de ceux qui veulent la place du calife.
Ça ne nous intéresse pas.

« Le pragmatisme » : l’autre nom de l’hypocrisie

C’est ici un autre nom pour « le bon sens », vous savez, cette formule que l’on emploie pour l’opposer à la pensée ou aux actes de l’autre. Le pragmatique, c’est toujours Moi. C’est l’autre nom de l’égotisme, et de l’hypocrisie.

C’est aussi l’annonce de l’inaction, de la réaction, de l’impuissance :

- Le pragmatisme budgétaire, c’est la baisse des dépenses, surtout (bien sûr) celles visant pour la droite ceux et celles qui participent le moins aux recettes (les plus pauvres s’il faut être plus précis). La philosophie de la droite locale ne dépasse guère la devise du client hirsute qui crie « j’ai droit à ce que je paie ». Le Département ne doit donc pas réorienter des richesses vers l’intérêt général, mais restituer ce qu’il a pris. Le projet de la droite au Capitole comme à la Marquette, c’est d’annuler les effets redistributeurs des institutions. Éviter que l’on rebatte les cartes des inégalités de départ.

- Le pragmatisme, c’est aussi la chasse annoncée aux dépenses prétendument inutiles. C’est par exemple accabler les bénéficiaires des aides sociales en dénonçant les fraudeurs. Au passage, signalons que le Conseil Général 31, que nous critiquons sur biens des aspects, a voté souvent des délibérations pour lutter contre la fraude au RSA. Avec une certaine célérité, d’ailleurs. Il est faux de présenter la gestion de Pierre Izard comme « laxiste ». Ce n’est pas exactement son genre, ni pour le meilleur, ni pour le pire.
La droite promet donc une sévérité… qui existe déjà!

- Le pragmatisme, c’est aussi la fausse politique de sécurité, vraie politique du gadget et du déplacement des problèmes de l’hypercentre vers les autres quartiers. Jean-Luc Moudenc, grand vidéaste devant cet éternel qui l’inspire tant, a même trouvé ici une autre partie de son « union », en la personne d’un élu du Modem à Castanet, pour demander que le département paie les caméras de Toulouse. Une belle façon d’annoncer que le département, à droite, c’est la sangsue monétaire qui devra nourrir la métropole, en dehors des compétences du département. En quoi est-il prouvé que les caméras évitent les délits et les crimes? Précisément, allons sur internet : il n’y a que cela, des crimes et délits filmés. C’est donc qu’ils ont lieu. L’adaptation à la caméra : rien de plus facile pour le criminel. Mais rien de plus bassement démagogique pour un politicien.

Le pragmatisme, à droite, c’est le dogmatisme.
Ça ne nous intéresse pas.

« La responsabilité »… d’être prêt à tout pour gagner

C’est encore une accusation en creux. Si la droite est responsable, c’est que la gauche ne l’est pas. Et même qu’elle est irresponsable. Nos politiciens nous honorent de leur haut niveau…

Pourtant, est-ce responsable de nier la fin du règne du carbone, l’embolie de la circulation automobile qu’on flatte ? Est-il responsable de laisser penser que l’on peut baisser les impôts et ne pas emprunter en temps de disette budgétaire ? Est-il responsable de promettre des chantiers authentifiés comme impossibles, comme la seconde rocade « dans le ciel »?

- La responsabilité, pour la droite, est-ce de renoncer à tout progrès dans les transports en commun de l’agglomération toulousaine en attendant l’arrivée d’une troisième ligne de métro dont on ne dit pas comment on la finance, mais qui annule des projets programmés : développement du réseau tramway et arrivée rapide du métro à Labège?
- La responsabilité, pour la droite, est-ce de se ruiner dans une ligne LGV qui n’arrive pas assez vite, mais dont on ne dit pas qu’il faudra la payer très cher pour peu de gain?
- La responsabilité, pour la droite, est-ce de livrer les plus vulnérables sans cesse à la vindicte publique (par cette infamie d’une brigade anti-SDF), menaçant la cohésion sociale?.
- La responsabilité, est-ce de considérer que la Haute-Garonne, qui compte 1, 5 millions d’habitants-es, se réduit aux intérêts du Maire de Toulouse?

La responsabilité, à droite, ce n’est pas une éthique qui implique, c’est des fonctions qu’on occupe.
Ça ne nous intéresse pas.

Sous les enveloppes verbales sans contenu de l’union, du pragmatisme et de la responsabilité, la droite nous promet une seule fonction pour le département ; devenir une machine qui renonce à remettre en cause les effets spontanés du marché. Un sou donné est un sou repris… Sa seconde fonction est d’être transformé en mécène aveugle du projet politique de Monsieur Moudenc, qui dirigerait le Département depuis son bureau au Capitole. Au risque gravissime de l’oubli de la cohésion d’un territoire saisi dans sa globalité.

C’est pourquoi nous pouvons qualifier ce « projet », dont la faiblesse ne masque pas les vrais dangers philosophiques, de véritablement nocif pour notre Département.