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La droite et la prostitution à Toulouse : 38 € le tour de passe-passe

Décidément, la droite toulousaine a sa manière bien à elle de traiter les problèmes. Après la chasse au SDF, c’est aux prostituées que la mairie s’en prend. Pour quelle raison ? Parce qu’elles se voient trop…
Réduire la prostitution à un problème de voisinage, l’UMP nous avait déjà fait le coup pendant la campagne municipale. Tout à sa volonté de « nettoyer » la ville, le nouveau maire est passé à l’acte, et de quelle façon !

Un arrêté grossier et dangereux

Photo Fabrice Valéry France3 Midi-Pyrénées
Photo Fabrice Valéry France3 Midi-Pyrénées

Le 7 Juillet dernier, Jean-Luc Moudenc a donc signé un arrêté interdisant la prostitution dans certains quartiers, notamment les Ponts-Jumeaux, Matabiau et les Minimes. Pourquoi certains ? Parce que trop proches du centre-ville, et trop passants. Une insulte à l’image de marque que la droite réactionnaire voudrait donner à la ville peut-être.

Le Maire de Toulouse Jean-Luc Moudenc a donc eu la brillante idée de… verbaliser les prostituées. Sauf que voilà, la prostitution n’est pas un loisir et ne se traite pas comme des automobilistes mal garés. Ce n’est pas un choix délibéré mais un système qui enferme des personnes, notamment des femmes, dans une violence quotidienne. Une grande majorité des prostituées, à Toulouse comme dans le reste du pays, sont issues d’un système de traite esclavagiste.

Cette mesure rend surtout service aux impératifs de discrétion des clients. Car rappelons-le, il y a des clients, que nul ne force à venir. La droite est ainsi dans sa belle tradition du voile d’ignorance sur la réalité des rapports humains en société.

Sur l’exemple de Lyon, le résultat recherché de l’arrêté est « l’effet splash » (c’est mignon n’est-ce pas ?) consistant à « éparpiller » le phénomène. En d’autres termes, isoler les prostituées en périphérie, sans se préoccuper du danger que cela peut représenter pour elles. Les verbalisations ont donc commencé  début Juillet, mais sans l’effet attendu. Hé oui, les prostituées préfèrent payer l’amende pour racolage (38€) plutôt que de changer de lieu. Le génie de M. Moudenc a donc consisté à transformer la ville en grande institution proxénète, prélevant une taxe chaque soir, comme on paye un emplacement dans un marché.

Mais alors, que faire ?

Le fond du problème, c’est que la municipalité ne se soucie pas du sort des prostituées. Ce qui l’intéresse, ce sont les voix de riverains qui se plaignent du phénomène. Une attitude bien connue, contre laquelle luttent de nombreuses institutions comme l’ONU. Dans la convention de 1949, ratifiée par la France, l’ONU suggère avant tout d’analyser les causes du système prostitutionnel, et de combattre le proxénétisme plutôt que de pénaliser le racolage.

Dans la même idée, ne vaudrait-il pas mieux aider les personnes prostituées à s’extraire de ce milieu en leur permettant l’accès à un logement, à des formations, des aides sociales voire des papiers quand c’est nécessaire ?

Plutôt que de cacher un problème, le rôle d’une collectivité est de le résoudre. Une équation que la droite a vraiment du mal à intégrer…