fête musique

« La fête de la musique, c’était mieux avant »

Trouvez l’intrus:Premier jour d’été, promotion d’artiste locaux, appropriation de l’espace public, découvertes musicales dans toutes les rues, bière à 2 euros dans des chariots ambulants, privatisation du Capitole par France Télévision pour une émission en direct de France 2 et TV5 Monde animé par Garou: Gagné!

 L’information ne vous aura pas échappé, le 21 juin 2016, la grande scène du Capitole accueillera Christophe Maé , Pascal Obispo, Soprano, Vianney , Patrick Fiori, Gérald de Palmas, Jain et bien d’autres artistes tous aussi « mainstream » et  populaires.
Pour cette occasion chaque spectateur devra être muni de sa carte d’identité et d’une réservation qu’il aura préalablement rempli sur le site de la mairie de Toulouse afin de pouvoir accéder au concert.
Par conséquent, la place du Capitole sera rigoureusement sécurisée et quadrillée par la police municipale dans le cadre du « plan vigipirate » renforcé par le maintien de l’état d’urgence.
 
  Dès la médiatisation de cet événement, de vives réactions se sont faites sentir sur les réseaux sociaux, jugeant le procédé discriminant et allant à l’encontre de l’identité culturelle de la ville. 
  Une page Facebook nommée « Boycott de la fête de la musique au Capitole de Toulouse » rassemble près de 6 000 personnes.
En réponse Jean-Luc Moudenc  lance sa propre page « OUI à la fête de la musique place du Capitole à Toulouse ! » suivie par 2 000 internautes
  Depuis son arrivée « au Capitole », la fête de la musique continue à perdre peu à peu en saveur. En 2014, des groupes toulousains comme Sidilarsen ou Kid Wise avaient été déprogrammés au dernier moment. La scène de la fête de la musique au Capitole s’aseptise cette année suivant un mouvement général à Toulouse. La musique s’éloigne du public, les petites salles comme le Mandala ou la Dynamo ferment, le Connexion ne peut plus organiser de concerts . Il faut forcément passer par des grandes salles comme le Bikini et par conséquent, la musique devient moins accessible et plus élitiste par principe, vu que les places au Bikini restent élevées en comparaison.
Cela éloigne la musique du cœur de la ville, alors qu’elle devrait y vivre.
  
Le Maire, très critiqué depuis le début de son mandat pour sa politique culturelle restrictive, n’en est pas à son premier coup d’essai. 
L’abandon des projets  culturels ne s’est pas fait attendre et la liste est longue :«  La Maison de l’image » à la Reynerie , la  «  La cité de la Danse » , « Le Minotaure » , le transfert de « La Mix-art » à la Cartoucherie, sans compter  la fermeture des lieux phares  tels que « le café culturel Cherche Ardeur », «Le Mandala » et « La Dynamo » .
A chaque  échéance, des négociations avec les élu-es locaux et les responsables de projet  s’engagent, des communiqués de presse se cumulent et se ressemblent.
On est très loin des envolées lyriques et des promesses  qui ont rythmé la campagne électorale de notre candidat UMP-Les Républicains.
Sa meilleure réponse  face à toutes ses contradictions est « la culture restera le premier poste budgétaire, mais la totalité des projets excède nos capacités financières. » 
On pourrait alors penser que la fête de la musique cette année coûte moins cher qu’un café culturel…ben non: 200 000€ !  
Alors bien entendu, les événements culturels ne manquent pas ( Le woops festival, le Rio Loco, les siestes électroniques….) et il faut faire des choix stratégiques face à une restriction nationale afin de valoriser au mieux l’image de notre ville (et peut-être prétendre à une réélection en 2020). 
Mais Casa Nova se demande si c’est en adoptant une politique culturelle à double vitesse que l’on valorise l’image de Toulouse ?
C’est peut être aussi cela que signifient les intermittents du spectacle au delà de leur combat pour la défense de leur statut.