loi travail

La jeunesse sera particulièrement frappée par la « loi travail »

El Khomri dit ne pas comprendre les vives réactions de la jeunesse face à son projet de loi du travail,

et trouver « absurde » qu’elle s’en méfie. Elle dit également ne pas avoir le sentiment de trahir la gauche.

Les jeunes descendus dans la rue le mercredi 9 mars ne sont pourtant pas de cet avis.

La jeunesse de gauche s’insurge face à un gouvernement dans lequel elle ne se reconnait pas.

Le tournant libéral que représente la loi travail suscite l’exaspération : les conditions de licenciement sont par exemple allégées. Cela touche tous les travailleurs, mais particulièrement les jeunes qui sont plus souvent employés en CDD et les premiers touchés par le licenciement en raison de leur moindre ancienneté dans l’entreprise. Les contrats de travail deviennent totalement modulables : par exemple les apprentis de moins de 18 ans peuvent travailler jusqu’à 10h par jour, à raison 40h par semaine, sur simple décision de l’employeur.

Cette « flexibilisation » du marché du travail est censée, selon les rédacteurs de la loi, mettre la France sur le chemin de l’Allemagne ou du Royaume Uni, qui affichent des taux de chômage inférieurs au notre.

La question est de savoir si la course à la performance économique vaut le sacrifice des conditions sociales réelles de la population.

Au Royaume-Uni, les 5,5% de chômage sont atteints au détriment des conditions de travail. Le « contrat zéro heure » est souvent décrié, permettant à l’entreprise d’employer sans pour autant garantir du travail à ses employés. Cette flexibilité du travail poussée à l’extrême a des conséquence réelles : en 2013 l’ONG Oxfam estimait que 2 millions de britanniques sont mal nourris, et qu’un parent sur six se prive régulièrement de nourriture pour subvenir aux besoins de sa famille.

En Allemagne la pauvreté a augmenté de 15% en 2013 pour toucher 12,5 millions de personnes. Les clivages régionaux se sont creusés, et le nouveau salaire minimum entré en vigueur début 2015 (8,50€ brut de l’heure) n’augure aucune amélioration de la situation. Le pays atteint des records de pauvreté depuis la réunification de 90. Voilà le fameux « modèle allemand » !

 Faut-il donc accepter la baisse de la qualité de nos conditions d’existence au nom de la poursuite illusoire d’une meilleure compétitivité par ces politiques de l’offre ?

En plus de nous précariser, ces dispositions ne permettront pas d’améliorer la santé économique du pays.

Les jeunes ont l’ambition d’accéder à davantage qu’à un emploi précaire et c’est tant mieux. Les détails du projet de loi peuvent demeurer flous, c’est pourquoi plusieurs ateliers de sensibilisation sont mis en place notamment à l’université Jean Jaurès. Une nouvelle mobilisation est prévue pour le 17 mars, et la discussion continue face à un projet de loi très loin de faire l’unanimité parmi les jeunes.

Enfin, outre la particulière fragilisation des jeunes par cette loi travail, les conditions de travail (et donc d’existence) de tous les travailleurs et travailleuses vont se voir dégradées.

C’est pourquoi Casa Nova s’oppose totalement à cette loi, dans sa philosophie et dans le détail. Il ne faut pas l’amender, il faut la retirer et soutenir des politiques publiques qui relancent notre économie de manière écologique, par la consommation populaire et les investissements publics !