La petite enfance en plein marécage : l'oeuvre de Mme K

La petite enfance en plein marécage : l’oeuvre de Mme K

Dans notre réaction aux attentats djihadistes, nous avons insisté sur le caractère radical de la petite enfance pour rassembler, dès le plus jeune âge, et entraîner les familles dans une démarche laïque, qui imprégnera leur propre travail éducatif (lire l’article).
Mais à la tête de la famille et de la petite enfance, la très sectaire Mme Laurence Katzenmayer (connue pour son agressivité sur les marchés pendant la campagne électorale, face au diable de gauche) est loin d’être l’élue idoine pour un tel enjeu. Ainsi Mme Katzenmayer est plus occupée à couper des têtes, dont celle de sa propre élue déléguée, Mme Ngbanda Otto, qui a été évincée discrètement de ses responsabilités sur le périscolaire et l’aide à la garde d’enfants à domicile que de formuler un vrai projet pour la petite enfance.

Une des politiques phares de la gauche sortante a été mise en pièces par quelqu’un qui se présente comme « femme de » (belle conception moderne de la famille), et qui incarne l’aile réactionnaire et improductive de la majorité Moudenc : les zemmouriens dont elle est une particularité « apolitique » déjà attirée par le cumul des mandats puisqu’elle se présente aux cantonales… Vous parlez d’une « apolitique »…

La particularité de Mme Katzenmayer est de ne pas communiquer. Elle saccage, mais en silence. Elle fuit les journalistes comme la peste (Philippe Motta a écrit un article succulent à ce sujet dans le « Journal toulousain »). Mais oublie que Toulouse est encore… un grand village. Et que plus de 5000 parents fréquentent les crèches, animées par un millier de professionnel-les. Tout se sait, et nous sommes dans le sud.

La fin des conseils de crèches

La gauche avait mis en place des conseils de crèches pour associer les parents et les personnel-les aux décisions, créer des liens entre eux. Ils avaient abouti à de vraies réalisations, dont un très grand festival artistique parents-enfants-professsionnel-les.
Ce festival avait superbement fonctionné mais n’a pas été reprogrammé par Mme K., Kafkaienne de service, bien qu’elle soit allée s’y montrer pendant la campagne comme nous avons pu le voir sur tweeter espace au sein duquel elle a moins de réticence à communiquer et se montre très active.
Les conseils de crèches ne se réunissent plus, ce qui est d’ailleurs illégal. Puisqu’une délibération les réglemente, et prévoit leur rassemblement au moins deux fois par an.

L’égalité filles garçons aux oubliettes

Ces conseils avaient abordé la question de l’égalité entre fille et garçons, aboutissant à des formations-actions en lien avec les universitaires toulousain-es. Mme K a arrêté net l’expérience. Les filles en rose, un point c’est tout !
Comment imaginer pour cette élue réactionnaire que l’école puisse être un lieu où se défont les codes genrés. Mme K en serait offusquée comme elle s’offusqua de certaines planches de la BD Crocodiles qui fut écartée des expositions choisies pour la Journée internationale contre les violences faîtes aux femmes parce qu’elle décrivait sur la base de témoignages les violences sexuelles imposées aux femmes.

Mais pour Mme K, une femme est une épouse, le viol conjugual ne saurait être montré. Un point c’est tout.

Où est le plan 1000 places de Mme K et Monsieur M ?

Monsieur Moudenc avait proposé dans son programme de reproduire le record local et provincial des 1000 places réalisées sous le mandat de gauche. Très bien !

Pour y parvenir il est besoin d’une planification sérieuse, sur six ans. A ce jour aucun plan n’a été rendu public. Les ouvertures préparées par l’ancienne équipe (il faut plusieurs années) sortiront, sans doute plus sous gestion publique et avec beaucoup moins de moyens d’encadrement des enfants (puisque les seules créations de postes vont à la la police municipale). Mais sur le cap des 1000 places, leur localisation, leur mode de gestion, c’est silence radio de Madame K et du Maire. Pourtant la ville augmente vite en population, et ne serait ce que pour maintenir le taux de réponse aux demandes, il faut créer des centaines de places.

Police, caméras ou crèches partout, il faut choisir !

Promesse non tenue ? Clientéliser les assistantes maternelles

Le Maire, démagogiquement, avait promis de subventionner le millier d’assistantes maternelles sur Toulouse dans son programme. Encore une promesse clientéliste passée aux oubliettes. Cette mesure était aussi infinançable que la rocade dans le ciel…mais peu importe les promesses, ce qui compte c’est l’élection.

Le doux appel clientéliste

La gauche toulousaine avait mis en place le système d’admission en crèche parmi les plus transparents et équitables du pays, autour d’un système de points calculé avec les parents. Elle avait créé des commissions, la publication des résultats, l’évaluation annuelle par le conseil municipal, la diversité des journées d’accueil permettant d’accueillir la diversité des situations.
La priorité avait été donnée par le système aux salarié-es modestes mais les rapports publiés en conseil municipal sous la gauche démontraient que la mixité sociale, le mélange, étaient effectifs. Plusieurs médias, et une émission de télévision avaient cité Toulouse comme modèle. M6 (Capital) avait longuement comparé le système toulousain, « juste », à celui de Marseille géré par le cabinet en lien avec le syndicat majoritaire.

Pour l’instant, nous attendons la sortie du rapport sur les admissions en crèche depuis le retour de la droite. Madame K a semble t-il annulé la sortie de ce rapport depuis son arrivée. Pourquoi donc ? Qu’a t-elle à cacher ?
Rappelons que ce rapport est règlementairement prévu par délibération. Là aussi, sa non parution est irrégulière.

Les usager-es que nous connaissons, lorsqu’ils se rendent en mairie, se voient désormais dire : « écrivez à Laurence Katzenmayer, maintenant c’est elle qui choisit ».
Encore une fois, les mesures de la gauche sur la forme n’ont pas été modifiées, mais la vérité est que les commissions sont devenues fantômes. Si vous avez besoin d’une place, demandez à l’élue. Qui compte ainsi acheter la réelection de la droite, comme dans un village.
Sachez, si on vous refuse une place en crèche, que vous êtes en droit de contester la décision devant le tribunal administratif, dans la mesure ou Mme K ne respecte pas la délibération fixant les droits des usager-es toulousain-es en la matière, en donnant priorité à « ses familles ».

On se passera de classes passerelles et de maison de la parentalité

La gauche avait prévu dans son projet une maison de la parentalité centrale (« ile aux parents »), la droite ne la fera pas. Elle avait aussi prévu de développer des classes passerelles pour faciliter l’accueil à l’école et ainsi désengorger les crèches. Où sont les classes passerelles de la droite ? Nulle part.
Mme K compte sans doute sur la spontaneité privée pour couvrir les besoins des toulousain-es et créer un accueil de qualité. Elle pourra toujours attendre et en attendant « placer » « ses » familles sur des places en pénurie. Le marché ne sait pas couvrir ces besoins là équitablement. Ils ne sont pas solvabilisés sans une forte intervention publique. Du coup nous pouvons parier sur une belle augmentation de la garde « au noir » déqualifiée sur Toulouse. Merci pour les enfants.