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Laisser Guy Novès à sa place.

Guy Novès … pas de Job à Toulouse

Décidément à vouloir éviter les comportements doctrinaires, peut-on le lui reprocher,Jean-Luc Moudenc s’enfonce dans l’excès inverse en perdant tous les repères: seul un clientélisme sans bornes permet de trouver un fil conducteur à ses actions, ses paroles, ses attitudes et ses décisions.
Et l’annonce par « la mairie » de la dénomination de l’esplanade qui jouxte l’Espace Job du nom de Guy Novès, sélectionneur de l’équipe de France de rugby et ancien emblématique et brillant entraîneur du Stade Toulousain,  vient encore une fois illustrer le propos. 
Car, enfin, pourquoi évite t-on généralement de donner le nom d’une personne vivante à un lieu ?
Pour au moins 2 raisons :
-D’abord, et quelle que soit sa vie antérieure, nul n’est à l’abri d’un dérapage, d’une dérive ou d’une déchéance, qui mettrait alors dans l’embarras  à la fois la collectivité et la personne qui aurait été distinguée de son vivant, même si nous souhaitons et espérons que Guy Novès poursuive sur sa lancée une brillante carrière;
-Ensuite, très peu de personnes ne font l’unanimité de leur vivant car du fait même de leur existence elles interfèrent dans l’actualité; alors qu’une fois disparues, passions et jalousies s’apaisent, laissant place à la seule trace qu’une femme ou un homme a pu laisser dans l’Histoire. 
Et quand, par pur clientélisme, on propose de nommer « Guy Novès » l’esplanade de l’espace JOB aux 7 Deniers, chacun sent bien qu’au-delà des valeurs sportives et de l’aura de l’entraîneur, ce sont ses propos et ses engagements à droite qui sont aussi en question. Engagements certes respectables, mais infiniment moins consensuels et pertinents que son œuvre rugbystique. 
Car, si Novés ne pesait pas en politique, verrait-on riverains et habitants du quartier contester ce projet en rappelant l’histoire de l’usine JOB ?
« Job porte déjà un nom emblématique, celui d’un passé industriel, d’une histoire sociale, de personnes et de citoyens mobilisés pour son renouveau. (…) Dans la ville, l’agglomération et plus largement dans le milieu culturel interrégional, la friche industrielle Job reconvertie est un lieu connu et reconnu, témoin de la vitalité de la métropole toulousaine, comme l’usine LU à Nantes ou la Belle de Mai à Marseille… »
Si les fondamentaux des comportements de bonne gestion d’une collectivité avaient été respectés, cette polémique n’aurait pas lieu tout simplement parce qu’il y a matière (et emplacements) à honorer sans problèmes la personne « Guy Novès » d’une part et l’institution JOB d’autre part.
De plus, comme le soulignent les riverains,« ce choix … a été fait sans aucune concertation avec toutes les personnes concernées par l’histoire du bâtiment,mais aussi les usagers et habitants du quartier ».
La polémique interpelle d’autant qu’elle vient juste après celle qui a concerné Just Fontaine, pour la dénomination du Stadium rénové à l’occasion de l’Euro 2016.

Et  M. Moudenc avait alors écarté la proposition arguant non du fait que notre « Fontaine national«  soit encore vivant, mais du projet municipal de nommer le Stadium d’un patronyme qui rapporte financièrement. Fontaine se voyait alors écarté, au profit d’une institution bancaire ou d’une société d’assurances en mal de publicité, oud’une marque de cassoulet, de saucisse ou de bonbon à la violette souffrant d’un déficit d’image !

L’esplanade Job est-elle monnayable? Espérons que non car alors, après le Stadiumet la Salle des Illustres, ce serait tout l’espace public toulousain qui deviendrait support publicitaire (à l’image du brillant legs à la gloire de Platini et de son Euro 2016 dont bénéficie le square de Gaulle).
 Casa Nova exige autre chose que clientélisme, absence de concertation, et vente « des bijoux de famille » de la part des responsables politiques, et soutient le collectif d’associations qui appelle tous les Toulousains à les rejoindre à l’Espace Job dimanche 24 janvier à 10h30 pour discuter des actions à mener sur ce sujet.