LRMP

LRMP : nouvelle région, nouvelles pratiques ?

Implication citoyenne ou technocratie habituelle ?

L’histoire avait bien commencé en juin 2015 avec la création de la plateforme participative le « Projet en commun » qui aboutira au rassemblement « Nouveau Monde en Commun » (NMeC) :
-C’était pour les premières élections de la Région Languedoc Roussillon Midi Pyrénées.
   -C’était pour faire primer les idées sur la tactique, « le » politique sur « la » politique, les contenus sur les personnes.
-C’était aussi pour créer une alliance des forces de gauche, pour dépasser les clivages traditionnels.
-Bref c’était pour faire de la politique autrement, et pas qu’en le disant.
Ils et elles étaient arrivé-es à quelque chose d’intéressant en commençant à établir un programme en commun issu d’une consultation d’idées par forum internet qui avait permis sur des contenus d’aboutir à une alliance qui regroupait  Front de gauche, Europe écologie les Verts, Nouvelle gauche socialiste, Partit occitan, des membres de Nouvelle Donne et plusieurs personnes non-membres d’organisations politiques. 
Pas sûr qu’ils/elles seraient arrivé-es à rallier tous ce monde si ils et elles avaient commencé par discuter des personnes!

Et d’ailleurs la suite l’a prouvé, établir des listes était un peu plus conflictuel que s’accorder sur des idées : mais l’accord sur les idées étant établi,  les égo. ont du plier .

Les résultats du premier tour ont généré une négociation au second tour qui était bien moins naturelle puisque, étant convenu que se maintenir comportait un risque majeur de livrer la région à l’extrême droite, il fallait s’allier avec un PS qui a la fâcheuse habitude de trahir ses alliés dès qu’il est au pouvoir, et de mener des politiques de droite quand il est au gouvernement.
Par ailleurs le temps dont ils et elles disposaient ne permettant pas une consultation démocratique ce fut à l’issue de tractations autocratiques que la liste de fusion s’établit, avec les inévitables sacrifices inexplicables ou inexpliqués.

Et nous voilà avec une coalition PS/NMeC élue :

On peut craindre le pire tant le PS nous a habitués aussi bien nationalement que localement à maltraiter ses alliés.

Toutefois l’arithmétique laisse entrevoir un mandat plus équilibré. Le PS compte 49 élu-es, le PRG en compte 17 et le groupe NMeC regroupe 27 élu-es. La minorité compte quant à elle 65 élu-es (25 pour la droite et 40 pour le FN). La majorité se joue donc à un fil (66 contre 65)…les votes du groupe NMeC vont donc compter et le vote du budget dès le mois de mai sera un bon indicateur.

En matière de refonte des pratiques politiques, Gérard Onesta (tête de liste NMeC) a institué le bureau de l’Assemblée.

Ce bureau a pour objectif de mieux organiser les conditions de pratiques politiques novatrices en internes (rôle des commissions sectorielles, droit d’amendement, etc) et en externe.

 Mais Casa Nova sait que seule une implication permanente des citoyen-nes incite ou contraint les élu-es à mettre en œuvre leurs promesses et leurs convictions.
Casa Nova sait aussi que ce n’est pas parce que l’on donne la parole aux citoyen-nes qu’ils la prennent automatiquement tant le consumérisme a tout gangrené dans nos sociétés.Et  les consultations n’échappent pas non plus aux logiques du « Pas chez moi, chez l’autre » et à l’individualisme primaire.

C’est dans cet état d’esprit que nous nous exprimons à l’annonce d’un référendum que le Bureau de l’Assemblée serait chargé d’organiser pour trouver un nom à la Région.

L’outil référendum peut être un excellent mode de consultation démocratique. Mais les moyens qu’il faut mettre en œuvre pour le mobiliser sont tels que l’on ne peut pas systématiser son utilisation sous peine de le galvauder.
Il est donc permis de se demander au vu des enjeux à venir si un référendum pour choisir le nom de la région est pertinent ?
Notons d’abord que ce type de consultation a déjà eu lieu notamment dans les presses locales et qu’il apparaît à l’évidence que si des tendances majoritaires se dessinent autour du concept occitan, il n’y aura pas unanimité sur une dénomination précise et au final un choix devra être assumé par l’exécutif. Le timing est par contre lui contraint par la loi et les Régions doivent délibérer avant fin juin sur leur nouveau nom. Ensuite, cette délibération est soumise au Conseil d’État.
La pertinence se pose aussi dans le risque de parasiter d’autres consultations citoyennes qui semblent plus importantes dans ce début de mandat.
Il y a des sujets majeurs qui auront et qui ont déjà une incidence sur notre vie quotidienne et qui méritent consultation pour pouvoir mettre en œuvre des mesures fortes promises et indispensables telles qu’un  « plan rail » ou une « transition énergétique ».
Pour illustrer concrètement le propos, l’abandon d’une ligne ferroviaire comme Montrejeau/Luchon affecte quotidiennement les conditions de vie d’une partie de la population du Comminges.
Le choix entre le TGV et la LGV qui pose toujours question, pèsera aussi lourdement et à hauteur de plusieurs milliards d’euros notamment sur les finances de la Région.
A Montpellier, la construction de la Gare de la Mogère en zone inondable, éloignée du centre ville et alors que la Gare Saint Roch a été récemment rénovée pose aussi de nombreuses questions.
Nous avons entendu lors de l’entre deux tours l’annonce d’États Généraux du Rail pour cette année. Espérons que ces États généraux seront pleinement participatifs et que la collectivité en fera un moment fort.
La Région doit aussi élaborer des schémas sur le plan de l’aménagement du territoire, du développement durable, de l’économie.
Là aussi il est fondamental de sortir d’une élaboration technocratique et d’impliquer les citoyens.

Casa Nova n’insistera pas plus mais le constat est clair : nous voulons participer à l’élaboration des grands axes de la politique régionale.

Les moyens nécessaires à  une participation citoyenne doivent être prioritairement mobilisés pour l’élaboration du « Plan rail » et des divers schémas, avant d’être consacrés au choix du nom de la Région.