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Ou en sont les déplacements urbains de la métropole?

Déplacements urbains: renoncements immédiats et projets lointains.

En matière de gestion des affaires, le risque de clientélisme n’est jamais absent, tout particulièrement lorsqu’il s’agit de politique de transport où les enjeux financiers sont rapidement colossaux. Pourtant, Casa Nova souhaite attirer l’attention sur un autre révélateur de la politique menée par Jean-Luc Moudenc : absence de concertation, refus du dialogue, passage en force,la nouvelle équipe municipale ne fait pas semblant de chercher à convaincre. Chaque projet s’impose en faveur des siens et déblaie ceux qui s’opposent.
Casa Nova ne se veut pas sectaire, et n’hésite pas à reconnaître les aspects positifs de certaines décisions du Maire et de sa majorité comme par exemple la prolongation des horaires de soir avec une mention pour le calibrage des stations de la ligne A à 52m.
Passons même sur la façon dont il a du gérer l’habituel conflit social de début de mandat. Ce n’est pas tant le refus de toutes les revendications qui surprend de la part de l’équipe Moudenc ; c’est la stratégie, vieille comme celle des maîtres de forges, de pourrir et diviser les syndicats, les salariés, dont une partie est en plein repli sur des revendications sécuritaires. L’atmosphère est délétère

Métro, troisième ligne : ou en est on?

Mais venons-en au morceau de choix que nous évoquions il y a un an déjà : les renoncements du PDU (plan de déplacements urbains) pour financer la fameuse « troisième ligne », l’ami imaginaire de la campagne de Moudenc, ce projet qui a servi à justifier toutes les augmentations d’impôts ou les contrats avec le privé.
De nombreuses questions se posent :

Pour quand ? Avec quel(s) financement(s) et en particulier quelle part pour le privé ? Jusqu’où ? Par où? Pendant longtemps nous sommes restés dans le flou.Le Maire a fait croire un temps que cela irait jusqu’à l’Aéroport, et au-delà vers Colomiers, voire jusqu’à en Jacca.Ainsi il divisait  les socialistes, et il achetait la Dépêche.

En soi, Casa Nova reconnaît que la zone nord-ouest de la ville et l’aérospatiale sont mal desservies. Mais malheureusement, sur ce dossier la cohérence ne l’emporte pas.
Et quand le masque finit par tomber, les désillusions arrivent. Pas de terminus à Colomiers centre (nous nous en doutions ça ne vote pas pour le camp politique de Monsieur Moudenc), pas non plus de desserte directe de l’aéroport (le lobby pétrolier ou celui des taxi ou celui des parkings reste fort). Quelle cohérence à moyen/long terme alors que l’évolution de la fréquentation de l’aéroport doit le transformer en hub équivalent à 80 % de la fréquentation d’Orly (sans les mêmes dessertes en transport en commun, notamment)

Des nouvelles du Plan de Déplacement Urbain ?

En revanche, le nouveau PDU renverse des choix du précédent selon les clivages politiciens habituels.
Ce projet s’imagine au prix de la fin du tramway (mais qui reste cependant qu’on le veuille ou non bien présent et non abouti ) et des lignes en site propre, chichement remplacés par l’apposition du logo Lineo sur les lignes de bus un peu améliorées, là où des sites propres auraient restructuré l’espace urbain et maillé un réseau à l’échelle de l’agglomération.
Joan Busquets en faisait notamment un des points majeurs de la requalification du centre ville, avec un circulaire sur les boulevards visant à donner de la lisibilité à un tracé de transport en commun (TC) incompréhensible : hélas le Lineo vire au Toulousanéo avec un invraisemblable tracé en araignée, l’abandon des indispensables dessertes circulaires et une priorité à la voiture sur le TC à chaque point de conflit … 

Abandonner le prolongement de la ligne B ?

Et surtout, cela se fait au prix de l’abandon du projet de prolongation de la ligne B du métro (PLB)  jusqu’à la technopole/gare de Labège Innopole (le métro ne dessert pour le moment ni le Bikini ni Diagora). Le président de Tisséo, Jean-Michel Lattes, indiquait en début de mandat, que ce projet, voté, se ferait. Son enquête d’utilité publique a vu plus de 4500 avis positifs. Mais non. La nouvelle équipe de Toulouse défait le projet de celle du Sicoval. Curieuse conception de la démocratie et de la coopération entre les collectivités de l’agglomération.
Retardé par la traditionnelle querelle entre Toulouse et le Conseil Général (que l’alternance politique n’a pas apaisée) pour savoir qui payerait la dette de Tisseo, le projet est pourtant bouclé. Le plan de financement est finalisé comme nous l’indiquions déjà en février 2015 (Sicoval : 141 M €,  Tisséo : 141 M€, Conseil départemental : 80 M€) et l’arrêter, ce serait perdre les 20,5 millions d’€ de subvention de l’Etat.  Les études préalables déjà réalisées seraient transformées en argent passé par les fenêtres.
Rappelons encore que cela ferait aussi perdre des années de desserte du sud est toulousain, et menacerait le maintien et le développement du second pôle industriel et de recherche toulousain (35 000 employés à terme).
Mais… priorité aux miens, le Maire de Toulouse veut avant tout une ligne de métro de Montaudran à Matabiau qui passe par les quartiers les plus Moudenquiens de Toulouse (car comme chacun sait, le métro c’est de droite et le tramway de « gôche »).
Et pour cela on confisque les millions du Prolongement de la Ligne B.
La vengeance se mange froide : Moudenc plusieurs fois battu comme conseiller général ou député à Ramonville avait déjà compromis un site propre dans la commune de Cohen. Rancune pour le Sicoval qui avait fait échouer la privatisation de Tisseo ? Rivalité avec le nouveau conseil général (qui lui a échappé) et qui soutient la PLB ? Le Sicoval n’aura pas de ligne. Sauf, si vous êtes sages, à la rigueur, chantage à la prolongation depuis Montaudran, dans plus de vingt ans, sans desservir le parc technologique du canal, un petit bout. Vous avez le choix entre ça et rien. Violence de la façon de faire. Égoïsme territorial. Refus de la négociation. Bref l’incarnation de la politique à l’ancienne que les citoyens et citoyennes rejettent un peu plus à chaque élection.
Une telle décision s’explique aussi par l’invraisemblable et pas vraiment loyale « guéguerre »  entre les zones d’activités de Montaudran et de Labège avec entre autres la prise en otage de la « startup » toulousaine Sigfox, pionnière des technologies permettant aux objets connectés de dialoguer entre eux  et qui a déjà levé plus de 100 millions d’euros destinés notamment à financer son expansion vers les Etats Unis.

Quand la tactique électoraliste obère l’avenir de la Métropole.

Ces concurrences partisanes ne sont pas à la hauteur des enjeux, et la culture du blocage qui prévaut relève d’une stratégie « perdant/perdant » dont les citoyens et citoyennes font les frais.
Ce projet pharaonique qui  ne se fera de toute façon qu’à long terme, fait en ce moment prendre un retard considérable à notre agglomération en focalisant tout le financement sur le « péri-centre-ville » et en servant la tactique clientéliste d’un Jean-Luc Moudenc : en faire le moins possible et ne pas « emmerder » les automobilistes ! Nous pouvons même aisément imaginer que le Maire de Toulouse et son équipe font le « choix » de la 3ème ligne de métro pour d’ores et déjà orienter les débats de la prochaine élection municipale : pour ou contre le Métro ? En effet, le lancement des travaux n’aura pas lieu avant 2020.

Un téléporté pour Toulouse?

Pour Casa Nova, la priorité pourrait être l’autre projet : la liaison qui joindra Rangueil à l’Oncopôle par téléphérique en se poursuivant au delà vers Basso Cambo. 
Il y a des doutes sur cette ligne, en raison du nombre limité de voyageurs par jour que la forme « téléphérique » impose.
Cependant, il faut le reconnaître, le projet est utile à la ville, et n’ignore cette fois aucun des quartiers, reliant les espaces universitaires et hospitaliers entre eux avec des quartiers populaires. Il est dommage que, pour le moment cette idée qui avait aussi été portée par la municipalité précédente, ne serve surtout que de miroir aux alouettes ( » Vous voyez bien qu’on ne s’occupe pas que de la troisième ligne ».)

Casa Nova propose:

Ou plutôt Casa Nova répète son article de mars 2015 tant l’enjeu lui parait important
Car pour nous, les enjeux de transport en commun sont majeurs et les alternances politiques ne favorisent pas l’établissement et la mise en œuvre du PDU si chacun par pur calcul électoraliste déconstruit ce qui est prévu et budgété.
Mais le retard est tel qu’il faut réaliser ce qui peut  l’être à savoir le Prolongement de la Ligne B et la ligne téléportée Montaudran – Basso Cambo. 
Nous aurions là des éléments constitutifs du nouveau Plan de Déplacements Urbains qui doit insister aussi sur le retour à une trame urbaine autour du transport en commun visible dans l’espace urbain et l’amélioration des politiques de multimodalité vélo/voiture partagée/SNCF-TER/réseauTisseo. Une politique tarifaire incitative et une vision différente des rythmes de la ville pour éviter ces « heures de pointe » doivent accompagner les choix structurels (voir notre article sur la ville à mille temps).
Casa Nova prend en compte la troisième ligne pour ce qu’elle est, un projet de long terme excessivement cher,et qui doit favoriser avant tout le lien Aerospaciale/Matabiau.
Casa Nova demande à Monsieur Lattes en tant que Président de Tisséo et garant d’une réflexion à l’échelle de l’agglomération, de faire ce qu’il peut pour que cette solution «ambitieuse et de bon sens» soit admise par Jean-Luc Moudenc, le Maire Toulouso-centré. Ce qui semble hélas aussi probable qu’un maintien du Toulouse Footbal Club en première division
(voir aussi  nos publications antérieures référencées sur ce lien: http://casa-nova-toulousemetropole.fr/pdu-une-concertation-deconcertante/