La droite toulousaine façon Tricatel, c'est pas bio !

La droite façon Tricatel, c’est pas bio…

Faire des économies à tout prix, quitte à réduire de moitié le budget de l’alimentation bio dans les cantines scolaires, voilà la recette indigeste que nous proposent Jean-Luc Moudenc et son équipe, élaborée avec les ingrédients périmés d’une politique rance.

Il nous est très difficile de comprendre l’annonce faite par Madame Susset, conseillère municipale en charge de la restauration scolaire, dans La Dépêche du Midi du 14 juillet dernier.

Pourquoi donc réduire le budget du bio dans les cantines scolaires ? Pourquoi diminuer l’accès des enfants scolarisés à une alimentation saine et de qualité ?

Madame Susset justifie cette annonce par la nécessité de faire des économies. La logique purement comptable est donc assumée, clairement revendiquée…

Toutefois, la nouvelle élue en charge de la restauration scolaire trouve bon d’ajouter que cette baisse de 50% du budget est liée à la nécessité d’acheter du bio local et non du bio provenant d’Europe du Nord par exemple.

Revenons sur cet argumentaire aigre-doux.
Nous sommes d’accord avec Madame Susset : le bio pour le bio est un dévoiement de la démarche globale qui, au-delà d’un soutien à l’agriculture bio, doit s’accompagner d’une défense des circuits courts, de l’agriculture de proximité. Le bio ne doit pas être un simple affichage « développement durable », il s’inscrit dans une démarche plus large.

Si le marché de la ville de Toulouse ne contribuait pas à développer le bio local alors il convenait de le modifier.
Mais en ce cas, pourquoi toucher au budget qui passerait de 3,2 à 1,6 millions d’euros ?

Les collectivités locales doivent privilégier les produits bio locaux. Nous contribuons ainsi, toutes et tous, à réduire notamment l’usage des pesticides dont les effets sur la santé des agriculteurs et agricultrices ne cessent d’être démontrés.

Notre Région est volontariste dans le développement du bio. A ce jour, environ 6% des surfaces agricoles utiles sont des surfaces bio en Midi-Pyrénées, ce qui en fait l’une des premières régions de France, même si c’est encore très insuffisant.

Le taux de conversion en bio est l’un des plus élevés et la filière bio en Midi-Pyrénées fonctionne prioritairement en circuit court. Ce bilan positif ne doit pas pour autant amener les différentes collectivités locales à en rester là. En France, 25% des aliments bio sont importés, il faut donc aider la filière nationale à se développer, se structurer.

L’annonce de Madame Susset nous semble être en totale contradiction avec la volonté de ne pas acheter du bio pour du bio mais d’acheter local.

Alors que l’élue constate que la filière a besoin de soutien pour se développer, elle nous mijote une baisse drastique du budget ; cela ne manque pas de sel !

Mme Susset se trouve là prise au piège. Le piège d’un projet municipal fondé sur la réalisation d’un ou deux « Grand projet visible » pour lesquels il faut dégager des financements à tout prix.

Madame Susset, mettez la toque ou lieu de retoquer le bio, pimentez votre action, ne vous laissez pas cuisiner par des visions comptables dignes du Tricatel de « l’aile ou la cuisse » ! Devenez la cheffe et préservez une alimentation de qualité, bio et locale dans nos cantines scolaires !

Bilan des 100 jours de Jean-Luc Moudenc au Capitole à Toulouse

Cent jours de malthusianisme démolisseur au Capitole

Depuis Napoléon on aime à penser que cent jours suffisent à secouer des continents. Pour le meilleur et pour le pire. Avec la droite toulousaine, on est du côté du pire. Ces cent jours de retour d’exil de Jean-Luc Moudenc (ou était d’ailleurs son Ile d’Elbe pendant ces six ans ?) sont de très mauvais augure pour Toulouse.

Qu’a t-on vu pendant ces premiers mois ? Rien qui permette d’imaginer comment le Maire-Président veut traiter les grandes questions devant nous : déplacements en péril de trombose, transition énergétique, logement, diversification du modèle économique local, devenir des services à la population. C’est le silence, l’apathie, sur tous ces sujets majeurs. Monsieur Moudenc n’a pas dit un seul mot sur le Grand Projet de Ville par exemple, et les habitant-es des quartiers populaires qui ont été si courtisé-es pendant la campagne sont les parfait-es oublié-es de cette gestion.

Nous avons assisté à une œuvre de chicanerie et à de la démolition principalement, au milieu du gel et du quasi chômage technique pour de nombreux domaines. Ceci au nom d’une vision éculée de la ville, la même qui avait conduit la droite à l’échec en 2008, et qui la reconduira, nous nous risquons à le penser, à l’impasse.

La droite au Capitole est revenue avec trois mots d’ordre en tête :

- un esprit revanchard et patrimonial,
-le malthusianisme conservateur, oublieux de l’avenir
- la recherche de boucs émissaires par des gestes sordides envers les populations les plus en difficulté.

Une collectivité butin de guerre

Pour cette droite amalgamant les anciens grognards rompus à la gestion de petites clientèles et un escadron d’amateurs radicalisés par la lutte contre le mariage pour tous, la défaite de 2008 a été une anomalie, un vol. Le pouvoir censitaire est à eux, aux vraies élites économiques, la gauche était l’usurpatrice. La Mairie c’est son patrimoine, son butin. Son trésor de guerre. La principale occupation des premiers mois a donc été de lancer la chasse aux sorcières, d’abord, d’une manière qui en dit long, en s’en prenant à ses anciens serviteurs qui avaient osé au nom du service public, travailler avec des élus « socialo communistes ». Jusqu’à organiser un grand bal des secrétaires et des cartons d’emballage qui a agité la cour du capitole. Quelle élégance…

De surcroît, le clientélisme a repris partout, et il suffit de tendre l’oreille pour entendre les bénéficiaires qui s’en vantent. Les embauches ont été placées sous la férule du politique, et les services gèrent les « signalements » d’élu-es qui pensent que l’addition des client-es assurent une réélection, comme dans un village.

Dépenser moins… pour dépenser moins, la vision zéro après la dette zéro

Puis Harpagon a pointé le bout de son long nez. On a crié au loup dépensolâtre gauchiste, à la catastrophe budgétaire, ce qui est contredit par tous les faits, Toulouse étant en bonne situation financière au regard de toutes les comparaisons, même si la Mairie ne roule plus sur l’or comme aux temps de la Taxe Professionnelle.

On a raconté cyniquement des âneries en parlant de « déficit », alors même que le déficit est impossible car interdit aux collectivités qui sont mêmes tenues de réaliser des excédents importants pour s’autofinancer… Mais un sou est un sou pour ces gens obsédés par les baisses d’impôts. Ainsi, comble de la gestion petit plateau, la Mairie a sabré les postes de vacataires qui permettent depuis toujours à des jeunes toulousains de travailler l’été pour financer leurs études. Un beau symbole dans une des villes les plus étudiantes de France…

Cette politique de grippe sou est l’erreur fondamentale de cette équipe qui engage un plan d’économies drastique, sauf dans le domaine de l’embauche et de l’équipement massif de la police municipale dont on sait qu’elle a certes un rôle important mais ne peut pas résumer les besoins des habitant-es, et encore moins résoudre des problèmes d’insécurité qui requièrent des actions approfondies d’investigation, comme c’est le cas avec le trafic de drogues. Les annonces de recrutement, faisant de l’armement (en précisant la marque de l’arme à feu) un élément d’attractivité, font frissonner… La sécurité a été confiée à un élu nationaliste autoritaire. On est loin du consensus urbain promis par le Maire.

On peut donc s’attendre à la stagnation et l’érosion des actions partout, pour pouvoir financer une seule priorité : l’embauche de policiers municipaux afin qu’on voit « du bleu » dans les rues. Ce choc psychologique fera t-il reculer l’insécurité réelle ? Rien n’est moins sûr. On peut même penser que non. La Police Municipale n’a jamais désorganisé la délinquance, elle est une mesure purement symbolique pour gérer un sentiment d’insécurité et non une solution contre la délinquance beaucoup plus compliquée à traiter. Devait-on tout sacrifier à ce seul objectif ? l’intérêt général s’y épuise t-il ? Certainement pas.

Finalement, la vraie réalisation de ces cent jours aura été l’embauche d’un Haut fonctionnaire venu d’Alsace, chargé uniquement d’effectuer des économies (sans doute une fois décompté sa propre masse salariale qui doublonne celle du Directeur des Services). Voila la « dynamique » qui est en cours : dépenser moins pour dépenser moins. Personne ne conteste le sérieux d’une gestion bien entendu, mais ériger la réduction des dépenses en objectif primordial et presque unique d’une politique municipale, c’est calamiteux dans une métropole en croissance rapide.

La droite vit sur des souvenirs éculés. Toulouse n’est plus la ville de Dominique Baudis qui stagnait en population et voyait ses écoles se vider car elle chassait les habitant-es dans les nappes périurbaines avec les dégâts urbanistiques que l’on sait et les difficultés dantesques de déplacement qui s’ensuivent.  L’investissement dans le service public n’est pas une anomalie mais un besoin de maintien de la qualité de vie dans une ville dont la population est expansionniste. Le malthusianisme municipal, nous en paierons le prix dans quelques années, lorsque nous mesurerons que rien n’a été fait pour accueillir les nouveaux habitant-es malgré la parlote inflationniste des « maires de quartier ».

Car ou sont les projets annoncés par la droite locale pour organiser la métropole face à ce développement ? Quel projet de transport ? Aucun…. Et le Maire a déjà avoué qu’il avait vu trop gros pendant la campagne (bref qu’il avait raconté des sornettes avec un projet de dite seconde rocade jugé impossible, nocif et inutile il y a des années par tous les acteurs des déplacements). Quelle stratégie pour le logement ? Quels équipements structurants ? Pendant cent jours on a entendu que des annonces de renoncement, tout étant trop cher pour cette équipe, pingre par principe.

La dépense collective, voila l’ennemi. Chacun pour soi. Sauf qu’une vie citadine ne peut pas se concevoir par le chacun pour soi, parce qu’on vit ensemble densément, et qu’il est indispensable de financer de concert des équipements pour permettre notre coexistence.

Oui, l’austérité gouvernementale et européenne conduirait une métropole de gauche à des choix difficiles. Mais c’est précisément dans un contexte de tension que l’on doit peser ce qui est ou pas remis en cause, sur la base d’une réflexion approfondie et publique, concertée, permettant une stratégie de dépenses révisée. La droite pour sa part a recours à la serpe arithmétique, unilatérale, et sans aucune transparence pour la population. Et la dépense massive encourue par les démonstrations viriles de Monsieur Arsac, en fonctionnement, qui plus est s’agissant de créations de dizaines de postes de policiers par an, va priver la mairie de toute marge de manœuvre.

Frapper et isoler les plus vulnérables

Et puis, c’est bien triste et peu honorable, l’hallali a sonné contre les faibles. Celles et ceux qui n’ont pas voix au chapitre. Bref, la stratégie habituelle de diversion par le stigmate que la droite a toujours utilisée, bien loin du pseudo « humanisme » centriste dont le Maire se réclame. On a économisé quelques milliers d’euros sur les vaccinations de chiens de sans domicile fixe, au mépris de la sécurité sanitaire des toulousains.

On a essayé, récoltant un cinglant vote négatif à la métropole, sanctionnant l’amateurisme des nouveaux édiles et leur égoïsme toulouso-toulousain d’arrière garde, de se délester sur les communes périphériques de la responsabilité légale de créer une aire de grand passage pour les déplacements des populations nomades. Alors que c’est justement l’absence d’une aire qui est la cause des installations sauvages ! On a flatté les pulsions d’ordre en revenant au jardin à la française dans les espaces verts, d’un coup de menton ridicule, ou en luttant contre l’oisiveté sans doute… en raccourcissant Toulouse Plages, dont le succès populaire était incontestable et permettait à des familles ne partant pas en vacances de passer un bel été toulousain.

Cette équipe politique se trompe de ville, se trompe de victoire. Toulouse n’est pas une ville réactionnaire, et si la gauche a connu des difficultés c’est parce que les attentes de développement étaient fortes et l’impatience réelle. Les Toulousain-es voulaient des transports en commun plus vite, et pas qu’on économise en les ralentissant.

Le moins disant de la droite toulousaine est en porte à faux avec la métropolisation toulousaine. Cette politique du frein à main, occupée à donner des signes visqueux à un électorat de droite radicalisée qui a beaucoup œuvré pour le retour de Monsieur Moudenc, ne peut pas réussir. Tôt ou tard ces contradictions s’exprimeront, les promesses individuelles et collectives de la droite ayant été sans précédent au printemps dernier.

Pour Casa Nova, après ces 100 jours de démolition, l’urgence est de donner à comprendre, de contester, d’éclairer les toulousains, et d’imaginer déjà une autre politique pour Toulouse Métropole.

Projet Maison de l'image à Toulouse

Maison de l’image, miroir social

La nouvelle municipalité a annoncé l’arrêt du projet de la Maison de l’image.

On pourrait limiter l’analyse de retrait à un manque d’ambition culturelle de la droite, à un simple problème budgétaire, ou à toute  autre explication simpliste. Ce n’est pas ici notre propos.

Pour expliquer cet échec, il est en effet nécessaire de mettre les pieds dans le plat, tant les causes sont multiples et soulèvent de nombreuses questions, sur la conception de la ville, des quartiers populaires, de l’égalité républicaine, du communautarisme, de l’intégration

Ce projet s’est heurté aux non-dits, il s’est brisé contre une barrière de verre qui semble encadrer ce quartier.

La barrière de verre

Le dernier rapport sur la rénovation urbaine à Toulouse indiquait que 60% des jeunes qui s’inscrivent à la mission locale de la Reynerie ne souhaitent travailler que dans le grand Mirail, pas ailleurs à Toulouse, juste dans le grand Mirail.

Ce chiffre est effrayant tant il révèle cette muraille de verre. Le Mirail, ce n’est pas la grande banlieue parisienne où l’on comprendrait une mobilité professionnelle limitée à la ville.  Le Mirail, c’est un quartier de Toulouse, bien desservi par les transports en commun. C’est la preuve d’un quartier qui se replie sur lui-même.

La gauche n’a pas suffisamment pris en compte les effets de cette barrière symbolique. Elle a fonctionné à double sens. « Puisque nous avons une barrière devant nous, à l’intérieur de celle-ci faites ce que nous voulons » !

Un bon objectif

La Maison de l’image répondait pourtant à un bon objectif. Contrairement à la vision classique de l’intégration urbaine qui consiste à permettre à tout le monde d’aller au centre ville, l’ancienne municipalité a voulu construire un équipement public incitant l’ensemble des Toulousain-es à se rendre à la Reynerie.  A l’instar de la médiathèque « grand M » cette volonté politique était bonne et méritait d’être encouragée.

Malheureusement, ce projet, comme beaucoup d’autres, a été mal expliqué, mal théorisé ; nombreuses et nombreux sont celles et ceux qui n’ont pas compris l’intérêt de cet équipement.

Force est de constater que malgré les nombreuses heures de concertation avec les habitant-es, ce projet n’a pas suscité l’adhésion dans le quartier. Est-ce que ce projet devait recevoir cette adhésion pour porter ses fruits ? Est-ce que le Grand Projet de Ville était suffisamment visible pour permettre cette adhésion ? Ces questions restent ouvertes.

En tout état de cause, la logique intégrationniste de la gauche (« vous devez avoir les mêmes droits que les autres ») s’est heurtée à une logique d’entre soi (« ici c’est chez nous »).

Maison de quartier contre maison de l’image ou quand la droite s’appuie sur l’entre soi et renforce la barrière de verre

Maison de quartier ? Maison de l’image ? Ces deux propositions ne semblent pas contradictoires, et pourtant une partie du débat a tourné autour de ce choix.

La maison de quartier est une revendication portée par une partie des habitant-es de longue date. Elle a en effet l’avantage d’être un équipement public bénéficiant directement aux habitant-es du Mirail mais à eux seuls, là où la Maison de l’image aurait été un équipement pour tous les Toulousain-es.

La droite a mieux analysé la situation que la gauche. Elle a constaté l’existence de cette barrière, et forte de sa logique conservatrice, elle a cédé sous les hourras des communautaristes. En cédant, elle renforce cette barrière dans les deux sens.

Alors non, il n’y aura pas de Maison de l’image à la Reynerie, pas d’équipement d’envergure. Il y aura peut-être un équipement dans le quartier pour les habitant-es du quartier, chez eux, ce qui, si rien d’autre n’est fait, renforcera cette césure culturelle dans notre ville.

La gauche doit tirer des enseignements de cet échec

Le premier enseignement est symbolique et rhétorique mais il a son importance. La question n’est pas d’intégrer le Mirail à la ville. Le Mirail est dans la ville. On ne lutte pas contre le localisme par l’intégration mais par l’égalité républicaine. Dans les temps qui courent, il faut parfois savoir imposer cette mixité sociale. Sur ce terrain la gauche bien pensante a péché par excès de bons sentiments.

En d’autres termes, la Maison de l’image n’avait pas pour but d’aider le Mirail et ses habitant-es mais simplement d’en faire un quartier comme les autres.

Le deuxième enseignement, c’est qu’il faut se donner les moyens pour que les politiques brisent cette barrière de verre dans les deux sens. On ne peut pas imposer des politiques publiques à des gens qui ont le sentiment de ne pas en bénéficier par ailleurs.

Enfin la gauche doit se mettre au travail pour redéfinir un nouveau contrat social, prenant en compte les différentes populations d’une ville. Contrat social permettant de recréer ce lien qui fait de la ville un tout, partout, pour toutes et tous. 

Dans les semaines et mois qui viennent, Casa Nova aura l’occasion de développer en profondeur des réflexions qui prolongeront cette première analyse, en les chevillant étroitement aux réalisations concrètes à imaginer.

Le grand contournement du réel

Lors de la campagne municipale, Monsieur Moudenc a mis en débat l’enjeu des embouteillages sur le périphérique toulousain… non pas à travers une réflexion mettant en avant le développement des transports en commun, des transports interurbains, du maillage de l’aire urbaine qui permette de réduire le recours à la voiture personnelle sur le périphérique.

Non, bien au contraire, M. Moudenc a proposé une deuxième rocade qui permettrait de capter le trafic de transit (à différencier du trafic local).

Ce projet nous semble inefficace et inadapté aux enjeux en matière de mobilités, de santé publique et d’environnement.

Tout d’abord est-ce une deuxième rocade ou un contournement autoroutier dont nous parle M. le Maire ?

Deuxième rocade ou contournement autoroutier ?

En effet, lorsque M. Moudenc parle d’une 2ème rocade il fait une erreur que nous pensons volontaire pour ne pas utiliser le terme plus adapté de contournement autoroutier.

Une deuxième rocade (ou un 2ème périphérique) est une infrastructure qui doit passer à proximité de l’existant. En d’autres termes à moins de 10-15 kilomètres.

Vous en conviendrez, c’est impossible sur l’agglomération toulousaine sauf à la faire passer sur les toits des immeubles et des pavillons, ou bien à moins d’exproprier des habitant-es.

Donc, M. Moudenc nous parle en réalité d’un contournement autoroutier qui, lui, passera à environ 25-30 kms du périphérique existant. Ce qui est logique (dans la logique de M. le Maire) s’il souhaite écarter le trafic de transit du périphérique actuel. Voilà donc ressorti du placard un dossier qui a été rejeté en 2008 par le Ministre Monsieur Borloo (du même bord politique que M. Moudenc) suite au débat public. L’un des arguments invoqué fut l’opposition entre ce projet et le Grenelle de l’environnement.

Pourquoi un contournement alors ? M. le Maire indique que ce contournement permettrait de capter le trafic de transit qui serait la principale cause de l’engorgement du périphérique aux heures de pointe.

Or, le transit dont il parle ne correspond qu’à 10 % du trafic sur le périphérique et n’est pas en outre le trafic majoritaire aux heures de pointe c’est à dire aux heures pendant lesquelles les embouteillages sont massifs.

Une solution donc inadaptée à la problématique actuelle : les nombreux déplacements au sein de l’agglomération vers Toulouse. Mais au fait où passerait ce contournement ?

Toi aussi, dessine ta deuxième rocade pour Toulouse

Une infrastructure qui passerait où ?

M. le Maire l’a indiqué, ce contournement concerne l’Est de Toulouse. Pour être plus précis, cette infrastructure passerait vers Verfeil et le Lauragais au détriment de terres agricoles et d’espaces de biodiversité.

Le débat public avait déjà fait ressortir les risques d’une telle infrastructure pour l’agriculture locale et avait trouvé parmi ses opposants la Chambre d’agriculture.

Il est assez remarquable d’ailleurs de voir que M. Moudenc réduit le budget alloué au bio dans les cantines toulousaines sous prétexte qu’il n’y a pas assez de bio local et que dans le même temps il envisage de construire une autoroute à la place de champs sur lesquels pourrait être cultivé… du bio.

Mais non, alors qu’aujourd’hui l’heure est au développement de circuits courts, d’une agriculture de proximité, M. Moudenc choisirait de détruire ces espaces pour une infrastructure inutile et que peu de véhicules emprunteraient notamment parce que cette infrastructure serait mise en autoroute concédée payante. Justement qui financera cette infrastructure ?

Quel(s) financement(s) ?

M. Moudenc a demandé l’inscription du contournement dans le cadre du Contrat de Projet Etat Région 2015-2020 afin que d’autres collectivités locales et l’Etat participent au financement de cette promesse de campagne.

La priorité par exemple du Conseil régional doit-il être la poursuite d’un soutien fort au réseau régional ferroviaire et à la rénovation de certaines routes (comme la RN126) ou de soutenir un contournement autoroutier dont le principe rappelons-le a été rejeté en 2008 suite à un débat public ?

La priorité au sein d’un CPER ne devrait-il pas être de financer les transports en commun ? Les collectivités locales ne pourraient-elles pas soutenir en complémentarité avec le train des aires de covoiturage pour réduire l’utilisation individuelle de la voiture ?
Ne faut-il pas utiliser le CPER pour développer le fret ferroviaire ?

Faut-il rappeler qu’un 1km de rocade c’est environ l’équivalent de l’exploitation de 10 lignes de bus/an ?

Lorsque l’infrastructure sera construite, ce contournement deviendrait une autoroute concédée payante et ne coûterait rien selon M. le Maire aux collectivités locales.

Nous avons dû mal à y croire. En effet les exemples d’autoroute concédée dont le flux de véhicules est moindre que celui prévu (pour «vendre» le projet) par le concessionnaire et qui implique donc l‘augmentation de la subvention d’équilibre ne manquent pas.

Les collectivités devront sans doute remettre au pot, au détriment de dépenses plus prioritaires.

De plus qui peut penser que les gens passeront par cette autoroute de contournement alors même qu’ils pourront toujours emprunter gratuitement le périphérique Toulousain ?

Nous pensons que le chemin emprunté risque de nous conduire droit dans le mur. Alors que l’urgence environnementale commande de faire des choix pour réduire l’utilisation de la voiture, voilà que M. Moudenc nous parle d’une deuxième rocade payante.

Si nous ajoutons à cette promesse de campagne les décisions récentes sur les abonnements Tisséo, la Liaison Multimodale Sud-Est nous constatons que le développement des transports en commun n’est pas une priorité pour Jean-Luc Moudenc.

Il est temps de ranger cette promesse dans le placard dans lequel elle a été mise dès 2008 suite au débat public afin de redonner toute sa place au développement des transports en commun et construire un maillage territorial cohérent.

 

 

Suppression mesure de santé publique vaccination gratuite par Moudenc Toulouse

Droite enragée et hordes de SDF

Notre chère droite toulousaine a décidé de mettre fin au dispositif de vaccination gratuite des chiens de SDF, comme annoncé pendant la campagne municipale. Il s’agit de mettre fin à ce qui produirait un « appel d’air » de SDF dans la ville. Un appel d’air. Des hordes de marginaux et leurs chiens envahiraient nos rues et notre parvis de gare, attirés pas l’odeur alléchante du vaccin rabique. De la véritable littérature zombie !

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En réalité, c’est à peine dix vaccinations par mois qui étaient effectuées par l’école vétérinaire de Toulouse, pour un coût de 5 853€ en 2013. Il n’y a pas de petites économies. Cette somme de 5 853€ représente le coût de construction d’environ 1 mètre de rocade.

Un mètre de rocade gagné avec l’abandon d’un dispositif de santé publique. Pas un cadeau social, pas de l’assistanat, pas une posture de gauche, une politique de santé publique. Car la rage se transmet de l’animal à l’homme. Et la rage tue. Dans le monde, selon l’OMS, elle causerait la mort de 35 000 à 50 000 personnes par an.

En France, on ne meurt plus de la rage. Le dernier mort remonte à 1924. Pourquoi ? Parce qu’on vaccine les chiens, notamment. Et les renards. Bon, les SDF n’ont pas de renards, d’accord.

L’abandon de ce dispositif est donc une décision contraire à l’intérêt général, à la santé publique. Elle est motivée par l’argument d’un imaginaire « appel d’air ». Jean-Luc Moudenc et sa clique imaginent que les SDF choisissent leur destination en fonction de l’offre de services la plus développée. Un véritable dumping.

L’intérêt général appelle le rétablissement de ces campagnes de vaccination, qui ne coûtent rien.

L’intérêt général appelle le développement des politiques publiques de « réduction des risques ». C’est la même logique qui opère ainsi pour les campagnes de distribution de seringues propres aux publics toxicomanes. Cela ne veut pas dire « droguez vous, vous avez la bénédiction des pouvoirs publics », cela veut dire : je réduis les risques sanitaires liés à un comportement dangereux.

S’il faut vacciner les chiens contre la rage, nous espérons ici que ces premières semaines de mandature Moudenc nous vaccineront contre la bêtise idéologique de la droite, à l’avenir.

Photographie Cyril Almeras

21 juin, 14 juillet : le retour de l’ a-culture à Toulouse

En seulement deux dates, 21 juin et 14 juillet 2014, la « nouvelle » mairie de la vieille droite toulousaine a démontré l’ancienneté de ses conceptions culturelles et éteint les perspectives d’avenir du rayonnement de celle qui a été toute proche de devenir capitale européenne de la Culture.

Le 21 juin, la mairie a annulé la programmation qui était assurée depuis quelques années par Joël Saurin, le bassiste de Zedba ; programmation que la précédente équipe avait eu le tort de ne pas contractualiser même si dans le milieu musical, les accords tacites avec les tourneurs sont communs.

Deux raisons, entre autres, ont été avancées par l’équipe de Jean-Luc Moudenc : cette affiche était trop lourde financièrement et la « nouvelle » mairie de la vieille Droite toulousaine voulait privilégier des « amateurs ».

Pour ce qui est de privilégier des « amateurs », en effet, nous sommes bien servis avec cette nouvelle équipe. La déprogrammation a été faite de manière brutale, alors que de nombreux artistes toulousains travaillaient et comptaient dessus depuis des mois : El Gato Negro (cumbia), Rémi Panossian (jazz), Sidilarsen (Dancefloor Metal), Undergang (rock-electro), Bernardo Sandoval (flamenco), Anais Constans (chanson lyrique), Kid Wise (pop-rock) groupe qui venait de représenter la région Midi-Pyrénées au Printemps de Bourges…

Toulouse ne serait donc plus fière de ses musiciens ?

En pleine mobilisation des artistes autour du statut précaire des Intermittents, cette annulation du jour au lendemain sur des considérations politiques, témoigne du mépris de la droite toulousaine pour la réalité du milieu artistique en général, et pour la scène talentueuse de notre ville en particulier.

Quant à l’argument « financier », il s’effondre devant la réalité des chiffres : la soirée du 21 juin aura coûté 40 000 € soit 5 000 € d’économies sur la programmation de l’équipe Cohen.

5000 € d’économies le 21 juin… 90 000 € de surcoût le 14 juillet

La programmation du 14 juillet a coûté un bras et deux jambes. 90 000 € rien que pour déplacer l’évènement des Allées Jean Jaurès aux bords de Garonne, une mesure qui ne sert qu’à marquer une différence avec la bonne idée de la municipalité précédente. A 90 000 € la mauvaise idée, le budget de la mairie de la vieille Droite toulousaine va rapidement exploser.

Niveau propositions musicales, nous retrouvons le manque de reconnaissance d’une scène toulousaine accusée de coûter trop cher parce que locale.

Mettre le 21 juin en reflet du 14 juillet est intéressant. Il suffit simplement de regarder la programmation du 14 juillet, purement variété « people ». Où étaient les « amateurs » ?  Maurane, Christophe Mae et Nolwenn Leroy. Pardon, il y avait aussi Amandine Bourgeois, chanteuse révélée dans l’émission culturelle de M6, « la Nouvelle Star » et ayant des liens affectifs avec Tournefeuille (sans doute pour la catégorie « amateurs locaux »)

Aux « gens », la vieille Droite toulousaine a estimé qu’il ne fallait pas proposer des musiques plus riches que celles qui passent sur Chérie FM. Surtout ne pas profiter d’un évènement de masse, qui plus est fédérateur dans sa symbolique, pour permettre l’accès du plus grand nombre à une qualité culturelle plus exigeante que ce que proposent les mass-média. « Du pain et des jeux » comme seul horizon…

Et puis, cette programmation du 14 juillet servira à justifier le budget culture de 2015. Elle est l’exemple type que la musique pour tous n’est pas aujourd’hui la musique de toutes et tous.

Compilation réalisée par Sidilarsen et Undergang
Compilation réalisée par Sidilarsen et Undergang

La musique jouée par les artistes toulousains, ici, maintenant, pourrait être rendue accessible au plus grand nombre, l’aidant à se développer et rayonner, facilitant le rayonnement culturel de notre grande ville.

Mais non, rendormez-vous braves gens. Sur les douces mélopées de Nostalgie.

En affichant une programmation « Variétoche », « people », la mairie annonce clairement ce qui va suivre pour la culture locale. Elle n’est pas désirée, parce que trop coûteuse et trop pro.

Le 21 juin à Toulouse souffre nationalement d’une réputation « apéro géant sans musicien ». La municipalité précédente, en axant son action sur la scène Capitole et en délaissant les quartiers toulousains, a prolongé le souhait des politiques culturelles précédentes et aujourd’hui actuelles, en vendant de la « vitrine » et en délaissant les artistes. Les artistes sont priés de jouer en périphérie dans des villes qui jouent le jeu de l’ouverture aux autres musiques et à l’esprit originel d’une célébration populaire de TOUTES les musiques.

La scène toulousaine n’a jamais été aussi bouillonnante et exportée nationalement et internationalement. La précédente municipalité n’a pas su en prendre la mesure. La vieille Droite toulousaine, elle, a décidé de l’attaquer frontalement.

casanova-en-recherche-du-feu-toulousain

En recherche du feu

Pendant que la droite toulousaine cherche nos noms, nous cherchons le feu.

Que signifie la création de CASA NOVA ? Elle consiste, comme l’a dit un de ses fondateurs en réunion, à se considérer comme en recherche du feu.

Partout, sur la planète, des individus et des groupes cherchent le feu, la lueur d’une politique nouvelle. Ils ne l’ont pas volé et caché dans une grotte. Ils le cherchent pour que la communauté humaine l’utilise.

Le feu, en tant que moyen d’agir et de changer le monde, n’a pas été inventé par un homme en particulier. Il était une potentialité du monde naturel, qui devait prendre son sens avec l’action humaine. Personne n’a eu le premier l’idée de l’utiliser et de le domestiquer, et de ses usages. Partout on l’a apprivoisé un peu. Et un jour l’humanité s’est servi du feu, de mieux en mieux.

En politique, pour nous à gauche, nous en sommes là.

La gauche dans la nuit, torche éteinte, feu perdu

Chacun sait que la gauche est en grande difficulté idéologique, organisationnelle, pratique. Au moment même où la grande crise financière, la première grande crise du capitalisme mondialisé, démontre la fragilité et la capacité de dévastation du capitalisme, qu’on pensait incarner la fin de l’Histoire, la gauche recule paradoxalement presque partout, du moins dans le vieux monde. Elle est dans le doute et souvent la démoralisation, dans le bégaiement de ses idées. Elle n’est parfois plus audible. Et surtout toutes ses familles sont concernées. Aucune ne peut escompter trouver d’issue à elle seule. Et certainement pas sans des remises en question profondes.

Alors que la droite épouse, comme un planchiste habile, la vague du marché déferlant, le reformatage de l’homme en machine à consommer, la gauche peine à rester debout dans le tumulte de l’époque et marche à contre courant. Elle ne parvient pas à sortir du commentaire du monde pour incarner à nouveau le visage d’une solution d’espoir. Elle laisse indifférente.

Mais personne en particulier n’a la réponse, sinon cela se saurait. Personne ne pourra trouver à lui seul les solutions. Il n’y aura pas de sauveur bien entendu. Le passé n’offre aucun modèle à reproduire tel quel, même s’il nous fournit d’immenses perspectives de réflexion. Le communisme réel a échoué et il en est de même pour la social démocratie gradualiste.

Partout la gauche sincère sait qu’elle est en panne et cherche, dans le doute, en ayant renoncé à tout messiannisme et toute certitude historique. Elle sait que le meilleur des mondes est une idée morte, mais elle veut encore croire à un monde meilleur.

Elle cherche le feu. Elle sait qu’elle devra changer d’époque. Elle se demande même si elle ne doit pas renoncer à son langage, à en inventer un autre.

Les chercheurs de feu sont avant tout des gens d’action, de réconciliation de l’action et de la pensée. Bref de Praxis, d’expérimentation en pensant, de pensée en agissant. On ne peut pas pointer la crise de la démocratie et ne rien en faire, craindre le retour de la peste brune et ne rien en faire.

C’est pourquoi CASA NOVA ici dans notre coin du monde se veut une petite lueur dans une myriade d’initiatives d’expériences politiques, sociales, qui ne se résignent pas à voir disparaitre l’espoir d’un avenir d’égalité et de justice. Il y en a partout, à Lyon comme en Espagne, à New York comme en banlieue parisienne et à Istanbul. Partout.

Pour trouver le feu, tous cassent leurs habitudes. Ils essaient de pratiquer autrement. Ils s’y risquent. C’est ce que nous essayons sans aucune assurance.

La métropole toulousaine : une contrée idéale pour chercher le feu

Nous pouvons penser et agir là où nous vivons. Il se trouve que c’est à Toulouse. C’est un lieu propice pour y chercher le feu :

- C’est une métropole, de par son socle économique, placée au coeur des contradictions du mode de production qui est le nôtre, à travers la présence d’Airbus, principal fleuron industriel européen, en train de se dissoudre dans la mondialisation financière.

- C’est une ville qui est tombée dans les ornières du marché planificateur, imposant une organisation du territoire inadaptée aux aspirations humaines, développant la périurbanisation jusqu’à la caricature, les embouteillages polluants et l’imperium de la grande surface.

- C’est une ville ou se joue la grande et difficile contradiction entre solidarité et individualisme comme repli, comme l’ont montré les débats sur la densification urbaine ou le BHNS, le tramway ou la voiture individuelle, la dette zéro ou la dépense publique pour organiser la vie en commun.

-C’est une ville où la confiscation des enjeux communs par des monopoles privés a été portée de manière systématique, et va revenir de plein fouet avec la nouvelle droite au capitole, bientôt dans les transports.

-C’est une ville du savoir, où la question de l’irruption de citoyens hautement formés et éduqués dans l’arène démocratique, peut se poser crûment.

- C’est une ville qui doit sa réussite à l’action publique, depuis le début du XXème siècle, influençant fortement nos cultures sociales, et qui est donc fortement menacée par l’affaiblissement des services publics et de l’action politique.

Sa ville centre est contradictoire, libertaire et rebelle, épicentre des grands mouvements sociaux, et pourtant désormais dirigée par une droite caricaturalement rétrograde. C’est une ville douce et parfois violente, qui crée des joyaux culturels et des desperados jihadistes.

Au cœur de ces contradictions, les chercheurs de feu ont du travail.

Apporter une étincelle ici et maintenant

Nous savons que partout il y a des chercheurs de feu, et nous voulons en être. Nous avons donc décidé d’essayer de mettre de côté le passé, de ne rien exiger les uns des autres, si ce n’est de respecter notre projet. Nous avons décidé de passer outre les questions de pouvoir qui rongent les pratiques classiques, d’où l’anonymat comme solution radicale, pour construire ce projet.

Nous appelons tous les citoyens de gauche de transformation sociale à prendre au pied de la lettre ce qu’ils disent à l’occasion de chaque soirée électorale : « rien ne sera plus comme avant, nous le promettons ». Il ne s’agit plus de le promettre mais de passer aux actes. C’est ce que nous voulons favoriser et aider.

Sous toutes les formes que vous trouverez, dans une coopérative une association ou un vieux Parti à révolutionner, dans un quartier ou une copropriété, devenez tous des chercheurs de feu !

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La droite toulousaine invente la prime à la pollution

- « Messieurs Moudenc et Lattes, dessinez-moi une ville et une métropole. »
- « Hé bien nous allons commencer par rajouter des voitures ici et là. »

Voilà en quelques mots le dialogue que le Petit Prince aurait pu avoir avec le Président de Toulouse Métropole-Maire de Toulouse et le président du SMTC Tisséo.
Un dialogue qui n’est pas si éloigné de la réalité tant les premières annonces ou décisions en matière de mobilités se font en faveur de la voiture individuelle et au détriment d’une politique ambitieuse de transports en commun pour notre ville et notre métropole.

Jean-Luc Moudenc semble donc limiter son ambition transport à une 3ème ligne de métro (pour 2024 !!!) et sa «fausse» 2ème rocade (nous y reviendrons dans un prochain texte, tant ce dossier mérite un développement particulier).

L’arrêt de la subvention pour l’achat d’un VAE.

Cette aide fut mise en place en 2012. Environ 1500 habitant-es de la métropole y ont eu recours pour un montant moyen de 230 € par personne et un budget global de 350 000 €.

L’arrêt de cette aide est un coup dur porté à la réduction de l’utilisation de la voiture individuelle sur des courts trajets (moins de 5kms) qui représente tout de même 40% des déplacements sur notre métropole.
Là ou la plus part des grandes villes (dont certaines de droites comme Bordeaux et Nice) font le choix de maintenir, voire de renforcer cette aide, la métropole fait un choix inverse. Cette décision dogmatique du Maire-président place Toulouse au ban des villes modernes qui ont compris l’intérêt de ce genre de déplacements. Quand le prix moyen de vélos à assistante électrique se situe entre 700 et 1000 euros qui à votre avis aura encore les moyens de se payer un tel vélo ?

La LMSE

Depuis son ouverture, ce sont plus de 400 bus qui circulent via cette LMSE dont 1 bus toutes les 4 minutes en moyenne en période de pointe.

C’est donc une liaison nécessaire qui ne doit pas être dégradée par l’ouverture aux voitures. En effet si cette annonce se concrétise, la voie n’étant plus spécifiquement réservée aux bus, ceux-ci circuleront en moindre nombre, avec une moindre régularité et moins rapidement.

En outre, l’ouverture d’une voie à des voitures ne fluidifie pas le trafic mais provoque un effet «aspirateur» à voiture en incitant les gens à prendre leur véhicule personnel et non un transport collectif… un bel engorgement en prévision sur le sud-est de l’agglomération avec les effets que nous connaissons sur la pollution de l’air.
La priorité n’est-elle pas plutôt sur cette partie du territoire de compléter cette LMSE réservée au bus et modes doux par une prolongation de la ligne B du métro jusqu’à Labège ?

Là encore se dessine doucement la ligne politique de la mairie en matière de déplacements, faire entrer Toulouse de plain-pied…dans les années 1980.

Augmentation des tarifs Tisséo

Commençons par préciser que Messieurs Moudenc et Lattes ne sont pas les seuls à prendre des décisions totalement iniques. En effet, le gouvernement proposa en 2013 une hausse de TVA sur certains secteurs notamment les transports collectifs.
Pour Tisséo, cela représente une perte de 2,1 millions d’euros pour un budget global de prés de 600 millions d’euros.
Cette hausse a pris effet au 1er janvier 2014 et certaines collectivités l’ont répercutée sur les prix des transports. Pour notre territoire, le comité syndical de Tisséo a voté le 9 juillet une délibération qui va donc provoquer la hausse de l’abonnement, la hausse du prix du ticket navette pour l’aéroport, la hausse du ticket aller-retour dans la journée ainsi qu’une hausse du prix du Ticket 10 déplacements à partir du 1er septembre.

De son côté le prix du ticket unique ne change pas, tout comme la gratuité pour les + de 65 ans et les tarifs jeunes.

Les personnes sanctionnées seront donc celles qui font un usage régulier des transports collectifs notamment dans leur liaison domicile-travail.

Pour nous, cette hausse de TVA aurait pu être l’occasion de mettre en place une tarification solidaire comme à Strasbourg, Grenoble qui prenne en compte les revenus des usagers en transport en commun.

Ne peut-on pas également étudier progressivement la possibilité de la gratuité des transports en communs comme à Aubagne, Châteauroux ? Cette gratuité pouvant être à terme un objectif une fois que le réseau sera accessible à la grande majorité des habitant-es de la métropole.

Comment trouver normal qu’à revenus égaux on ne paie pas le même prix dans les transports en commun ?

Il ne s’agit pas ici de stigmatiser le 3ème âge mais cette gratuité induit une profonde inégalité. Est-il normal qu’une personne ayant une confortable retraite ne paie pas les transports en commun ? Est-il normal qu’à revenu égal les personnes à la retraite ne paient pas alors qu’un salarié paie les transports ? Est-il normal qu’une personne à la retraite ne paie pas les transports alors qu’un étudiant (à la situation économique souvent précaire) débourse 10 € tous les mois ?
Les tarifs de Tisséo sont à revoir, cela semble être une évidence, mais pas dans le sens prôné par M. Moudenc ; mais dans celui d’une plus grande équité entre les usagers.

L’augmentation de la TVA fut contre-productive pour les transports en commun, le comité syndical Tisséo a décidé d’amplifier cette décision.

Tarifs de nuit dans les parkings

Et pour achever cette logique de prépondérance donnée à la voiture dans la ville, M. le Maire a annoncé la négociation avec Vinci afin de remettre en place le tarif de nuit dans les parkings avec cet argument : «le centre ville de Toulouse se vide de plus en plus le soir».

Passons sur cet argument irrecevable pour toute personne fréquentant le centre ville après 21 heures, passons sur le fait que même s’il y avait une baisse de la fréquentation (ce dont nous doutons) elle pourrait être aussi la cause des difficultés financières de nos compatriotes, et attardons-nous sur la mesure en elle même.

M. Moudenc couple deux décisions : il augmente les tarifs des transports en commun et il baisse le prix des parkings !!

Vous aussi, demandez votre carte Gold !
Vous aussi, demandez votre carte Gold !

Vous l’avez compris, M. Moudenc fait tout pour faire en sorte que les gens viennent en voiture en centre ville alors que l’offre de transports en commun de nuit s’est fortement développée : Linéo 16, Noctambus, Métro jusqu’à 3 heures du matin à partir de novembre (une bonne décision récente du Maire se cache dans cette liste).
Enfin, un petit point pour nos lecteurs et lectrices qui penseraient que ce prix du tarif de nuit est un cadeau de Vinci aux Toulousain-es : cette décision va impliquer le versement d’une subvention de 600 000 €/an par la collectivité à la petite entreprise locale Vinci

Et oui, avec cette mesure ce sont vos impôts qui partent dans les poches de la start up Vinci. A l’heure où la gestion des deniers publics doit être exemplaire, voilà un cadeau bien inopportun de M. le Maire à ses amis.
Cher cycliste, cher utilisateur et utilisatrice des transports en commun, tu l’as compris, M. le Maire ne veut pas de toi.

Il rêve d’une ville où la voiture est reine, où on peut se garer n’importe où en centre ville.

Alors CASA NOVA a décidé d’aider M. le Maire dans cette logique.

M le Maire pourquoi ne pas autoriser les voitures à se garer de nouveau sur la place du Capitole comme cela était le cas il y a quelques dizaines d’années ? M. le Maire pourquoi ne pas détourner le Canal du Midi (comme envisagé dans les années 70) afin de pouvoir faire de nouvelles voies de circulation à la place ? M. le Maire pourquoi ne pas rendre la rue Alsace Lorraine aux voitures ?

Avec ces mesures, vous assumerez enfin vos ambitions pour notre ville, Toulouse la rose deviendra ainsi Toulouse la grise, comme la pollution qui la recouvrira, comme la carte de la même couleur que vous semblez tant apprécier !

 

 

Daft Punk Casa Nova Toulouse Metropole

« Tu sais, toi, qui est derrière Casa Nova ? »

Comme nous pensions l’avoir suffisamment expliqué ici, nous sommes un groupe de citoyennes et de citoyens de la métropole toulousaine farouchement attaché-es à défendre les valeurs progressistes d’une gauche assumée : non social-libérale, anti-productiviste et écologiste. Nous nous sommes réuni-es depuis quelques semaines et nous nous sommes mis-es au travail, par-delà la diversité de nos horizons associatifs, militants, professionnels, ou plutôt riches de ces différences.

La question des chapelles qui semble occuper les esprits depuis 48 heures ne nous intéresse pas.

Au contraire, ce qui nous intéresse aujourd’hui, dans un contexte mouvant où tous les repères s’écroulent, c’est de contribuer à dessiner la silhouette d’un engagement original, ouvert à toutes et tous, loin, très loin des cadres partisans classiques ; un engagement qui suscite du désir, de l’envie et de l’enthousiasme pour la chose publique. Un engagement exigeant ou accessible, total ou circonstancié.
Nous voulons apporter notre contribution au débat public et au combat politique en empruntant une voie originale : celle du fond, de l’analyse, de la pensée sans préjugés. L’anonymat est ancré dans les luttes, c’est aussi une forme historique de militance.

C’est la raison pour laquelle nous allons continuer de décevoir toutes celles et ceux, très nombreux, qui nous questionnent et cherchent à savoir à tout prix « qui est derrière Casa Nova ».

Savoir qui est derrière Casa Nova est-il important ? Est-ce nécessaire pour exprimer accord ou désaccord, venir amender nos productions ou porter la contradiction ?

Qui a besoin d’une autorisation pour penser ou pour s’exprimer ?
Pas nous en tous cas.

Vous adorez Fauve et Daft Punk.
Vous adorerez Casa Nova !

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Retour sur la défaite à Toulouse – Municipales 2014

Groupe d’action et de réflexion de la Métropole toulousaine s’inscrivant dans le mouvement de refondation de la gauche, Casa Nova vous livre quelques pistes de réflexion au sujet de la défaite des Municipales de Mars 2014.

Retour sur la défaite de la gauche locale

Nous partons donc d’une défaite, celle de la perte du Capitole et de la Présidence de la Métropole par une gauche pourtant en situation favorable en ce territoire.
Cette défaite nous a attristé-es. Plus : accablé-es.
La gauche avait attendu quarante ans pour emporter Toulouse et l’agglomération. Elle a mis six ans pour la perdre, après avoir pourtant réalisé de vraies avancées. D’autres communes et non des moindres, comme Balma, St Orens, Cugnaux, ont également été perdues.

Une défaite est toujours multi-causale. Mais c’est patent : elle est ici d’abord et avant tout le résultat d’une situation politique générale, comme l’ont confirmé les élections européennes suivantes.
C’est justement parce que le vote progressiste était politiquement puissant à Toulouse que la Mairie, clé politique de l’agglomération, était d’autant plus vulnérable à un échec gouvernemental. D’autant plus vulnérable que le socle sur lequel la gauche toulousaine l’avait emporté voilà six ans n’avait pas été consolidé.

La victoire de 2008 n’a pas été consolidée

En 2008, la victoire de la gauche fut avant tout une victoire obtenue, de très peu, dans le mouvement d’une mal nommée vague rose, qu’on aurait dû appeler « décrue bleue ». La campagne fut atone, sans passion, la droite n’assumant pas dans cette ville un discours réactionnaire. Un facteur décisif de la victoire fut cette idée, importante, selon laquelle la victoire de la gauche à Toulouse permettrait d’unifier l’action des trois grandes collectivités municipale, départementale et régionale. « Ils travailleront ensemble comme ça » entendait-on dire. Cette promesse a-t-elle été tenue ? Rien n’est moins sûr. En tout cas, cela n’a pas été perceptible publiquement.

Dans une ville qui vote alors à la présidentielle à 57 % pour Ségolène Royal, alors qu’au plan national sa défaite fut très nette, et sous un gouvernement Sarkozy déjà impopulaire en 2008, la victoire de la gauche unie toulousaine, à 50, 5 %, n’était pas une performance spectaculaire.

A cette époque, l’analyse qui prévalut fut qu’il était bien difficile de reprendre à la droite une ville dirigée depuis quarante ans : de lourds facteurs de résistance avaient ainsi freiné la victoire et limité son ampleur.
Certes. Mais la réflexion suivante devait porter sur les moyens de consolider cette victoire fragile. Cette réflexion semble ne jamais avoir eu lieu. Une des raisons est qu’il n’existe aucun cadre pour qu’elle se déroule. Elle n’a pas eu lieu parce que le pouvoir en France est vertical, calqué sur la logique de la monarchie républicaine de la Vème République.

Une défaite à forte teneur nationale, fruit de la crise de la gauche

Pour expliquer la défaite, en 2014, chacun avance des causes. Déjà est-il nécessaire de considérer que la question n’est pas de de trouver « la » cause, comme évoqué plus haut.

La défaite a frappé toute la gauche, partout en France. Limoges l’imperdable a été perdue, violemment. 155 villes de plus de 10 000 habitants ont été perdues par la gauche, ce qui est une saignée sans comparaison. La lame passait par Toulouse.

Le signe en est l’abstention. La progression en voix de la droite a été modeste en 2014, à peine proportionnelle à la croissance de la population. Quant à la gauche, elle s’effondre en voix. C’est toute une partie de l’électorat ayant voté à gauche ces dernières années qui n’est tout simplement pas venue. Signal alarmant aussi du vote des jeunes, totalement démobilisés dans une ville qui a pourtant fait tellement pour eux : Les ¾ des moins de 30 ans inscrits sur les listes électorales n’ont pas voté. Quant à celles et ceux qui se sont acquitté de leur devoir citoyen, il semble fort probable qu’une proportion importante se soit portée sur le vote FN.

Pourquoi cet électorat serait-il venu voter ?
Ce même électorat a chassé voici deux ans Nicolas Sarkozy, pour trouver à sa place un gouvernement qui approfondit la politique précédente, continuant à obtenir les mêmes résultats lamentables : chômage, désindustrialisation, précarité, inégalités, pertes de pouvoir d’achat, érosion du niveau de vie de la majorité de la population, difficultés majeures de logement. Quel poids représentent devant cette réalité le tarif jeune du métro, la réussite de la rue Alsace et autres et nombreuses réalisations ?

Trois mois avant le scrutin, un sondage donne la gauche gagnante à 57 %. On a ainsi beaucoup glosé sur l’absence de fiabilité des sondages. Sans doute a-t-on raison de le faire.
Mais on doit s’interroger aussi sur ce que cette chute rapide signifie. Lorsque le sondage est réalisé, le moment politique n’est pas cristallisé, les gens ont d’autres considérations. Ainsi expriment-ils, simplement, leur avis sur « la bonne gestion » de la ville. Leur regard est relativement positif. Le tramway c’est bien. L’hypercentre c’est bien. Des « choses » se font…
Puis le moment politique va naître. Alors, comme le disent d’ailleurs les instituts de sondage, les Français-es se saisissent de ce moment pour exprimer leur rejet de la manière dont ils sont traités par leurs gouvernants. Ils le font comme en 2004 ou en 2008.

L’échec du gouvernement de la gauche est donc de loin le premier facteur de la défaite. Évidemment on doit analyser son échec même dans son contexte général : l’effondrement historique de la social-démocratie en Europe.

L’hégémonie de droite étend son emprise, politiquement et culturellement.

Comment la gauche toulousaine pouvait-elle faire approuver son programme de densification, simplement vital pour nos territoires, alors que l’on ne supporte que difficilement son voisin ? Comment faire comprendre qu’on met des années à couvrir des besoins, quand chacun réclame sa satisfaction personnelle immédiate ? Comment faire accepter que pour permettre de se déplacer on doive réaliser des changements et renoncer au confort illusoire de la voiture, qui de toute façon ne sera plus tenable ? Alors que l’égoïsme est cultivé de mille façons par un bombardement d’images et de signes.

Le moment est de droite, parce que la peur l’emporte alors que nous sommes au confluent de crises majeures. Mais aussi parce que la gauche a renoncé depuis des années.
Parce que non seulement elle a perdu le combat idéologique, mais elle a participé activement à développer le surmoi libéral. Lorsque localement la gauche essaie de déployer un programme de solidarité elle se heurte aux structures mentales d’une société du chacun pour soi, que ses dirigeants ont contribué à ancrer.

Sans une gauche capable de proposer une issue nette à l’impasse de notre modèle de société, l’action locale se heurte nécessairement aux verrous culturels et idéologiques qui défendent cette société.

Le poison de la division

En 2014 en outre, la gauche toulousaine est allée à la bataille locale dans des conditions calamiteuses. La division est toujours, quoi qu’on en dise la pire des solutions.
Elle disperse, elle rend illisible, elle crée du conflit interne et le met en scène. Elle dilapide l’énergie et la communication. Elle aboutit à une situation où la droite est en tête et redouble d’énergie. La leçon de 2001 n’a pas été retenue, ce qui en dit long sur l’absence de transmission de ce qu’on appelait « la mémoire des luttes »... Qui est responsable de ces divisions ? Sans doute tout le monde. En face, en revanche, l’unité était de mise. La gauche sortante eut affaire à un bloc, en apparence du moins, tant l’agrégat de toutes les forces conservatrices de l’opposition en fait un attelage improbable qui montrera bientôt ses limites.

La division d’un côté, le bloc de tous les conservatismes de l’autre

Jamais la droite n’a été autant mobilisée sur le terrain et de loin. Cela était dû à la radicalisation de sa base, toujours de mise sous un gouvernement de gauche jugé illégitime (« nos employés gouvernent, c’est insupportable » semble-t-elle penser), sentiment exacerbé par l’échec gouvernemental évident et ce, malgré une politique droitière.
Une droite forte aussi grâce au syncrétisme irresponsable réalisé entre islam (voire islamisme) et catholicisme traditionnel en cristallisant les haines autour du symbole du mariage pour tous notamment. Le tout, assaisonné d’un clientélisme grossier qui ramène l’action politique à des temps qui semblaient révolus, ici, à Toulouse, 4ème ville de France.

Face à cette tornade, l’enthousiasme n’était pas à la hauteur, même si la gauche a milité aussi. Des franges entières du militantisme toulousain de gauche sont restées en dehors du combat, à cause de la division ajoutée à la désespérance politique. Cette fois-ci, la gauche antilibérale s’est tenue en dehors du second tour, refusant de donner une quelconque consigne de vote.

Faire campagne autrement ?

Quand la droite parle aux passions tristes, la gauche en appelle à la raison et à la conscience de nos interdépendances. Le discours de gauche a besoin de temps. Si la droite est à son aise dans un débat de court terme où il s’agit d’appuyer sur des pulsions, la gauche ne l’est pas.

Ainsi la distribution de journaux de campagne, qui plus est sans démarche pensée (on distribue sans dialoguer, et on « boite »), ni stratégie territoriale ou sociologique, ne suffit pas. Ni l’enfermement dans les réseaux sociaux de gauche. Ni les réunions où viennent les convaincus du premier rang et où l’on perd son temps dans l’entre-soi. La campagne de gauche avait besoin de temps, d’années, de longues conversations permanentes avec les Toulousaines et les Toulousains autour de l’action de la municipalité. Elle commençait en 2008.

Un agir communicationnel défaillant

Les fruits amers d’un développement rapide de la métropole, non assumé ni expliqué.

La défaite fut aussi la résultante de causes structurelles profondes qui échappent largement aux acteurs locaux.

En premier lieu, le Maire de Toulouse a dû affronter une difficulté majeure : l’afflux de population. Cet afflux a consisté et consistera pour la droite un défi immense, et impensé.

Les réalisations de la gauche, nombreuses, ont été digérées rapidement par l’afflux démographique. Dans une situation autre, de stagnation, la Ville aurait amélioré beaucoup plus significativement les conditions de vie, et la perception des avancées aurait été conséquente.

Le reproche qui peut être fait, c’est de ne pas avoir dit cela assez clairement aux Toulousaines et aux Toulousains. La ville croît, parce qu’elle est attractive et que le bassin d’emploi est créateur; mais nous devons collectivement, nous habitant-es, en assumer les conséquences. Les Toulousain-es vivent encore dans l’état d’esprit de la ville en suspens des mandats Baudis.

L’agir communicationnel

On parvient ainsi à la question de la communication, tant décriée sous ce mandat municipal. Avec raison. Le Maire de gauche n’a pas voulu communiquer. Il l’a assumé. La non communication peut être une communication, mais alors elle se met en scène, cela n’a pas été le cas.

Le Maire a semble-t-il considéré que les réalisations parleraient d’elles-mêmes. En cela il a sous-estimé ce qu’est une civilisation spectaculaire marchande où tout parait se réaliser d’un coup de baguette magique.

Il a sous-estimé sans doute le fait qu’une grande ville se gère à travers un rapport à l’opinion publique, contrairement à une petite commune où chacun a un rapport charnel avec le territoire. Gouverner une métropole c’est parler aussi, expliquer ce qu’on réalise, inlassablement, lui donner un sens. Ce que la gauche parisienne a réalisé sous son premier mandat, se donnant ainsi la possibilité de travailler durablement.

L’action municipale est indissociable de sa communication. C’est ainsi que pendant un premier mandat il apparait essentiel de ramasser ses priorités. Là aussi cela n’a pas été le cas. Des myriades de bonnes idées ont été appliquées, mais qui peut les synthétiser intellectuellement dans la population ?

Il aurait été indispensable de concentrer les actions, afin de donner un sens immédiat à la différence entre droite et gauche municipale.

Un exemple patent en est la politique de la ville dans les quartiers populaires. Lorsque la gauche a fait campagne elle a été dans l’incapacité totale de produire un argumentaire, non parce qu’elle n’avait pas agi -elle l’a fait – mais parce que son action multiforme, dispersée bien que très utile, n’a pas été lisible pour les habitant-es. Se concentrer sur des projets peu nombreux mais décisifs en matière d’emploi par exemple, aurait été très parlant, et de surcroit mobilisateur et encourageant pour les acteurs de ces quartiers. On pourrait aussi parler du secteur de la culture pour développer la même analyse.

Qu’est-ce qu’être un élu de gauche ? La question est encore à poser

Mais on doit aussi penser à l’équipe municipale.
L’équipe n’a pas pu pallier non plus l’absence de communication autour du maire, autour du candidat ensuite. La culture de la gauche politique est celle de la hiérarchie on le sait, et aucune figure n’est parvenue à se détacher au cours de ce mandat, ce qui est à comparer avec l’ère Baudis ou les grands lieutenants, tel un Jean Diebold, étaient très identifiés.
Qui n’a pas vu le Maire se déplacer dans une manifestation, disant bonjour aux gens, entouré des élus qui suivaient à la trace, sans oser aller au contact ? Ces images sont devenues classiques sous le mandat. Cette habitude de la démonstration collective hiérarchisée était symptomatique de tout un fonctionnement qui a touché ses limites.

Mais le problème est plus profond. Il tient à l’étroitesse des partis de gauche sur le plan sociologique. Il tient au mode de désignation fondé sur les quotas par sensibilité, qui ne tient absolument aucun compte de la capacité politique (politique et non pas technique) à mener ce rôle d’élu de grande ville. Il tient à l’affaissement de la culture politique dans les organisations de gauche.

Qu’est-ce qu’un-e élu-e ? Qu’est-ce qui le différencie d’un administratif ? Ces questions ne sont plus posées au sein de la gauche. On s’en arrête aux désignations. Le rôle d’un-e élu-e est-il d’être quotidiennement dans des réunions techniques, à commenter ? Ou est-il de décider et de converser avec la population, d’expliquer ? Cette démarche-là ne peut pas débuter deux mois avant une élection. Elle est rugueuse, ingrate, mais indispensable.

Le fait est que malgré leur travail, leur bonne volonté, leur implication, les élu-es n’ont pas réussi à créer un lien profond avec les Toulousain-es.

L’administration ainsi, a été largement indépendante pendant ce mandat. La gauche a fait le choix d’une gouvernance administrative unique pour la Ville et le projet métropolitain. Évidemment, la gouvernance est attirée par ce qui est enthousiasmant, innovant, qui en appelle au grandiose : le projet métropolitain, l’enjeu des lois de décentralisation. Pendant ce temps, le quotidien est délégué. Il n’est pas placé sous vigilance absolue. La transversalité des services est ignorée. Les signes donnés par la population sur la vie quotidienne sont mésestimés. Car il n’est pas valorisant pour la grande noblesse d’Etat que de s’en occuper.

Théoriquement, la mutualisation de la gouvernance entre Toulouse et sa métropole procède d’une conception juste. A l’épreuve du réel elle n’a pas résisté semble-t-il.

En particulier, certaines idées justes, comme la densification, se sont heurtées à des oppositions. Une équipe politique et administrative doit être capable de passer des compromis, de reculer, de créer des synthèses. Ce qui suppose une attention à des soucis prosaïques : les pétitions sur les parkings ou autres enjeux de ce type, comme la stagnation de préfabriqués. Cela a-t-il été le cas ? Pas assez peut-être.

Les limites d’une certaine conception du « participatif »

La Mairie de gauche a passé un temps important et dépensé beaucoup d’énergie dans la démocratie participative, en lui donnant un cadre extrêmement structuré, systématique. Cette méthode n’a pas payé. Elle s’est en tout cas révélée incapable d’entraîner et de mobiliser, ni d’élargir les soutiens de la gauche locale dans la population.

La démocratie participative doit veiller à ne pas déformer la perception du réel, or sa portée parfois étroite y condamne. En se transformant en information, la démocratie participative s’étiole. La consultation doit déboucher sur des réalisations et le lien entre les deux doit être souligné, démontré. Ces conditions ont-elles été remplies ? On peut en douter.

La fameuse démocratie participative, telle qu’elle est conçue, semble dépassée. Elle ne donne pas de place aux contre-pouvoirs, et s’épuise en délivrance d’informations, sans suite. La gauche ne fera pas l’économie, de toute façon, d’une remise en cause de la conception datée du politique, dont le participatif semble la dernière opération de chirurgie esthétique.

Et demain ?

Il est nécessaire, désormais, après plusieurs élections municipales, de constater combien la situation électorale locale est dépendante des aléas nationaux. Aussi bien lors des trois dernières élections.

Cela est dû à une certaine faiblesse des dispositifs politiques locaux, qui ne passionnent pas les foules, s’en remettant à d’autres considérants politiques, comme les questions politiques générales.

D’où vient-elle, cette faiblesse politique du débat local toulousain ?

On peut émettre une hypothèse : cette région a été privilégiée par l’Etat. Depuis le début du XXème siècle, elle n’a pas eu à se battre pour survivre. Elle n’a pas produit les élites politiques nécessaires à arracher les moyens de sa survie.

L’échec cinglant de la gauche toulousaine en appelle à une remise en cause profonde de l’action politique, et sans doute à un changement générationnel, dans le cadre d’une recomposition inévitable de la gauche française.

Commençons par le fond des questions. La vie des habitant-es. C’est d’abord la force d’analyse et de conviction que l’on doit retrouver, avant toute autre exigence. La droite locale n’a pas suscité de passion chez les Toulousain-es, elle n’a pas entrainé d’engouement des suffrages. Elle stagne. Elle va être confrontée elle aussi à la demande sociale forte, liée à l’afflux de population, et les recettes libérales rabougries ne peuvent pas y répondre.

La gauche a tout de suite son rôle à tenir dans l’opposition argumentée, dans l’éclairage des Toulousain-es, en se tenant auprès des secteurs de la société qui s’opposeront aux logiques régressives que laisse augurer le programme de Monsieur Moudenc et la composition de son équipe.

C’est maintenant que ça commence. CASA NOVA s’y emploiera.

Toulouse Métropole à Gauche