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Retour sur la défaite à Toulouse – Municipales 2014

Groupe d’action et de réflexion de la Métropole toulousaine s’inscrivant dans le mouvement de refondation de la gauche, Casa Nova vous livre quelques pistes de réflexion au sujet de la défaite des Municipales de Mars 2014.

Retour sur la défaite de la gauche locale

Nous partons donc d’une défaite, celle de la perte du Capitole et de la Présidence de la Métropole par une gauche pourtant en situation favorable en ce territoire.
Cette défaite nous a attristé-es. Plus : accablé-es.
La gauche avait attendu quarante ans pour emporter Toulouse et l’agglomération. Elle a mis six ans pour la perdre, après avoir pourtant réalisé de vraies avancées. D’autres communes et non des moindres, comme Balma, St Orens, Cugnaux, ont également été perdues.

Une défaite est toujours multi-causale. Mais c’est patent : elle est ici d’abord et avant tout le résultat d’une situation politique générale, comme l’ont confirmé les élections européennes suivantes.
C’est justement parce que le vote progressiste était politiquement puissant à Toulouse que la Mairie, clé politique de l’agglomération, était d’autant plus vulnérable à un échec gouvernemental. D’autant plus vulnérable que le socle sur lequel la gauche toulousaine l’avait emporté voilà six ans n’avait pas été consolidé.

La victoire de 2008 n’a pas été consolidée

En 2008, la victoire de la gauche fut avant tout une victoire obtenue, de très peu, dans le mouvement d’une mal nommée vague rose, qu’on aurait dû appeler « décrue bleue ». La campagne fut atone, sans passion, la droite n’assumant pas dans cette ville un discours réactionnaire. Un facteur décisif de la victoire fut cette idée, importante, selon laquelle la victoire de la gauche à Toulouse permettrait d’unifier l’action des trois grandes collectivités municipale, départementale et régionale. « Ils travailleront ensemble comme ça » entendait-on dire. Cette promesse a-t-elle été tenue ? Rien n’est moins sûr. En tout cas, cela n’a pas été perceptible publiquement.

Dans une ville qui vote alors à la présidentielle à 57 % pour Ségolène Royal, alors qu’au plan national sa défaite fut très nette, et sous un gouvernement Sarkozy déjà impopulaire en 2008, la victoire de la gauche unie toulousaine, à 50, 5 %, n’était pas une performance spectaculaire.

A cette époque, l’analyse qui prévalut fut qu’il était bien difficile de reprendre à la droite une ville dirigée depuis quarante ans : de lourds facteurs de résistance avaient ainsi freiné la victoire et limité son ampleur.
Certes. Mais la réflexion suivante devait porter sur les moyens de consolider cette victoire fragile. Cette réflexion semble ne jamais avoir eu lieu. Une des raisons est qu’il n’existe aucun cadre pour qu’elle se déroule. Elle n’a pas eu lieu parce que le pouvoir en France est vertical, calqué sur la logique de la monarchie républicaine de la Vème République.

Une défaite à forte teneur nationale, fruit de la crise de la gauche

Pour expliquer la défaite, en 2014, chacun avance des causes. Déjà est-il nécessaire de considérer que la question n’est pas de de trouver « la » cause, comme évoqué plus haut.

La défaite a frappé toute la gauche, partout en France. Limoges l’imperdable a été perdue, violemment. 155 villes de plus de 10 000 habitants ont été perdues par la gauche, ce qui est une saignée sans comparaison. La lame passait par Toulouse.

Le signe en est l’abstention. La progression en voix de la droite a été modeste en 2014, à peine proportionnelle à la croissance de la population. Quant à la gauche, elle s’effondre en voix. C’est toute une partie de l’électorat ayant voté à gauche ces dernières années qui n’est tout simplement pas venue. Signal alarmant aussi du vote des jeunes, totalement démobilisés dans une ville qui a pourtant fait tellement pour eux : Les ¾ des moins de 30 ans inscrits sur les listes électorales n’ont pas voté. Quant à celles et ceux qui se sont acquitté de leur devoir citoyen, il semble fort probable qu’une proportion importante se soit portée sur le vote FN.

Pourquoi cet électorat serait-il venu voter ?
Ce même électorat a chassé voici deux ans Nicolas Sarkozy, pour trouver à sa place un gouvernement qui approfondit la politique précédente, continuant à obtenir les mêmes résultats lamentables : chômage, désindustrialisation, précarité, inégalités, pertes de pouvoir d’achat, érosion du niveau de vie de la majorité de la population, difficultés majeures de logement. Quel poids représentent devant cette réalité le tarif jeune du métro, la réussite de la rue Alsace et autres et nombreuses réalisations ?

Trois mois avant le scrutin, un sondage donne la gauche gagnante à 57 %. On a ainsi beaucoup glosé sur l’absence de fiabilité des sondages. Sans doute a-t-on raison de le faire.
Mais on doit s’interroger aussi sur ce que cette chute rapide signifie. Lorsque le sondage est réalisé, le moment politique n’est pas cristallisé, les gens ont d’autres considérations. Ainsi expriment-ils, simplement, leur avis sur « la bonne gestion » de la ville. Leur regard est relativement positif. Le tramway c’est bien. L’hypercentre c’est bien. Des « choses » se font…
Puis le moment politique va naître. Alors, comme le disent d’ailleurs les instituts de sondage, les Français-es se saisissent de ce moment pour exprimer leur rejet de la manière dont ils sont traités par leurs gouvernants. Ils le font comme en 2004 ou en 2008.

L’échec du gouvernement de la gauche est donc de loin le premier facteur de la défaite. Évidemment on doit analyser son échec même dans son contexte général : l’effondrement historique de la social-démocratie en Europe.

L’hégémonie de droite étend son emprise, politiquement et culturellement.

Comment la gauche toulousaine pouvait-elle faire approuver son programme de densification, simplement vital pour nos territoires, alors que l’on ne supporte que difficilement son voisin ? Comment faire comprendre qu’on met des années à couvrir des besoins, quand chacun réclame sa satisfaction personnelle immédiate ? Comment faire accepter que pour permettre de se déplacer on doive réaliser des changements et renoncer au confort illusoire de la voiture, qui de toute façon ne sera plus tenable ? Alors que l’égoïsme est cultivé de mille façons par un bombardement d’images et de signes.

Le moment est de droite, parce que la peur l’emporte alors que nous sommes au confluent de crises majeures. Mais aussi parce que la gauche a renoncé depuis des années.
Parce que non seulement elle a perdu le combat idéologique, mais elle a participé activement à développer le surmoi libéral. Lorsque localement la gauche essaie de déployer un programme de solidarité elle se heurte aux structures mentales d’une société du chacun pour soi, que ses dirigeants ont contribué à ancrer.

Sans une gauche capable de proposer une issue nette à l’impasse de notre modèle de société, l’action locale se heurte nécessairement aux verrous culturels et idéologiques qui défendent cette société.

Le poison de la division

En 2014 en outre, la gauche toulousaine est allée à la bataille locale dans des conditions calamiteuses. La division est toujours, quoi qu’on en dise la pire des solutions.
Elle disperse, elle rend illisible, elle crée du conflit interne et le met en scène. Elle dilapide l’énergie et la communication. Elle aboutit à une situation où la droite est en tête et redouble d’énergie. La leçon de 2001 n’a pas été retenue, ce qui en dit long sur l’absence de transmission de ce qu’on appelait « la mémoire des luttes »... Qui est responsable de ces divisions ? Sans doute tout le monde. En face, en revanche, l’unité était de mise. La gauche sortante eut affaire à un bloc, en apparence du moins, tant l’agrégat de toutes les forces conservatrices de l’opposition en fait un attelage improbable qui montrera bientôt ses limites.

La division d’un côté, le bloc de tous les conservatismes de l’autre

Jamais la droite n’a été autant mobilisée sur le terrain et de loin. Cela était dû à la radicalisation de sa base, toujours de mise sous un gouvernement de gauche jugé illégitime (« nos employés gouvernent, c’est insupportable » semble-t-elle penser), sentiment exacerbé par l’échec gouvernemental évident et ce, malgré une politique droitière.
Une droite forte aussi grâce au syncrétisme irresponsable réalisé entre islam (voire islamisme) et catholicisme traditionnel en cristallisant les haines autour du symbole du mariage pour tous notamment. Le tout, assaisonné d’un clientélisme grossier qui ramène l’action politique à des temps qui semblaient révolus, ici, à Toulouse, 4ème ville de France.

Face à cette tornade, l’enthousiasme n’était pas à la hauteur, même si la gauche a milité aussi. Des franges entières du militantisme toulousain de gauche sont restées en dehors du combat, à cause de la division ajoutée à la désespérance politique. Cette fois-ci, la gauche antilibérale s’est tenue en dehors du second tour, refusant de donner une quelconque consigne de vote.

Faire campagne autrement ?

Quand la droite parle aux passions tristes, la gauche en appelle à la raison et à la conscience de nos interdépendances. Le discours de gauche a besoin de temps. Si la droite est à son aise dans un débat de court terme où il s’agit d’appuyer sur des pulsions, la gauche ne l’est pas.

Ainsi la distribution de journaux de campagne, qui plus est sans démarche pensée (on distribue sans dialoguer, et on « boite »), ni stratégie territoriale ou sociologique, ne suffit pas. Ni l’enfermement dans les réseaux sociaux de gauche. Ni les réunions où viennent les convaincus du premier rang et où l’on perd son temps dans l’entre-soi. La campagne de gauche avait besoin de temps, d’années, de longues conversations permanentes avec les Toulousaines et les Toulousains autour de l’action de la municipalité. Elle commençait en 2008.

Un agir communicationnel défaillant

Les fruits amers d’un développement rapide de la métropole, non assumé ni expliqué.

La défaite fut aussi la résultante de causes structurelles profondes qui échappent largement aux acteurs locaux.

En premier lieu, le Maire de Toulouse a dû affronter une difficulté majeure : l’afflux de population. Cet afflux a consisté et consistera pour la droite un défi immense, et impensé.

Les réalisations de la gauche, nombreuses, ont été digérées rapidement par l’afflux démographique. Dans une situation autre, de stagnation, la Ville aurait amélioré beaucoup plus significativement les conditions de vie, et la perception des avancées aurait été conséquente.

Le reproche qui peut être fait, c’est de ne pas avoir dit cela assez clairement aux Toulousaines et aux Toulousains. La ville croît, parce qu’elle est attractive et que le bassin d’emploi est créateur; mais nous devons collectivement, nous habitant-es, en assumer les conséquences. Les Toulousain-es vivent encore dans l’état d’esprit de la ville en suspens des mandats Baudis.

L’agir communicationnel

On parvient ainsi à la question de la communication, tant décriée sous ce mandat municipal. Avec raison. Le Maire de gauche n’a pas voulu communiquer. Il l’a assumé. La non communication peut être une communication, mais alors elle se met en scène, cela n’a pas été le cas.

Le Maire a semble-t-il considéré que les réalisations parleraient d’elles-mêmes. En cela il a sous-estimé ce qu’est une civilisation spectaculaire marchande où tout parait se réaliser d’un coup de baguette magique.

Il a sous-estimé sans doute le fait qu’une grande ville se gère à travers un rapport à l’opinion publique, contrairement à une petite commune où chacun a un rapport charnel avec le territoire. Gouverner une métropole c’est parler aussi, expliquer ce qu’on réalise, inlassablement, lui donner un sens. Ce que la gauche parisienne a réalisé sous son premier mandat, se donnant ainsi la possibilité de travailler durablement.

L’action municipale est indissociable de sa communication. C’est ainsi que pendant un premier mandat il apparait essentiel de ramasser ses priorités. Là aussi cela n’a pas été le cas. Des myriades de bonnes idées ont été appliquées, mais qui peut les synthétiser intellectuellement dans la population ?

Il aurait été indispensable de concentrer les actions, afin de donner un sens immédiat à la différence entre droite et gauche municipale.

Un exemple patent en est la politique de la ville dans les quartiers populaires. Lorsque la gauche a fait campagne elle a été dans l’incapacité totale de produire un argumentaire, non parce qu’elle n’avait pas agi -elle l’a fait – mais parce que son action multiforme, dispersée bien que très utile, n’a pas été lisible pour les habitant-es. Se concentrer sur des projets peu nombreux mais décisifs en matière d’emploi par exemple, aurait été très parlant, et de surcroit mobilisateur et encourageant pour les acteurs de ces quartiers. On pourrait aussi parler du secteur de la culture pour développer la même analyse.

Qu’est-ce qu’être un élu de gauche ? La question est encore à poser

Mais on doit aussi penser à l’équipe municipale.
L’équipe n’a pas pu pallier non plus l’absence de communication autour du maire, autour du candidat ensuite. La culture de la gauche politique est celle de la hiérarchie on le sait, et aucune figure n’est parvenue à se détacher au cours de ce mandat, ce qui est à comparer avec l’ère Baudis ou les grands lieutenants, tel un Jean Diebold, étaient très identifiés.
Qui n’a pas vu le Maire se déplacer dans une manifestation, disant bonjour aux gens, entouré des élus qui suivaient à la trace, sans oser aller au contact ? Ces images sont devenues classiques sous le mandat. Cette habitude de la démonstration collective hiérarchisée était symptomatique de tout un fonctionnement qui a touché ses limites.

Mais le problème est plus profond. Il tient à l’étroitesse des partis de gauche sur le plan sociologique. Il tient au mode de désignation fondé sur les quotas par sensibilité, qui ne tient absolument aucun compte de la capacité politique (politique et non pas technique) à mener ce rôle d’élu de grande ville. Il tient à l’affaissement de la culture politique dans les organisations de gauche.

Qu’est-ce qu’un-e élu-e ? Qu’est-ce qui le différencie d’un administratif ? Ces questions ne sont plus posées au sein de la gauche. On s’en arrête aux désignations. Le rôle d’un-e élu-e est-il d’être quotidiennement dans des réunions techniques, à commenter ? Ou est-il de décider et de converser avec la population, d’expliquer ? Cette démarche-là ne peut pas débuter deux mois avant une élection. Elle est rugueuse, ingrate, mais indispensable.

Le fait est que malgré leur travail, leur bonne volonté, leur implication, les élu-es n’ont pas réussi à créer un lien profond avec les Toulousain-es.

L’administration ainsi, a été largement indépendante pendant ce mandat. La gauche a fait le choix d’une gouvernance administrative unique pour la Ville et le projet métropolitain. Évidemment, la gouvernance est attirée par ce qui est enthousiasmant, innovant, qui en appelle au grandiose : le projet métropolitain, l’enjeu des lois de décentralisation. Pendant ce temps, le quotidien est délégué. Il n’est pas placé sous vigilance absolue. La transversalité des services est ignorée. Les signes donnés par la population sur la vie quotidienne sont mésestimés. Car il n’est pas valorisant pour la grande noblesse d’Etat que de s’en occuper.

Théoriquement, la mutualisation de la gouvernance entre Toulouse et sa métropole procède d’une conception juste. A l’épreuve du réel elle n’a pas résisté semble-t-il.

En particulier, certaines idées justes, comme la densification, se sont heurtées à des oppositions. Une équipe politique et administrative doit être capable de passer des compromis, de reculer, de créer des synthèses. Ce qui suppose une attention à des soucis prosaïques : les pétitions sur les parkings ou autres enjeux de ce type, comme la stagnation de préfabriqués. Cela a-t-il été le cas ? Pas assez peut-être.

Les limites d’une certaine conception du « participatif »

La Mairie de gauche a passé un temps important et dépensé beaucoup d’énergie dans la démocratie participative, en lui donnant un cadre extrêmement structuré, systématique. Cette méthode n’a pas payé. Elle s’est en tout cas révélée incapable d’entraîner et de mobiliser, ni d’élargir les soutiens de la gauche locale dans la population.

La démocratie participative doit veiller à ne pas déformer la perception du réel, or sa portée parfois étroite y condamne. En se transformant en information, la démocratie participative s’étiole. La consultation doit déboucher sur des réalisations et le lien entre les deux doit être souligné, démontré. Ces conditions ont-elles été remplies ? On peut en douter.

La fameuse démocratie participative, telle qu’elle est conçue, semble dépassée. Elle ne donne pas de place aux contre-pouvoirs, et s’épuise en délivrance d’informations, sans suite. La gauche ne fera pas l’économie, de toute façon, d’une remise en cause de la conception datée du politique, dont le participatif semble la dernière opération de chirurgie esthétique.

Et demain ?

Il est nécessaire, désormais, après plusieurs élections municipales, de constater combien la situation électorale locale est dépendante des aléas nationaux. Aussi bien lors des trois dernières élections.

Cela est dû à une certaine faiblesse des dispositifs politiques locaux, qui ne passionnent pas les foules, s’en remettant à d’autres considérants politiques, comme les questions politiques générales.

D’où vient-elle, cette faiblesse politique du débat local toulousain ?

On peut émettre une hypothèse : cette région a été privilégiée par l’Etat. Depuis le début du XXème siècle, elle n’a pas eu à se battre pour survivre. Elle n’a pas produit les élites politiques nécessaires à arracher les moyens de sa survie.

L’échec cinglant de la gauche toulousaine en appelle à une remise en cause profonde de l’action politique, et sans doute à un changement générationnel, dans le cadre d’une recomposition inévitable de la gauche française.

Commençons par le fond des questions. La vie des habitant-es. C’est d’abord la force d’analyse et de conviction que l’on doit retrouver, avant toute autre exigence. La droite locale n’a pas suscité de passion chez les Toulousain-es, elle n’a pas entrainé d’engouement des suffrages. Elle stagne. Elle va être confrontée elle aussi à la demande sociale forte, liée à l’afflux de population, et les recettes libérales rabougries ne peuvent pas y répondre.

La gauche a tout de suite son rôle à tenir dans l’opposition argumentée, dans l’éclairage des Toulousain-es, en se tenant auprès des secteurs de la société qui s’opposeront aux logiques régressives que laisse augurer le programme de Monsieur Moudenc et la composition de son équipe.

C’est maintenant que ça commence. CASA NOVA s’y emploiera.

Casa Nova

Casa Nova : Toulouse Métropole à gauche

Nous, citoyennes et citoyens de la métropole toulousaine, lucides sur nos responsabilités d’habitant-es d’une grande agglomération fortement insérée dans la mondialisation, nous avons des opinions et des expériences diverses.

Mais nous avons un point commun : nous situer dans la philosophie de la gauche.

  • Nous souhaitons combattre les mécanismes de domination et de reproduction des inégalités.
  • Nous portons un regard critique sur le modèle économique régnant et nous voulons contrecarrer ses effets catastrophiques sur notre environnement
  • Nous considérons qu’une démocratie refondée doit être l’horizon ultime de notre société ; nous refusons la confiscation du pouvoir par les oligarchies politiques et financières.
  • Nous contestons la transformation du monde en marchandise et de l’être humain en consommateur, simple variable d’ajustement du marché.

Ensemble, nous pensons qu’il existe d’autres manières de considérer la vie sociale que celle qui prévaut à travers l’ordre, ou plutôt le désordre, établi.

Nous sommes ainsi en désaccord assumé avec l’orientation de la politique gouvernementale et pensons qu’un vaste mouvement de refondation de la gauche est nécessaire, autant qu’urgent.

Nous espérons, vivant ici, dans cette métropole, et en nous réunissant autour d’un travail tangible, décloisonné et sans a priori sur les parcours des uns et des autres, contribuer parmi tant d’autres expériences à ce renouveau, dans une France où le fascisme est capable de réaliser aux élections européennes le double des voix du premier parti de gauche.

Le local et le global n’ont pas à être opposés. Ils sont enchâssés indéfectiblement.

La vie urbaine, carrefour où viennent se percuter tant de logiques du monde, de différences sociales, de fonctions et de cultures, est à la fois un lieu privilégié de compréhension, de lutte, et d’expérimentation.
C’est dans l’action locale, la confrontation locale avec les tendances mortifères du modèle économique actuel, que l’espoir d’un monde différent, plus humain, peut prendre corps et nous conduire à retrouver le goût du collectif et de l’engagement. Cette action locale n’est pas réductible à une proximité apolitique. Au contraire, elle est à nos yeux étroitement connectée à une pensée du monde en devenir.

Nous nous sommes ainsi rassemblé-es pour créer le Groupe d’action et de réflexion « Casa Nova ».
Notre projet n’est lié à aucune organisation existante, ne couvre aucune ambition personnelle déguisée. Il est toutefois conscient de la nécessité pour la gauche, ici comme ailleurs, de se recomposer pour transcender ses immenses difficultés actuelles, d’apprendre à vivre autrement la politique pour retrouver le chemin des consciences.

Casa Nova est décidée à analyser la vie de notre métropole toulousaine, à proposer une contre-expertise et un arsenal critique, à fournir de l’intelligence collective progressiste face à l’action déjà rétrograde de la droite conservatrice métropolitaine.

Face à une droite qui veut diviser artificiellement les populations, stigmatiser les plus vulnérables, attiser les peurs et les ressentiments, nous avons besoin d’une contre-culture locale.

Nous voulons ainsi, patiemment et sérieusement, préparer au long cours les conditions intellectuelles et pratiques d’un projet nouveau, solidaire et démocratique, pour cette grande agglomération que nous aimons.

Le nom de notre groupe est dédié à Danielle Casanova, grande résistante, dont une rue de Toulouse porte le nom et où notre projet a été évoqué pour la première fois. Nous nous référons ainsi aux « jours heureux » du Conseil National de la Résistance et à ses réalisations que le néolibéralisme s’évertue à détruire.

C’est aussi une référence féministe assumée. Et une formule qui évoque la ville de demain, imaginée, rêvée.
C’est enfin un signe de notre reconnaissance à la République espagnole, si marquante à Toulouse, et à l’identité toulousaine de cité du Sud, ouverte, cosmopolite.

Nous vous proposons, pour commencer, une analyse de la défaite de la gauche lors des dernières élections municipales du 31 mars 2014.

 

 

Toulouse Métropole à Gauche