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Palanca : « boîte à outils du développement durable »

 « Penser et agir »:

Dans sa première année d’existence Casa Nova s’est faite connaître par un travail de réflexion politique et d’écriture d’articles relatifs à l’actualité métropolitaine, régionale et nationale : le nombre et la qualité de nos lecteurs nous conforte dans la nécessité de continuer ce travail en lien avec l’actualité.  
Pour autant nous ne souhaitons pas nous limiter à ce rôle de veille et d’analyse. Nous avons une ambition politique claire : préparer ce qui doit succéder à la vie démocratique centrée autour des partis, préparer à gauche ce qui doit succéder à la sociale-démocratie libéralisée.
Casa Nova a donc décidé de chercher à identifier localement des pratiques professionnelles  ou sociales susceptibles d’illustrer ce que pourrait être à ses yeux une économie et une organisation sociale durable et enviable.
Nous nous engageons donc dans une série de rencontres de personnes ou de groupes actifs dans la métropole sur des thèmes divers, ayant peu ou prou réalisés l’amalgame entre l’éthique, la durabilité et l’inventivité que promeut Casa Nova et le pragmatisme nécessaire à une indispensable survie économique.
Chaque rencontre en accord avec les divers protagonistes fera l’objet d’une publication.
Ainsi serons nous en mesure de réaliser un état des lieux, certes non exhaustif mais représentatif, de ce que l’on nomme des communaux collaboratifs, que de nombreux promoteurs du développement durable citent en exemple ou appellent de leurs vœux.
Nous aurons  ainsi identifié sur la métropole toulousaine une série de pratique vertueuses, socle pragmatique d’un programme politique qui pourrait être établi . Nous pourrons également ainsi démontrer que les élites actuelles trouveront bien vite des remplaçants. 

Rencontre avec Palanca :« boîte à outils du développement durable »

Nous avons rencontré l’entreprise Palanca le 12 novembre dernier. Les tueries du lendemain ont naturellement suspendu la publication de cet article, que nous reprenons et publions désormais. L’actualité médiatique de Palanca dans la presse locale nous a rappelé le caractère intéressant de cet exemple de réussite entrepreneuriale.
Nous étions intéressés par les activité de cette structure dont nous avions entendu parler. Cela concernait à la fois  l’objet de son activité, ses modes de production mais aussi  son éthique.
Nous en avons retiré beaucoup d’éléments permettant d’avoir une approche conceptuelle et concrète qui nous ont fait l’effet d’une « bouffée d’oxygène » :
il serait possible de produire de la richesse intellectuelle et des services à la population dans le cadre d’une économie privée, obéissant à des principes éthiques et écologiques et assurant une rentabilité non subventionnée.
Bien sûr que nous en avions l’intuition, bien sûr que nous avions connaissance d’expériences économiques sociales réussies car rentables, mais nous avons là trouvé un exemple particulièrement vivifiant.
Palanca est donc une société coopérative de production (SCOP) qui existe sous cette forme depuis 2012.
Elle est composée de 8 personnes, de profil bac+5, ingénieurs INSA, master en aménagement, docteur en énergie 

Deux activités principales : bureau d’études et conciergerie. 

Bureau d’études :

Ils produisent et assurent des formations, du conseil et des études en développement durable. Palanca propose à ses clients un accompagnement pour la création de cercles vertueux dans des projets de développement durableL’objectif est de faire faire du développement durable aux autres entreprises. Palanca est ainsi prestataire auprès de petites structures en formation, de groupes de constructeurs, de maîtres d’œuvre ou de maîtres d’ouvrage. Ils aident par exemple à positiver les clauses d’insertion souvent vécues seulement comme une contrainte ; ou encore à prendre en compte la RSE(responsabilité sociale des entreprises). Ils proposent également comme prestations des aides à la mutualisation des moyens pour des corps d’état de même activité.

Conciergerie :
Livraison,réparations, visite de courtoisie… il s’agit d’une activité traditionnelle souvent négligée à l’apparence simple, mais qui nécessite des connaissances techniques, beaucoup de bon sens et de « débrouillardise« , ainsi que de grandes qualités humaines.Pouvant aller de l’organisation (dans le même immeuble on peut avoir par jour 5 ou 6 infirmières et autant de kiné qui interviennent séparément) au petit bricolage (un morceau d’adhésif ou le changement d’un joint suffit parfois à solutionner un dysfonctionnement qui ne nécessite pas forcément de déplacer en urgence un professionnel ou le changement d’un appareil). Leurs clients âgés ou isolés leur demandent de sortir leurs conteneurs ou simplement d’assurer une présence rassurante et créatrice de lien. Leurs clients sont essentiellement des particuliers et des entreprises. Les bailleurs sociaux, la Mairie et le CD31, ainsi que Toulouse Métropole jouent un rôle de « facilitateurs bienveillants« .

Organisation, fonctionnement et perspectives :

La structure de SCOP et la nature du travail de Palanca induisent une minimisation du capital et une survalorisation de l’outil de travail.
Le gérant est régulièrement élu sur la base une personne une voix. Concernant la répartition des bénéfices, ils nous indiquent ces proportions: 95% en salaires et 5% en frais de gestion et investissements.
La société, pour les salariés, assure la mutualisation et la mise à disposition de tous les outils de travail, en plus du salaire(sauf les vélos qui sont personnels). Ils tiennent à ce jour au principe d’égalité des salaires (environ 1500€), bien que les niveaux d’études et les compétences ne soient pas les mêmes. Quand on leur demande si cela pourrait évoluer à l’avenir, avec éventuellement une échelle contenant un écart maximum, ils nous répondent que ce n’est pas exclu, mais que ce n’est pas d’actualité. Ils n’y a  pas aujourd’hui de telles revendications parmi eux. Dans le cadre d’une évolution, ils avancent le rapport de 1 à 2 entre le salaire le plus bas et le salaire le plus haut. 
Dans le fonctionnement quotidien comme dans les choix plus stratégiques, ils nous indiquent que le principe de transparence totale: tous les salariés savent tout.
Ils sont aujourd’hui basés dans des locaux que leur loue un bailleur social privé, dans le quartier Arnaud Bernard.
Pour la santé économique de l’entreprise, ils nous indiquent que l’équilibre économique de la structure n’est pas aisé mais se révèle possible. Aujourd’hui, la partie bureau d’étude, qui est bien rémunérée, compense la partie conciergerie dont les marges sont plus réduites, du fait des coûts bas qu’ils proposent.L’objectif est tout de même de développer la conciergerie (ils « flairent » là un réel besoin en puissance et l’aspect éthique est central dans leurs choix). Cette volonté de développer la part des revenus de la conciergerie pose des questions d’équilibre financier réels, et ils envisagent de faire appel à de nouveaux collaborateurs ou entreprises et associations sous-traitées ou associées.AlloBernard-630x0
Nous sommes satisfaits de ce que nous avons appris lors de cet entretien, et nous mettons en avant avec bonheur leurs activités qui répond aux exigences de viabilité économique, de réponse à un besoin humain fondamental et aux exigences éthiques de fonctionnement interne du entreprise sociale et écolo.
Leur site : http://palanca.fr/