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Parkings des Anges (rien ne les dérange)

Monsieur Sans-Gêne est de retour. En la personne de Pierre Trautmann, maire adjoint en charge des marchés publics, et ancien grand chambellan des gestions de droite toulousaines. Voici qu’il joue les pourfendeurs du grand capital, dans le cas présent le groupe Vinci, contre lequel il aurait mené un combat de haute lutte sur la tarification des parkings. Il a, en effet, « confié » avec un certain cynisme à un journaliste de La Dépêche que «la négociation a été rude mais très correcte».  C’est le fameux tour de magie P.P.P., le passe-passe parkings

Une vieille amitié

Pourquoi parler ici de cynisme ? Un petit rappel historique est nécessaire. D’une part, Monsieur Trautmann fût de 1984 à 2008, Directeur général des services de la ville de Toulouse. Il avait notamment la main mise sur les finances en lien étroit avec les maires successifs. On sait que Dominique Baudis ne s’intéressait pas aux « détails » de gestion, encore moins l’évaporé Philippe Douste-Blazy. « The real man in the real place » c’était Pierre Trautmann. Parti ensuite mettre son sens de l’intérêt général au service de l’ »humanisme estrosien » à Nice.

D’autre part, la privatisation de la gestion des parkings de la ville a été décidée à cette époque avec l’assentiment de Monsieur Trautmann et, soit dit en passant, sans que Monsieur Jean-Luc Moudenc (alors adjoint au maire) ne s’élève contre. Malheureusement, la droite toulousaine n’a pas l’apanage de l’attitude compréhensive avec Vinci, puisque Monsieur Pierre Cohen n’avait pas non plus engagé le combat avec le prestataire sur le mode de gestion, même s’il en était question pour l’avenir nous a-t-on dit… Tergiversation qui occasionne aujourd’hui la situation que dénonce Monsieur Trautmann.

En effet, Vinci aurait donc surtaxé certains tarifs et se serait constitué une cagnotte de 3,8 millions d’euros.

Les liens entre Vinci et la droite toulousaine sont forts et anciens. Ce n’est pas un scoop. Sur la question des parkings, la droite avait été très critiquée et même attaquée en justice en 2007 pour avoir réalisé des travaux au parking du capitole, entre deux renouvellements de marché, épargnant ainsi au délégataire des frais importants de rénovation.

Il est passé par ici, il repassera par là…

Mais chèr-es citoyens et citoyennes, ne vous y trompez pas : Il y a bien eu négociation, toutefois Messieurs Trautmann et Moudenc n’ont aucunement l’intention de remettre en cause la place que Vinci occupe dans notre ville, la transformant en source de richesse qui s’évapore ensuite dans les vents de la mondialisation, et ne retombe pas positivement sur notre cité. Bien au contraire la majorité actuelle se contente de renégocier les contrats en singeant un affrontement qui relève du théâtre de guignol.

De plus, si nous lisons bien la délibération qui sera présentée jeudi 18 décembre en conseil communautaire, le numéro d’enfumage de Monsieur Trautmann ne tient plus : en effet, la mise en place en 2015 du tarif de nuit et du tarif quart d’heure va permettre à Vinci de ne pas subir une diminution de son chiffre d’affaires et d’annuler simplement l’effet produit par la suppression du tarif de nuit en 2010. De plus, cette décision de Monsieur Moudenc, qui a pour objectif d’augmenter la fréquentation, devrait permettre à Vinci d’augmenter son chiffre d’affaires. Des négociations de ce type, l’ami du petit déjeuner et du coucher, l’ami Vinci en redemande chaque jour.

La droite n’a aucun intérêt à s’attaquer réellement à un allié de sa politique de développement de l’usage de la voiture en centre-ville. La résistance opiniâtre des mairies de droite à la piétonisation du centre-ville n’est-elle pas à lier à la nécessaire valorisation des biens gérés par l’ami Vinci ? Il faut que les voitures parviennent jusqu’aux parkings. Voilà la part du travail des « ami-es » du Capitole.

Monsieur Trautmann, au lieu de se féliciter de l’utilisation de la cagnotte pour financer le tarif spectacle, devrait lutter pour que cette sur-tarification revienne au budget de la collectivité, notamment pour financer les projets de transports en commun. Notons que cette intervention de Monsieur Trautmann nous inquiète, car en l’absence des 3,8 millions d’euros, comment aurait été financé le tarif spectacle ? Cette cagnotte semble bienvenue, comme les financements privés qui viennent pallier l’amateurisme de certaines promesses électorales de Monsieur Moudenc.

La seule voie progressiste : transformer les machines à sous en biens communs

La gestion de parkings est une activité hautement lucrative. Elle mobilise peu de « capital humain », comme disent ces gens, et se concentre sur l’entretien courant et la perception de recettes. C’est donc une machine à sous. Elle devrait venir nourrir le budget de la ville dans une période de vaches maigres budgétaires, et non enrichir encore plus une multinationale qui ne réinvestira pas pour la ville, mais utilisera ce cash à … accumuler encore et encore ailleurs. Nos parkings, nous les payons cher, et nous devons en recevoir les bénéfices.

CASA NOVA voit une autre option : d’intérêt général, indépendante des grands intérêts privés… Des parkings publics, qui viendraient enrichir les recettes publiques. Oui, faire passer ces machines à sous privées sous perfusion publique, en biens communs.

« Une nouvelle ambiance règne à Toulouse » disait le maire de Toulouse au cours de sa conférence de presse du 10 juillet dernier. Probablement, serions-nous tenté-es de dire : celle des amitiés reconstituées.