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Plan mobilité 2025-2030

Ou quand les déplacements et la santé publique se rejoignent.

Un changement de politique transport depuis 2014

Malgré le grand succès d’usage des lignes A et B du métro, l’utilisation de la voiture n’a fait que croître.
L’agglomération toulousaine n’arrive plus à réduire ses émissions concernant les gaz à effets de serre et la qualité de l’air en général du fait de l’augmentation journalière des déplacements individuels en voiture, surtout en périphérie. Ce qui a conduit à un nouveau Plan de Déplacement Urbain (PDU) adopté en 2012 complétant les deux lignes de métro par une infrastructure de tramway, de bus en site propre et de voies cyclables en surfaces.
En 2014, la nouvelle municipalité a été élue avec la promesse d’une nouvelle ligne de métro enterrée aux dépens des infrastructures de transports en commun de surface. C’est dans ce contexte que se prépare une concertation sur le projet de mobilité 2025- 2030 autour de la troisième ligne de métro dite Toulouse Aérospace Express (TAE). Cette ligne passerait au nord et à l’est du centre ville de la future gare de Labège à la gare de Colomiers en passant par Airbus.  Dix lignes de bus prioritaires dites LINEO s’insérant dans le trafic automobile desservirait le reste de l’agglomération. Ce projet mobilité vaudrait comme Plan de Déplacement Urbain, c’est à dire qu’au delà de la réalisation du métro TAE, il traite de toutes les mobilités sur l’agglomération.

Le métro ou le consensus par la facilité

Pour les experts en mobilité qui étudient l’adéquation entre densité de population et mode de transport. l’agglomération de Toulouse est trop étalée et pas assez peuplée pour un mode de transport aussi onéreux qu’un métro enterré.
Alors pourquoi le consensus médiatique et politique est-il tel autour du métro que tous les partis en redemandent, les uns en prolongeant la ligne B, les autres en doublant la ligne A et enfin l’actuelle majorité a en partie gagné les élections sur la promesse d’une troisième ligne de métro.
C’est que contrairement aux experts qui voient les effets à moyen terme, une grande partie des toulousain-es pense qu’avec un métro enterré, on circule mieux en voiture. Et de nombreux candidat-es aux élections ne veulent pas perdre des voix en s’encombrant de la difficile réalité : l’amélioration des déplacements passe par des transports en commun en surface, et donc forcément en diminuant la place de la voiture.
L’argument contre les tramways, les bus et les voies cyclables est facile : « Si on enlève quelques voies de stationnement ou de circulation par ci ou par là, on ne pourra plus se garer, ni circuler ». Bien sûr, on circulera moins en voiture, mais on circulera tous mieux et moins cher. La plupart des agglomérations européennes de taille comparable ayant diminué les embouteillages ne l’ont fait que par des tramways et des bus prenant une partie de la place de la voiture.
C’est enfin parce que les Toulousain-es n’ont pas intégré qu’ici comme ailleurs, l’enjeu des décès générés par la pollution urbaine est du même ordre que les grands enjeux de santé publique : accidents de la route, alcool, drogue, sida. Cela les promoteurs du tout voiture savent bien le dissimuler et les défenseurs de la circulation apaisée ne savent pas bien l’expliquer.

Une perspective d’amélioration reculée à 20 ans

Au fur et à mesure des promesses de l’équipe Moudenc, la 3ème ligne de métro TAE  s’étire sur plus de 26 km. Elle devrait donc coûter de l’ordre de 2,5 milliards d’euros, prendre plus de dix ans pour être réalisée dans son entier et il faudra attendre le remboursement des emprunts d’ici vingt ans pour pouvoir créer les infrastructures complémentaires nécessaires.
Si finalement, les toulousain-es du cœur d’agglomération pourront améliorer leurs conditions de transport dans les dix années qui suivront sa réalisation, ce projet n’offre pas grand chose d’ici là et surtout très peu pour les habitant-es de la première couronne et vraiment rien pour ceux de la deuxième.
Avec le plan mobilité 2025-2030 que nous propose Tisséo, tous les habitant-es de l’agglomération, du centre ou de la périphérie subiraient une augmentation des gaz à effets de serre, la dégradation de la qualité de l’air, de la santé, de la sécurité, la saturation croissante des périphériques et des pénétrantes…
En se focalisant sur une troisième ligne de métro, ce projet offre peu de perspective sérieuse de modification du  mode de déplacement des usager-es des voitures, utilitaires ou camions de livraison dans les vingt ans à venir.

Établir une circulation apaisée dans l’agglomération Toulousaine

Pour échapper à une telle perspective, c’est à l’ensemble des habitant-es de l’agglomération de s’emparer d’une idée simple :
    Établir une circulation apaisée dans l’agglomération Toulousaine    
Les solutions techniques sont connues. Pour une agglomération comme Toulouse, cela passe par un plan train, tram, vélo et piéton ambitieux et de surface à l’échelle de l’aire urbaine à l’exemple des villes d’Amsterdam, Berne,Bologne, Copenhague, Genève, Londres, Strasbourg, etc.
A titre d’exemple, pour un milliard d’euros, Bordeaux réalisera d’ici 2010  trente trois km. de tramway supplémentaires dont sept km. de tram-train  qui vont s’ajouter aux quarante quatre km. existant avec un objectif de 750 000 voyages par jours à l’horizon 2020 ( à comparer aux 400 000 des lignes A et B actuelles).
Au delà des moyens de transport, cela permettrait de réduire les méfaits de la vitesse, de multiplier des zones 30 dans tous les quartiers, d’instaurer des zones de rencontre, et de supprimer trop de voies qui sont devenues de véritables «routes urbaines » coupant des quartiers en deux.
Avec la baisse de la pollution et du bruit, c’est la perspective d’une agglomération apaisée qui est envisageable, perspective essentielle pour la cohérence sociale des grandes villes du futur.
Financièrement, l’usage des transports en commun est une économie conséquente pour la plupart des ménages.Ce serait un véritable bol d’air financier pour les ménages les plus pauvres.
Cette ambition passe par de grands défis à traiter avec volontarisme:
  • Mobiliser les citoyens afin que ce soit eux qui portent et pèsent sur les pouvoirs publics, pour un projet de déplacements global apaisé qui améliorera le quotidien des quartiers sans contraindre, bien au contraire, la liberté de se déplacer
  • Construire un pacte avec la région et la SNCF pour bâtir un réseau de RER desservant l’agglomération, unique moyen rapide de répondre aux besoins des toulousain-es travaillant ou résident loin du centre.
  • Dépasser les clivages entre les intercommunalités (la Métropole, le Sicoval et le Muretain), obstacles majeurs à tout projet d’agglomération, clivage qui n’est explicable que par des égoïsmes politiciens tous bords confondus, inacceptables et inacceptés comme on peut le constater dans les urnes un peu plus à chaque consultation.

Voir aussi:

Ou en sont les déplacements urbains de la métropole?

PDU: une concertation déconcertante

CASA NOVA propose un « projet Manhattan » toulousain autour de la mobilité