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Prison St Michel: quand l’ABF dérape!

Des nouvelles de la prison St Michel.

Vendredi 25 mars l’inauguration de la salle St Michel, riveraine de la prison, a pendant quelques instants donné l’illusion aux invités que les choses avançaient favorablement pour l’avenir du site de la prison.
Il restait bien un sentiment de flou après le discours du Maire qui déclarait en début de prise de parole qu’il n’était pas question pour lui de rééditer ce qui avait été fait à Lyon, à savoir des logement enchâssant« l’étoile protégée » de la prison, mettant à mal sa perception et sa place dans le quartier.vue-aérienne-des-2-projets-3
Reconversion des prisons Saint-Paul et Saint-Joseph à Lyon.
Le sentiment de flou restait encore de mise sur la faisabilité d’un auditorium à cet endroit, tant les résultats de l’étude, annoncés pour bientôt, traînent depuis le début du mandat.
En revanche le flou se transformait en brouillage lorsque dans la conclusion de son discours le Maire laissait entendre que l’état pourrait néanmoins valoriser son terrain en y construisant des logements: c’est à dire ce qui a été fait à Lyon, chose qu’il venait de dénoncer en début de propos !
Les auditeurs étaient perplexes !

Par ailleurs, les fuites et les « on dit » laissent entendre que la faisabilité de l’auditorium annoncé depuis l’élection de Jean Luc Moudenc à la Mairie de Toulouse se confirmerait, et si la réalisation d’un équipement totalement enterré ne fait plus illusion à personne, les experts pourraient proposer de creuser un peu (5 ou 6 mètres, à la limite de la nappe phréatique) et de construire une vingtaine de mètres en superstructure dans la partie arrière du terrain en supprimant au passage une des cinq branches de l’étoile … pas vraiment une révélation, plutôt une évidence, si la volonté d’édifier une cité de la musique à cet endroit restait de mise.

Le bon sens voudrait aussi que le prix de vente du terrain par l’État soit en rapport avec sa constructibilité donc moins élevé en cas de construction du seul équipement public: c’était le sens de la proposition des associations de quartier pour la modification du Plan Local d’Urbanisme en cours d’élaboration, proposition rejetée par la Mairie qui souhaite conserver au terrain une constructibilité plus importante .
Et c’est dans cette ambiance de flou lénifiant que les invités à l’inauguration de la salle St Michel se quittent à la veille de la trêve pascale.

Mais dès le lundi de pâques, 28 mars, « La Dépêche » nous pond un œuf surprise:

Une interview d’Eric Radovitch, Architecte des Bâtiments de France (A.B.F.), dans laquelle il évoque au delà de St Sernin, l’avenir de la prison St Michel.
Il énonce d’abord quelques évidences : « Dans le courant de l’été, nous aurons les conclusions de l’étude de faisabilité d’un auditorium enterré commandée à un cabinet spécialisé par l’État et la ville. Si cette étude dit que le projet est réalisable, la prison pourra être transformée en cité de la musique autour de cet auditorium. Si ce n’est pas faisable, il se fera ailleurs. »
Nous attendions alors , de la part de cet expert, des indications  sur l’intérêt architectural et urbain de la prison et sur le niveau de protection qu’il préconiserait: que nenni, celui ci s’exprime sur le montage et le financement de l’opération, qu’il assortit de considérations étonnantes de la part  d’un A.B.F. en exercice.
« Si le projet aboutit, ce pourrait être sur la forme d’une opération mixte privée publique. La création de 500 logements pourrait payer l’opération. Il vaut mieux que ce soient les futurs propriétaires qui payent, plutôt que vous et moi avec nos impôts. »
On s’étonne déjà que ce soit l’ A.B.F. qui dévoile dans la presse le secret de polichinelle relatif à la volonté de l’État de se tourner  vers  la promotion privée pour valoriser son terrain au sens financier du terme, on le pensait spécialiste dans la sauvegarde et la mise en valeur du patrimoine architectural et urbain mais là il nous dévoile une face inattendue de son savoir faire, car 500 logements c’est environ 30 000 m²  (soit, pour des bâtiments de 15m de large en R+4, plus de 400 mètres linéaires ) … comme à Lyon, voire pire, contrairement à ce que déclarait le Maire vendredi dernier.
A ses ambitions d’aménageur se rajoute celles de politicien quand il rajoute, comme s’il s’agissait d’une évidence : « Il vaut mieux que ce soient les futurs propriétaires qui payent, plutôt que vous et moi avec nos impôts. » rado NetBOn reste donc perplexe à la lecture de cette interview : si l’homme Eric Radovitch a toute latitude pour exprimer en privé ses points de vue néo libéraux, le Chef de Service, commis de l’État est incompétent sur le sujet tant au titre de son expertise qu’à celui de ses prérogatives limitées aux enjeux patrimoniaux, sur lesquels il reste d’ailleurs étrangement muet (voir : Rôle et missions des ABF). 
Par ailleurs les commentaires politico/financiers, qu’il  émet en public, outrepassent la retenue et la réserve que son poste requiert.
Aurait il absorbé un œuf de Pâques frelaté ou est il devenu le kamikaze du Préfet ?
Casa Nova n’a pas spécialement pour habitude de mettre en cause des fonctionnaires, mais quand ceux-ci sortent de leur rôle et de leurs prérogatives pour faire l’apologie du néolibéralisme, nous considérons que de tels débordements doivent être dénoncés.
Nous aurions préféré qu’au lieu de s’égarer en considérations d’économie politique étrangères à ses missions, Mr Radovitch concentre son énergie dans le cadre des ses prérogatives, en réagissant par exemple face au dispositif anti SDF illégalement installé au printemps dernier par le Crédit Agricole sur son agence de la rue Ozenne qui est un monument historique classé situé à 150 mètres des bureaux des A.B.F. à l’Hôtel Saint Jean .
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