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Rentrée municipale de Jean Luc Moudenc «un seul mot d’ordre : réaliser»

Un aveu de rentrée dans le journal local, le Maire de Toulouse ne « réalisait » pas : il était encore sur le petit nuage de satisfaction consécutif à sa victoire sur Pierre Cohen alors que ses colistiers naviguaient sans vergogne ni retenue dans les eaux troubles du sécuritaire, de la stigmatisation et du copinage post électoral.
Mais là il va falloir retourner sur terre, car les toulousains, eux, y sont et  « réalisent » (ou ne vont pas tarder à le faire pour les plus distraits d’entre eux).

Ils vont d’abord réaliser que leurs impôts locaux vont augmenter de 15% : un sommet de mépris et de reniement de la part d’un Maire qui a fait campagne sur un engagement à la stabilité fiscale. Et le prétexte des caisses vidées par son prédécesseur ne fait illusion pour personne puisque chacun sait que le diagnostic du bilan précédent est interprétable selon que l’on prend en compte ou pas Tisséo et les transports en commun et selon la manière de jouer des répartitions entre la Commune et la Métropole.
Les Toulousains ont bien réalisé cet été que les piscines étaient moins nombreuses… et les horaires plus réduits pour celles qui restaient ouvertes : Toulouse est encore bien dotée en piscines à condition de ne pas dilapider l’héritage mais là des craintes sont fondées.
Ils ont aussi réalisé que en dépit des installations publicitaires tonitruantes en centre ville pour l’Euro 2016, les travaux du Stadium ont une fois de plus été bâclés : et l’argent public bien mal géré, car enfin qui va payer ces atermoiement « clochemerlesques » entre le Foot et le Rugby ?
Ils réalisent aussi et surtout que malgré l’augmentation des impôts les prestations sociales vont diminuer : les cantines gratuites c’est fini, les modes de calcul des garderies évoluent,  les tarifs préférentiels de transports en commun sont remis en question
Ils réalisent que s’il n’y a plus assez d’argent pour les prestations sociales il y en a par contre pour équiper, toutes affaires cessantes, la ville à grands frais en caméras de surveillances, en personnel pour les gérer, en policiers municipaux de plus en plus armés et répressifs et de moins en moins à l’écoute et préventifs.
Ils réalisent que tous les projets ont été suspendus et donc du temps a été perdu.

A qui profite l’étude ?

Ils réalisent surtout que le proche avenir qu’on leur dessine c’est d’abord ne rien faire jusqu’aux prochaines élections municipales, et qu’on les fait patienter en faisant des études…
- Des études sur le tracé d’un futur métro très cher et très long à réaliser, dont les travaux ne seraient lancés qu’au prochain mandat si tout va bien .
- Des études sur les transport en commun en général : avec comme seule réalisation envisagée du Linéo, c’est à dire du bus traditionnel qui coince dans les embouteillages et dans un maillage aussi clientéliste qu’illisible… tout le reste  est en attente, en évaluation, en réflexion, dans une ville où le retard en transport en commun est un des plus forts de France.
- Des études pour le quartier de la gare certes bien nécessaires mais sur quelles bases et quelles lignes directrices ?
- Des études pour le classement du centre de Toulouse à l’UNESCO… qui certes n’est pas vraiment une urgence !
- Des études pour l’auditorium de la prison St Michel qui n’aboutiront pas avant le prochain mandat, alors qu’en parallèle l’état envisage de vendre son terrain pour y faire une opération immobilière de rapport !
- Des études pour le Grand Parc Garonne : avec même l’irrésistible annonce en réunion publique de la réalisation d’un tremplin pour le saut à ski ?
- Des études… encore des études,mais pas de projet co-élaboré ou co-construit en dehors des concertations légales (obligatoires et bien pratiques pour gagner du temps) à l’issue desquelles le chef vient trancher et siffler la fin de la récré !

Et les seules réalisations envisagées le seraient sur la base de partenariat public-privé : au privé les recettes et au public les coûts !

Les toulousains réalisent aussi que l’avenir plus lointain que leur prépare l’équipe Moudenc marche à contresens de l’Histoire, c’est à dire sans prise en compte sérieuse des problèmes environnementaux :
- Avec des transports en commun et des modes doux qui ne sont plus une priorité.
- Avec la persistance sans issue de l’emprise mortifère de la voiture individuelle.
- Avec une absence de débat absolue sur l’agriculture périurbaine.
- Avec son corollaire de diminution du bio dans les cantines.
- Avec des problèmes de pollution comme dans toutes les villes sur lesquels aucun débat public n’est engagé.
- Avec une impasse totale sur la réhabilitation du bâti ancien.
- Avec la promotion d’une ville aménagée défensivement (le retour de potelets et des barrières en est le symbole) et amplifiant une irresponsabilité citoyenne déjà problématique.

Euro2016 plutôt que COP21

Mais où est passé le très Catholique Jean-Luc Moudenc depuis la publication de la dernière encyclique du pape François ?
On aimerait à la veille de la conférence sur le climat, la COP 21, l’entendre commenter des phrase telles que :
« La soumission de la politique à la technologie et aux finances se révèle dans l’échec des Sommets Mondiaux sur l’environnement. Il y a trop d’intérêts particuliers, et très facilement l’intérêt économique arrive à prévaloir sur le bien commun et à manipuler l’information pour ne pas voir affectés ses projets. »
Ou encore :
« Une vraie approche écologique se transforme toujours en une approche sociale, qui doit intégrer la justice dans les discussions sur l’environnement »
Et indiquer comment Toulouse prend sa part dans le Développement Durable Européen et Mondial.

On aurait pu espérer aussi un petit miracle qui aurait poussé le maire de Toulouse (aussi président de l’Association des Maires des Grandes Villes de France ) à faire évoluer ses déclarations honteuses sur l’accueil des  réfugiés, le Pape lui même appelant toutes les paroisses d’Europe à accueillir les immigrés.

Mais il semble que Jean-Luc Moudenc n’ait d’autre vision à long terme qu’une réélection qui serait pour lui une assurance vie (terrestre…)

Casa Nova ne conçoit pas la pratique politique de cette manière et déplore le manque de vision et d’engagement d’une municipalité dont la politique ne saurait se réduire à « ne pas embêter les automobilistes ».