brasilès 3

Y aura-t-il un élu Toulousain invité aux Jeux Olympiques ?

Casa Nova a naguère révélé les comportements douteux d’élus qui acceptaient des invitations à des spectacles ou des manifestations sportives, lançant un débat qui eu des suites avec l’adoption par le conseil municipal d’une charte de déontologie à l’usage des élus municipaux en octobre 2015.

Si Jean-Michel Lattes avait fait amende honorable pour avoir accepté une invitation de Vinci à un match de rugby outre-Manche, Jean-Jacques Bolzanélu au Commerce de la ville de Toulouse, n’avait quant à lui pas réagi,trouvant sans doute normal que la société « Carrefour » l’invite sur le Tour de France 2015.

Aujourd’hui, la presse locale, maintenant attentive au comportement des édiles municipaux, épingle Frédéric Brasilès, invité à la finale du Top 14 de rugby au Camp Nou à Barcelone.

Interrogé, celui-ci ne voit pas de conflit d’intérêt dans cette invitation par le PMU. Dans le cas de l’élu chargé des « Fêtes et manifestations » il n’est pourtant pas difficile de comprendre pourquoi le PMU - qui vit de l’organisation des jeux d’argent autour de manifestations à caractère sportif - a tout intérêt à se mettre Frédéric Brasilès dans la poche.
Indubitablement, cette invitation, comme le stipule la charte municipale, est pourtant par son « intention, de nature à influencer ou paraître d’influencer l’exercice indépendant et impartial des fonctions » de l’élu en question.

Mais, comme nous le dénoncions à la suite de son adoption par le Conseil Municipal dans un article intitulé « les indignations sélectives », cette charte tient davantage du « coup de com‘ »que d’une réelle volonté de moraliser la vie publique, puisqu’elle ne comporte pas de sanctions et permet une fois de plus d’argumenter et de tergiverser autour de l’acceptation de ces cadeaux, comme le fait JL Moudenc pour défendre son adjoint pris la main dans le pot de confiture : « l’invitation avait un caractère personnel et bla bla bla … » comme si même en week-end, on ne demeurait pas un élu !

Il eut pourtant été simple pour M. Brasilès d’accepter l’invitation en payant sa place pour éviter toute polémique, mais non !
Ce n’est pas ici la teneur ou le montant du cadeau qui interpelle et pose problème … Ce qui est grave, c’est que pas un instant ne vienne à l’esprit de certains élus que leur fonction est incompatible avec le moindre cadeau, et ce dans une période ou la fonction d’élu est de plus en plus critiquée au regard des privilèges que s’arrogent certains.
M. Brasilès participe de fait à renforcer la détestation de la classe politique.

Casa Nova invite ses lecteurs à relire ses articles d’octobre, qui gardent hélas toute leur actualité, et à rester vigilants pour que le sentiment du« tous pourris » ne continue pas à gangrener la vie publique.

Même sil est parfois tentant de céder à cette expression, y compris pour nous qui aspirons à participer aux échéances électorales.